Actualités du marché des devises

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août 09, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 9 août 2019 – Sommaire :

  • Volatilité très modeste ce matin mais prolongement du mouvement haussier correctif sur les devises cycliques et pétrolières alors que les craintes de récession globale dégonflent.
  • Après son repli de la veille, l’EUR/USD tente de rejoindre la barrière de $1,12 sous l’impulsion de la publication ce matin de statistiques commerciales en Allemagne légèrement meilleures que prévu. Regard attentif sur les indices PPI américains (14h30) et les développements politiques en Italie où la coalition gouvernante bat de l’aile.
  • L’EUR/GBP se maintient à plus de £0,92 en amont de la publication ce matin des premières estimations de croissance au T2 (10h30). Le consensus table sur une croissance nulle à cette période.
  • Repli accentué de l’EUR/JPY qui prend la direction du seuil de ¥118 après la publication de chiffres de croissance au Japon au T2 très largement au-dessus des attentes (+0,4% T/T vs. Cons. +0,1%).
  • L’EUR/AUD poursuit sa correction et se rapproche à grand pas du seuil de A$1,64 ancien seuil de résistance de la paire sur la 1Ière moitié d’année.
  • La paire EUR/CAD efface une partie des pertes de la veille et tente de rejoindre le seuil de C$1,48 en amont de la publication des chiffres de l’emploi cette après-midi au Canada (14h30).
  • La couronne norvégienne reprend un peu de couleurs (NOK 9,97) et tente de s’écarter de ses plus bas historiques après la publication de chiffres d’inflation en Norvège un peu meilleurs que prévu.
  • Le yuan reste relativement stable malgré un fixing de la part de la banque centrale chinoise au-dessus de la veille (¥7,0136). Le cours EUR/CNH progresse sensiblement à ¥7,91.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de jeudi : Les marchés poussent un « ouf » de soulagement face aux statistiques commerciales chinoises et en l’absence de nouvelles tensions sur le yuan / L’euro grippé par de nouvelles inquiétudes venues d’Italie / Large rebond des devises cycliques et pétrolières 

Oubliées les turbulences du début de semaine ? Il faut croire même si on peut compter sur la versatilité des marchés des changes pour nous prouver à tout moment le contraire. Hier, sous couvert d’une fixation par la banque centrale chinoise d’un taux pivot du yuan à un niveau plus fort que prévu et de la publication de statistiques commerciales en Chine étonnement meilleures que prévu – rebond des exportations qui détonne dans un contexte de durcissement de ton de la part des Etats-Unis – les marchés ont poussé un grand « ouf » de soulagement et un large mouvement correctif s’est observé, notamment parmi les devises qui avaient subi dernièrement le plus de pertes, à savoir les devises cycliques telles que le dollar australien et le dollar néo-zélandais mais également les devises pétrolières et émergentes.

Observé cette semaine à un pic depuis 2009 à presque A$1,68, le cours EUR/AUD a subi une correction de -0,8% et est redescendu sous le seuil de A$1,6450. Au lendemain d’un important rebond de plus de 1% suscité par la baisse de taux agressive de la banque centrale néo-zélandaise le cours EUR/NZD a cédé -0,7% à NZ$1,7250.

Après une lourde chute de près de -14% en 5 jours, les cours du pétrole ont profité de l’accalmie générale sur les marchés financiers et de la dissipation des craintes générales autour d’une possible récession mondiale pour rebondir de plus de 2%. Retombé sur ses plus bas niveaux de l’année à $56,0, l’indice Brent a gagné 1$ jeudi et s’échangeait à plus de $57,0. Les devises pétrolières en ont profité pour effacer une partie des pertes accumulées ces derniers jours, à commencer par le dollar canadien qui fut aperçu cette semaine à un creux de 5 semaines à presque C$1,50. L’EUR/CAD a ainsi corrigé jeudi de près de -0,8% pour revenir s’installer au niveau de la barrière de C$1,48. Les mouvements correctifs ont été d’une ampleur un peu moins importante que pour le loonie en ce qui concerne la couronne norvégienne (+0,5% face à l’euro à NOK 9,98) et le rouble russe (+0,6% à RUB 72,7).

Les émergents n’ont pas été en reste et également très largement profité de ce regain d’appétit au risque de la part des acteurs de marché. Parmi les rebonds les plus importants, on notera celui du real brésilien (+1,4% à BRL 4,38), de la roupie indienne (+1,3% à INR 78,9) et du peso mexicain qui lui aussi a clairement bénéficié du rebond des prix du pétrole (+1,4% à MXN 21,7). Le yuan est resté assez discret et rebondi « seulement » d’environ +0,4% face à l’euro à ¥7,9050.

Au sein de l’univers du G10 (10 devises des principales économies développées), l’euro a cédé du terrain face à l’ensemble de ses pairs. La devise européenne fut pénalisée hier par l’apparition de nouvelles pressions sur les taux obligataires italiens en réaction à l’observation de nouvelles incertitudes politiques au sein de la 3ième économie de la Zone Euro. Retombé la veille à un plus bas depuis presque 3 ans (octobre 2016), le taux d’emprunt d’Etat à 10 ans italien a bondi de 14pbs à 1,54% après que les journaux locaux aient révélé que le vice-premier ministre et leader de la Ligue du Nord, Matteo Salvini, aurait donné au premier ministre Giuseppe Conté un ultimatum courant jusqu’à lundi prochain pour procéder à un remaniement du gouvernement sinon quoi il menace de le dissoudre. Le leader d’extrême-droite réclamerait en autre le départ du ministre des finances Giovanni Tria, lequel est comme Conté sans étiquette politique au sein de ce gouvernement et se veut le garant auprès des institutions européennes mais également des investisseurs d’un contrôle de l’endettement dans le pays. L’Italie reste une région politiquement instable au regard des risques d’implosion de la coalition actuelle qui n’ont cessé de progresser ces derniers mois au gré des nombreuses divergences qui ont opposé la Ligue et son partenaire le Mouvement 5 Etoiles. Une dissolution du gouvernement aurait pour très probable conséquence l’organisation de nouvelles élections anticipées dans le pays dont la formation de Salvini pourrait arriver en tête sans majorité absolue néanmoins (moins de 50% des voix) si l’on en croit les derniers sondages d’opinion.

Bien que sur la défensive (-0,2% jeudi), le cours EUR/USD est resté à proximité de la barrière de $1,12 autour de laquelle il oscille depuis maintenant trois jours. À la veille de la publication vendredi des premières estimations de croissance au second trimestre, le cours EUR/GBP a accusé un très léger repli (-0,1%) et s’est maintenu au-dessus du seuil de £0,92.

Le cours EUR/JPY a reculé de plus de -0,3% et clôturé légèrement au-dessus du seuil de ¥118,5 alors que les marchés gardent toujours un œil attentif sur les rapports sino-américains et restent craintifs d’un nouveau dérapage. Alors que la grogne populaire continue de faire rage à Hong Kong contre l’influence politique de Pékin sur cette région administrative spéciale de la République populaire de Chine, l’insertion des Etats-Unis (critiques américaines contre la répression faite à l’encontre de ce mouvement de contestation) dans ce dossier est vu d’un très mauvais œil par les autorités chinoises qui y voient là une tentative d’ingérence. La relation tendue entre les deux principales économies mondiales ne désenflent pas, au contraire d’où une certaine sensibilité du yen qui reste globalement orienté à la hausse malgré ces hauts niveau de valorisation actuels face à l’euro (plus hauts niveaux depuis plus de 2 ans).  Le cours EUR/CHF a également reculé en réaction aux nouvelles turbulences frappant les marchés obligataires italiens et clôturé la séance de jeudi sous le seuil de ₣1,09, une première cette année et une première depuis juin 2017.

USD

EUR/USD  :  Il plie mais ne rompt pas, du moins jusqu’à quand ? Le cours EUR/USD résiste plutôt bien aux pressions baissières qui tentent de le renvoyer en direction de ses plus bas niveaux de l’année à $1,10-$1,11 et la barrière de $1,12 apparaît comme une « air de repos » qui lui sied parfaitement pour le moment, le temps que de nouveaux catalyseurs émergent. Néanmoins, les signaux en provenance d’Italie ne sont pas très rassurants et de nouvelles turbulences politiques dans le pays leur offriraient un nouveau prétexte aux investisseurs à une réduction de leurs positions en euro. Ironie du sort ou non, ces nouvelles tensions interviennent alors que l’on attend en fin de journée la publication par l’agence de notation Fitch d’un rapport de crédit sur l’Italie. Pour le moment, on ne bouge pas et on préfère rester en position d’observation le temps que la situation se décante et qu’on y voit un peu plus clair sur les réels risques à l’horizon en Europe. Entre temps, la devise européenne peut compter ce matin sur des chiffres commerciaux plus rassurants en Allemagne – contraction des exportations en ligne aux attentes, rebond plus important des importations et estimations du mois de mai révisées à la hausse - qui viennent quelque peu atténuer les récentes craintes de récession autour de la 1ière économie européenne. Il n’y a pas de quoi sauter au plafond mais dans le contexte actuel on ne tourne pas le dos à une bonne nouvelle et l’euro en profite pour effacer une partie des pertes de la veille et tenter de rejoindre le seuil de $1,12.  Ce rebond est d’autant plus favorisé que l’accalmie se prolonge sur les marchés financiers et que les craintes de récession globale sont atténuées ce matin par la publication de chiffres de croissance au Japon bien meilleurs que prévu au second trimestre (+0,4% T/T vs. Cons. +0,1%) et d’un rebond de l’inflation en Chine. Malgré des chiffres de production industrielle en France décevants (-2,3% M/M vs. Cons. -1,4%), les effets haussiers sur l’EUR/USD pourraient se prolonger jusqu’à la mi-journée et la publication en début d’après-midi (14h30) aux Etats-Unis des indices de prix à la production (PPI) qui précédent la publication des chiffres officiels d’inflation prévue le 13 août prochain. De nouveaux signes d’inflexion sur les prix pourraient venir nourrir de nouvelles spéculations autour de nouvelles baisses de taux aux Etats-Unis et alors donner un levier à l’EUR/USD pour consolider sa position à plus de $1,12.

Niveaux/Sentiment : Les fondamentaux économiques devraient très vraisemblablement guider l’EUR/USD lors de ce dernier jour de la semaine, et occasionner quelques variations modestes en cas de fort décalage entre la réalité et les attentes en ce qui concerne les indices conjoncturels publiés ce vendredi. Le seuil de $1,12 reste un niveau auquel la paire semble rester attachée et qui constituera le point de départ de toute nouvelle prise de direction (à la hausse ou à la baisse). Toutefois, les marchés garderont un œil attentif vers l’Italie où semble se préparer d’importantes agitations politiques qui pourraient occasionner une nouvelle prise de direction de l’EUR/USD à la baisse, probablement pas aujourd’hui mais possiblement la semaine prochaine alors que les investisseurs seront également amenés à réagir aux conclusions du rapport de crédit de Fitch sur l’Italie. L’incapacité ces derniers jours de la paire de change à se redresser et progresser au-delà du seuil de $1,1250 démontre bien l’absence de catalyseurs haussiers sur l’euro et laisse l’EUR/USD sous la menace d’un nouveau repli sur fond de frustrations des investisseurs et/ou de nouveaux évènements défavorables en Zone Euro.

Perf 2019 = -2,47% / Moyenne 2019 = $1,1277 / Point haut 8 août 2019 = $1,1231 / Point bas 8 août 2019 = $1,1175 / Clôture 8 août 2019 = $1,1178


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