Actualités du marché des devises

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juil. 24, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 24 juillet 2019 – Sommaire :

  • Après sa lourde chute de la veille, l’euro reste orienté à la baisse en marge de la publication ce matin en Europe des premiers résultats des enquêtes PMI du mois de juillet.
  • L’EUR/USD accentue son repli et se rapproche tout près de ses plus bas niveaux de l’année situés à hauteur de $1,11. Les résultats PMI en France et en Allemagne dans le secteur industriel sont plus mauvais que prévu.
  • Mouvement correctif qui se poursuit pour l’EUR/GBP qui retombe à un creux de 3 semaines sous £0,8950 au lendemain de l’annonce de la nomination de Boris Johnson comme le nouveau premier ministre du Royaume-Uni.
  • L’EUR/JPY confirme son glissement sous le seuil de ¥121 et oscille sur ses plus bas niveaux depuis 6 mois.
  • Pas de signe de redressement de l’EUR/CHF est valorisé à moins de ₣1,10, ou ses plus bas niveaux depuis 2 ans.
  • Le sentiment d’accroissement monétaire entre le Canada et la Zone Euro renvoie la paire EUR/CAD à proximité de ses plus bas niveaux depuis septembre 2017 à presque C$ 1,46.
  • Le cours EUR/CNH accentue son replu et oscille sur ses plus bas niveaux depuis 11 semaines à presque ¥7,65.

Moments clés de séance :    

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de mardi : L’euro perd pied avant la BCE / Le dollar accueille favorablement la suspension du plafond de la dette / Boris Johnson succède à Theresa May et récupère la gestion épineuse du Brexit / Le FMI affiche ses craintes et abaisse ses projections de croissance mondiale   

La séance de mardi fut principalement influencée par l’actualité en Europe, à savoir des anticipations accrues autour d’un possible signe de soutien de la BCE ce jeudi et l’annonce officielle au Royaume-Uni de la victoire de l’ancien maire de Londres Boris Johnson aux primaires du Parti conservateur. L’euro n’a pas tenu le choc tandis que la livre sterling n’a pas trop été impacté par un résultat que les marchés anticipés de longue date. La bonne saison de résultats d’entreprises aux Etats-Unis et l’annonce d’un accord bipartisan suspendant pendant 2 ans le plafond de la dette ont soutenu hier une forte demande en dollar. Parmi les autres nouvelles de la journée, à savoir la réduction des projections de croissance mondiale par le FMI et l’annonce d’une première visite officielle lundi prochain d’une délégation américaine en Chine depuis la trêve signée au dernier G20 d’Osaka, ont laissé les marchés perplexes, ne sachant pas réellement sur quel pied danser entre optimisme et inquiétude.

À deux jours du dévoilement des conclusions de la nouvelle réunion monétaire de la Banque centrale européenne, certains acteurs de marché veulent croire en une possible intervention prématurée de cette dernière alors que jusqu’ici l’avis général ciblait plutôt une baisse de taux au mois de septembre. La dégradation du contexte international et le ralentissement ininterrompu de l’activité en Zone Euro pourraient en effet convaincre les banquiers centraux européens qu’il est inutile d’attendre et que la situation se détériore davantage avant de procéder à des mesures de soutien sur les taux. Face à ces spéculations, les taux obligataires européens se sont contractés ; les rendements à 10 ans allemands et français retombant tout près de leur plus bas niveau historique touchés en début de mois ; et l’euro fut la cible d’importantes pressions baissières le faisant reculer mardi face à un grand nombre de ses pairs.

L’EUR/USD a chuté mardi de -0,5% sur fond principalement d’accroissement des écarts de rendements obligataires entre les taux américains et ceux européens et est retombé à son plus bas niveau depuis 7 semaines à hauteur de $1,1150. Ce mouvement baissier fut d’autant plus important qu’il s’accompagna d’un renforcement du dollar provoqué par l’annonce d’un accord au Congrès assurant une suspension pendant 2 ans de la règle de plafonnement de l’endettement qui met du coup les Etats-Unis à l’abri de connaître un nouveau « shutdown », ce qui lui pendait au nez en septembre prochain, avant au moins 2020.

Le cours EUR/CHF accentua les pertes accumulées ces derniers jours (-0,2% mardi et -0,9% depuis 4 séances) et retomba sous le seuil de ₣1,10 pour la 1ière fois en 2 ans. Le cours EUR/JPY fut également orienté à la baisse et chuta à un nouveau creux de plus de 6 mois sous la barrière de ¥121.

Similairement à l’EUR/USD, le cours EUR/CNH se rétracta également de -0,5% et retomba sous le support de ¥7,70 qui faisait office de seuil plancher depuis 11 semaines. L’annonce de la visite lundi prochain d’une délégation américaine en Chine ; la première depuis l’annonce fin juin au G20 d’Osaka d’une nouvelle trêve (la seconde après celle opérée fin novembre 2018 au G20 de Buenos Aires) entre la Chine et les Etats-Unis ; a ravivé chez les investisseurs les espoirs qu’un accord bilatéral était toujours possible et qu’une « guerre commerciale » peut en retour être évitée. Cette annonce a très certainement initié un renforcement du yuan et donc nourri le mouvement baissier observé mardi sur la paire EUR/CNH.

Après un rebond à plus de C$1,47 lundi, le cours EUR/CAD est retombé dans ses travers et est revenu sous le seuil de C$1,4650 en réaction principalement aux effets combinés d’un euro plus faible et d’une seconde séance consécutive de gains des cours du pétrole (+0,9% hier pour le Brent à presque $64).

Sans réelle surprise tant celle-ci était annoncée de longue date dans les sondages et dans les cotes des bookmakers britanniques, Boris Johnson a remporté haut la main la primaire du Parti conservateur etdeviendra donc officiellement à partir de mercredi le nouveau premier ministre du Royaume-Uni en lieu et place de Theresa May après sa démission début juin. Grand partisan du Brexit dont il a dirigé la campagne dans les rangs conservateurs en marge du référendum de 2016, ce dernier exclut tout idée de nouveau report de la date de sortie et fait une question de principe d’assurer ce divorce d’ici l’échéance du 31 octobre prochain, avec ou sans accord signé au préalable avec le camp européen. Si les européens ont eu recours aux félicitations d’usage pour accueillir l’arrivée au pouvoir de Johnson au Royaume-Uni, ils en ont aussi profité pour lui rappeler que l’accord de sortie signé par l’ancienne équipe dirigeante en novembre dernier, et que Theresa May a échoué à faire ratifier au Parlement, resterait en état et ne serait pas modifié. La ligne politique en apparence rigide de Boris Johnson sur la question du Brexit fait craindre un réel risque de « sortie dure » (ou « hard Brexit ») à l’automne prochain et toutes les répercussions économiques et monétaires (récession et baisses de taux ?) que ce scénario implique. L’annonce de la nouvelle, qui n’en était pas vraiment une, n’a pas eu énormément d’impacts sur la livre sterling – les marchés étant davantage préoccupés par les débats monétaires en Zone Euro et l’orientation prise par l’euro – la devise britannique reste néanmoins orientée à la baisse face à ces incertitudes persistantes. Le cours EUR/GBP a clôturé dans le rouge mardi avec près de -0,3% de pertes à un peu plus de £0,8960. La barrière de £0,90 a rejoué son rôle de résistance mardi et ainsi confirmé son importance aux yeux des investisseurs.

La couronne norvégienne est une des rares devises du G10 à avoir cédé du terrain face à l’euro mardi. Celle-ci a cédé -0,3% et chuté à un creux de près de 2 semaines – pic en séance recensé à plus de NOK 9,70 -  consécutivement à la publication montrant un recul au second trimestre de la confiance du secteur industriel norvégien à son plus bas niveau depuis 7 trimestres. 

Sur les marchés émergents, les réactions aux nouvelles de la journée ont été très diverses. Le yuan (voir plus haut), mais également le rouble (+0,5%), la roupie indienne (+0,4%) et dans une moindre mesure le rand sud-africain (+0,1%) ont profité de la faiblesse de l’euro et d’un regain d’espoir des marchés autour d’une possible réconciliation entre Pékin et Washington. À l’inverse, la montée des spéculations de baisse de taux en Zone Euro n’a pas réellement profité aux devises d’Europe de l’Est qui y voient là un nouveau signe de la mauvaise santé de la Zone Euro et une baisse potentielle de la demande européenne dont les économies d’Europe de l’Est se nourrissent pour croître. L’annonce également par le Fond Monétaire International d’une réduction de -0,1% de ses projections de croissance pour 2019 et 2020 (respectivement 3,2% et 3,5%) a probablement également pesé dans la contreperformance de ces devises. Le zloty polonais a ainsi cédé -0,2% (PLN 4,25) face à l’euro et le forint hongrois un peu moins de -0,2% (HUF 326,0). La couronne tchèque – laquelle est la devise dans cet univers qui offre les meilleurs rendements – a limité les pertes et l’EUR/CZK est resté assez stable à hauteur de CZK 25,55.

USD

Alors qu’on assistait ces derniers jours à beaucoup d’attentisme de la part des acteurs de marché en amont des réunions monétaires de la BCE et de la Fed en juillet, on imaginait mal voir l’EUR/USD subir de fortes variations avant jeudi et le dévoilement des conclusions de la banque européenne. Or la séance de mardi nous a donné tort et le fort repli de l’euro sonne comme un premier avant-goût d’un possible mouvement de plus forte ampleur si le lancement d’un nouveau cycle d’assouplissement monétaire, massif et s’étalant dans la durée, était officialisé ce jeudi. Alors que la banque communiquait encore en juin dernier sur un projet de hausse de taux à horizon 2020, le choix d’une baisse de taux précipitée en juillet – scénario central de réduction monétaire en septembre – serait vécu par les marchés comme un virage abrupt et soudain traduisant un état de santé de l’économie européenne probablement plus inquiétant que prévu. La publication ce matin des premiers résultats des enquêtes PMI d’activité au mois de juillet en Zone Euro devraient nous donner un nouvel aperçu des dynamiques économiques actuelles et de la magnitude du ralentissement observé depuis de longs mois dans la région, notamment dans le secteur industriel. Il est évident que des résultats plus décevants que prévu ou même en ligne aux attentes constitueraient des arguments supplémentaires à la thèse d’une décélération rapide et inquiétante de la croissance en Zone Euro et donc conforteraient les observateurs les plus pessimistes dans leurs convictions que la BCE pourrait annoncer dès  ce jeudi de nouvelles mesures de soutien destinées à stimuler l’économie. Dans ce cas précis l’euro pourrait perdre de nouvelles plumes et se rapprocher un peu plus de son plus bas niveau de l’année situé à $1,1106. À contrario, des signes de léger rebond de l’activité en Zone Euro et d’une détérioration de la croissance aux Etats-Unis (indices PMI publiés dans l’après-midi) pourraient permettre à l’EUR/USD de relever un peu la tête.

Niveaux/Sentiment : La sortie de route de l’EUR/USD avant la BCE- creux de 7 semaines touché mardi à $1,1144 – est inquiétante et suggère des pertes supplémentaires si d’aventure le pari qui croit sur ce début de semaine d’une intervention prématurée de la banque et une baisse de taux en juillet se confirment ce jeudi. De nouveau à proximité de ses plus bas niveaux de l’année situés au niveau de $1,11, l’EUR/USD pourrait connaître une seconde partie d’été agitée et revoir des niveaux que l’on avait plus vu depuis plus de 2 ans. Alors qu’habituellement les séances précédant les réunions monétaires sont généralement peu volatiles, le cours EUR/USD pourrait connaître des remous inhabituels si les résultats des indices PMI publiés ce matin en Zone Euro divergent fortement du consensus (à la hausse ou à la baisse) et viennent entretenir les spéculations concernant les futurs choix de politique monétaire de la BCE. On suivra avec attention également l’audition au Congrès de l’ancien procureur général Robert Mueller sur les résultats de l’enquête sur la tentative d’ingérence de la Russie lors des précédentes élections présidentielles américaines et l’implication éventuelle du président Donald Trump. Alors que certains démocrates tentent

Perf 2019 = -2,89% / Moyenne 2019 = $1,1287 / Point haut 23 juillet 2019 = $1,1209 / Point bas 23 juillet 2019 = $1,1144 / Clôture 23 juillet 2019 = $1,1151


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