Actualités du marché des devises

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juil. 23, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 23 juillet 2019 – Sommaire :

  • L’euro est victime ce matin d’une montée des spéculations de baisse prématurée de taux de la BCE ce mois-ci.
  • L’EUR/USD tente ce matin une sortie par le bas de son couloir de $1,12-$1,13 et fut observé à un plus bas depuis 5 semaines à $1,1184.
  • Léger repli de la paire EUR/GBP qui reste bloquée aux portes du seuil de £0,90. La volatilité pourrait s’agiter au fil de la journée alors que l’on attend la nomination du nouveau premier ministre britannique.
  • Le cours EUR/CHF ne montre aucun réel signe de redressement et reste pour le moment tout proche de ses plus bas niveaux depuis 2 ans à hauteur de ₣1,10.
  • Le cours EUR/CNH teste ce matin un support « vieux » de plus de 2 mois situé au niveau de ¥7,70.
  • La confiance du secteur industriel norvégien retombe au T2 à son plus bas niveau depuis presque 2 ans et l’EUR/NOK monte à un pic de presque 2 semaines à plus de NOK 9,66.
  • Léger rebond correctif de la paire EUR/ZAR (ZAR 15,55) après sa chute de la veille à un nouveau creux de 5 mois à presque ZAR 15,5.

Moments clés de séance :    

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de lundi : L’euro sur la défensive avant la BCE / La livre sterling perd des plumes à la veille de la nomination du nouveau PM / Le dollar canadien cède du terrain après une statistique décevante / Une volatilité générale faible qui profite aux devises à haut rendement

Il y a eu peu de mouvements à noter ce lundi, la faute en partie à un calendrier économique très réduit aux Etats-Unis et en Zone Euro mais aussi à un certain attentisme des acteurs de marché en amont de la réunion de la BCE de jeudiqui est aujourd’hui, avec la réunion de la Fed programmée la semaine prochaine,la principale source de préoccupation des marchés.

Alors que les marchés s’attendent globalement à un ajustement de communication de la BCE mettant en lumière un changement d’orientation monétaire dans laquelle il n’est plus question de projet de hausse de taux mais désormais de baisse de taux, certains traders n’occultent pas l’hypothèse d’une possible baisse de taux dès juillet et non pas en septembre comme il l’est actuellement intégré sur les marchés à terme. L’EUR/USD est resté, dans la lignée de la séance de vendredi dernier, sur la défensive et oscillé toute la journée à proximité de son support de $1,12.

Après deux séances consécutives de repli consécutives à la publication au Royaume-Uni jeudi dernier de très bons chiffres de ventes au détail (rebond de 1,0% en juin), le cours EUR/GBP a enregistré lundi un modeste rebond et retapé à nouveau à la porte du seuil de £0,90 (pic en séance lundi), sans toutefois réussir à le franchir. À la veille de la nomination du successeur de Theresa May et nouveau premier ministre, la pression monte au Royaume-Uni et la livre sterling en fait les frais. Selon toute vraisemblance, Boris Johnson devrait être l’heureux élu, ce qui n’est pas sans inquiéter les acteurs économiques et financiers qui voient à travers l’homme politique britannique un risque accru de réalisation d’un « hard Brexit » ou sortie de l’Union Européenne sans accord. Si l’on ignore encore les dommages économiques générés par un tel scénario, on parle néanmoins de plus en plus d’un possible risque de récession ces derniers temps au Royaume-Uni. Encore hier, c’est l’institut britannique NIERS qui a évoqué le sujet et tiré la sonnette d’alarme sur une menace de récession, dont la probabilité de réalisation est évaluée à 25% par l’institut, en cas de crise prolongé du Brexit.

Après sa chute vendredi à un creux de 2 ans à presque ₣1,10 sur fond de montée des tensions géopolitiques entre l’Iran et les Etats-Unis, le cours EUR/CHF apparaissait toujours sonné lundi et n’a montré aucun signe de redressement. Pire encore, la paire a cédé un peu de terrain et clôturé cette première séance dans le rouge (-0,1% à ₣1,1006).

Dans un environnement économique actuellement très dégradé qui voient les banques centrales, tout à tour, multiplier les messages de soutien, les marchés ont tendance à aller vite en besogne et s’alarmer au moindre résultat décevant. C’est le cas au Canada où la contraction inattendue des ventes en gros (-1,8% M/M vs. Cons. +0,5%) a été froidement accueillie par les marchés et engendré quelques spéculations de baisse de taux cette année au Canada (probabilité estimée à 50% sur les marchés à terme). Alors qu’il oscillait tout près de ses plus bas niveau depuis septembre 2017, le cours EUR/CAD s’est offert un petit rebond de +0,4% et un pic d’une semaine à plus de C$1,47.

Sous couvert d’une volatilité très réduite sur les marchés des changes en amont de la BCE et d’un appétit au risque stimulé par un rebond de plus de 1% des prix du pétrole (Brent à $63), les investisseurs ont eu tendance à se tourner vers les devises émergentes offrant les rendements les plus attractifs. Ainsi, le rand sud-africain et le zloty polonais furent sollicités lundi, le premier progressant de +0,6% face à l’euro et touchant un nouveau pic de 5 mois à un peu plus de ZAR 15,5, tandis que le second a enregistré un rebond plus modeste de +0,1% face à l’euro mais néanmoins atteint un pic de 2 semaines à moins de PLN 4,25.

USD

La volatilité reste pour le moment très mesurée avant la réunion de la BCE, les marchés se montrant patient et préfèrent attendre les conclusions de cet évènement en Zone Euro avant de se positionner. Cependant, cela n’empêche pas l’EUR/USD de glisser de manière continue et de s’approcher tout doucement de ses plus bas niveaux de l’année qui se situent à hauteur de $1,11. Alors qu’une grande majorité des observateurs s’accordent à penser que la banque pourrait lors de cette réunion ajuster sa communication mais néanmoins attendre la fin de l’été avant de procéder à de nouvelles mesures de soutien, on voit poindre depuis lundi quelques spéculations autour d’une baisse de taux anticipée en juillet et non pas en septembre comme le consensus l’anticipe actuellement. La publication mercredi, la veille de la décision monétaire de la banque européenne, des premiers résultats des enquêtes PMI de juillet pourrait être déterminant et influer sur le choix final des responsables monétaires européens. En effet, si la situation économique en Zone Euro est jugée très préoccupante, il se pourrait que la banque centrale ne prenne pas le risque que la situation se dégrade davantage et décide d’agir tout de suite. Il s’agit de spéculations qui tirent actuellement l’euro vers le bas mais qui à contrario pourraient œuvrer à un rebond correctif si d’aventure celles-ci ne se matérialisaient pas jeudi. Les inquiétudes politiques émanant ce mardi du Royaume-Uni où sera annoncé aujourd’hui la nomination du nouveau premier ministre britannique qui aura la lourde tache de gérer la question du Brexit dont l’échéance arrive à son terme en octobre sont une source de nuisance qui se répercutent ce matin sur l’euro et alimentent les pressions baissières actuellement visibles sur la paire EUR/USD. Il faudra attendre la fin d’après-midi pour assister à la publication d’indicateurs économiques majeurs avec les statistiques de ventes de maisons existantes aux Etats-Unis et surtout l’indice préliminaire de confiance des ménages en Zone Euro, lequel s’il se repliait davantage pourrait accentuer le mouvement de repli de l’euro.

Niveaux/Sentiment : Après avoir séjourné trois semaines au sein du couloir étroit de $1,12-$1,13 (+/- 0,9%), l’EUR/USD semble amorcer une sortie vers le bas de ce couloir et fut observer en séance asiatique ce matin sous le niveau de $1,12 à un creux de 5 semaines (point bas recensé à $1,1184). Il est clair que les effets combinés BCE-Brexit lui sont clairement favorables actuellement, et pourraient le demeurer encore au moins jusqu’à jeudi et le dévoilement des choix de la Banque centrale européenne en matière de politique de soutien. L’EUR/USD pourrait toutefois se préserver avant de tester ses plus bas niveaux de l’année autour de $1,11, les marchés n’ayant pour le moment pas assez d’éléments en main pour nourrir davantage les spéculations de baisse prématurée de taux en juillet. Néanmoins, la donne pourrait changer quelque peu si d’aventure on observait une dégradation de la confiance des ménages européens cette après-midi et un nouveau ralentissement de l’activité économique demain à l’occasion de la publication des enquêtes PMI de juillet.

Perf 2019 = -2,48% / Moyenne 2019 = $1,1289 / Point haut 22 juillet 2019 = $1,1225 / Point bas 22 juillet 2019 = $1,1204 / Clôture 22 juillet 2019 = $1,1208


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