Actualités du marché des devises

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juil. 22, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 22 juillet 2019 – Sommaire :

  • Volatilité très réduite ce lundi. L’euro reste sur la défensive en amont de la réunion de la BCE qui aura lieu jeudi et au cours duquel un changement de communication en faveur d’un nouveau cycle accommodant pourrait être opéré.
  • Le cours EUR/USD reste coincé dans un couloir étroit de $1,12-$1,13 (+/-0,9%) avant la BCE.
  • Léger rebond de la paire EUR/GBP en direction de £0,90 à la veille du dévoilement des résultats de la primaire du Parti conservateur qui nommera le nouveau premier ministre britannique. Boris Johnson est le grand favori pour succéder à Theresa May.
  • Petit mouvement correctif haussier de la paire EUR/CHF après sa chute vendredi à son plus bas niveau depuis 2 ans à presque ₣1,10.
  • La paire reste à hauteur de ses plus bas niveaux de l’année autour de ¥121.
  • Le cours EUR/CNH glisse doucement dans la partie inférieure du couloir de ¥7,70-¥7,75 dans lequel il oscille depuis 2 semaines.
  • Rebond de plus de 2% des prix du pétrole ce matin (Brent tout proche de $64). Le cours EUR/CAD recule sous le seuil de C$1,4650 et continue d’osciller sur ses plus bas niveaux depuis septembre 2017.

Mais aussi cette semaine…

  • Audition au Congrès américain de l’ancien procureur spécial (mercredi) : L’ancien procureur en charge de l’enquête sur la tentative d’ingérence de la Russie lors des présidentielles de 2016 sera auditionné au Congrès ce mercredi. Ce sera l’occasion pour les démocrates de tenter de soutirer au procureur des éléments préjudiciables contre le président américain dont d’importants soupçons planent sur son implication dans cette affaire.
  • Indices PMI préliminaires en Zone Euro & Etats-Unis (mercredi) : Premiers indicateurs d’activité au mois de juillet. Ce sera l’occasion de voir si la baisse des tensions commerciales après la trêve sino-américaine opérée au G20 a bénéficié à une reprise d’activité, notamment dans le secteur industriel, en Zone Euro et aux Etats-Unis.
  • Croissance du PIB au T2 en Corée du Sud (jeudi) : Pays tourné vers l’export, la Corée du Sud pourrait comme la Chine ou Singapour voir son économie très fortement pénalisée au 2nd trimestre par le regain de tensions sino-américaines. Une mauvaise performance viendrait raviver les inquiétudes des marchés sur l’impact de la montée des incertitudes sur la croissance de l’économie mondiale.
  • Indices Ifo de climat des affaires en Allemagne (jeudi) : Evaluation de la confiance des entreprises allemandes dans un contexte global hautement dégradé.

Retour sur la séance de vendredi : L’euro a nouveau endommagé par des spéculations monétaires / Hausse des tensions géopolitiques entre les Etats-Unis et l’Iran et chute de l’EUR/CHF à son plus bas niveau depuis 2 ans / Le yen pris entre deux feux face à la hausse des spéculations d’intervention de la Banque du Japon.

Les anticipations monétaires en amont des réunions de juillet de la BCE et de la FED continuent d’alimenter la volatilité sur les marchés des changes. Si jeudi, il était question de la Fed et d’une possible intervention de « grande ampleur », les effets des propos du gouverneur de la Fed de New York (J. Williams) se sont vite estompés pour laisser place vendredi à de nouvelles spéculations autour de la BCE et de nouvelles mesures accommodantes qui pourraient être appliquées dans les prochains mois.

Vendredi, l’hebdomadaire allemand der Spiegel  a évoqué le redémarrage d’un programme de rachats d’actif début novembre, le média citant des membres anonymes proches de la banque comme source de cette information. Alors que les investisseurs ont déjà intégré l’idée d’une possible baisse de taux en septembre, cet article vient alimenter encore davantage les débats autour d’un prochain amorcement d’un nouveau cycle monétaire accommodant en Zone Euro. À moins d’une semaine d’une nouvelle réunion de la BCE (24-25 juillet), la pression se fait de plus en plus forte sur les épaules des banquiers centraux européens et d’un possible ajustement de communication de leur part pour préparer le terrain en vue de l’introduction après l’été de nouvelles mesures de soutien de l’activité de crédit en Zone Euro.

L’euro a cédé du terrain face à l’ensemble de ses pairs du G10 à l’exception notable de la couronne suédoise (+0,3% à SEK 10,53). Après un sursaut à $1,1280 jeudi, le cours EUR/USD a abandonné l’ensemble de ses gains et enregistré un repli de -0,5% et ainsi clôturé la dernière séance de la semaine à $1,1220.

Après son repli de la veille, la paire EUR/GBP a légèrement accentué ses pertes (-0,2% vendredi) et confirmé son retour sous le seuil de £0,90. Néanmoins, en amont du dévoilement mardi du résultat final de la primaire du Parti conservateur à l’issue de laquelle sera nommé le prochain premier ministre du Royaume-Uni, la devise britannique reste toujours très fragile.

L’autre évènement majeur ce vendredi était la propagation d’un large sentiment d’aversion au risque après l’annonce par la marine américaine d’une destruction d’un drone iranien dans le détroit d’Ormuz. Déjà très tendues, la dégradation des relations entre les Etats-Unis et l’Iran fait craindre un point de non-retour et l’éclatement d’un conflit militaire. Si le cours EUR/JPY a accusé des pertes modestes (-0,1% à ¥120,9), la faute en partie à des forces baissières divergentes sur le yen provoquées par la publication en matinée de chiffres d’inflation en recul au Japon venant réanimer les anticipations de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire de la Banque du Japon, le franc suisse a lui bondi de presque +0,5% face à l’euro et l’EUR/CHF a clôturé à son plus bas niveau depuis 2 ans à un peu plus de ₣1,1010.

Le cours EUR/CAD a consolidé sa position au centre du couloir de C$1,46-C$1,47, la paire limitant les pertes (-0,2%) grâce à l’appui de nouvelles décevantes en provenance du Canada et d’une contraction non-attendue des ventes au détail au mois de mai (-0,1% M/M vs. +0,3%).

Sur les marchés émergents, nous avons assisté vendredi à un rebond du forint hongrois (+0,2%) à un pic de 8 séances face à l’euro sous le niveau de HUF 325,0. Le cours EUR/CNH est lui retombé au centre de son couloir de ¥7,70-¥7,75 dans lequel il oscille depuis 2 semaines. Le rand sud-africain s’est stabilisé autour de ZAR 15,60 face à l’euro et subit quelques prises de bénéfice (-0,2%) traditionnellement observées en fin de semaine alors que la devise sud-africaine oscille sur ses plus hauts niveaux depuis 5 mois.

EUR

Réunion de la BCE (décision monétaire jeudi) – Préparation du terrain à l’annonce de mesures de soutien à venir ? : Cette semaine, il s’agira de la première réunion monétaire officielle depuis la conférence annuelle de la Banque centrale européenne (BCE), qui a eu lieu le mois dernier à Sintra au Portugal, en marge de laquelle le gouverneur central Mario Draghi n’a pas caché ses inquiétudes vis-à-vis de la situation économique en Zone Euro et clairement ouvert la porte au recours à de nouvelles mesures de soutien, sous forme de baisse de taux et/ou de rachats d’actif. Alors que pour le moment, la communication officielle de la banque centrale fait référence à une ambition de rehaussement des taux d’intérêt, laquelle n’est à priori pas attendue avant mi-2020 au plus tôt d’après les dernières projections publiées par la BCE en juin dernier, il se pourrait que l’on assiste cette semaine à un virage à 180° en terme de communication et un changement radical de cap avec de nouvelles indications prospectives (ou « forward guidance ») faisait désormais référence à une possible baisse de taux à venir, et potentiellement l’ambition de réamorcer prochainement un nouveau programme d’assouplissement monétaire (QE) après celui de €2,6Trn étalé sur presque 4 ans et qui a pris fin en décembre 2018. C’est du moins le scénario principal qui se dégage actuellement sur les marchés financiers, les investisseurs pariant depuis des semaines sur l’annonce d’une possible réduction de 10pbs du taux de dépôt de la BCE au mois de septembre tandis que vendredi l’hebdomadaire allemand der Spiegel citait des sources anonymes proches de la banque centrale pour évoquer une reprise d’une politique de rachats d’actif par la BCE à partir de novembre prochain. N’agissant jamais sans avoir communiqué ses intentions aux marchés, les responsables monétaires européennes tiennent là une parfaite occasion de préparer les marchés à un changement de cap monétaire et l’ouverture prochaine d’un nouveau cycle accommodant visant à soutenir la consommation des ménages et les investissements des entreprises en stimulant l’activité de crédit au sein des banques. Maintenant artificiellement les taux à bas niveau pour relancer l’économie domestique, cette politique, si elle se concrétise, aura pour effet de maintenir l’euro dans la catégorie des investissements à faible rendement et donc du coup limiter son potentiel haussier face à ses pairs si ce n’est pénaliser encore davantage une devise européenne déjà faiblement valorisée.

Orientation & Volatilité : Bien qu’anticipé par les marchés depuis maintenant plusieurs semaines, un ajustement de communication de la banque traduisant un changement de cap monétaire viendrait alors officialiser une nouvelle approche accommodante de la part des banquiers centraux européens destinée à relancer une économie européenne qui ne cesse de décélérer depuis des mois. L’euro s’en trouverai alors forcément impacté car, déjà aujourd’hui très peu attractif avec ses taux négatifs, la devise perdrait alors le peu d’espoir encore placé par les investisseurs dans une possibilité de rehaussement graduel des taux d’intérêt à moyen et long terme. Alors que la BCE ne devrait vraisemblablement pas être la seule à réaliser un virage accommodant au sein des économies développées ; l’Australie l’ayant déjà précédé, les Etats-Unis, le Japon et le Royaume-Uni pourrait lui emboiter le pas dans les prochaines semaines/mois; il y a là un argument qui pourrait justifier un non décrochage de la devise européenne sur des niveaux extrêmement bas. Au niveau de l’EUR/USD, si l’on ne peut pas exclure le risque d’une chute sous les plus bas niveaux de l’année situés à hauteur de $1,11 ($1,1106 pour être précis), la paire de change pourrait limiter les dégâts uniquement grâce à l’existence en parallèle de fortes anticipations de baisse de taux aux Etats-Unis à la fin du mois. Si d’aventure la BCE préférait temporiser et se laisser un peu de temps avant de parler de baisse de taux ; un scénario qui peut être envisager sachant que la banque ne dispose pas encore des chiffres de croissance du 2nd trimestre en Zone Euro et bénéficie d’un environnement moins tendu sur le volet commercial depuis la trêve sino-américaine opérée au dernier G20 ; alors l’effet de surprise suscité par ce « non-changement » pourrait enflammer l’euro et générer quelques gains temporaires. Une barrière à $1,13 freine pour le moment toute expansion de l’euro et sera à coup sûr un obstacle majeur à franchir en cas de nouvelle tentative de rebond.

GBP

Dévoilement du résultat des primaires du Parti conservateur (mardi) – Victoire haut la main de Boris Johnson et recrudescence des craintes de « Hard Brexit » ? – Il est le grand favori, dans les sondages et auprès des bookmakers anglais, pour succéder à Theresa May et devenir le premier ministre du Royaume-Uni, l’ancien maire de Londres Boris Johnson saura mardi si ces prédictions sont exactes ou si son rival, l’actuel ministre des affaires étrangères Jeremy Hunt crée la surprise et devient le nouveau locataire du 10 Downing Street. Grand partisan du Brexit dont il dirigé la campagne en 2016 et qu’il souhaite à tout prix opérer dans les délais impartis avant la fin du mois d’octobre prochain, Boris Johnson n’est pas encore arrivé au pouvoir qu’il suscite déjà énormément de craintes parmi les acteurs économiques et financiers britanniques. S’il se dit ouvert aux discussions avec le camp européen, sa vive opposition exprimée la semaine dernière dans un débat télévisé face à Hunt sur la question de la clause de sauvegarde de la frontière irlandaise, élément cher aux européens qui veulent éviter la mise en place d’une frontière physique en Irlande, fait craindre des négociations houleuses et le possible maintien d’une impasse rendant alors un divorce brutal cet automne comme quelque chose d’inévitable. L’arrivée probable de Johnson risque également de provoquer pas mal de turbulences sur la scène politique britannique puisque le ministre des finances Philip Hammond a menacé ce weekend de quitter ses fonction si ce résultat se concrétisait tandis qu’au sein de l’opposition travailliste on a déjà prévenu que le nouveau gouvernement conservateur, quel qu’il soit, se verrait adosser une motion de censure, laquelle s’il elle reçoit la majorité au Parlement provoquerait très probablement de nouvelles élections anticipées dans le pays. C’est le souhait non-dissimulé des travaillistes qui espèrent grâce à cela reprendre le pouvoir et ainsi tenter de faire machine arrière sur la question du Brexit.

Orientation & Volatilité : La livre sterling a chuté la semaine dernière à son plus bas niveau depuis 6 mois face à l’euro à plus de £0,9050 avant de se reprendre quelque peu après la publication de bons chiffres de ventes au détail. La livre sterling sera une nouvelle fois très sensible aux évolutions politiques au Royaume-Uni provoquées par l’annonce des résultats officiels mardi de la primaire du Parti conservateur et la prise de fonction dès le lendemain du nouveau premier ministre du pays. Une victoire de Boris Johnson est anticipée depuis déjà plusieurs semaines et donc ne devrait pas susciter à elle seul beaucoup de remous sur les marchés des changes, à moins que son officialisation vienne raviver de fortes inquiétudes sur un risque de sortie sans accord du Royaume-Uni en octobre prochain. Les investisseurs pourraient être sensibles à une montée des incertitudes dans le pays en cas de vague de démissions de plusieurs ministres clés et/ou d’un vote de confiance de la nouvelle équipe dirigeante au Parlement. En cas de nouveau fort repli de la livre, la paire EUR/GBP pourrait avoir l’occasion de tester le plafond de £0,91 qui encadre le cours par le haut depuis septembre 2017.

USD

Première estimation de croissance au T2 (vendredi) – Une économie américaine qui montre toujours des signes de résilience ? : Malgré de nombreuses inquiétudes, l’économie américaine avait littéralement surpris les observateurs de marché sur le début d’année en affichant une solide croissance au 1er trimestre de plus de 3% (3,1% T/T annualisée). Or sur la seconde partie du 1er semestre, les signes d’essoufflement se sont multipliés notamment au niveau des investissements d’entreprise qui restent réduits face à la montée des incertitudes dans le monde, de l’activité du secteur industriel qui a fortement décéléré ces derniers mois dans un climat de regain de tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis ou encore au niveau de l’inflation qui au fil des mois a reculé sous son objectif de long terme de 2%. La montée des inquiétudes autour des perspectives de croissance aux Etats-Unis ont eu pour effet de faire naître de nombreux débats autour d’une première hausse de taux depuis 10 ans dans les rangs de la réserve fédérale américaine. Si une baisse de taux de -25pbs est totalement intégrée par les marchés depuis plusieurs semaines et apparaît aujourd’hui comme le scénario le plus probable, cela malgré une recrudescence la semaine dernière d’anticipations autour d’une possible intervention de « grande ampleur » survenue en réaction aux propos tenus par le président de l’antenne régionale de la Fed à New York. Si un article du Wall Street Journal  publié vendredi dernier est venu donné un peu plus de crédit à l’hypothèse d’une intervention « minime » de la banque centrale américaine la semaine prochaine (réunion 30-31 juillet), des chiffres décevants de croissance au 2nd trimestre pourraient rebattre totalement les cartes et laisser planer le doute sur le choix final de la banque.

Orientation & Volatilité : Le dollar apparaît depuis plusieurs jours totalement connecté aux anticipations de baisse de taux aux Etats-Unis, et plus particulièrement à l’évolution sur les marchés à terme des probabilités de baisse de taux de -50pbs à la fin du mois. Alors qu’elle se situait à 50-50 jeudi dernier après les commentaires de John Williams (Fed de New York) sollicitant la nécessité de recourir à une intervention de forte ampleur, la probabilité est retombé à moins de 25% vendredi après l’article du WSJ. Jusqu’au 31 juillet, date de la décision monétaire de la banque centrale américaine, la devise américaine sera sensible à tous les éléments ouvrant la porte à des spéculations sur la décision prise le 31 juillet prochain. L’observation d’une économie américaine résiliente pourrait conforter une stratégie de baisse graduelle des taux, laquelle ne serait pas trop pénalisante pour le dollar (d’autant plus si la BCE ajuste sa communication et parle ouvertement d’une possible baisse de taux/relancement d’un QE). À l’inverse, des chiffres de croissance décevants pourraient venir raviver les spéculations autour d’une intervention de plus forte magnitude de la part de la Fed et d’une possible réduction du taux directeur d’un demi pour cent dès le mois de juillet. Auquel cas, le dollar se verrait pénalisé, ce qui offrirait alors un tremplin à l’EUR/USD pour tenter de remonter au-dessus de $1,13.


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