Actualités du marché des devises

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juil. 18, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 18 juillet 2019 – Sommaire :

  • Une volatilité toujours aux abonnés absents et des marchés littéralement suspendus aux décisions de la BCE et de la FED à venir ces deux prochaines semaines. Nouvelles inquiétudes autour de l’économie mondiale après la publication d’une forte contraction des exportations et importations au Japon en juin. 
  • L’EUR/USD poursuit son rebond mais le redressement reste timide. La paire tente de rejoindre sa moyenne mobile 100j située à $1,1250. Inscriptions aux allocations chômage et indices d’activité de la Fed de Philadelphie aux Etats-Unis (14h30) à suivre ce jeudi.
  • Léger mouvement correctif sur la paire EUR/GBP après l’atteinte d’un pic de 6 mois à hauteur de £0,9050 mardi. Chiffres de ventes au détail au Royaume-Uni à surveiller ce matin (10h30).
  • L’EUR/JPY tutoie ses plus bas niveaux de l’année et le support de ¥121 alors que les craintes autour des dommages économiques causés par les tensions commerciales sont ravivées ce matin après la publication d’une plus forte contraction que prévu des exportations et importations japonaises (-6,7%/-5,2% A/A).
  • Modeste rebond de la paire EUR/CAD qui tente de s’extraire de ses plus bas niveaux depuis septembre 2017. Le cours reste toujours coincé sous le seuil de C$1,47 en attendant la publication demain des statistiques de ventes au détail au Canada.
  • Repli de l’EUR/AUD sous A$1,60 tout proche de ses plus bas niveaux depuis 2 mois après la publication ce matin d’un rebond conséquent des créations d’emploi à temps plein en juin en Australie (+21k) et le maintien d’un taux de chômage à un niveau stable de 5,2% pour le 3ième mois consécutif.
  • La couronne norvégienne chute à un creux d’une semaine face à l’euro à plus de NOK 9,65 alors que les prix du pétrole restent orientés à la baisse.
  • Le rand efface ce matin une partie des pertes de la veille et l’EUR/ZAR teste à nouveau le support de ZAR 15,7 alors qu’une baisse de taux est attendue cette après-midi en Afrique du Sud (15h00).

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de mercredi : L’euro retrouve quelque peu ses esprits grâce à des chiffres d’inflation finalement un peu meilleurs que prévu / Contraction inattendue des permis de construire aux Etats-Unis à un plus bas depuis 21 mois / Pas de surprises concernant l’inflation au Royaume-Uni et au Canada / Le rand perd du terrain à la veille d’une possible baisse de taux en Afrique du Sud / La couronne norvégienne pénalisée par la 3ième séance consécutive de repli des prix du pétrole

Malgré la publication de nombreux indices conjoncturels majeurs hier, la volatilité sur les marchés des changes s’est révélée très modeste et laisse dissimuler, semble-t-il, un certain attentisme des investisseurs en attendant les réunions monétaires de la BCE (24-25 juillet) et de la Fed (30-31 juillet) prévues ces deux prochaines semaines. Après son large repli subi mardi consécutivement à des indices ZEW de sentiment en Allemagne plus décevants que prévu, l’euro a repris quelques couleurs mercredi, néanmoins les gains sont restés relativement modestes.

La bonne nouvelle nous est venue hier de l’inflation en Zone Euro qui, après avoir chuté en mai à un creux de 13 mois à 1,2%, a finalement légèrement rebondi en juin à 1,3%, contredisant ainsi la première lecture publiée un peu plus tôt désignant une dynamique stable lors du dernier mois du 1er semestre. L’indice sous-jacent excluant les produits aux prix les plus volatiles tels que le tabac, l’alcool, l’énergie et les produits alimentaires a lui confirmé un rebond de 0,8% à 1,1%. Si ces résultats n’ont provoqué aucune « enflammade » parmi les investisseurs ; on reste malgré tout très éloigné de l’objectif de long terme de 2% recherché par la Banque centrale européenne ; cela a néanmoins eu le mérite de soutenir un rebond correctif de l’EUR/USD au lendemain de sa chute au niveau de son support des 6 dernières semaines localisé à $1,12. Le rebond de l’EUR/USD s’est également nourri de statistiques moins bonnes que prévu du secteur de la construction américain où en juin le nombre de permis de construire délivré a chuté à son plus bas niveau depuis 21 mois (septembre 2017) et les mises en chantier ont enregistré une seconde contraction consécutive. Clôturant la séance à un peu plus de $1,1220, l’EUR/USD ne paraît pas complétement guéri.

Pas de surprises en ce qui concerne l’inflation au Royaume-Uni, la dynamique annuelle de l’indice principal des prix à la consommation restant en juin stable à 2,0% et l’indice de base progressant légèrement de 1,7% à 1,8% comme il l’était anticipé en amont par le consensus. Après avoir mardi chuté à un nouveau creux de 6 mois à hauteur de £0,9050, la livre sterling a enregistré un léger rebond correctif hier face à l’euro et l’EUR/GBP a clôturé la séance à £0,9025. Les pressions sur la devise britannique restent toujours amplement baissières alors que les marchés voient de plus en plus un scénario de « Hard Brexit », ou sortie de l’Union Européenne sans accord en octobre prochain, comme quelque chose de fort plausible en cas d’arrivée de Boris Johnson à la tête du gouvernement. Alors qu’il est difficile d’évaluer avec exactitude les dommages réels causés sur l’économie britannique par cet évènement, on voit poindre depuis quelques semaines une série de commentaires négatifs sur le sujet, notamment du côté de la Banque d’Angleterre qui n’écarte désormais pas la possibilité de recourir à une baisse de taux à court terme si la situation le nécessite. Ce mercredi, c’est la Direction du Contrôle Budgétaire britannique ; institution en charge de la régulation fiscale ; qui devrait sonner la sirène d’alarme et évoquer un risque de récession l’année prochaine au Royaume-Uni (estimation de -3%) en cas de divorce sans accord avec l’UE.

Au Canada aussi, les statistiques d’inflation de juin sont ressorties en ligne avec les attentes du consensus, c’est-à-dire en recul par rapport au mois dernier où l’indice principal avait atteint un pic de 7 mois à 2,4%. Pas d’inquiétudes pour autant puisque la dynamique annuelle de l’indice principal et de l’indice de base (panier de valeurs excluant les produits aux prix les plus volatils) est au niveau de l’objectif de long terme recherché par la banque centrale canadienne, c’est-à-dire à 2,0%. Le Canada se démarque de ses homologues américains et européens où l’on assiste à un repli prononcé de l’inflation depuis quelques mois d’où un choix de la part des responsables monétaires canadiens de ne pas suivre la tendance et prendre le virage accommodant pris ces dernières semaines par un nombre croissant de banques centrales dont la Fed aux Etats-Unis et la BCE en Zone Euro. Ces divergences d’approche monétaire assurent le maintien des taux obligataires canadiens à un niveau relativement attractif (taux 10 ans canadien actuellement à 1,53%) et offrent un certain avantage concurrentiel à la devise canadienne. Si le cours EUR/CAD parvient à se stabiliser depuis deux semaines dans un couloir de C$1,46-C$1,47 (résistance à C$1,4730), soit ses plus bas niveaux depuis septembre 2017, le cours ne montre pour le moment aucun signe de redressement… cela malgré la correction en cours des prix du pétrole.

En effet face à la multiplication ces derniers jours des signes de fléchissement marqué de la croissance mondiale sous l’impact des tensions commerciales (chiffres de croissance décevants à Singapour et en Chine au second trimestre), plusieurs observateurs y voient là un facteur susceptible de peser sur la demande mondiale en pétrole. Résultat, les cours du brut de mer du Nord ont enregistré une 3ième séance consécutive de repli mercredi (-1,1% hier pour le Brent et -4,6% en cumulé sur les 3 derniers jours) et chuté à un creux d’une semaine sous $64. La couronne norvégienne a été particulièrement sensible à cette dynamique baissière sur les prix du pétrole, et après s’être cassée les dents pendant quatre séances d’affilée sur la barrière de NOK 9,60 elle a finalement cédé -0,3% face à l’euro hier à NOK 9,64.

Dans l’univers émergent, on observa hier un renforcement de l’euro face à l’ensemble des devises d’Europe de l’Est. Le forint hongrois a lui chuté mercredi à un creux de 6 semaines face à l’euro à plus de HUF 326 tandis que la couronne tchèque a flirté avec ses plus bas niveaux depuis 4 semaines face à l’euro à presque CZK 25,63. Après avoir touché mardi un pic de 5 mois face à l’euro à moins de ZAR 15,55, le rand a cédé -0,5% mercredi et l’EUR/ZAR est remonté au-dessus de son ancien support de ZAR 15,7 à la veille d’une décision monétaire de la banque centrale sud-africaine (SARB) qui, selon le consensus actuel, devrait annoncer une baisse de -25pbs de son taux directeur principal à 6,50%. Profitant d’un timide rebond de l’euro, le cours EUR/CNH s’est légèrement écarté de son creux de 6 semaines touché mardi et est légèrement remonté pour clôturer au-dessus de la barrière de ¥7,72.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD  :  Comme on s’y attendait un peu l’EUR/USD remonte tout doucement après sa déconvenue de mardi mais la dynamique de redressement reste pour le moment très timide, les spéculations de baisse de taux en Zone Euro dans les prochaines semaines/ mois – les marchés à terme ont totalement intégré un scénario de réduction du taux de dépôt (actuellement à -0,4%) de 10pbs en septembre - étant actuellement très importantes et prenant le pas sur les anticipations de baisse de taux ce mois-ci aux Etats-Unis, scénario depuis bien longtemps maintenant intégré par les marchés. De plus, on voit une nouvelle tendance s’installée, celle que l’économie américaine n’est peut-être pas aussi mal en point qu’on veut bien le croire et que le contexte actuel ne justifie pas un soutien de grande ampleur de la part de la banque centrale américaine. Le Livre Beige de la Fed publié mercredi soir ; rapport sorti environ toutes les 6-7 semaines qui décrit les conditions économiques actuelles (emploi, inflation, croissance) au sein des districts américains sous la responsabilité d’une antenne régionale de la Fed ; a appuyé la thèse de perspectives positives pour les mois à venir malgré la montée des incertitudes commerciales et une inflation « légèrement en baisse ».  Sur les marchés à terme, on voit la côte d’un scénario d’une baisse agressive de taux de -50pbs en juillet toujours très importante et désormais évaluée à plus de 35% après la publication hier de chiffres décevants aux Etats-Unis dans le secteur de la construction. Toutefois, l’EUR/USD ne semble pas vraiment adhérer à cette hypothèse à en croire son manque de vigueur actuel. Si le mouvement correctif haussier sur la paire de change se prolonge ce jeudi matin, celle-ci reste toujours sous la menace d’une correction provoquée par de nouvelles déceptions économiques et/ou turbulences politiques en Zone Euro. Sur ce dernier point, la l’élection, bien que de justesse, de Ursula von der Leyen mardi à la présidence de la Commission Européenne semble avoir dissiper quelques craintes, toutefois les divergences politiques restent nombreuses au sein de l’Union Européenne et les marchés y sont très attentifs. Sauf évènement non-attendu sur le volet monétaire et//ou commercial, la volatilité pourrait rester une nouvelle fois limitée, les investisseurs continuant à ronger leurs freins en attendant les réunions de la BCE la semaine prochaine et de la Fed dans deux semaines. L’évènement majeur de la séance de jeudi sera la publication aux Etats-Unis en début d’après-midi (14h30) des statistiques hebdomadaires d’inscriptions aux allocation chômage et des indices d’activité de la Fed de Philadelphie.

Niveaux/Sentiment : L’EUR/USD prolonge le rebond amorcé la veille et tente de rejoindre le seuil de $1,1250 ou sa moyenne mobile 100 jours sous lequel la paire a chuté mardi. Le seuil de $1,12 fait office de support sur la paire de change depuis 6 semaines et fait rempart pour le moment à tout risque de glissade de la paire de change. Cet équilibre reste néanmoins fragile et celle-ci reste sous la menace d’une nouvelle correction en cas de mauvaises nouvelles en provenance de la Zone Euro ou de rebond du dollar sur fond de crédit renforcé à un scénario de baisse modeste de taux de l’ordre de -25pbs à la fin du mois. Les investisseurs restent actuellement très attentifs aux indices conjoncturels publiés aux Etats-Unis et en Zone Euro en amont des réunions monétaires de juillet  et tentent à travers ceux-ci d’y déceler des indices sur les futurs décisions prises par les banquiers centraux américains et européens. Au regard des fortes anticipations de part et d’autre, il est possible que l’on assiste à une succession dans les prochains jours de séance à faible volatilité en attendant de connaitre le verdict final, dès la semaine prochaine en Europe avec la BCE (décision monétaire jeudi 25 juillet). 

Perf 2019 = -2,05% / Moyenne 2019 = $1,1290 / Point haut 17 juillet 2019 = $1,1233 / Point bas 17 juillet 2019 = $1,1198 / Clôture 17 juillet 2019 = $1,1223


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