Actualités du marché des devises

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juil. 17, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 17 juillet 2019 – Sommaire :

  • Pas de traces ce matin de redressement de l’euro après son « coup de mou » de la veille. Le dollar canadien tutoie de nouveaux sommets alors que les marchés surveillent ce mercredi l’inflation au Canada.
  • Retombée la veille à $1,12 ou son seuil plancher des 6 dernières semaines, l’EUR/USD garde la « gueule de bois » et ne montre aucun signe de redressement. Regard ce mercredi sur l’inflation en Zone Euro (11h00), les indices du secteur de la construction aux Etats-Unis (14h30) & le Livre Beige de la Fed (20h00).
  • Après son envolée de la veille à un pic de 6 mois à presque £0,9050, le cours EUR/GBP reste orienté à la hausse en amont de la publication des chiffres d’inflation au Royaume-Uni (10h30).
  • Repli de l’EUR/CAD sous C$1,4650 et paire à nouveau tout proche de ses plus bas niveaux depuis septembre 2017 en amont de la publication cette après-midi des chiffres d’inflation au Canada (14h30).
  • Pas de redressement de la paire EUR/CNH qui oscille actuellement sur ses plus bas niveaux depuis 6 semaines à un peu plus de ¥7,71.
  • Rebond de la paire EUR/PLN à plus de PLN 4,26 après le repli la veille à un creux d’une semaine (PLN 4,2540) et la publication ce matin d’un ralentissement plus marqué que prévu de la croissance des salaires en Pologne au mois de juin.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de mardi : Un repli du moral des investisseurs allemands fait lourdement chuter l’euro / Consommation domestique toujours solide aux Etats-Unis qui fait pencher pour une baisse de taux modeste / La livre sterling chute à un creux de 6 mois sur fond de regain de craintes autour d’un scénario de « Hard Brexit » / Donald Trump sème le doute sur un accord à court terme avec la Chine

La séance de mardi sur les marchés des changes fut globalement influencée par le recul de l’euro déclenché en début de matinée par un repli plus marqué que prévu d’un indice de sentiment des investisseurs allemands, lequel ravive les craintes de possible récession au sein de la 1ière économie européenne. Alors que le président américain est lui aussi venu causer quelques turbulences en battant en brèche tout espoir d’accord rapide avec la Chine et réaffirmant au passage la menace de possibles nouvelles taxes douanières contre Pékin, l’euro a cédé du terrain face à l’ensemble de ses pairs du G10 (principales devises de pays développés) à l’exception notable de la livre sterling qui elle fut lourdement handicapée par le retour du spectre de possible « Hard Brexit » en octobre prochain. Dans l’univers des émergents, l’euro a également perdu du terrain face à un grand nombre de devises sauf les devises pétrolières comme le rouble russe et le peso mexicain toutes deux victimes d’un lourd repli des prix du pétrole (plus de -3% mardi) et du forint hongrois qui est en Europe de l’Est le pays  qui offre les rendements obligataires les plus faibles.

Les marchés ne s’attendaient pas à un recul aussi marqué de l’indice ZEW de sentiment des investisseurs et analystes en Allemagne au mois de juillet d’où la mauvaise surprise à la vision d’un repli de l’indice principal à un creux de 9 mois et de l’ indice sous-jacent traquant le sentiment vis-à-vis des conditions économiques actuelles à son plus bas niveau depuis 2010. D’après l’institut allemand en charge de cette enquête, le moral des acteurs de marché allemands est fortement impacté par la montée des incertitudes externes, à savoir le maintien de vives tensions commerciales et des rapports toujours compliqués entre la Chine et les Etats-Unis, mais également de nouvelles tensions croissantes au Moyen Orient autour de la question du nucléaire iranien. Alors que la Commission Européenne a révisé à la baisse la semaine dernière sa projection de croissance cette année pour l’Allemagne à 0,5%, le spectre d’une récession dans le pays refait surface à travers ces indices de confiance. À un peu plus d’une semaine d’une nouvelle réunion de la Banque centrale européenne (24-25 juillet), laquelle n’a pas caché ces dernières semaines ses intentions sur de possibles nouvelles mesures de soutien pour stimuler une économie européenne qui flanche, il n’en fallait pas plus pour déclencher de nouvelles fortes pressions baissières sur l’euro.

La paire EUR/USD fut l’une des plus sensibles au mouvement de repli de l’euro, celle-ci céda hier plus de -0,4% et toucha à l’occasion un creux d’une semaine à $1,1200 (point bas touché en séance). Il faut dire aussi que ce mouvement baissier fut entretenu dans l’après-midi par la publication de chiffres de ventes au détail aux Etats-Unis bien meilleurs que prévu au mois de juin (+0,4% M/M vs. Cons. +0,1%) portant ainsi à quatre le nombre de mois consécutifs de croissance positive. Alors que la production industrielle a de son côté un peu déçu (+0,0% vs. Cons. +0,1%), la confirmation d’une consommation domestique robuste aux Etats-Unis tend à atténuer les commentaires négatifs entendus de part et d’autre sur l’économie américaine et confirme au contraire une certaine résilience de celle-ci malgré la montée croissante des risques extérieurs. Si ces données ne devraient vraisemblablement pas remettre en cause une hypothétique baisse de taux par la réserve fédérale américaine à la fin du mois ; le président de la banque centrale Jerome Powell a une nouvelle fois appuyé cette thèse et rappelé qu’il était prêt à intervenir de manière appropriée à l’occasion d’un discours délivré en marge d’un évènement organisé par la Banque de France ; elles constituent néanmoins un argument en faveur d’une réduction monétaire modeste (-25pbs) plutôt qu’agressive (-50pbs). Sur les marchés à terme, les positions restent stables et on observe toujours un ratio 70%/30% en faveur d’une baisse de taux minimale.

Au lendemain du nouveau débat organisé lundi soir entre les deux prétendants conservateurs au poste de premier ministre, la livre sterling s’est réveillée avec une grosse migraine face au fort regain d’inquiétudes autour d’un scénario de « Hard Brexit ». Grand favori des sondages, l’ancien maire de Londres Boris Johnson s’est déclaré défavorable au maintien d’un filet de sécurité au niveau de la frontière irlandaise, clause de sauvegarde pourtant intégrée à l’accord signé en novembre dernier par Theresa May et les dirigeants européens et destinée à éviter en attendant qu’une solution soit trouvée l’introduction d’une frontière physique entre la partie britannique (Irlande du Nord) et la partie européenne (République d’Irlande) de l’Irlande. L’inflexibilité du probable futur premier ministre britannique sur cette question pourrait être un obstacle à une réouverture des négociations avec l’Union Européenne et conclure à un divorce brutal en octobre prochain sans accord.  Autre point d’inquiétude, la possible exclusion du Royaume-Uni du CETA, ou  l’accord de libre-échange signé entre l’Union Européenne et le Canada. Alors que l’euro affichait grise mine, la recrudescence de fortes pressions baissières sur la livre sterling a eu raison de la barrière de £0,90 qui après une semaine de résistance a fini par céder sous les coups de boutoir de la paire EUR/GBP. Le cours a bondi de presque +0,5% hier - +0,8% sur les deux dernières séances – et touché un nouveau pic de 6 mois à presque £0,9050.

Le regain d’inquiétude sur le volet commercial en réaction aux propos de Donald Trump venant atténuer les espoirs d’accord rapide avec Pékin a permis à l’euro de contenir les pertes face aux devises cycliques et aux devises émergentes les plus sensibles aux tensions commerciales. Alors qu’il restait sur quatre séances consécutives de baisse, l’EUR/AUD a réussi à stopper l’hémorragie et à rester au contact de la barrière de A$1,60 (clôture à A$ 1,5985). Le compte rendu de la réunion monétaire de la banque centrale australienne (RBA) publié en début de matinée montrant que les responsables monétaires australiens étaient prêts à procéder à de nouvelles baisses de taux si les conditions se dégradaient davantage n’a pas eu de réelles répercussions sur le dollar australien, les marchés estimant qu’après deux réductions monétaires consécutives en juin et juillet la banque pourrait procéder à une pause dans les prochains mois. Si la glissade fut stoppé mardi, la paire reste néanmoins toujours à hauteur de ses plus bas niveaux depuis 2 mois.

Nous avons observé la même dynamique sur la paire EUR/CAD qui a enregistré des pertes très modestes mardi (-0,1%) et qui semble depuis la semaine dernière se stabiliser entre C$1,46 et C$1,47. Cela reste néanmoins des niveaux très bas pour la paire EUR/CAD que l’on avait plus vu depuis le mois septembre 2017.  

Alors que l’on aurait pu s’attendre à un nouvel afflux de demande en valeurs refuges (CHF & JPY), les paires EUR/CHF et EUR/JPY sont restés relativement stables hier et toutes enregistré des pertes très modestes, autour de -0,1%. Redescendue sous ₣1,11 en fin de semaine dernière, la paire EUR/CHF reste à proximité de cette barrière. De son côté la paire EUR/JPY recule doucement mais surement et enregistré hier sa 3ième séance consécutive de repli, celle-ci chutant à un creux de 3 semaines tout proche du seuil de ¥121.

Sous l’influence d’un euro plus faible, le cours EUR/CNH a chuté hier à un creux de 6 semaines sous le niveau de ¥7,71.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD  :  On parlait hier de catalyseurs baissiers plus importants sur l’EUR/USD, on ne s’y est pas trompé. Les indices conjoncturels publiés mardi ont renforcé l’idée que malgré les anticipations de baisse de taux aux Etats-Unis et en Zone Euro, on observe néanmoins une certaine divergence de dynamique économique entre les Etats-Unis où l’économie reste toujours solide malgré la montée des risques externes et une Zone Euro où à l’inverse la décélération de l’activité, notamment chez ses « locomotives » (Allemagne en tête), est inquiétante. Le rétrécissement de l’écart de taux entre les Etats-Unis et la Zone Euro un temps anticipé par les marchés pourraient s’avérer moins prononcé que prévu, du moins dans un premier temps. En effet, au regard du contexte économique actuel aux Etats-Unis, il ne semble pas à priori y avoir d’urgence pour les responsables monétaires américains à procéder à de multiples baisses de taux dans les prochains mois. Au niveau politique, la nomination officielle de l’ancienne ministre allemande de la Défense Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission Européenne après un vote très serré hier au Parlement européen (383 voix / total de 748) a évité de nouveaux maux de tête à l’euro, néanmoins cette victoire acquise de justesse tend à confirmer les importantes divergences qui demeurent entre les principales forces politiques européennes et qui pourraient freiner l’agenda de réformes de l’Union Européennes dans les prochains mois. Là encore, le manque à priori de stabilité politique en provenance d’Europe ; une impression d’autant plus renforcée par la montée actuelle de nouvelles craintes de « Hard Brexit » à l’automne prochain ; est un facteur qui limite le potentiel haussier de l’euro à court et moyen terme (0-6 mois). La volatilité actuelle de l’EUR/USD, au moins jusqu’à la fin du mois, devrait rester très connectée au volet monétaire et aux décisions à venir de la BCE et de la Fed. Sans « aide » du dollar et montée des spéculations de possible cycle agressif de baisse de taux à venir aux Etats-Unis, le cours EUR/USD semble voué à rester coincé quelque temps dans la partie inférieure du couloir de $1,11-$1,15 dans lequel le cours oscille de manière continue depuis maintenant près de 9 mois. Les fondamentaux en Zone Euro et aux Etats-Unis resteront en amont des réunions monétaires de juillet continueront très vraisemblablement à orienter la volatilité de l’EUR/USD. Ce mercredi, l’attention des marchés se portera donc sur la révision des estimations d’inflation du mois de juin en Zone Euro, les statistiques du secteur de la construction aux Etats-Unis (permis de construire & mises en chantier) et sur la publication en début de soirée du Livre Beige de la Fed.

Niveaux/Sentiment : Retombé à $1,12, le cours EUR/USD peut compter sur cette barrière qui fait office de seuil plancher depuis 6 semaines pour limiter dans un premier temps les dégâts. Sauf nouvelle pressions baissières importantes sur le cours, en provenance soit de la Zone Euro (nouvelle déception en provenance des fondamentaux économiques et/ou spéculation de baisse de taux de la BCE dans les prochaines semaines) ou des Etats-Unis (bons fondamentaux et réduction des spéculations de baisse de taux agressive par la Fed), le cours pourrait se stabiliser au-dessus de ce seuil pendant quelques jours en attendant la réunion de la BCE de jeudi prochain. De mauvais chiffres du secteur de la construction aux Etats-Unis pourraient aider à la paire d’enregistrer un petit rebond correctif, tout comme des signaux d’essoufflement marqué de l’économie américaine potentiellement décrits dans le Libre Beige de la Fed publié ce soir. En cas de « cassure » du seuil de $1,12, l’EUR/USD pourrait assez rapidement rejoindre ses plus bas niveaux de l’année situés au niveau de $1,1110.

Perf 2019 = -2,26% / Moyenne 2019 = $1,1290 / Point haut 16 juillet 2019 = $1,1263 / Point bas 16 juillet 2019 = $1,1200 / Clôture 16 juillet 2019 = $1,1209


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