Actualités du marché des devises

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juil. 16, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 16 juillet 2019 – Sommaire :

  • Les marchés digèrent peu à peu les chiffres de croissance chinois de la veille.
  • La question de l’amplitude de la possible baisse de taux en juillet aux Etats-Unis fait toujours grand débat : baisse modeste de -25pbs (probabilité de 69%) ou plus agressive de –50pbs (31%)  ?
  • L’euro lui surveille de nouveaux tumultes politiques en marge du vote de confirmation ce soir au Parlement européen de la candidature de Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission.
  • L’EUR/USD continue de faire sur-place au centre du couloir $1,12-$1,13 mais pourrait connaître quelques remous ce mardi : indices ZEW en Allemagne (11h00), ventes au détail (14h30) et production industrielle aux Etats-Unis (15h15).
  • L’EUR/GBP reste orienté à la hausse et teste ses plus hauts niveaux depuis 6 mois à plus de £0,90 en amont de la publication des nouveaux chiffres de l’emploi au Royaume-Uni (10h30).
  • Timide rebond de l’EUR/AUD à A$1,60 après sa chute de la veille à un creux de 2 mois alors que les Minutes de la réunion de juillet montrent que la banque centrale australienne (RBA) est encore prête à baisser ses taux si la situation le nécessite.
  • Rebond correctif de la paire EUR/RUB après sa chute de la veille à un nouveau plus bas depuis 15 mois (RUB 71,43).
  • La paire EUR/ZAR accentue son repli et oscille sur ses plus bas niveaux depuis 5 mois (ZAR 15,6) alors que la banque centrale sud-africaine pourrait procéder jeudi à une baisse de taux (consensus).

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de lundi : Une (faible) volatilité très largement influencée par les chiffres de croissance chinois / Le dollar australien bondit à un pic de 2 mois (A$ 1,60) et le rand à un pic de 5 mois (ZAR 15,61) / La livre sterling prend un nouveau coup dans l’aile mais coince à £0,90

Face au peu de statistiques économiques programmées ce lundi la publication des chiffres de croissance chinois au second trimestre recevait une attention toute particulière de la part des acteurs de marché et s’avéra être le principal catalyseur de la volatilité sur les marchés des changes hier. Ce fut une histoire de verre à moitié vide et de verre à moitié plein avec au final le même résultat, ou quasi, c’est-à-dire un euro en déclin.

Ressortie à 6,2% entre avril et juin, en léger recul après le rebond de 6,4% enregistré au 1er trimestre, la dynamique annuelle de la croissance du PIB chinois n’avait jamais été vu aussi basse depuis 27 ans ! La faiblesse des secteurs industriel et à l’export, tous deux très largement touchés par la nouvelle frénésie protectionniste américaine au mois de mai (nouvelle taxe douanière sur $200Mds de produits exportés chinois), sont en partie responsables de la décélération de l’économie chinoise. Après Singapour (contraction au T2 et dynamique annuelle à son plus bas depuis 2009) et le Vietnam (dynamique annuelle à un creux de 2 ans au T2), deux économies également centrées sur le commerce extérieur, les chiffres chinois publiés hier offrent une vision encore plus dégradée de l’état actuel de l’économie mondiale dont l’activité est très largement impactée par le poids des tensions commerciales.

Face à ce constat d’une économie mondiale morose, un virage monétaire accommodant de la part des banques centrales paraît inévitable. Les investisseurs en sont entièrement convaincus. Tiraillé entre spéculations de baisse de taux aux Etats-Unis (anticipation de marché pour juillet) et en Zone Euro (anticipation de marché pour septembre), le cours EUR/USD continue de faire du sur-place et de fluctuer en ordre dispersé dans un couloir extrêmement étroit de $1,12-$1,13 (+/- 0,9%) en attendant les échéances monétaire des la fin du mois, à savoir la réunion de la BCE (24-25 juillet) et de la FED (30-31 juillet).

Une nouvelle preuve du ralentissement de l’économie mondiale a altéré la confiance des investisseurs et participé à un renforcement de la demande en devises dites « refuges » telles que le yen et le franc. Les devises suisse et japonaise ont toutes progressé de +0,1% face à l’euro lundi et consolidé leur position respective à un pic de 2 semaines pour la première à ₣1,1080 (point bas touché en séance à ₣1,1064) et à un pic de 8 séances pour la seconde à ¥121,5 (point bas touché à ¥121,4).

En marge de la sortie des chiffres de PIB au second trimestre, la Chine a également publié une série d’indicateurs économiques majeurs offrant une vision moins contrastée. Après avoir chuté en mai à un creux de plus 17 ans, la production industrielle chinoise a connu un rebond bien plus important que prévu en juin (6,3% A/A vs. Cons. 5,2% et 5,0% en mai) et enregistré sa seconde meilleure performance sur les 12 derniers mois. Les ventes au détail ont également significativement rebondi en juin et atteint un pic de 16 mois à 9,8% A/A contre 8,6% en mai et 8,3% attendu par le consensus. Faut-il y voir un signe de redémarrage de l’économie après un passage à vide au printemps ? Les plus optimistes veulent y croire et c’est pourquoi nous avons assisté hier à un rebond des devises cycliques telles que le dollar australien et le dollar néo-zélandais, ainsi qu’un certain nombre de devises émergentes.

Le cours EUR/AUD a plié d’un peu moins de -0,4% lundi et chuté à son plus bas niveau depuis 2 mois sous le seuil de A$1,60 (point bas recensé en séance à A$1,5986). Le cours EUR/NZD a reculé lui de -0,5% et chuté à un creux de 2 mois ½ à NZ$ 1,6750.  

Le cours EUR/CNH a reculé d’un peu moins de -0,2% et mis fin à une série de 4 séances consécutives de hausse (gain cumulé de +0,4%) pour retomber sous le seuil de ¥7,75. Un peu à l’image de l’EUR/USD, la volatilité de l’EUR/CNH reste très modeste et le cours fluctue sans véritable direction dans un couloir étroit de ¥7,70-7,80 (+/-1,3%) depuis maintenant plus de 2 semaines.

Sous couvert d’un espoir de possible embellie de l’économie chinoise dans le marasme actuel, mais également sous l’influence de spéculations renforcées de très forte probable baisse de taux aux Etats-Unis à la fin du mois, de nombreuses devises émergentes se sont renforcées face à l’euro. Dans un contexte de fort repli des taux obligataires en Zone Euro et aux Etats-Unis, les devises émergentes et leurs taux d’intérêt attractifs sont de plus en recherchés par des investisseurs à la recherche de rendements. Le zloty polonais a ainsi bondi de +0,3% (PLN 4,26), le rand sud-africain de +0,5% (ZAR 15,65) et le rouble russe de +0,7% (RUB 70,4) face à l’euro lundi. À cet égard, le cours EUR/ZAR a chuté à un creux de 5 mois à moins de ZAR 15,61 tandis que la paire EUR/RUB a touché un nouveau point bas depuis 15 mois à RUB 70,43.

S’il y a bien une devise qui aujourd’hui apparaît moins attractive que l’euro, c’est la livre sterling qui cumule à la fois incertitudes économiques, politiques et monétaires. En amont du nouveau débat télévisé entre les deux prétendants conservateurs au poste de premier ministre, Boris Johnson et Jeremy Hunt, et dans un contexte d’aversion au risque de nombreux acteurs de marché, la livre a cédé près de -0,4% face à l’euro et l’EUR/GBP est revenu à hauteur de la barrière de £0,90. Une fois arrivée à proximité de cette barrière, le cours a néanmoins ralenti son ascension, confirmant ainsi le statut de « résistance » qu’il est nécessaire d’attribuer à ce seuil.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD  :  Que dire sur l’EUR/USD sinon qu’il est engoncé dans une certaine torpeur que seules les échéances monétaires de la fin du mois (réunions de la BCE et de la Fed) semblent être aujourd’hui capables de l’en faire sortir. Les marchés semblent être totalement focalisés sur le volet monétaire et la magnitude du soutien que pourraient apportés les deux banques centrales dans les semaines et/ou mois à venir pour venir stimuler une croissance freinée le ralentissement des échanges mondiaux mais aussi un recul prononcé – notamment mis en avant-hier à travers les chiffres de croissance chinois – de la demande globale. Pour l’heure, les investisseurs se préparent et ont totalement intégré une baisse de taux de -25pbs aux Etats-Unis en juillet et de -10pbs en Zone Euro (taux de dépôt réduit) en septembre. De ce fait, c’est un jeu à somme nulle qui s’applique actuellement sur la paire de change et qui explique son apparente immobilité. Néanmoins, nous ne sommes pas à l’abri d’un changement de plan de la part des banquiers centraux par rapport à ceux qu’on veut bien leur prêter, notamment du côté américain où la possibilité de recourir à une réduction de taux plus importante de -50pbs reste toujours un scénario dans lequel les marchés accordent une assez grande crédibilité (31% d’après les positions ce matin sur les marchés à terme américains).  En ce sens, les indices conjoncturels publiés d’ici la fin du mois aux Etats-Unis revêtent une importance toute particulière et sont forcément très attentivement scrutés par les responsables monétaires américains. Ce mardi l’attention se portera principalement aux Etats-Unis sur la publication cette après-midi des statistiques de ventes au détail et de production industrielle dont il est attendu pour les deux un très léger rebond de l’activité au mois de juin. Du côté européen, si l’attention se tournera en premier lieu (fin de matinée) sur les indices ZEW qui servent de baromètre du moral des investisseurs allemands à l’égard de la santé et des perspectives de la 1ère économie européenne, elle se déplacera ensuite vers Strasbourg et le Parlement européen où se joue ce soir le sort de la ministre allemande de la Défense Ursula von der Leyen dont la candidature à la présidence de la Commission européenne est soumis à un vote de validation auprès des députés européens. Portée pourtant par les leaders des trois principaux groupes politiques du parlement, à savoir le Parti Populaire Européen (centre-droit), les Sociaux-Démocrates (centre-gauche) et Renaissance européenne (libéraux), la nomination de UVDL ne plait pas à tout le monde et son élection n’est absolument pas garantie. Un véto serait assimilé à un camouflet adressé aux principaux partis pro-européens et viendraient très certainement réveiller quelques fractures politiques au sein de l’Union Européenne.

Niveaux/Sentiment : Coincé entre $1,12 et $1,13 depuis maintenant plus de 2 semaines, l’EUR/USD que l’on disait orienté à la hausse semble actuellement être autant en position de se replier vers $1,11 (plus bas de l’année) que de bondir vers $1,14 (« plafond de verre » formé depuis février dernier). Les facteurs baissiers sont néanmoins plus nombreux que les facteurs haussiers. En effet, car si le maintien d’un moral dégradé des experts de marché en Allemagne (consensus), de solides fondamentaux économiques aux Etats-Unis soutenant un scénario de baisse modeste de taux en juillet ou encore de nouveaux tumultes politiques au sein de l’Union Européenne sont autant de facteurs susceptibles de peser sur le cours de change, à l’inverse seule la perspective d’une baisse de taux plus agressive aux Etats-Unis, et dans une moindre mesure une forte hausse de la confiance des investisseurs allemands, semblent être en mesure de porter l’EUR/USD au-dessus de $1,13. Si aucun élément ne vient altérer la vision actuelle et les scénarios déjà intégrés par les marchés, nous risquons néanmoins d’assister à une journée (une de plus) à faible volatilité.

Perf 2019 = -1,87% / Moyenne 2019 = $1,1291 / Point haut 15 juillet 2019 = $1,1284 / Point bas 15 juillet 2019 = $1,1251 / Clôture 15 juillet 2019 = $1,1257


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