Actualités du marché des devises

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juil. 12, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 12 juillet 2019 – Sommaire :

  • Alors que les spéculations de baisse de taux aux Etats-Unis continuent d’alimenter les débats, les marchés des changes voient poindre ce matin une montée des craintes face aux répercussions économiques causées par les tensions commerciales après la contraction surprise de la croissance à Singapour au T2 (-3,4%) et la contraction des exportations et importations chinoises au mois de juin.
  • L’EUR/USD continue de naviguer en ordre dispersé dans un couloir de $1,12-$1,13. Bien qu’actuellement orienté à la hausse, l’EUR/USD peine à avancer les forces motrices relatives aux anticipations de baisse de taux en Zone Euro et aux Etats-Unis se compensant.
  • L’EUR/GBP se maintient à hauteur de ses plus hauts niveaux depuis 6 mois mais cale toujours à franchir le cap de £0,90.
  • Mouvement correctif de la paire EUR/CHF qui se rapproche à nouveau très près du seuil de ₣1,11. Le cours EUR/JPY reste lui pour le moment très stable au-dessus du seuil de ¥122.
  • Retour du Brent à plus de $67 et nouveau rebond du dollar canadien qui reste à hauteur de ses plus hauts niveaux depuis 21 mois face à l’euro sous le seuil de C$1,47.
  • Après avoir un creux de 15 mois à moins RUB 70,6, le cours EUR/RUB rebondit ce matin de +0,5% et revient à la hauteur de son support de RUB 71,0.
  • L’EUR/ZAR cale à briser son support de 5 mois localisé à ZAR 15,70.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de jeudi : Jerome Powell réaffirme ses propos accommodants et prépare les marchés à une baisse de taux / La BCE se dit prête à prendre de nouvelles mesures de soutien / Donald Trump sème le trouble sur les marchés avec de nouveaux propos contre la Chine / Le rouble russe touche un pic de 15 mois, le rand sud-africain un pic de 5 mois

Lors de son second jour d’audition, cette fois-ci au Sénat, le gouverneur central américain Jerome Powell a conservé sa ligne de communication et préparé le terrain à une possible baisse de taux à la fin du mois à l’occasion de la prochaine réunion monétaire de la Fed. Ciblant de nouveau les trois risques majeurs pesant sur les perspectives économiques des Etats-Unis ; à savoir un climat d’incertitude nourri par les tensions commerciales, le ralentissement de la croissance mondiale et le recul de l’inflation ; le responsable américain a révélé que plusieurs membre du comité directeur jugeait que le recours à une politique monétaire plus accommodante pourrait être appropriée. Faisant écho au discours tenu la veille devant la Chambre des représentants, ces propos n’ont pas constitué une véritable surprise pour les marchés mais plutôt consolidé davantage les anticipations de réduction de -25pbs du taux directeur principalde la réserve fédérale américaine – scénario central dont la probabilité est estimée sur les marchés à terme à près de 80% - lors de la réunion du 30-31 juillet prochain. Peu avant le discours de Powell, les marchés ont été quelque peu surpris de voir l’indice d’inflation de base ; panier de valeur excluant les produits aux prix les plus volatiles comme l’alcool, le tabac, l’énergie et les produits alimentaires ;  progresser en juin de 2,0% et 2,1% et donc passer au-dessus de l’objectif de long terme de la banque centrale (2,0%). Si l’on sait que la Fed préfère évaluer les perspectives d’inflation aux travers des indices de prix PCE et non les statistiques officielles des indices CPI, ce résultat est venu quelque peu réduire les anticipations de possible baisse de taux agressive de -50pbs de la banque américaine dans les prochaines semaines et la probabilité de réalisation de ce scénario a chuté de près de 10% et s’élève désormais à 21%. Alors que l’EUR/USD avait amorcé la séance de jeudi sous de très bons auspices et se permettait de toucher un nouveau pic de la semaine à $1,1285 juste avant la publication des chiffres d’inflation aux Etats-Unis, la surprise suscitée par ces résultats et la baisse de la probabilité d’une réduction monétaire marquée qui en a résulté ont appuyé un retracement de la paire de change vers le niveau de $1,1250.

La séance de jeudi était également marquée par la publication du compte rendu des débats de la réunion monétaire de la Banque centrale européenne en juin. Celui-ci n’a livré aucun élément nouveau si ce n’est confirmé que face à des « incertitudes accrues » la banque était prête à considérer de nouvelles mesures de soutien qui pourraient prendre la forme de nouveaux rachats d’actif, de baisses de taux ou encore une modification des indications en matière d’évolution future des taux (« forward guidance »). Faisant référence à un « accord large » au sein de la banque pour se préparer à assouplir davantage les conditions monétaires, tout laisse à penser qu’en cas de nouvelles détérioration du contexte global (tensions commerciales & géopolitiques) et/ou domestique (ralentissement plus marqué et affaiblissement de l’inflation) la banque européenne n’hésitera pas à intervenir rapidement. Si une action en juillet (prochaine réunion le 24-25 juillet) apparaît peut-être à ce stade comme un peu prématurée, cette hypothèse ne peut être non plus totalement négligée. Sur les marchés à terme, une baisse du taux de dépôt de la BCE de -10pbs en septembre est totalement intégrée. Si la communication accommodante de la BCE n’a pas réellement impacté l’EUR/USD – pressions baissières sur l’euro qui se compensent avec les pressions baissières actuelles sur le dollar, BCE et FED étant toutes deux dans une démarche de baisse de taux – elle a néanmoins appuyée un mouvement correctif de l’euro face à l’ensemble de ses pairs du G10 (devises de pays développées). Les replis les plus marquants ont été face aux devises nordiques, l’euro abandonnant -0,4% face à la couronne norvégienne (NOK 9,61) et la couronne suédoise (SEK 10,56).

Une fois n’est pas coutume, Donald Trump a de nouveau semé quelques turbulences jeudi sur les marchés financiers par l’intermédiaire de son compte Twitter. Dans un message publié en début d’après-midi, ce dernier a exprimé son mécontentement vis-à-vis de la Chine qui ne respecte pas à ses yeux les engagements pris en matière d’achat de produits agricoles américains. Cette nouvelle attaque contre Pékin, même si à première vue sans conséquence, rappelle au combien les relations entre la Chine et les Etats-Unis restent fragiles et le long chemin qui reste à parcourir pour convenir d’un accord commun. Les répercussions sur les marchés des changes ont été très modestes et les craintes vite chassées par une concentration des marchés sur les enjeux de la prochaine réunion de la Fed. Si le cours EUR/JPY a clôturé la séance de jeudi dans le vert (+0,1%), celui éprouve toujours autant de difficultés à s’éloigner du niveau de ¥122 et reste coincé depuis maintenant deux mois dans un couloir étroit de prix de ¥121,0-123,5 (+/-2,1%). Le cours EUR/CHF a également terminé dans le vert (+0,1%) mais cale toujours à franchir le seuil de ₣1,1150 (plafond visible depuis plus de 3 semaines).

Le cours EUR/CNH n’a pas vivement été impacté par la nouvelle sortie du président américain sur ses réseaux sociaux, néanmoins celle-ci a permis à l’EUR/CNH d’effacer les pertes causées par les Minutes de la BCE et de finir la séance de jeudi dans le positif aux portes du seuil de ¥7,74.

Bien aidé par le prolongement en début de journée de l’expansion des prix du pétrole (nouveau pic depuis 6 semaines atteint par le Brent), le rouble russe a poursuivi son ascension (+0,5% jeudi et +1,2% sur les deux dernières séances) et l’EUR/RUB a cassé hier un support localisé à RUB 71,0, la paire atteignant à cette occasion son plus bas niveau depuis 15 mois.Le rand est lui aussi resté orienté à la hausse face à l’euro et touché jeudi un pic de 5 mois à moins de ZAR 15,62 face à l’euro avant de retracer en fin de journée. Le seuil de ZAR 15,69/15,70 continue de jouer un rôle de support et freine la glissade de la paire EUR/ZAR.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD  :  Face aux anticipations de baisse de taux en Zone Euro et aux Etats-Unis, l’EUR/USD fait l’objet de forces motrices divergentes qui se compensent et du coup limite la volatilité de la paire de change. Si la perspective de réduction monétaire aux Etats-Unis semblent avoir un poids plus prépondérant – les marchés voyant cette éventualité comme un véritable virage étant donnée la politique de hausse de taux opérée depuis 2015 par la banque centrale américaine – et donc maintient le cours sur une pente ascendante, le potentiel baissier reste réduit faute de réels catalyseurs haussiers sur l’euro. Par ailleurs, la nouvelle preuve de relative résilience de l’économie américaine, une nouvelle fois démontrée hier par des chiffres d’inflation légèrement meilleurs qu’attendu, soutient un scénario de cycle très graduel et contrôlé d’assouplissement monétaire aux Etats-Unis. Les difficultés rencontrées par l’économie américaine ne sont pas aussi importantes et ne justifient pas que la banque américaine réduise trop vite et trop fortement ses taux directeurs. Cela ne fait les affaires de l’EUR/USD qui à défaut de bonnes nouvelles en Zone Euro pouvait espérer une déconvenue du dollar pour se rapprocher de ses récents sommets de $1,14 atteint à la fin du mois dernier. En l’absence à priori d’arguments haussiers sur l’euro et faute de risques baissiers de grande ampleur sur le dollar, on fait face à un certain statu quo et l’EUR/USD reste prédestiné à faire du sur-place, ou quasi.  Les chiffres de production industrielle en Zone Euro publiés en fin de matinée (11h00) et les indices de prix à la production (PPI) aux Etats-Unis publiés en début d’après-midi (14h30) seront les deux évènement de la journée auxquels les investisseurs seront sensibles. 

Niveaux/Sentiment : L’EUR/USD continue de surfer mollement sur les anticipations de baisse de taux aux Etats-Unis mais la volatilité reste très réduite et le cap des $1,13 encore une marche à priori trop haute à franchir pour le cours de change sans l’appui d’une aide extérieure, à savoir de bonne nouvelle concernant l’état de l’économie en Zone Euro ou alors une hausse des anticipations d’un cycle de baisse de taux de grande ampleur aux Etats-Unis. Si la paire s’en accommode pour le moment, les nouveaux signes des importantes répercussions économiques provoquées par les tensions commerciales sur l’économie mondiale – forte contraction surprise de la croissance à Singapour (économie hautement dépendante des exportations) au second trimestre de -3,4% et contraction de la croissance des exportations et importations chinoises en juin – pourraient venir saper la confiance des acteurs de marché et engendrer un large mouvement d’intérêt des investisseurs pour les valeurs refuges comme le dollar. Une réduction de l’appétit au risque des marchés pourrait appuyer le maintien de l’EUR/USD sous $1,13, et potentiellement soutenir un mouvement correctif en direction de $1,12.

Perf 2019 = -1,76% / Moyenne 2019 = $1,1292 / Point haut 11 juillet 2019 = $1,1285 / Point bas 11 juillet 2019 = $1,1243 / Clôture 11 juillet 2019 = $1,1252


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