Actualités du marché des devises

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juil. 11, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 11 juillet 2019 – Sommaire :

  • Le dollar reste sur la défensive au lendemain de l’audience de J. Powell au Congrès au cours de laquelle ce dernier a ouvert la porte à une baisse de taux par la Fed. Sur les marchés à terme, on observe une hausse de la probabilité de baisse de taux « agressive » (-50pbs) de la Fed en juillet.
  • Donald Trump a annoncé le lancement d’une enquête sur le projet de loi français de taxes contre les GAFA et responsables allemand et américain discuteront ce jeudi du conflit qui oppose Airbus à Boeing. Alors que la situation s’apaise entre la Chine et les Etats-Unis, on voit poindre de nouvelles sources de tension entre américains et européens sur le volet commercial.
  • L’EUR/USD poursuit son ascension de la veille et approche désormais du seuil de $1,13. Ce rebond nécessite confirmation et sera mis à l’épreuve à l’occasion de la publication des Minutes de BCE (13h30) et des statistiques d’inflation aux Etats-Unis (14h30).
  • Après avoir buté deux séances consécutives sur la barrière de £0,90, la paire EUR/GBP se rétracte légèrement.
  • Les deux paires EUR/JPY et EUR/CHF fléchissent légèrement – la première sous ¥122 et la seconde en direction de ₣1,11 – sur fond de nouvelles craintes de frictions commerciales entre les Etats-Unis et l’Union Européenne.
  • Après son rebond de plus de 4% de la veille, les prix du pétrole restent à la hausse et le Brent oscille sur ses plus hauts niveaux depuis mai à plus de $67. Le rouble reste à hauteur de ses plus hauts niveaux depuis avril 2018 face à l’euro à RUB 71,0.
  • Au lendemain de son rebond de 1% face à l’euro à un pic de 3 mois, le rand reste assez stable et bute sur un seuil de résistance situé au niveau de ZAR 15,70.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de mercredi : Jerome Powell et les Minutes de la Fed ouvrent la porte à une baisse de taux / La commission européenne abaisse ses projections de croissance pour 2020 / La Banque du Canada met en garde contre les risques liés aux tensions commerciales / Large rebond des prix du pétrole en réponse à une diminution des stocks américains

C’était l’évènement majeur de la journée de mercredi, le grand oral du gouverneur central américain Jerome Powell devant les députés de la Chambre des représentants, les marchés y voyant là une parfaite occasion d’y déceler quelques indices précieux sur les futurs choix de la réserve fédérale américaine et notamment sa velléité à procéder à une première baisse de taux de 25pbs à la fin du mois comme il l’est aujourd’hui très largement anticipé par les investisseurs (probabilité estimée à 98% avant l’audition de Powell).

Dépeignant un tableau en demi-teinte et pointant du doigt des risques persistants qui pèsent sur l’économie américaine, le dirigeant américain s’est déclaré prêt à agir de « manière appropriée » pour soutenir la croissance. C’était le signal attendu par les acteurs de marché et le signe que la banque centrale devrait probablement réduire ses taux lors de la réunion monétaire programmée à la fin du mois(30-31 juillet). Cette thèse a gagné en crédit à l’occasion de la publication en début de soirée des Minutes de la Fed ou compte rendu de la réunion monétaire de juin, lequel décrit que bon nombres de responsables monétaires sont favorables à des mesures de soutien pour atténuer les risques affectant l’économie américaine, notamment ceux relatifs aux tensions commerciales, mais aussi stimuler l’inflation qui s’est récemment détournée de son objectif de long terme de 2%. Ce document a montré que finalement la Fed était déjà à un stade avancé dans les débats portant sur un possible abaissement monétaire, du moins plus que ne laissait penser les récentes sorties réalisées par plusieurs membres de la banque centrale.  Cela a ravivé quelques spéculations autour d’un possible scénario de baisse de taux agressive de -50pbs en fin de juillet, la probabilité de cette hypothèse remontant de moins de 2% à 31% ce jeudi matin. Déjà orienté à la hausse après les propos de Powell, les Minutes de la Fed ont permis à la paire EUR/USD de préserver ses gains et d’éviter tout mouvement de retracement souvent observé après un important rebond. Au final le cours a enregistré hier un bond d’un peu moins de +0,4% l’écartant de ses plus bas niveaux depuis 3 semaines touché la veille (point bas enregistré à $1,1192) et clôturé la séance à hauteur du seuil de $1,1250.

L’autre évènement marquant de la journée était dans l’après-midi la réunion monétaire de la Banque du Canada. Sans réelle surprise, la banque a maintenu son taux directeur principal inchangé à 1,75% et révisé à la hausse sa projection de croissance au second trimestre en réaction au rebond plus important que prévu de l’économie domestique entre avril et juin (fourchette de 2,3% vs. 1,3% estimé en avril). En marge de la publication de ses nouvelles projections, la banque a livré ses inquiétudes sur les répercussions d’une guerre commerciale mondiale, laquelle est aux yeux de la banque la principale menace qui pèse sur l’économie canadienne. Citant ces incertitudes, la banque reste toujours prudente et n’a procédé qu’à de très légers ajustements de ses projections de croissance annuelle par rapport à avril dernier, l’estimation 2019 étant révisée à la hausse de 1,2% à 1,3% et l’estimation 2020 révisée à la baisse de 2,1% à 1,9%. Si les marchés tablent toujours sur un scénario central de maintien d’une pause monétaire prolongée de la part de la BoC, l’inquiétude de la banque vis-à-vis du volet commercial a fait tilter les investisseurs et nourri quelques spéculations de baisse de taux d’ici la fin de l’année, la probabilité d’un tel scénario progressant de 20% à 35% après la réunion de mercredi.  Le cours EUR/CAD s’est offert une petite escapade à un pic d’une semaine à plus de C$1,4770, mais celle-ci fut de très courte durée et la paire retraça en direction de la barrière de C$1,47 sous l’influence des prix du pétrole dont le fort rebond hier a atténué les pressions baissières affectant la devise canadienne.

En effet, consécutivement à la publication mardi soir de statistiques montrant un recul plus important que prévu des stocks pétroliers américains et sous couvert d’une anticipation d’une diminution de la production relative à l’évacuation de plusieurs plateformes de forage dans le Golfe du Mexique en prévision de l’approche d’une tempête, les cours du pétrole ont bondi de plus de 4% mercredi et le Brent est revenu tutoyer ses plus hauts niveaux depuis mai à plus de $67. Ce fort rebond des prix du brut ont donné des ailes aux devises pétrolières telles que la couronne norvégienne qui a progressé de plus de +0,4% face à l’euro (NOK 9,65) ou encore le rouble russe qui a bondi de +0,7% et approché à nouveau de ses plus hauts niveaux depuis avril 2018 autour de RUB 71,0.

Alors que l’on pouvait s’attendre à d’importantes variations de la livre sterling mercredi à l’occasion de la publication d’un grand nombre de statistiques économiques, il n’en fut rien ou presque puisque les données furent globalement en ligne avec celles anticipées par le consensus. Le cours EUR/GBP a testé à nouveau sans succès la barrière de £0,90et n’a pas réellement réagi aux données macroéconomiques mettant en lumière un rebond de l’économie britannique en mai, la faute en partie au fait que celui-ci était déjà assimilé et anticipé par les marchés. Sans nouveau catalyseur et mouvement de panique des détenteurs de livre, la paire de change pourrait continuer à se casser les dents pendant une période prolongée contre le seuil de £0,90.

Le léger regain d’espoir autour d’un nouveau cycle de baisses de taux aux Etats-Unis, potentiellement agressif dans les mois à venir, a stimulé les devises émergentes qui voient dans la perspective d’une baisse du dollar et des taux américains un allègement en parallèle de leur dette en dollar. Le rand sud-africain a bondi de 1% face à l’euro et l’EUR/ZAR est retombé au niveau de ZAR 15,7, ou un creux de 3 mois. Après avoir un pic d’un mois mardi, le cours EUR/PLN a corrigé de près de -0,2% et est retombé sous le seuil de PLN 4,27.

Parmi les nouvelles publiées la veille, on notera la révision à la baisse par la Commission Européenne des anticipations pour 2020 de croissance en Allemagne (de 1,4% à 1,3%), France (de 1,4% à 1,3%) et Zone Euro (de 1,5% à 1,4%).

L’audition de Jerome Powell et les Minutes de la Fed ravivent l’espoir d’une possible baisse agressive de taux de la Fed (probabilité de 31% pour une baisse de -50pbs)… ce qui pèse sur le dollar et donne des ailes aux devises émergentes comme le ZAR (pic de 3 mois vs. Euro)

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD  :  Les marchés ont reçu, à leur yeux, plus que le simple feu vert qu’il espérait concernant une probable baisse de taux à la fin du mois mais également quelques signaux qui laissent supposés que la Fed est à un stade avancé des discussions sur le sujet et que la perspective d’un cycle de réduction monétaire « agressive » et « accélérée » n’est pas à écarter, même si celle-ci n’est pas le scénario central à l’heure où l’on parle. Les responsables monétaires ont cité les tensions commerciales et le dégonflement de l’inflation comme ses deux principales inquiétudes, aussi les élément et données relatifs à ses deux volets seront étudiées avec la plus grande attention par les banquiers centraux américains avant la prochaine réunion monétaire programmée à la fin du mois. Si pour le moment le calme est à priori revenu sur le volet commercial, Etats-Unis et Chine ayant tous deux communiqué mercredi matin sur un premier « échange constructif » entre les deux équipes de négociateurs à l’occasion de la première prise de contact depuis l’officialisation d’une trêve commerciale lors du dernier G20 d’Osaka, on reste toutefois attentif à l’évolution des relations qui sont toujours fragiles après de vives tensions intervenues en mai dernier. Concernant l’inflation, la teneur des statistiques publiées en amont de la prochaine réunion monétaire – indices officiels CPI jeudi et PPI vendredi et indices mensuels de prix PCE le 30 juillet prochain – pourraient avoir une influence certaine sur les choix des membres de la Fed. Les marchés le savent et seront donc très vigilants, ce qui laisse prévoir de possibles fortes variations du dollar à l’occasion de la publication de ces données. Après la réserve fédérale américaine hier, c’est au tour de son homologue européenne, la BCE, de publier ce jeudi le compte rendu de la réunion monétaire de juin, laquelle avait laissée une impression mitigée aux investisseurs puisque la tonalité du président Mario Draghi lors de sa conférence de presse ne s’était pas avérée aussi défensive que l’on aurait pu l’imaginer. Depuis la donne a bien changé et les récentes déclarations de nombreux responsables européennes présupposent que la banque est prête à procéder à de nouvelles mesures de soutien, cela de manière très rapide si les risques pesant sur l’économie européenne persistent. À l’image de la Fed, les investisseurs scruteront en premier lieu les indices donnant quelques précisions sur le degré d’avancement des débats autour d’une possible baisse de taux au sein du comité directeur de la banque centrale. Sur les marchés à terme, on anticipe actuellement une baisse du taux de dépôt de -10pbs (actuellement à un plus bas historique de -0,4%) au mois de septembre. Si les Minutes de la BCE venaient à confirmer cette hypothèse, dès lors l’EUR/USD se verrait couper dans son élan et la perspective d’un retour sur les niveaux de $1,13-$1,14 pourrait être tuée dans l’œuf.

Niveaux/Sentiment : L’EUR/USD prolonge ce matin son ascension de la veille alors que le dollar reste sous pression et continue de payer les conséquences d’une hausse de la probabilité d’un scénario de baisse de taux « agressive » de -50pbs en juillet en réaction à l’analyse en demi-teinte faite par Powell de l’économie américaine et la publication de Minutes de la BCE montrant une propagation croissante du sentiment parmi les banquiers centraux américains jugeant une baisse de taux comme légitime. L’EUR/USD a connu un pic ce matin à $1,1280 en séance asiatique et oscille désormais autour des niveaux de $1,1270 en amont de la publication des Minutes de la BCE (13h30) et des statistiques officielles d’inflation aux Etats-Unis (14h30) qui seront les deux évènements majeurs de la séance de jeudi. Les estimations finales d’inflation en Allemagne et en France sont ressorties inchangées par rapport aux chiffres préliminaires et donc laisse la voie libre pour le moment à une ascension prolongée de l’EUR/USD. Sans nouveau catalyseurs haussiers sur l’euro (BCE pas aussi pressée à réaliser une baisse de taux) / baissiers sur le dollar (repli de l’inflation américaine), un retour au-dessus de $1,13 apparaît difficile pour la paire EUR/USD. Un risque de rechute à $1,12 sera à surveiller en cas de feu vert envoyé par la BCE en faveur de nouvelles mesures de soutien à venir. On surveillera également d’un œil la nouvelle allocution de Jerome Powell cette après-midi, cette fois devant le Sénat, mais son discours ne devrait à priori pas offrir d’éléments nouveaux par rapport aux propos tenus la veille.

Perf 2019 = -1,69% / Moyenne 2019 = $1,1292 / Point haut 9 juillet 2019 = $1,1200 / Point bas 9 juillet 2019 = $1,1263 / Clôture 9 juillet 2019 = $1,1249

L’EUR/USD reprend la direction de $1,13 après que J. Powell (Fed) ait ouvert la porte à une prochaine baisse de taux aux Etats-Unis / La paire aura l’occasion de confirmer son ascension à l’occasion des Minutes de la BCE et des chiffres d’inflation américaine


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