Actualités du marché des devises

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juil. 10, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 10 juillet 2019 – Sommaire :

  • Volatilité toujours très réduite qui devrait s’accélérer au fil de la journée à l’occasion de l’audition du gouverneur central américain J. Powell et de la réunion monétaire de la Banque du Canada.
  • Timide rebond de l’EUR/USD qui maintient sa position au-dessus de la barrière de $1,12. Les marchés semblent attendre l’audition de Powell (16h00) et les Minutes de la Fed (20h00) pour bouger.
  • L’EUR/GBP teste à nouveau ce matin la barrière de £0,90 (pic de 6 mois). Large série de statistiques à suivre ce matin (10h30) au Royaume-Uni : PIB mensuel, production industrielle & balance commerciale.
  • La paire EUR/CAD poursuit son rebond et oscille à plus de C$1,47 en amont de la décision monétaire de la Banque du Canada (16h00). Risque de rechute en cas de divergences observées.
  • Sous couvert d’un regain de craintes autour des possibles répercussions des tensions commerciales sur l’économie mondiale, le cours EUR/AUD accentue son rebond et repasse au-dessus du seuil de A$1,62.
  • Les devises émergentes d’Europe de l’Est restent sur la défensive face à l’euro : l’EUR/PLN oscille à un pic d’un mois à PLN 4,27 et l’EUR/HUF à un pic de 5 semaines à plus de 325,0.
  • Le peso mexicain continue de glisser (chute la veille de -1,2%) et subit les craintes des investisseurs après la démission surprise du ministre mexicain des finances.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de mardi : Les marchés s’inquiètent des répercussions des tensions commerciales et d’une possible baisse de taux moins marquée que prévu de la Fed / La livre sterling chute à un creux de 6 mois / Le peso mexicain perd pied après la démission du ministre des finances

Après les déboires de Deutsche Bank lundi suite à l’annonce de son plan de restructuration, les marchés se sont vivement inquiétés de l’alerte sur ses profits du leader mondial de la Chimie, l’allemand BASF, qui désormais s’attend à une baisse pouvant atteindre jusqu’à -30% de son bénéfice d’exploitation alors que l’entreprise tablait jusqu’à présent sur une hausse de l’ordre de +10%. Citant les tensions commerciales comme étant la principale raison à l’origine de cette décision, cela a non seulement entraîné une 3ième séance consécutive de baisse des marchés actions en Europe et aux Etats-Unis mais également ravivé sur les marchés des changes quelques craintes sur les répercussions du protectionnisme sur l’économie mondiale.

Les devises dites « cycliques » car de par leur profil directement connectées à l’évolution de la conjoncture au niveau global, le dollar australien ou encore le dollar néo-zélandais ont accusé quelques pertes mardi. Après un rebond de plus de 2% face à l’euro entre la fin du mois de juin et le début du mois de juillet, le dollar australien a cédé -0,6% mardi et chuté à son plus bas niveau depuis 1 semaine à proximité du seuil de A$1,62. Le cours EUR/NZD a bondi de +0,2% et clôturé à son plus haut niveau depuis 8 séances non loin du seuil de NZ$1,70.

C’est toujours le calme plat pour les paires EUR/USD, EUR/JPY et EUR/CHF qui semblent attendre la publication des comptes-rendus des réunion monétaires de la Fed et de la BCE ainsi que la double audition au Congrès du gouverneur central américain Jerome Powell pour bouger. Bien que sur la défensive (point bas depuis presque 3 semaines touché à $1,1192), l’EUR/USD parvient pour le moment à se maintenir au-dessus de la barrière de $1,12 et reste toujours handicapé par les anticipations de baisse de taux en Zone Euro et la réduction en parallèle des anticipations de possible baisse de taux agressive par la Fed cet été.

La perspective que la réserve fédérale américaine ne desserre pas autant les vis que prévu donne un peu d’air au dollar mais à l’inverse est perçue comme une mauvaise nouvelle par plusieurs économies émergentes qui s’apprêtaient tout d’abord à voir à travers une baisse prononcée du dollar un levier direct d’allègement de leur dette exprimée en devise américaine mais aussi espéraient gagner en attractivité par rapport à un billet vert offrant des rendements de moins en moins attractifs. C’est notamment le cas de pays d’Europe de l’Est, aussi nous avons assisté mardi à un repli général des devises de ces pays face à l’euro. L’EUR/PLN a progressé de presque +0,4% et atteint un pic d’un mois à plus de PLN 4,27, le cours EUR/HUF a profité de chiffres d’inflation moins que prévu en Hongrie pour rebondir de près de +0,3% et touché un nouveau pic de 5 semaines à plus de HUF 325,0. Le cours EUR/CZK s’est apprécié d’un peu moins de +0,2%, bien aidé en parallèle par la publication de ventes au détail bien moins robustes que prévu (+2,7% A/A vs. Cons. +5,0%), et atteint un pic de 2 semaines à CZK 25,55.

Autre moment fort de la journée, c’est le nouveau repli important de la devise britannique sur fond de regain d’appréhension des investisseurs sur les répercussions des incertitudes du Brexit et les conséquences d’un éventuel divorce brutal avec l’Union Européenne sur l’économie britannique. Sous l’influence très nette d’un recul de la paire GBP/USD sous un niveau jugé « clé » par les acteurs de marché (support de $1,25 en place depuis avril 2017 rompu mardi), le cours EUR/GBP a progressé et touché pour la 1ière fois en 6 mois le seuil de £0,90. Bien que touché, ce seuil fait office de rempart pour la paire de change et celle-ci a très rapidement retracé une fois ce point culminant atteint. Le débat télévisé en soirée et premier face à face entre les deux prétendants conservateurs au poste de premier ministre, le grand favori Boris Jonhson et son rival Jeremy Hunt ont donné lieu à quelques échanges tendus mais néanmoins confirmé la position de chacun, à savoir que les deux candidat comptent renégocier un accord avec Bruxelles mais que Johnson n’hésitera pas à acter la sortie fin octobre même en l’absence d’accord tandis que Hunt n’écarte pas l’idée d’un nouveau report en cas de mésententeavec le camp européen.

Alors qu’il venait de toucher un pic de 6 semaines face à l’euro lundi à moins de MXN 21,15, le peso mexicain a lourdement chuté de plus de -1,2% à presque MXN 21,45 en réaction à l’annonce de démission du ministre mexicain des finances en raison de désaccords avec le président.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD :  L’EUR/USD fait littéralement du sur-place et semble attendre de nouveaux éléments au niveau monétaire, aussi bien du côté américain qu’européen, pour soit accentuer son repli ou bien rebondir légèrement. Selon la dynamique du moment, les marchés s’accordent à penser que la Fed ne peut pas faire l’impasse sur une baisse de taux en juillet mais qu’au regard de la vigueur de l’économie américaine – encore démontrée vendredi par de bons chiffres de l’emploi – il n’y aucune raison valable que la banque centrale américaine réalise un abaissement monétaire « agressif ». Si un scénario de réduction de -50pbs fut discuté par les marchés ces dernières semaines, aujourd’hui il est considéré comme très improbable voire impossible (probabilité estimée à moins de 2% sur les marchés à terme). Cela explique le regain de forme du dollar mais celui-ci pourrait être encore bien plus important si Jerome Powell, comme il l’a plusieurs fois souligné lors de ces dernières sorties publiques, réaffirme qu’une baisse de taux en juillet n’est absolument pas garantie et laisse entendre que la banque pourrait se laisser encore un peu le temps de la réflexion cet été avant de procéder à une telle action. Un tel scénario ferait l’effet d’une bombe sur les marchés des changes puisque cela fait maintenant plusieurs semaines que les acteurs anticipent et ont intégré une baisse de taux aux Etats-Unis en juillet. D’importants éléments de réponse sur cette question nous seront délivrés ce mercredi à l’occasion de la première des deux auditions programmées cette semaine du gouverneur central de la Fed devant les membres du Congrès (16h00) et de la publication en début de soirée des Minutes de la réunion monétaire de la réserve fédérale américaine du mois dernier (20h00).

Niveaux/Sentiment : L’EUR/USD s’accroche comme il peut et parvient pour le moment à se maintenir au-dessus de la barrière de $1,12. Sa position est néanmoins très fragile et le moindre « coup de vent » pourrait renvoyer le cours sous ce seuil et revoir ses plus bas niveaux de l’année (point bas recensé en 2019 à $1,1106). L’intervention de Jerome Powell à la Chambre des représentants et la présentation aux députés américains de la politique monétaire menée actuellement par la Fed au regard des dynamiques économiques et financières actuelles aux Etats-Unis et dans le monde sera l’un des moments forts de la journée de mercredi. Les marchés attendent un consentement de ce dernier concernant une possible baisse de taux en juillet, dans le cas contraire nous pourrions alors assister à un nouveau rebond significatif de la devise américaine et nouvelle lourde chute de la paire EUR/USD.

Remarque : Il sera tout de même intéressant de voir comment les investisseurs réagiront s’ils se sentent « floués » et considèrent que la banque américaine a livré des messages contradictoires. Une perte de crédibilité vis-à-vis de la Fed, laquelle fait déjà l’objet de vives pressions par la Maison Blanche, ne serait pas forcément une bonne nouvelle pour le dollar.

Perf 2019 = -2,26% / Moyenne 2019 = $1,1292 / Point haut 9 juillet 2019 = $1,1219 / Point bas 9 juillet 2019 = $1,1192 / Clôture 9 juillet 2019 = $1,1206

CAD

EUR/CAD  :  Le dollar canadien a clairement le vent en poupe depuis quelques semaines et profite amplement du virage accommodant pris au second trimestre par un nombre croissant de banques centrales majeures, y compris la Fed et la BCE. La Banque du Canada reste pour le moment en dehors de cette course monétaire qui veut que les banques centrales viennent au chevet des économies développés qui subissent un net ralentissement de leur activité ces derniers mois (surtout dans le domaine industriel) sous l’impact notamment d’une montée des tensions commerciales et d’un ralentissement de la demande chinoise. Sous couvert d’une économie domestique robuste (rebond visible au second trimestre) qui profite entre autre de prix du pétrole orientés à la hausse grâce à l’appui de la politique de quota de l’OPEP et les tensions géopolitiques actuelles au Moyen Orient et d’une croissance toujours solide de son voisin américain qui est le principal consommateur des exportations canadiennes (environ 75%), la banque centrale canadienne pourrait continuer de faire cavalier seul au sein de l’univers des pays développés et maintenir ses taux directeurs inchangés pendant une période prolongée. C’est du moins l’avis d’une majorité d’économistes sondés au début du mois par l’agence Reuters qui estime que les taux directeurs au Canada pourraient rester stables jusqu’à la fin de l’année prochaine. Ils sont en effet seulement un peu plus de 40% à tabler sur une première baisse de taux l’année prochaine… un scénario divergent totalement avec les dynamiques et débats actuels aux Etats-Unis et en Zone Euro. Si celui-ci se matérialise alors le dollar canadien jouirait d’une certaine attractivité prolongée face à ses différents pairs, notamment l’euro et le dollar américain, relevant de taux de rendements hauts et stables.

Niveaux/Sentiment :   En l’espace d’un mois, le dollar canadien s’est apprécié de près de +3% face à l’euro et touché en juillet un pic de 21 mois à $1,4633. Si le cours EUR/CAD a très légèrement rebondi lors des dernières séances sur fond principalement de prises de bénéfices après l’atteinte de si haut niveau de la devise canadienne, celui-ci reste très clairement orienté à la baisse et reste sous la menace d’une nouvelle correction importante en cas d’accroissement des divergences monétaires visibles entre le Canada et la Zone Euro, ou bien de rebond très significatif des prix du pétrole qui viendrait alors accentuer le contraste de perspectives économiques entre les deux régions. Si la Banque du Canada devrait opérer un statu quo sur ses taux directeurs et les maintenir inchangés à 1,75% (décision à 16h00), les marchés attendent la banque sur son évaluation du contexte économique et ses ambitions monétaires. En cela la publication et les commentaires du gouverneur central Stephen Poloz (conférence de presse à 17h15) sur les nouvelles projections économiques et monétaires de la banque seront importantes à surveiller. Un discours très prudent de la banque donnerait l’impression que celle-ci s’étalonne sur ses homologues et pourrait bientôt elle-aussi se lancer dans de grands débats autour de la nécessité de procéder à une baisse de taux. Un tel scénario offrirait l’occasion à l’EUR/CAD d’effacer une partie de ses récentes pertes et tenter de rejoindre les niveaux de C$1,48-1,49. Si comme on le pense, la BOC reste relativement optimiste vis-à-vis des perspectives de croissance au Canada et bat en brèche tout plan de réduction monétaire à court terme alors un nouveau repli de l’EUR/CAD sous le seuil de C$1,47 pourrait s’observer.

Perf 2019 = -5,85% / Moyenne 2019 = C$1,5041 / Point haut 9 juillet 2019 = C$1,4729 / Point bas 9 juillet 2019 = C$1,4676 / Clôture 9 juillet 2019 = C$1,4711


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