Actualités du marché des devises

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juil. 04, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 4 juillet 2019 – Sommaire :

  • Volatilité très réduite ce matin et attentisme observé à la veille de la publication des chiffres de l’emploi aux Etats-Unis. Impression de torpeur lors d’une séance au calendrier économique allégé et qui sera marqué par l’absence des investisseurs américains (marchés fermés / fête de l’indépendance).
  • L’EUR/USD reste au pied de la barrière de $1,13. Chiffres de ventes au détail en Zone Euro à surveiller ce matin (11h00).
  • Paire EUR/GBP très stable qui reste toujours à portée de la barrière de £0,90 qu’elle n’a plus atteint depuis mi-janvier.
  • Léger rebond du franc et EUR/CHF toujours tout près du niveau de ₣1,11 après la publication ce matin de chiffres d’inflation stables en juin alors que le consensus tablait sur un léger ralentissement (+0,6% A/A vs. Cons. +0,5%).
  • Rebond correctif modeste de la paire EUR/CAD après sa chute de la veille à un creux de 20 mois à moins de C$1,4720.
  • Devises pétrolières (NOK, RUB, MXN) sur la défensive alors que s’observe ce matin un nouveau repli de plus de -1% des cours du pétrole (Brent à $63).
  • 8ième séance consécutive de hausse pour le rand sud-africain qui enregistre un gain cumulé de plus de 3% face à l’euro et oscille actuellement sur ses plus hauts niveaux depuis avril à ZAR 15,8.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de mercredi : Spéculations de baisse de taux aux Etats-Unis renforcées après des indices conjoncturels américains décevants / L’euro avance à tâtons après la nomination de C. Lagarde à la présidence de la BCE / Première contraction du secteur des services au Royaume-Uni depuis 2016 / Le dollar canadien bondit à un pic de 20 mois / Large rebond des devises émergentes

À la veille de la fête nationale américaine, la séance de mercredi fut globalement influencée par les nombreux mouvements et réactions relatives aux nombreuses données macroéconomiques publiées mercredi aux Etats-Unis. Du côté européen, les marchés réagissaient à l’annonce des nominations aux plus hauts postes des institutions européennes et questionnaient la prochaine arrivée d’une personnalité au cursus plus politique que monétaire à la tête de la Banque centrale européenne à l’automne prochain.

Avec un volume de créations d’emploi dans le privé au mois de juin bien en-deçà des attentes du consensus (+102k vs. +140k), la plus importante hausse de déficit commercial de l’année 2019 au mois de mai (+$55,5Mds ; soit un déficit cumulé de $261Mds sur les 5 premiers mois de l’année), une contraction plus importante que prévu des commandes industrielles (-0,7% M/M vs. Cons. -0,5%) et un ralentissement plus marqué de l’activité en juin du secteur des services à son plus faible rythme depuis 23 mois, l’économie américaine confirme à travers ces indicateurs un essoufflement sérieux et inquiétant au second trimestre. Il n’en fallait pas plus pour stimuler les spéculations sur les marchés à terme autour d’une baisse de taux en juillet, laquelle est aujourd’hui considérée comme inévitable par les acteurs de marché et pourrait même s’avérer plus agressive que prévu. La probabilité d’une réduction de -50pbs à la fin du mois atteint désormais les 30%.

Alors que l’on aurait pu croire que cela donne des ailes à l’EUR/USD, il n’en fut rien et celui-ci resta coincé aux portes des $1,13. Si le dévoilement des candidats aux plus hauts postes à responsabilité de l’Union Européenne, également désignés comme les « top jobs » européens, a mis en lumière un renforcement du couple franco-allemand, les investisseurs n’ont pas paru réellement emballés par la nomination de l’ancienne présidente du FMI à la BCE pour remplacer Mario Draghi dont le mandat arrive à son terme à la fin du mois d’octobre. Pourvu d’un cursus plus politique que monétaire, certains observateurs doutent de sa capacité à diriger efficacement la banque centrale. Beaucoup voient également dans cette nomination une probable continuité de la politique menée jusqu’à présent par Draghi et donc ne voit pas dans son arrivée un possible obstacle au nouveau cycle d’assouplissement monétaire qui se profile en Zone Euro face aux pressions baissières qui impactent actuellement les perspectives de croissance et d’inflation dans la région. La perspective d’une nouvelle baisse de taux dans les prochains mois en Zone Euro ; les marchés à terme ciblent le mois de septembre ; tient pour le moment à l’écart les acheteurs d’euro d’où l’inertie actuelle de l’EUR/USD.

La livre sterling reste orientée à la baisse après la publication mercredi d’une contraction de l’activité dans le secteur des services au mois de juin au Royaume-Uni, une première depuis juillet 2016 où le secteur avait subit un large coup de frein après la victoire du camp du Brexit au référendum portant sur le maintien au sein de l’Union Européenne. Le Royaume-Uni fait la passe de trois et en juin ce sont les trois principaux secteurs économiques du pays – manufacturier, construction et services – qui ont affiché une croissance négative. Cela tend à confirmer l’évaluation des banquiers centraux britanniques qui en juin ont réduit leur projection de croissance pour le seconde trimestre de 0,2% à 0,0% et vient donner un peu plus de crédit aux anticipations de possible baisse de taux d’ici la fin de l’année par la Banque d’Angleterre. Le cours EUR/GBP a de nouveau approché tout près de la barrière de £0,90 (pic recensé en séance à £0,8990) mais n’a toujours pas atteint cette barrière qui lui échappe depuis presque 6 mois.

Sous l’influence d’un rebond correctif des prix du pétrole (plus de +2% pour l’indice Brent qui gomme la moitié des pertes accumulées mardi et revient à hauteur de $64) et d’un premier surplus commercial enregistré par l’économie canadienne depuis 10 mois alors que le consensus misait sur de nouveaux déficits sur cette période (+C$760Mln vs. Cons. -C$1,5Mds), le dollar canadien a enregistré mercredi sa 8ième séance consécutive de hausse face à l’euro pour un gain cumulé de +2%. Le cours EUR/CAD n’en finit plus de glisser et atteint hier un creux de 20 mois à moins de C$1,4720.

Dans un climat de détente générale sur le volet commercial après la trêve prononcée par Pékin et Washington au G20 et sous l’influence d’un rebond des prix des matières premières, le dollar australien a poursuivi son rebond correctif face à l’euro et enchaîné une 7ième séance de hausse en 8 jours pour atteindre un pic d’un mois ½ à moins de A$1,6050. Après avoir approché de ses plus hauts niveaux depuis 2009 il y a deux semaines à plus de A$1,64, le cours EUR/AUD a subi une correction de plus de -2% et voit se dresser devant lui un support important à A$1,60. La seconde hausse de taux opérée cette semaine par la banque centrale australienne n’a finalement pas eu l’impact anticipé ce qui tend à confirmer la limite du potentiel baissier du dollar australien et donc la phase corrective visible actuellement sur l’EUR/AUD.

La perspective d’une prochaine baisse de taux aux Etats-Unis a entraîné un rebond des valeurs émergentes, notamment de pays dont une part de la dette est exprimée en dollar américain. Le rand sud-africain a bondi de +0,4% face à l’euro et enregistré ainsi sa 7ième séance consécutive de hausse pour un gain cumulé de plus de +3% face à la devise européenne. Le cours EUR/ZAR est retombé cette semaine sous le seuil de ZAR 16,0 et oscille désormais sur ses plus bas niveaux depuis plus de 2 mois. Il est évident que l’apaisement de l’environnement de risque, aussi bien sur le volet commercial que géopolitique, profite clairement aux valeurs émergentes qui retrouvent un peu de grâce aux yeux d’investisseurs à la recherche de rendements.

Le yuan reste fébrile et se maintient à plus de ¥7,75 face à l’euro alors que des médias ont révélé hier que plusieurs entreprises américaines, en l’occurrence Dell et HP, réfléchissaient actuellement à délocaliser une part de leur site de production en Asie de la Chine vers un pays voisin afin de ne pas subir les répercussions d’une guerre commerciale entre Pékin et Washington. Alors qu’une trêve entre les deux géants économiques a été officialisée la semaine dernière au G20, le conseiller aux questions économiques de la Maison Blanche Larry Kudlow a indiqué hier que les négociations reprendront la semaine prochaine dans la capitale américaine.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD  :  Cela fait deux séances que l’EUR/USD tente de rebondir au-dessus de la barrière de $1,13 mais échoue, les acheteurs d’euro apparaissant frileux à reprendre des positions alors qu’une probable baisse de taux se profile en Zone Euro. Du moins, c’est ce qui est aujourd’hui anticipé sur les marchés à terme. Pour de nombreux observateurs la prochaine arrivée de l’ancienne directrice du FMI à la tête de la BCE à l’automne prochain ne devrait pas changer la donne mais au contraire assurer une certaine continuité de la politique monétaire actuellement menée par Mario Draghi. Aux Etats-Unis, on n’est pas en reste non plus question spéculations de baisse de taux et la baisse graduelle des taux obligataires apparait comme un réel handicap pour le dollar – rendements à 10 ans actuellement sous 2% pour la 1ière fois depuis fin 2016. C’est donc une sorte de jeu à somme nulle qui s’exerce actuellement et les investisseurs apparaissent tiraillés sur la question de savoir qui de la Fed ou de la BCE sera la première à opérer une baisse de son taux directeur. Cela pourrait expliquer l’impression d’inertie visible actuellement sur l’EUR/USD. Une série de facteurs suggèrent néanmoins que l’équilibre des risques autour de la paire de change est légèrement orienté à la hausse. L’Union Européenne a renoncé mercredi à poursuivre sa procédure de sanctions contre l’Italie après que Rome ait consenti à d’importants efforts sur son budget, une décision bienvenue qui devrait atténuer les tensions politiques et ramener un peu de stabilité sur la Zone Euro. Les nominations des nouveaux hauts dirigeants européens ont mis en exergue un retour au premier plan du couple franco-allemand qui pourrait se saisir de cette dynamique pour accentuer les efforts d’intégration et renforcer l’identité européenne. Ces nouvelles n’ont pas eu de réels effets sur le cours de change, néanmoins ce sont là des potentielles menaces autour de l’euro qui se dissipent à l’horizon, et donc un potentiel baissier pour la devise européenne qui apparait plus réduit à moyen et long terme. La volatilité du cours de change pourrait s’avérer à nouveau très modeste ce jeudi, en partie à cause de l’absence des investisseurs américains qui célèbreront aujourd’hui l’indépendance des Etats-Unis et d’un probable certain attentisme des acteurs de marché avant la publication vendredi des chiffres de l’emploi aux Etats-Unis. On surveillera néanmoins la publication en fin de matinée des chiffres de ventes au détail en Zone Euro qui pourraient créer quelques remous.

Niveaux/Sentiment : Le cours EUR/USD reste pour le moment coincé aux portes du seuil de $1,13 et semble manque de catalyseurs pour réaliser une percée durable au-dessus de cette barrière. Les spéculations de baisse de taux aux Etats-Unis et en Zone Euro qui s’exercent actuellement sur les marchés obligataires semblent annihiler les forces motrices s’exerçant sur la paire d’où une certaine inertie de cette dernière depuis mardi. À la baisse, le seuil de $1,1270 fait office de support freinant les pressions baissières s’exerçant sur la paire de change. En l’absence de la présence des investisseurs américains, les volumes d’échange seront plus réduits aussi en l’absence d’annonces majeures (et non attendues), la faible liquidité sur les marchés des changes pourrait déboucher sur une volatilité très réduite de l’EUR/USD. L’approche des chiffres de l’emploi publiés demain aux Etats-Unis favorise également une certain prudence et des comportements attentistes de la part des acteurs de marché.

Perf 2019 = -1,63% / Moyenne 2019 = $1,1294 / Point haut 3 juillet 2019 = $1,1310 / Point bas 3 juillet 2019 = $1,1267 / Clôture 3 juillet 2019 = $1,1277


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