Actualités du marché des devises

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juil. 03, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 3 juillet 2019 – Sommaire :

  • Sentiment d’aversion au risque qui se prolonge ce matin après le recul de près de -1% des marchés actions chinois. Les inquiétudes sur le volet géopolitique et autour de l’économie mondiale plombent la confiance des acteurs des marchés des changes.
  • L’EUR/USD est sur la défensive ce matin et se replie à $1,1270 en amont de la publication des estimations finales des indices PMI des services en Zone Euro (10h00). Nombreuses statistiques économiques à suivre aux Etats-Unis : Chiffres ADP de l’emploi, indices ISM non-manufacturier, balance commerciale.
  • L’EUR/GBP reste orienté à la hausse en direction de la barrière de £0,90 en amont de la publication ce matin de l’enquête PMI dans le secteur des services. Hier, le gouverneur central Mark Carney (BOE) a ouvert la porte à une possible baisse de taux à « court terme ».
  • La paire EUR/JPY accentue sa correction et revient à hauteur du seuil de ¥121 (plus bas depuis 8 séances). De son côté la paire EUR/CHF apparaît relativement stable même si un léger retracement vers le niveau de ₣1,11 s’observe.
  • Le cours EUR/CAD marque une pause après sa glissade de la veille sous le niveau de C$ 1,48, ou un de ses plus bas niveaux observés depuis 19 mois (novembre 2017) !
  • Sans surprise la banque centrale suédoise a maintenu son taux directeur inchangé à -0,25% mais évalue les perspectives économiques et d’inflation comme bonnes. La couronne progresse de +0,3% et atteint un pic de plus de 2 mois face à l’euro à SEK 10,5.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de mardi : Les « top jobs » européens enfin désignés / Mark Carney (BOE) ouvre la porte à une baisse de taux / L’optimisme des marchés se fracture face aux tensions commerciales et géopolitiques / Large repli des prix du pétrole

Le sentiment de soulagement observé sur les marchés des changes lundi après l’annonce au Sommet du G20 d’une trêve commerciale entre la Chine et les Etats-Unis s’est rapidement délité et laissé place mardi aux incertitudes à l’égard de la situation géopolitique au Moyen Orient où la reprise progressive de l’activité nucléaire en Iran fait craindre des répercussions et du ralentissement marqué de l’économie mondiale qui semble payer les pots cassés de la recrudescence des tensions commerciales en mai dernier. La publication lundi soir par Washington d’une liste de produits européens ciblés par un nouveau projet de taxes douanières, lequel intervient comme mesure de rétorsion dans le conflit latent qui oppose Boeing (Etats-Unis) à Airbus (Europe), a par ailleurs rappelé aux acteurs de marché que le protectionnisme américain ne s’arrête pas uniquement à Pékin mais peut frapper n’importe lequel des partenaires commerciaux des Etats-Unis, d’où une certaine prudence renforcée mardi chez les investisseurs. Concernant la relation Chine-Etats-Unis, l’annonce de la trêve est désormais digérée et les marchés surveillent attentivement, non sans craintes, les prochaines étapes.

Au lendemain de la publication aux quatre coins du monde d’indices PMI manufacturiers désastreux en juin – une contraction de l’activité est observée dans une majorité de pays en cette fin de second trimestre – et sous couvert d’une dissipation des effets post-G20, les marchés se sont remis à questionner sérieusement l’état de santé de l’économie mondiale. Les prix du pétrole ont lourdement chuté mardi et enregistré un repli de plus de -4% mardi sur fond de craintes autour d’un possible recul de la demande globale en pétrole dans les prochains mois et alors entraîné dans son sillage un rebond des valeurs refuges que sont le yen et le franc. Le cours EUR/JPY a ainsi cédé -0,5% et fait son retour sous le seuil de ¥122 tandis que la paire EUR/CHF a connu une dépréciation plus modeste de -0,1% et retracé sous le niveau de ₣1,1150.

Après avoir échoué dimanche et lundi à s’entendre et accoucher le nom des futurs dirigeants des institutions européennes, les dirigeants des 28 pays membres de l’UE semblent être enfin tombés d’accord mardi. Comme le souhaitait le président français, la parité est à peu près respectée et nous avons deux femmes qui s’apprêtent à prendre les rênes des plus puissants instruments de décision européen, la ministre allemande de la défense Ursula von der Leyen devrait succéder à Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission Européenne et la présidente du FMI, la française Christine Lagarde, est nominée pour remplacer Mario Draghi à la présidence de la Banque centrale européenne à la fin de son mandat fin octobre. Le premier ministre belge Charles Michel a été désigné pour remplacer Donald Tusk à la tête du Conseil européen tandis que le ministre espagnol des affaires étrangères Josep Borrell dirigera la diplomatie européenne en lieu et place de Federica Mogherini au poste de Haut Représentant de l’Union Européenne. Candidat déchu à la Commission Européenne, le conservateur allemand Manfred Weber se consolera avec la présidence du Parlement européen. Les marchés et l’euro n’ont pas vraiment réagi à la nouvelle concernant la probable arrivée de l’ancienne ministre française des Finances à la tête de la BCE, ces derniers n’ayant pas réellement de vue sur la position de cette dernière en matière monétaire et son regard sur le niveau actuellement très bas (négatifs pour certains) des taux européens. La paire EUR/USD reste toujours aux portes des $1,13.

La livre sterling a connu quelques frayeurs hier en réaction aux propos du gouverneur central britannique, Mark Carney, suggérant que la Banque d’Angleterre était susceptible, mais pas certain, d’intervenir à court terme pour contenir les risques liés aux tensions commerciales et au Brexit qui pèsent sur l’économie. Après ces commentaires, on a aperçu sur les marchés à terme une hausse des anticipations de baisse de taux au Royaume-Uni, la probabilité d’une réduction monétaire d’ici la fin de l’année dépassant désormais les 50%. Le cours EUR/GBP a touché un pic en séance à plus de £0,8970 avant de retracer légèrement en fin de journée à hauteur de £0,8960. Un peu plus tôt dans la journée, la livre sterling avait déjà été mis sous pression à l’occasion de la publication d’enquêtes PMI montrant une contraction bien plus forte qu’attendu dans le secteur de la construction au mois de juin, celui-ci enregistrant sur la période sa plus mauvaise performance depuis 10 ans.

Le dollar australien n’a, à la surprise générale, pas vraiment été perturbé par l’annonce dans la matinée d’une seconde baisse de taux successive de la part de la banque centrale australienne après celle déjà opérée en juin dernier. Réduisant le taux directeur principal de 25pbs à un nouveau plus bas historique de 1,0%, ce choix de la RBA était très largement anticipé par les acteurs de marché, ce qui peut expliquer leur réaction et le rebond du dollar australien face à l’euro hier (+0,4% à A$1,6130). En effet, après cette nouvelle mesure d’assouplissement monétaire, les banquiers centraux australiens pourraient décidés de marquer une pause et ainsi maintenir le taux inchangé jusqu’à la fin de l’année, c’est pourquoi finalement on n’a pas observé de nouvelles pressions baissières sur la devise australienne. Il faut noté également que la valorisation de cette dernière est déjà très faible d’où un potentiel baissier naturellement assez limité.

Le dollar canadien poursuit tranquillement son ascension et n’a pas paru réellement perturbé par la lourde chute hier des prix du pétrole. L’observation d’une légère amélioration de l’industrie canadienne au mois de juin (indice PMI ressorti à 49,2 vs. 49,1 en mai), même si le secteur reste en contraction sur cette période, tranche totalement avec la dynamique de forte décélération observée sur la même période au sein de plusieurs pays développés comme aux Etats-Unis ou en Zone Euro. La résilience affichée par l’économie canadienne dans un contexte de regain de tensions commerciales dans le monde pourrait maintenir la Banque du Canada en-dehors du virage accommodant opéré actuellement par de nombreuses banques centrales, et encore dernièrement par la Banque d’Angleterre ce mardi. Cette impression de divergences monétaires fait le bonheur du dollar canadien qui a enregistré hier sa 7ième séance consécutive face à l’euro pour un gain cumulé de +1,6% sur cette période. Le cours EUR/CAD a glissé sous le seuil de C$1,48 et est désormais tout proche de ses plus bas niveaux observés au cours des 19 derniers mois.

Le rouble russe n’a pas connu le même sort que son homologue canadien et cédé un peu plus de -0,4% face à l’euro à RUB 71,4 en réaction au large recul des prix du pétrole. Le yuan a cédé une large part des gains enregistrés lors de la séance de lundi et reculé de -0,4% face à l’euro à ¥7,77 sur fond de dissipation de l’effet d’optimisme post-G20.

Volatilité sur les marchés des changes  – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD  :  C’est un EUR/USD dans un certain état de latence que l’on observe sur ces dernières 24 heures. Le cours se cherche une direction sur fond de profond tiraillement des acteurs de marché entre ceux spéculant sur une prochaine baisse de taux aux Etats-Unis et ceux anticipant une baisse de taux en Zone Euro. C’est un jeu à somme nulle qui offre pour le moment peu de perspectives favorables à l’euro tout en contenant le risque de nouveau décrochage. Les indices de volatilité sur l’EUR/USD retombent sur des niveaux extrêmement bas et le couloir de $1,11-$1,16 (+/- 4,5%) dans lequel oscille la paire de change depuis le mois d’octobre dernier (plus de 8 mois) semble encore avoir de beaux jours devant lui. Si le volet commercial et politique reste important, la dissipation temporaire des tensions sino-américaines et la résolution de la problématique de gouvernance en Zone Euro offrent un peu de répit aux marchés et accordent du coup une large influence à court terme du volet monétaire sur la volatilité de l’EUR/USD. Qui de la Fed et de la BCE abaissera la première ses taux d’intérêt ? ou telle est la question que se pose actuellement les investisseurs et dont devrait découler les futurs gains/pertes de la paire de change cet été. Avantage, ou plutôt désavantage pour le moment au dollar américain si l’on en croit des anticipations sur les marchés à terme qui accordent une plus forte probabilité à une réduction monétaire en juillet aux Etats-Unis (100%) qu’en Zone Euro (un peu plus de 50%). Reste à savoir si cette tendance peut évoluer dans les prochaines semaines alors que les prochaines réunions monétaires de la BCE (24-25 juillet) et de la Fed (30-31 juillet) toutes programmées en fin de mois. C’est le dollar qui pourrait être à l’origine des principales fluctuations du cours sur cette fin de semaine alors que se dresse devant nous un calendrier économique « dantesque » aux Etats-Unis et la publication sur ce seul jour de mercredi des enquêtes d’activité ISM dans le secteur des services, des statistiques ADP de créations d’emploi dans le secteur privé, des commandes industrielles et des statistiques commerciales. La semaine se conclura comme chaque premier vendredi de chaque mois par les chiffres officiels du marché de l’emploi américain, baromètre majeur de l’état de santé de l’économie américaine.

Niveaux/Sentiment : L’EUR/USD reste sur la défensive et paraît insensible à l’annonce de la future succession de Mario Draghi à l’automne prochain. La publication ce matin des estimations finales des indices PMI du secteur des services au mois de juin génère un peu de frilosité chez les acheteurs d’euro encore marqués par la révision à la baisse inattendue lundi des estimations finales des indices manufacturiers. Sauf surprises négatives, l’EUR/USD pourrait rester à hauteur de $1,13 et osciller autour de cette barrière clé en attendant la publication dans l’après-midi de la longue liste d’indices conjoncturels américains incluant notamment les premières statistiques sur l’emploi en juin (rapport ADP) et le résultat des enquêtes ISM d’activité dans le secteur des services. Selon l’écart potentiel des résultats de ces indicateurs par rapport aux attentes actuelles des marchés découlera des variations plus ou moins importantes sur les marchés obligataires et à terme concernant la future décision de la Fed en juillet. La barrière de $1,1270 semble ce matin contenir les pressions baissières s’exerçant sur le cours de change. Si celui était amené à céder dès lors celui-ci pourrait reprendre la direction du niveau de $1,12.

Perf 2019 = -1,72% / Moyenne 2019 = $1,1294 / Point haut 2 juillet 2019 = $1,1319 / Point bas 2juillet 2019 = $1,1273 / Clôture 2 juillet 2019 = $1,1283


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