Actualités du marché des devises

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juil. 01, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 1er juillet 2019 – Sommaire :

  • L’annonce au G20 d’une trêve commerciale entre la Chine et les Etats-Unis rassure légèrement les marchés mais ceux-ci restent globalement prudents et s’inquiètent de l’état de l’économie mondiale après la publication de nombreux indices PMI manufacturier en zone de contraction en Asie, notamment en Chine.
  • L’EUR/USD chute lourdement ce matin et prend la direction de $1,13. La révision à la baisse de l’indice PMI manufacturier de juin en Allemagne et en Zone Euro (contraction de l’activité plus marquée que prévu) ravive les craintes autour de l’économie européenne et les spéculations de baisse de taux en Zone Euro.
  • L’EUR/GBP corrige pour la 2nd séance consécutive et se rapproche du seuil de £0,89. Premier des trois indices PMI de juin publiés cette semaine à observer ce matin (PMI manufacturier à 10h30).
  • Rebond de l’indice EUR/CHF à plus de ₣1,11 en réaction à l’annonce d’un échec des négociations entre la Suisse et l’Union Européenne et donc la perte d’accès pour les actions suisses aux bourses européennes.
  • Correction de la paire EUR/CAD sous C$1,49 à son plus bas niveau depuis novembre 2018 après l’annonce au G20 d’une prolongation de la politique de quota pétrolier par les pays de l’OPEP et de ses alliés.
  • Fort rebond du yuan chinois et repli de la paire EUR/CNH à hauteur de ¥7,75 consécutivement à l’annonce de trêve commerciale entre la Chine et les Etats-Unis. Pékin s’offre un peu de répit et ne fera pas (à priori) face à de nouvelles barrières douanières américaines dans l’immédiat.
  • Fort rebond également de la livre turque – presque 2% face à l’euro à TRY 6,46 – alors que le président Recep. T. Erdogan annonce ce matin qu’après sa rencontre avec le président Donald Trump les sanctions américains liées à l’achat de missiles russes par la Turquie ne devraient pas être appliquées.

L’agenda de la semaine : Tensions commerciales et géopolitiques à surveiller à l’approche du G20 d’Osaka / Inflation aux Etats-Unis et Zone Euro / Réunion de crise au sein de l’Union Européenne pour se trouver une nouvelle gouvernance

USD, JPY & CNY – Tensions commerciales – Trêve commerciale entre la Chine et les Etats-Unis : Après une rencontre de 80 minutes, le président américain et son homologue chinois sont tombés d’accord pour entamer une trêve commerciale et reprendre les négociations là où ils l’avaient laissé en mai dernier avant l’annonce de nouvelles taxes douanières américaines sur $200Mds de produits chinois. Ce nouveau pacte de non-agression réciproque va offrir un peu de répit à Pékin puisque les autorités américains ont d’ores et déjà annoncé qu’elle ne n’appliqueraient pas pour le moment de nouvelles barrières douanières et donc laissaient dans les cartons le projet de taxes sur près de $300Mds d’exportations chinoises qui faisait l’objet d’une consultation publique menée par la Maison Blanche.  Interrogé sur le « dossier Huawei » et le retrait de l’entreprise de télécommunication chinoise d’une liste noire de fournisseurs avec lesquels les entreprises n’ont pas le droit d’échanger sans autorisation préalable du gouvernement fédéral, Donald Trump a indiqué que la question serait abordée plus tard. Le département au Commerce devrait aborder la question lors d’une réunion à venir dans les prochains jours.

Orientation & Volatilité  : Si sur le plan commercial, on ne peut que se réjouir de cette trêve qui chasse les gros nuages noirs observés à l’horizon qui laissaient entrevoir un été agité, il ne faut pas voir cela comme un aboutissement mais comme une simple étape d’un processus de réconciliation qui s’annonce très complexe et au combien difficile. Quel sera cette fois le degré de patience du camp américain dans ce nouveau cycle de négociation ? Pékin a-t-il l’intention de céder aux exigences de Washington ? C’est autant de questions dont nous ignorons pour le moment la réponse. Donald Trump s’est d’ailleurs déclaré peu pressé d’aboutir à un accord avec la Chine, ce dernier prétextant préférer la qualité à la rapidité. Si cette trêve entretient l’espoir qu’un accord bilatéral est toujours possible, il n’est absolument pas certain que les négociations aboutissent et que l’on n’observe pas de nouvelles frictions entre les deux pays dans les prochains jours/semaines. Sur le marché des changes, les sentiments sont extrêmement mitigés après cette réunion du G20 au cours duquel le pire a été évité mais qui n’a pas réellement offert d’arguments soutenant une amélioration de l’environnement économique et financier global. Le yen est très stable face à l’euro et la paire EUR/JPY se maintient à distance du seuil de ¥123. Le dollar se renforce face à l’euro de manière assez significative et l’EUR/USD retombe ce matin sous le seuil de $1,1350. Le grand gagnant apparaît être pour le moment le yuan qui rebondit vivement face à l’euro et au dollar américain ce lundi matin, la paire EUR/CNH chutant ce matin à un creux d’une semaine à hauteur de ¥7,75. Simple réaction sans lendemain ou nouvelle tendance ? Il en faudra bien plus pour convaincre les investisseurs qu’un accord entre américains et chinois est « réellement » en bonne voie et du coup réactiver une dynamique de revalorisation de la devise chinoise. La prudence actuelle des marchés limite autant un risque de correction de la paire EUR/CNH que ne freine toute tentative d’expansion de la paire EUR/JPY qui est coincée depuis un mois dans un couloir étroit de prix de ¥121-¥123.

USD

USD – Volet monétaire – Indices d’activité (lundi & mercredi) et emploi (vendredi) comme baromètre d’une possible baisse de taux aux Etats-Unis cet été : Alors que les marchés sont entièrement convaincus que la réserve fédérale américaine va opérer une première baisse de taux en 10 ans lors de sa prochaine réunion monétaire programmée fin juillet, ils sont plusieurs membres de la banque centrale à avoir tenté ces derniers jours à vouloir tempérer les attentes des investisseurs. Le dernier en date est le président de l’antenne régionale de la Fed à Dallas, Robert Kaplan, qui s’est déclaré pas favorable à une réduction monétaire tant qu’il n’aura pas constaté de signes plus évidents montrant que l’économie américaine était en sérieuse difficulté. Il est vrai que malgré l’observation de sérieuses marques d’essoufflement de l’économie au second trimestre (projection de croissance estimée à 1,5% T/T annualisée au T2 d’après le modèle de la Fed d’Atlanta actualisé au 28 juin 2019), la dynamique de croissance reste jusqu’à présent relativement robuste notamment lorsque comparée aux performances enregistrées par de nombreux pairs (Zone Euro, Australie). Néanmoins à moins de 4 semaines de la prochaine réunion de la Fed, rien n’est joué et plusieurs scénarios restent encore envisageables. Si une baisse de taux n’est pas ancrée dans le marbre, cela reste à ce jour le scénario le plus envisageable. La trêve commercial officialisée entre Pékin et Washington en marge du G20 pourrait donner un argument supplémentaire aux banquiers centraux américains pour justifier une approche patiente et rabrouer les pressions de marché en faveur d’un abaissement monétaire. Cela suppose également qu’entre temps on n’observe pas de signaux inquiétant d’une sortie de route de l’économie américaine sur la fin du second trimestre au moment où les tensions commerciales étaient les plus fortes. La publication cette semaine de nombreux indices conjoncturels dont les indices d’activité ISM (lundi & mercredi), statistiques commerciales et commandes d’usines (mercredi) et en fin de semaine les traditionnels chiffres de l’emploi (vendredi), donneront de précieux indices sur l’état de santé de l’économie américaine et viendront très certainement alimenter de vives spéculations autour des futurs choix de la Fed.

Orientation & Volatilité  : Le dollar a cédé près de -2% face à l’euro en juin sur fond de montée de fortes spéculations autour d’une première baisse de taux à venir aux Etats-Unis cet été, laquelle viendrait officialiser le lancement d’un nouveau cycle d’assouplissement monétaire aux Etats-Unis si l’on en croit les débats actuels sur les marchés des changes. Les acteurs de marché sont unilatéralement convaincus que cette décision est inévitable - probabilité de réalisation d’une baisse de taux en juillet estimée depuis plus d’une semaine à 100% sur les marchés à terme - la seule incertitude résidant en fait dans la magnitude la réduction monétaire potentiellement opérée en juillet, minimale (-25pbs) ou agressive (-50pbs). À l’heure actuelle, les investisseurs penchent plus pour une première réduction minimale (probabilité de 80%) mais la donne pourrait changer si l’on s’aperçoit que l’économie américaine est dans un plus triste état que l’on ne le croyait. Dans ce cas, nous verrions éclore de nouvelles pressions baissières sur le dollar et l’EUR/USD bénéficierait d’un tremplin pour franchir la barrière de $1,14 qui lui barre le chemin. Inversement, sous couvert d’une baisse temporaire des tensions commerciales après le G20, la vision de bons fondamentaux économiques aux Etats-Unis, et plus précisément de solides statistiques de l’emploi en juin, pourrait s’accompagner de premiers maux de tête chez les investisseurs et questionnements sur la possibilité que la Fed repousse en juillet un plan de baisse de taux et fasse preuve de plus de patience avant d’opérer une réorientation stratégique de sa politique monétaire. Dans ce scénario, la paire EUR/USD effacerait alors une bonne partie des gains enregistrés en juin et risquerait de retomber autour des niveaux de $1,12.

CAD

CAD, NOK & RUB –  Pétrole – Prolongation de la politique de quotas pétroliers confirmée par l’OPEP (lundi-mardi)  : En marge du G20, la Russie et l’Arabie Saoudite se sont mis d’accord sur une prolongation de la politique de réduction de la production pétrolière (quotas) mise en place pour soutenir les prix du cours du baril de brut. D’après le président russe Vladimir Poutine, cette prolongation pourrait être de 6 à 9 mois, et très probablement de 9 mois. Dans un contexte actuel de ralentissement de la croissance économique mondiale, donc d’une baisse globale de la demande en pétrole, la politique de quota mise en place par les pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses alliés comme la Russie est importante pour empêcher une éventuelle correction des prix. Cette annonce devrait être confirmée cette semaine à l’occasion de la conférence semestrielle de l’OPEP qui se tiendra mardi et mercredi à Vienne, ville où se situe le siège de l’organisation. 

Orientation & Volatilité  : Cette nouvelle est plutôt bien accueillie et soutient ce matin les prix du barils qui, après avoir ouvert en baisse, enregistrent ce matin un rebond de près de 3%. Le cours du Brent ce maintient sur ses plus hauts niveaux depuis 1 mois et oscille à plus de $66. Le maintien d’une politique de soutien des prix est plutôt une bonne nouvelle pour les devises de pays exportateurs nets dont l’économie tire d’importants bénéfices de la vente directe de pétrole ou d’un secteur énergétique puissant. D’autant plus quand il s’agit de devises de pays qui n'ont pas pour le moment pris de virage accommodant comme a pu le faire la Fed, la BCE ou encore la banque centrale australienne. C’est notamment le cas du Canada et de la Norvège, le premier maintenant une pause monétaire tandis que le second mène toujours une politique de normalisation monétaire comme le démontre le rehaussement de taux réalisé le mois dernier. Le dollar canadien poursuit son redressement face à l’euro et oscille actuellement sur ses plus hauts niveaux depuis 7 mois à moins de C$ 1,48 (support de C$ 1,49 qui tenait depuis novembre dernier est entrain de se rompre). La devise norvégienne revient tutoyer ce matin ses plus hauts niveaux depuis 2 mois face à l’euro à près de NOK 9,66. Le rouble russe n’est pas en reste et progresse ce lundi de plus de +0,8% à RUB 71,3 pour revenir à hauteur de ses plus hauts niveaux de l’année et depuis 14 mois face à l’euro.

AUD

AUD –  Volet monétaire – Seconde baisse de taux consécutive ? (mardi) : La RBA est la première grande banque centrale au sein des pays développés à avoir ouvert le bal et opéré en juin à une première baisse de taux depuis 2016 et ainsi réduit son taux directeur à un nouveau plus bas historique de 1,25%. Les débats au cours de la réunion monétaire de juin ont montré que les banquiers centraux australiens n’étaient pas fermés à l’idée d’abaisser à nouveau ses taux directeurs, ce qui a automatiquement déclenché des spéculations sur les marchés à terme autour d’un scénario d’une seconde réduction consécutive lors de la réunion de juillet qui se tiendra mardi matin. La probabilité d’une baisse de taux de 25pbs en Australie en juillet est actuellement estimée à près de 80%... à juste titre ? L’atténuation des tensions commerciales, même si potentiellement temporaire, pourrait convaincre la banque centrale australienne à se laisser un peu de temps avant de prendre de nouvelles mesures.

Orientation & Volatilité  : Après avoir chuté sur ses plus bas niveaux depuis 2009 à la fin du mois de juin, le dollar australien a rebondi d’un peu plus de 1% face à l’euro la semaine dernière et l’EUR/AUD est passé de A$1,64 à moins de A$1,62 ce lundi matin, notamment grâce à l’appui d’un sentiment d’optimisme autour d’une trêve commerciale entre la Chine et les Etats-Unis. Au regard des lourdes pertes accumulées par le dollar australien face à l’euro depuis la mi-avril – presque -5% - celui-ci pourrait prolonger son rebond correctif cette semaine et l’EUR/AUD revenir à hauteur du support situé au niveau de A$1,6050-A$1,6100 si d’aventure la RBA venait à contredire les attentes des marchés et optait finalement pour un statut quo. À l’inverse, la paire EUR/AUD pourrait rester solidement valorisé et potentiellement revenir au-dessus de la barrière de A$1,63. Les signaux de détente entre Pékin et Washington soutiennent une revalorisation du dollar australien et pourraient venir intensifier le rebond de celui-ci en cas de surprise de la RBA ou alors limiter ses pertes si comme prévu la banque réduit à nouveau ses taux mardi.


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