Actualités du marché des devises

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juin 27, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 27 juin 2019 – Sommaire :

  • Le vent d’optimisme soufflé hier sur les marchés des changes concernant une possible trêve au G20 entre la Chine et les Etats-Unis se prolonge sensiblement ce matin.
  • Le cours EUR/USD continue de contenir les pressions baissières et se maintient au-dessus de $1,1350. Premiers chiffres d’inflation en Allemagne en juin (14h00) et révision finale du PIB américain au T1 (14h30) à surveiller ce jeudi après-midi.
  • Léger repli de la paire EUR/GBP après l’annonce ce matin dans un tabloïd anglais (The Sun) d’un projet de plusieurs députés de bloquer des fonds gouvernementaux pour éviter un scénario de « Hard Brexit ».
  • La paire EUR/JPY poursuit son rebond de la veille et approche ce matin le seuil de ¥123 (seuil touché à une seule reprise en juin).
  • Le cours EUR/AUD poursuit lui sa correction et revient à hauteur de A$1,6250.
  • Rebond correctif de la paire EUR/CZK après avoir chuté la veille à un creux de 14 mois à moins de CZK 25,41.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de mercredi : Une « petite » vague d’optimisme sur le volet commercial avant le G20 / Nouveau rebond important des prix du pétroles / Une pause prolongée de la CNB n’empêche pas la couronne tchèque de monter

À quelques jours seulement de la rencontre sous haute tension entre Donald Trump et Xi Jinping au G20 d’Osaka ; la date de samedi a été confirmée mercredi ; les marchés ont voulu se rassurer quant à la possibilité d’une trêve commerciale entre la Chine et les Etats-Unis après l’observation de quelques signes de complaisance de la part des autorités américaines alors qu’à y creuser la réalité apparaît plus sombre. Surfant sur les espoirs de marché de voir Pékin et Washington stopper leur dispute après le G20, les valeurs cycliques et émergentes ont eu tendance à se renforcer tandis qu’à l’inverse le yen s’est contracté. Le dollar est resté immobile et continue de subir le poids des spéculations de baisse de taux aux Etats-Unis alors que les indices conjoncturels américains sont jour après jour très décevants.   

De nombreux médias ont repris la phrase du secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, tirée d’un entretien donné à la chaine de télévision américaine CNBC, qui évoque un accord avec la Chine « complété à 90% ». Les marchés ont tout de suite « acheté la rumeur » et les marchés des changes se sont quelque peu agités. Le cours EUR/JPY a vivement bondi et atteint un pic de 2 semaines à plus de ¥122,6 tandis qu’à l’inverse le cours EUR/AUD a lourdement chuté à un creux de plus de 2 semaines à moins de A$1,6250.

L’euphorie fut très brève et quelques mouvements de retracement furent observés sur les marchés des changes après que les investisseurs aient eu vent que leur emballement n’était pas à ce stade réellement justifié. Tout d’abord, la chaîne CNBC a corrigé une coquille dans les propos attribués à Mnuchin, ce qui au final donna « un accord qui était fait à 90% ». Alors que les marchés y ont vu un signe d’espoir avant la rencontre de samedi, le responsable américain faisait lui un bilan de l’état des négociations avant le retour des tensions début mai. Puis c’est le président américain qui a fini par semé la confusion au sein des marchés des changes en soufflant à la fois le chaud et le froid sur ses attentes et plans en marge du G20. S’il indique souhaiter une reprise des négociations et un accord avec Pékin, il laisse tout de même entendre que de nouvelles taxes pourraient adopter après la rencontre avec son homologue chinois si ce dernier refuse de faire des concessions. Si le dollar australien a effacé une grande partie de ses gains à la suite de ces annonces, celles-ci ont eu moins d’influence sur le yen. Le fait que Donald Trump ait évoqué des taxes potentiellement plus faibles que prévu (10% et non 25%) ont conforté l’idée d’une « légère » flexibilité du côté américain. Le yuan a fini la journée légèrement dans le rouge face à l’euro et après une première tentative vaine de repli sous le seuil de ¥7,80 (point bas recensé mercredi à ¥7,8010) le cours EUR/CNH a finalement clôturé mercredi à ¥7,83.

Orientée légèrement à la baisse en début de séance après la publication d’un indice montrant un recul du moral des ménages allemands à son plus bas niveau depuis 2 ans et sous l’influence prolongée de pressions haussières sur le dollar après les sorties de plusieurs responsables monétaires américains tentant de brouiller les pistes sur les choix de la banque centrale en juillet, la paire EUR/USD a de nouveau testé le seuil de $1,1350 mais comme mardi cette barrière a tenu. La publication d’une contraction bien plus significative que prévu des commandes de biens durables aux Etats-Unis en mai (-1,3% M/M vs. Cons. -0,1%) et la révision à la baisse des estimations du mois d’avril (-2,8% vs. -2,1%) ont vite chassé les inquiétudes autour de possibles questionnements de la Fed et aussitôt conforté les anticipations de baisse de taux aux Etats-Unis en juillet. L’EUR/USD en a profité pour reprendre la direction de $1,14 avant de retracer légèrement en fin de journée (clôture sous $1,1370) au regard de la confusion semée par la Maison Blanche avant le G20.

Un rapport publié mardi soir par l’agence américaine API montrant un recul plus important que prévu des réserves américaines en pétrole a entrainé un fort rebond des prix du brut, les marchés y voyant là un signe surprenant de hausse de la demande alors qu’actuellement l’offre pétrolière est fragilisée par la montée des tensions au Moyen Orient entre les Etats-Unis et l’Iran. Les cours du baril ont ainsi bondi de plus de 2% et l’indice Brent a ainsi touché un nouveau pic mensuel en juin à presque $67. Si ce rebond a stimulé certaines devises dites « pétrolières » comme le dollar canadien (+0,3% à C$1,4920) et la couronne norvégienne (+0,5% à NOK 9,66), le rouble russe n’a pas participé aux festivités et concédé quelques pertes face à l’euro (-0,2% à RUB 71,6). On notera tout de même que l’EUR/CAD se rapproche à nouveau très dangereusement du seuil de C$1,49 qui fait office de support technique depuis 7 mois sur le cours tandis que l’EUR/NOK, avec son repli de mercredi, oscille à nouveau sur ses plus bas niveaux depuis 2 mois

La banque centrale tchèque a, sans réelle surprise, opté à 6 voix contre 1 en faveur d’un maintien du taux directeur à son niveau actuel de 2,0% et laissé entendre qu’elle pourrait prolonger sa pause pendant une période rallongée avant de procéder à un nouveau resserrement monétaire sous couvert de fondamentaux moins solides que prévu et de hausse des incertitudes externes. Cela n’a pas empêché l’EUR/CZK de glisser hier à un creux de 14 mois à moins de CZK 25,41.

USD

Malgré quelques tentatives infructueuses, la paire EUR/USD résiste plutôt bien aux tentatives de correction dont elle fait face depuis deux jours. Il faut dire que le léger vent d’optimisme sur le front commercial, légitime ou non, soufflé hier sur les marchés des changes l’a bien aidé à contenir les pressions baissières issues d’un dollar quelque peu renforcé après les communications divergentes mardi soir de plusieurs membres de la réserve fédérale américaine. Les propos du président américain menaçant à nouveau la Chine de nouvelles barrières douanières se répercutent ce jeudi en Asie et en Europe et rappellent aux marchés au combien la perspective d’un accord sino-américain au G20 est réduite, du moins si comme on le présume aucun des deux camps n’accepte de faire de sérieuses concessions vis-à-vis de l’autre. On peut également voir dans le repli ce matin de l’EUR/USD une marque de prudence des acheteurs d’euro en amont de la publication lors des deux prochains jours de chiffres macroéconomiques clés en Europe, et notamment les premières estimations du mois de juin (jeudi en Allemagne et vendredi en Zone Euro). Car si les marchés se sont globalement exclusivement focalisés sur la perspective d’une possible première baisse de taux en 10 ans aux Etats-Unis cet été, il convient de rappeler que le gouverneur européen Mario Draghi a lui aussi ouvert la porte ce mois-ci à de nouvelles mesures de soutien si la situation économie que Zone Euro était amenée à se dégrader et si l’inflation se détournait de son objectif de long terme de 2,0%. Retombée à 1,2% en mai, l’inflation générale en Zone Euro est bien loin de l’objectif recherché par la banque centrale, mais plus inquiétant encore les anticipations d’inflation le sont également et ont récemment été observées sur les marchés à un plus bas historique. Si l’on continue à garder un œil sur l’environnement global et surveiller à cet égard les risques commerciaux et géopolitiques qui dominent, l’EUR/USD devrait être particulièrement sensible en cette fin de semaine au volet monétaire et aux indicateurs d’inflation publiés en Zone Euro mais également vendredi aux Etats-Unis (indices de prix PCE). Du résultat final de ces indices, les futurs choix des banques centrales américaine et européenne cet été pourraient dépendre.

Niveaux/Sentiment : Pour le moment la paire EUR/USD résiste bien aux pressions baissières qui s’abattent sur elle, cela grâce notamment à la présence d’une barrière située à $1,1350 qui parvient pour le moment à contenir toute tentative de glissade. Celui-ci pourrait néanmoins rompre si d’aventure l’on voyait ressurgir de nouvelles inquiétudes autour d’un fléchissement de l’inflation en Europe et une montée des spéculations de baisse de taux par la BCE dans les prochains mois. Le contexte global reste également important, notamment le volet commercial alors que le Sommet du G20 approche à grand pas. L’évolution du sentiment général des marchés pourrait venir intensifier ou réguler certains mouvements sur l’EUR/USD. Si cela risque de provoquer peu de remous, on gardera tout de même un œil sur la 3ième et dernière estimation de croissance du PIB américain et une éventuelle révision de ce chiffre (cons. 3,1% T/T annualisée / pas d’ajustement attendu). En cas d’indices conjoncturels rassurants en Zone Euro (indices de sentiment et inflation en Allemagne ce jeudi), le cours EUR/USD pourrait reprendre sa marche en avant et se réattaquer à la barrière de $1,14 qui après de multiples assauts sur le début de semaine n’a toujours pas cédé.

Perf 2019 = -0,92% / Moyenne 2019 = $1,1294 / Point haut 26 juin 2019 = $1,1390 / Point bas 26 juin 2019 = $1,1346  / Clôture 26 juin 2019 = $1,1368


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