Actualités du marché des devises

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juin 26, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 26 juin 2019 – Sommaire :

  • Le dollar a bénéficié hier d’un soutien de poids de la part de membres de la Fed qui ont tenté d’atténuer les fortes anticipations de marché au sujet d’une baisse de taux en juillet.
  • L’EUR/USD enregistre une très légère correction après le recul du moral des ménages allemands à un creux de 2 ans mais reste arrimé au-dessus du seuil de $1,1350.
  • L’EUR/GBP reste orienté à la hausse sur fond de maintien des inquiétudes de « Hard Brexit » et vogue ce matin à plus de £0,8950.
  • Timide rebond de la paire EUR/JPY qui tente de rejoindre ce matin le seuil de ¥122. La paire reste coincé depuis un mois dans un couloir d’étranglement de ¥121-¥123.
  • Les risques autour de l’Iran et d’un possible conflit militaire avec les Etats-Unis continuent de peser sur la paire EUR/CHF qui se maintient sous ₣1,11.
  • Après avoir atteint des sommets lundi, l’EUR/AUD poursuit sa correction et retombe ce matin sous le seuil de A$1,63.
  • La couronne tchèque oscille sur ses plus hauts niveaux depuis 9 mois face à l’euro à moins de CZK 25,5 en amont de la décision cette après-midi de la CNB (13h00).

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de mardi : La Fed prend ses distances avec les anticipations de baisse de taux / Le G20 et les tensions géopolitiques pèsent dans les têtes / La livre sterling reste handicapée par les craintes de « hard Brexit » / La couronne tchèque bondit à un pic de 9 mois

La journée de mardi fut relativement paisible, sans véritable tendance en Asie et en Europe, avant de légèrement s’agiter en fin de journée lors de la session américain sous l’influence des multiples sorties de responsables monétaires américains dont celle du gouverneur central Jerome Powell.

Après un rebond de +1,8% en quatre jours, l’heure semblait être à la correction pour l’EUR/USD. Bien aidé par l’observation en matinée d’un repli inattendu de la confiance des entreprises en France, ce mouvement correctif restait relativement modeste car peu soutenu par des statistiques américaines également très décevantes (recul bien plus important que prévu de l’indice de confiance des ménages à son plus bas niveau depuis 2 ans). C’était sans compter sur le poids de la réserve fédérale américaine et de ses membres qui, à l’unisson, ont ajusté leurs violons et tenté de minimiser les hautes attentes actuelles des marchés concernant une baisse de taux dès le mois de juillet (30-31 juillet).

Si le gouverneur Jerome Powell a reconnu que la banque s’interroge sur cette option au regard des tensions commerciales qui dominent et du recul de l’inflation observé depuis quelques mois dans le pays, néanmoins selon lui une réduction monétaire en juillet n’est pour le moment pas garantie. Revenant sur les critiques du président américain et les fortes anticipations de marché qui poussent tous deux pour une baisse de taux rapide, le président de la Fed a tenu à rappeler l’indépendance de l’organisation dans ses prises de décision. Le président de la Fed de St Louis James Bullard, seul membre du comité décisionnaire de la banque à avoir voté en faveur d’un abaissement des taux d’intérêt en juin, a reconnu qu’une réduction agressive de 50pbs en juillet n’était à ses yeux pas nécessaires. Bien que les anticipations sur les marchés à terme continuent de considérer une baisse de taux en juillet comme un évènement certain (probabilité de 100%), la probabilité d’une possible baisse agressive de 0,5% a chuté mardi après les commentaires des membres de la Fed de 30% à 25%. Le dollar en a profité pour gagner +0,3% face à l’euro et s’écarter du seuil de $1,14 (clôture à $1,1365).

Après un retour furtif au-dessus du seuil de ¥122 en début de semaine, le cours EUR/JPY a corrigé mardi de -0,4% et est retombé sous cette barrière. L’approche du Sommet du G20 et de la rencontre entre Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping rendent les marchés nerveux. Si une trêve est grandement espérée, les investisseurs gardent en tête qu’en cas d’échec de nouvelles mesures de rétorsion pourraient être rapidement prises. Le cours EUR/CHF a amorcé un timide rebond mais n’a néanmoins pas trouvé les forces nécessaires pour rejoindre le seuil de ₣1,11, le franc restant grandement sollicité par les investisseurs pour son statut de valeur refuge alors que la situation en Iran se tend. Mardi, Téhéran a fait savoir qu’à partir du 7 juillet prochain le pays renoncera à deux engagements – limitation de ses réserves d’eau lourde et d’uranium enrichi - qu’il s’était accordé jusque là à tenir dans le cadre du traité de Vienne de 2015 visant à encadrer le programme nucléaire iranien. L’Etat français a mis en garde l’Iran contre une telle décision qui pourrait être mal interprété de l’autre côté de l’Atlantique et entrainé une nouvelle riposte de la part de Washington.

Le yuan a repris quelques couleurs avant le G20 mais reste néanmoins fragile et oscille toujours tout proche de ses plus bas de l’année face à l’euro à plus de ¥7,80. Le cours EUR/CNH a d’ailleurs touché au cours de la journée un pic de 9 séances à plus de ¥7,85 consécutivement au repli mardi des marchés actions chinois.

La livre sterling reste plus que jamais handicapé par les craintes autour d’un « hard Brexit » en cas d’arrivée au pouvoir comme premier ministre de Boris Johnson, fervent supporter du Brexit qui a encore lundi répété ses engagements à organiser une sortie de l’Union Européenne d’ici la date limite du 31 octobre, cela avec ou sans accord signé au préalable avec les européens. Après avoir tenté de retracer, le cours EUR/GBP a finalement terminé la séance de mardi dans le vert (+0,1%) à plus de £0,8950. Par ailleurs, on connaît désormais la date officielle de l’annonce du futur successeur de Theresa May, il s’agit du 23 juillet.

Le dollar canadien reste orienté à la hausse et a bénéficié hier de chiffres de vente en gros meilleurs qu’attendu pour progresser face à l’euro (+0,4%) et se rapprocher à nouveau du seuil de résistance qui lui fait front depuis plus de 7 mois à C$ 1,49 (clôture de l’EUR/CAD à C$ 1,4970). Le rebond supposé de l’économie canadienne au second trimestre est actuellement très favorable au dollar canadien qui voit là un argument qui pourrait tenir à l’écart la Banque du Canada (BOC) de toute considération de baisse de taux à court et moyen terme, à la différence de ses consœurs américaine, européenne ou australienne.

On n'arrête plus la couronne suédoise qui a connu mardi sa 4ième séance de hausse en 5 jours pour un gain cumulé de près de +1,2% face à l’euro. Le cours EUR/SEK semble en phase corrective et oscille sur ses plus bas niveaux depuis 2 mois à SEK 10,55.

La couronne tchèque a bondi de +0,4% mardi et atteint un pic de 9 mois face à l’euro à moins de CZK 25,5 à la veille d’une réunion monétaire de la banque centrale tchèque que les marchés voient se conclure sur un statu quo mais dont on espère quelques signaux sur de nouvelles hausses de taux à venir courant de l’année.

USD

Comme il l’était craint après un tel rebond en une période de temps aussi restreinte, l’EUR/USD bat en retraite et fléchit un peu après la multitude de commentaires hier de membres de la Fed invitant les marchés à ne pas trop s’emballer et spéculer sur une baisse de taux en juillet qui à leurs yeux n’est pour le moment pas garantie. Si cela a un peu calmé les ardeurs des vendeurs de dollar et tenu à distance l’EUR/USD du seuil de $1,14, cela n’a néanmoins pas entrainé un changement radical des attentes des investisseurs qui ciblent toujours la réunion monétaire de fin juillet (30-31 juillet) comme le théâtre de l’annonce par la Fed d’une première baisse de ses taux depuis 10 ans. Beaucoup d’évènements peuvent se passer en un mois et en premier lieu l’évolution des relations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis à la sortie du G20 d’Osaka qui se tient en fin de semaine. Il est clair que le maintien de vives tensions entre les géants économiques pourraient être un argument important justifiant un desserrement des conditions monétaires aux Etats-Unis où l’on voit peut à peu les ménages s’inquiéter et surtout impacter par la hausse des barrières douanières dans le pays. Grand critique de la politique de la Fed et d’un dollar jugé trop fortement valorisé par rapport à un euro trop faible, Donald Trump pourrait être tenté de maintenir le bras de fer avec Pékin pour tenter indirectement de faire fléchir la banque centrale et la convaincre de réduire ses taux d’intérêt. Il s’agit là d’un jeu dangereux que le président américain pourrait malgré tout décider de jouer si comme on le présume la Chine refuse de faire des concessions et de céder aux exigences de Washington. Si c’est le cas, cela pourrait permettre une remontée lente et graduelle de l’EUR/USD lors des prochains mois. Pour le moment pas d’emballement avant de connaître qu’elle sera le ton et les conséquences de la rencontre entre le président américain et le président chinois qui devrait vraisemblablement avoir lieu ce samedi au Japon.

Niveaux/Sentiment : Le cours EUR/USD reste légèrement orientée à la baisse ce mercredi alors que les marchés asiatiques et européens s’apprêtent à digérer les propos de Powell et les signaux flous au sujet d’une baisse de taux non encore garantie en juillet. Peu d’indices conjoncturels à suivre ce mercredi si ce n’est les statistiques de commandes de biens durables aux Etats-Unis. Si comme l’anticipe le consensus on observait cette après-midi une nouvelle contraction des commandes – la seconde consécutive – cela pourrait donner à nouveau de l’élan à l’EUR/USD pour se rapprocher du seuil de $1,14. Cela suppose bien évidemment que le sentiment des acteurs de marché ne soit pas altéré par l’émergence de nouveaux facteurs de turbulence d’ordre commercial et/ou politique.

Perf 2019 = -0,96% / Moyenne 2019 = $1,1294 / Point haut 25 juin 2019 = $1,1412 / Point bas 25 juin 2019 = $1,1342  / Clôture 25 juin 2019 = $1,1365


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