Actualités du marché des devises

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juin 24, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 24 juin 2019 – Sommaire :

  • L’euro prolonge sa lune de miel avec les marchés après son impressionnant rebond de vendredi, les prix du pétrole continuent de progresser alors que l’on surveille l’ampleur des sanctions américaines contre l’Iran. Sur le volet commercial, américains et chinois préparent le G20.
  • L’EUR/USD reste sur une dynamique haussière et tape à la porte de $1,14. L’impression de réduction des divergences monétaires avec une Fed désormais concentrée sur une baisse de taux et l’atténuation temporaire des risques commerciaux et géopolitiques profitent momentanément à la paire de change.
  • La livre sterling reste orientée à la baisse (˃£0,89) alors que le risque de « hard Brexit » restent très présent face à la perspective de voir Boris Johnson comme nouveau premier ministre du Royaume-Uni.
  • Le cours EUR/JPY remonte au-dessus du seuil de ¥122 et l’EUR/CHF au-dessus du seuil de ₣1,11 ce matin et s’éloignent tous deux de leurs plus bas niveaux de l’année.
  • Rebond du dollar canadien (C$ 1,50) et du rouble russe (RUB 71,6) sous l’impact de prix du pétrole qui restent orientés à la hausse (Brent à plus de $65).
  • Le yuan recule à l’approche du G20 d’Osaka et de la rencontre entre D. Trump et X. Jinping qui se profile en fin de semaine. Le cours EUR/CNH atteint un pic d’une semaine ce matin à plus de ¥7,83. 

CNY

USD, JPY & CNY – Tensions commerciales – Rencontre au sommet attendu entre Donald Trump & Xi Jiping au G20 d’Osaka (jeudi-vendredi) : Ca sera l’un sinon l’évènement majeur de la semaine à venir, la rencontre entre le président américain et son homologue au Sommet du G20 d’Osaka tiendra en haleine l’ensemble des acteurs de marché avec la question suivante : allons-nous assister à une reprise de dialogue ou à une nouvelle escalade de tensions entre les Etats-Unis et la Chine ? Au regard des nombreuses divergences qui ont éclos ces dernières semaines entre les deux pays – le volet sécuritaire, et la mise sur liste noire de plusieurs noms d’entreprises technologiques chinoises dont Huawei auprès desquelles les entreprises américaines n’ont plus le droit de se fournir, s’est ajouté au pourtant déjà très épineux volet commercial – il apparaît difficile que les deux parties opèrent un accord ou du mois une promesse d’entente lors de cette rencontre officielle, néanmoins une trêve et l’ouverture d’un nouveau cycle de négociation sont grandement espérés par les acteurs de marché. En cas d’échec, les deux camps se préparent déjà à des représailles de part et d’autres, Washington ayant de son côté lancé une audition publique la semaine dernière sur un projet de taxation des plus de $300Mds d’exportations chinoises encore exemptes de barrières douanières spécifiques tandis que Pékin se prépare selon certains médias à répliquer avec un plan de réduction de ses exportations de terres rares vers les Etats-Unis. Une certaine tension pourrait s’emparer des marchés cette semaine avant cette rencontre décisive qui fait naître beaucoup d’espoirs mais également un certain nombre de craintes.

Orientation & Volatilité  : Ce serait illusoire d’attendre un accord au regard des divergences qui opposent les deux géants économiques, aussi du côté des marchés on espère surtout une pause des tensions. Non pas que celle-ci viendra effacer les dommages causés préalablement par la montée des incertitudes économiques et financières mais du moins on l’espère atténuer la dynamique de ralentissement de l’économie mondiale observée depuis la fin d’année dernière. Du côté des marchés, on comprend que les risques actuels ne peuvent être totalement chassés mais on espère secrètement qu’ils ne soient pas amplifier par de nouvelles menaces ou mesures protectionnistes appliquées par Pékin et/ou Washington. Une pause dans le bras de fer offrirait un élan de soulagement aux investisseurs qui se matérialiserait sur les marchés des changes par une reflux de demande pour le yen et le dollar américain et à l’inverse un rebond des devises émergentes, en premier lieu le yuan chinois qui a perdu près de 5% de sa valeur face à l’euro depuis la fin avril et la reprise soudaine des frictions sino-américaines. A l’inverse un échec des négociations ferait naître de nouvelles mesures de rétorsion du côté américain et marquerait un possible point de non-retour dans la guerre commerciale que se mène les deux principales économies mondiales. En cas de recrudescence des risques, le cours EUR/CNH pourrait casser le plafond ¥7,87 observé en juin et la paire pourrait rapidement gagner le niveau de ¥7,90 pour repasser au-dessus de cette barrière. En cas de pause des tensions et d’effet de soulagement des marchés, la paire EUR/CNH pourrait glisser et venir tester le support de ¥7,70 en dessous duquel elle n’a plus fluctué depuis 6 semaines.

CHF

JPY, CHF – Tensions géopolitiques – Vers un nouveau conflit militaire au Moyen Orient : Il s’en est fallu de peu la semaine dernière mais finalement la Maison Blanche a renoncé à déclencher des frappes militaires sur l’Iran en guise de représailles après la destruction d’un drone de surveillance américain dans le détroit d’Ormuz par l’armée iranienne. Cela signifie pas pour autant que la situation est stable, le risque de conflit militaire entre Washington et Téhéran restant toujours important et « reste une possibilité » pour le président américain. Plusieurs médias ont révélé vendredi que les Etats-Unis avaient lancé plusieurs cyberattaques contre l’Iran notamment à l’encontre de systèmes de lancement de missiles et contre un réseau d’espionnage. Les tensions sont palpables et cela se répercute sur les marchés des changes qui voient à travers ces évènements un argument supplémentaire les confortant dans une stratégie de sollicitation de valeurs à faible risque (valeurs dites « refuges »). Alors que le président américain devrait annoncer ce lundi de nouvelles sanctions contre Téhéran, du côté iranien on a clairement mis en garde les Etats-Unis d’une réaction ferme de leur part en cas d’agression.

Orientation & Volatilité : Les tensions géopolitiques entre les Etats-Unis et l’Iran ont fortement agité les marchés des changes en fin de semaine dernière. Les risques d’instabilité au Moyen Orient font craindre une réduction de l’approvisionnement en pétrole dans cette région du monde où se trouve un certain nombre de grands producteurs (Arabie Saoudite, Irak, Iran) et où se situe l’une des principales voies de passage du commerce mondial de pétrole, via le détroit d’Ormuz. La perspective d’une offre pétrolière mondiale plus réduite se répercute sur les prix du pétrole qui ont enregistré leur première semaine de gains (+5% pour l’indice Brent qui est repassé vendredi dernier au-dessus du seuil de $65) après quatre semaines consécutives de recul (-14% en cumulé). Les devises pétrolières telles que le dollar canadien et le rouble russe ont clairement profité de ce rebond significatif des prix, la première ayant atteint la semaine dernière un pic de 7 mois face à l’euro à moins de C$ 1,49 tandis que la seconde a atteint un pic de 14 mois à moins de RUB 71,0 face à l’euro. Si les devises pétrolières ont clairement surfé sur ces tensions géopolitiques, le franc suisse n’est lui aussi pas resté en reste sauf que celle-ci fut recherchée par les investisseurs pour ses « qualités » de valeur refuge. Ainsi pour la première fois depuis presque 2 ans, le cours EUR/CHF a chuté la semaine dernière sous le seuil de ₣1,11 avant de se reprendre légèrement en fin de semaine. Une volatilité très similaire pourrait à nouveau s’observer cette semaine si d’aventure les frictions entre les Etats-Unis et l’Iran étaient amenées à s’intensifier et faisaient croître en parallèle le risque de conflit militaire. Un apaisement de la situation offrirait un peu de répit aux investisseurs et ouvrirait la porte à quelques mouvements correctifs, notamment sur le franc dont la forte valorisation actuelle ne doit pas réellement plaire aux banquiers centraux suisses (risque de correction ?).

USD

EUR & USD –  Inflation aux Etats-Unis & en Zone Euro (vendredi) – Pressions renforcées sur les épaules des banquiers centraux pour abaisser les taux ?  : Aussi bien la BCE que la Fed ont toutes deux ouvert la porte la semaine dernière à de nouvelles mesures de soutien et une baisse de leur taux d’intérêt si les conditions économiques étaient amenées à se détériorer davantage et mettaient en cause un retour de l’inflation vers son objectif de long terme. Si du côté européen le timing reste encore flou, du côté américain un très grand nombre d’observateurs s’accorde à penser qu’une première baisse de taux en 10 ans devrait très vraisemblablement être opérée dès le mois prochain. Sur les marchés à terme, la probabilité de ce scénario est d’ailleurs évaluée à 100%, soit il s’agirait donc d’un évènement certain et irréfutable. La publication ce vendredi des premières estimations d’inflation au mois de juin en Zone Euro et des indices de prix PCE aux Etats-Unis du mois de mai – indicateurs privilégiés par la banque centrale américaine pour évaluer l’inflation aux Etats-Unis – auront donc une influence sur les prochaines décisions des banquiers centraux américains et européens et potentiellement précipiter leurs choix de réduire les taux d’intérêt.

Orientation & Volatilité : L’anticipation d’une réduction des divergences monétaires entre les Etats-Unis et la Zone Euro pèse lourdement sur l’attractivité du dollar, la perspective de taux d’intérêt plus bas entrainant un mouvement correctif sur la devise américaine. Le cours EUR/USD a pleinement profité de cette perte de compétitivité du dollar et l’EUR/USD enregistre depuis une semaine un net redressement qui le conduit ce lundi matin à un pic de 3 mois aux portes du seuil de $1,14. L’impression qu’une baisse de taux pourrait être d’abord observée très rapidement aux Etats-Unis et pas forcément en Zone Euro explique ce petit avantage momentané de l’euro sur le dollar et le redressement du cours de change. Le potentiel haussier de l’EUR/USD reste néanmoins toujours limité au regard des perspectives de baisse de taux et des incertitudes économiques qui dominent en Zone Euro et des anticipations déjà très importantes de baisse de taux à venir aux Etats-Unis néanmoins il n’est pas impossible que la paire enregistre encore quelques progrès et tente une percée au-dessus de $1,14 si à l’image des indices PMI publiés en fin de semaine dernière s’observe une dynamique divergente entre une légère amélioration de la situation en Zone Euro et une dégradation du côté américain. Un sentiment d’aversion au risque nourri par la montée de tensions commerciales et/ou géopolitiques et de bons chiffres d’inflation aux Etats-Unis venant faire fléchir la probabilité de baisse de taux aux Etats-Unis en juillet pourraient soutenir une nouvelle demande en dollar et du coup entraîner une correction de l’EUR/USD vers $1,12-$1,13.

EUR

EUR –  Réunion de crise du conseil de l’Union Européenne (dimanche) – L’Union Européenne se cherche une nouvelle gouvernance : Les dirigeants européens n’ont pas réussi à se mettre d’accord la semaine dernière sur une attribution des rôles clés à la tête des principales postes de responsabilité de l’UE, notamment au Parlement, à la Commission et au Conseil européen. Les représentants socialistes et libéraux se sont opposés au principe du « Spitzenkandidat », tradition qui veut que le groupe politique arrivé en tête aux élections européennes, désigne le candidat de son choix à la tête de la Commission Européenne, et ont mis leur véto à la candidature de Manfred Weber issu du Parti Populaire Européen (PPE) pour diriger cette institution. Face à l’impasse qui demeure, les dirigeants se sont promis de se réunir en fin de semaine (30 juin) pour un Sommet de crise avant l’organisation de la 1ière séance de la nouvelle composition du Parlement européen le 2 juillet prochain en marge de laquelle sera officiellement nommée le président du Parlement.

Orientation & Volatilité  : Le jeu des coalitions politiques devrait se poursuivre entre les dirigeants des quatre groupes politiques pro-européens – conservateurs, socialistes, libéraux et écologistes – arrivés en tête aux élections du 23-26 mai dernier. L’objectif clair est de trouver une entente pour assurer une certaine stabilité au sein des institutions européennes dont le rôle et le fonctionnement est de plus en plus remis en cause par la montée de mouvements nationalistes et populistes en Europe. Par ailleurs, selon la nationalité des prochains présidents du Parlement et de la Commission, cela pourrait avoir une certaine influence sur la sélection finale du prochain président de la BCE qui remplacera Mario Draghi dont le mandat prend fin en octobre prochain. Si les marchés seront davantage focalisés sur le Sommet du G20 et ses impacts sur le volet commercial mondial, l’impression d’instabilité politique pourrait apparaître comme un nouvel argument justifiant un nouveau repli de l’euro.

Mais aussi cette semaine…

  • Discours du gouverneur central américain J. Powell mardi
  • Commentaires mercredi de Mark Carney sur les projections de la Banque d’Angleterre publiées en mai
  • Estimation finale de croissance du PIB aux Etats-Unis au 1er trimestre 2019 ce jeudi
  • Estimation finale de croissance du PIB au Royaume-Uni au 1er trimestre 2019 ce jeudi

Retour sur la séance de vendredi : Des indices PMI qui favorisent un rebond de l’euro / Les marchés accueillent avec soulagement le choix de Washington de ne pas attaquer frontalement l’Iran… et la reprise de dialogue avant le G20

La volatilité sur les marchés des changes fut clairement influencée vendredi par la publication de meilleurs indicateurs PMI que prévu en Zone Euro et l’effet de soulagement provoqué par l’annonce dans les médias d’un renoncement de dernière minute de la part de la Maison Blanche à déclencher des frappes militaires contre l’Iran et le report du discours que le vice-président américain Mike Pence comptait faire sur la Chine avant le G20.

Alors que l’on pouvait craindre la publication des première enquêtes d’activité du mois de juin, celles-ci ont montré une légère amélioration de la situation économique en Zone Euro, la croissance restant toutefois principalement tirée par le secteur des services alors que l’industrie reste toujours en contraction. L’indice composite captant la dynamique générale de la croissance dans la région est ressorti à son plus haut niveau depuis novembre, un résultat qui pourrait pousser les banquiers centraux européens à prendre leur temps avant de recourir à de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire. L’euro s’est renforcé face à l’ensemble de ses pairs vendredi, bien aidé au passage par un effet de soulagement de la part des investisseurs et l’impression d’avoir échappé au pire après que plusieurs médias ait révélé que la Maison Blanche avait renoncé à la dernière minute à déployer des frappes militaires en Iran en guise de représailles après la destruction jeudi d’un drone de surveillance américain dans le détroit d’Ormuz par les forces armées iraniennes.

L’EUR/USD a bondi de près de +0,7% vendredi et atteint un nouveau pic de 3 mois à presque $1,1380 après la publication d’indicateurs PMI moins bons que prévu aux Etats-Unis et le recul de l’indice manufacturier à son plus bas niveau depuis 9 ans ½. Le cours EUR/JPY a lui aussi gagné +0,7% et clôturé la semaine aux portes du seuil de ¥122. L’annonce en parallèle du choix des autorités américaine de limiter les déclarations contre la Chine pour ne pas perturber les négociations à venir au G20 a fortement renforcé l’appétit au risque des marchés Le cours EUR/CHF a enregistréun rebond correctif plus minime après sa chute de la veille à un creux de près de 2 ans sous ₣1,11.

Après avoir chuté à un creux de 7 mois sous C$ 1,49 jeudi, le cours EUR/CAD a enregistré un rebond correctif important de +0,9% et fait son retour à plus de C$1,50. Même dynamique pour le cours EUR/RUB qui après une chute à un creux de 14 mois à moins de RUB 71,0 a rebondi de presque 1% sur fond de recul des tensions géopolitiques à plus de RUB 71,5.

Le cours EUR/AUD est remonté vendredi au-dessus du seuil de A$1,64 et est de retour sur ses plus hauts niveaux depuis 9 ans. Le cours EUR/CNH a lui bondi à un pic d’une semaine à plus de ¥7,80.


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