Actualités du marché des devises

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juin 20, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 20 juin 2019 – Sommaire :

  • Les marchés digèrent ce matin les décisions et annonces faites en marge de la réunion de la Fed au cours de laquelle un scénario de baisse de taux a été officiellement évoqué.
  • Après une modeste réaction hier soir, le cours EUR/USD rebondit de +0,5% et s’envole tout doucement en direction de $1,13.
  • Au lendemain de son repli sous le seuil de £0,89, l’EUR/GBP se stabilise et attend la réunion de la Banque d’Angleterre (13h00) et la désignation des deux finalistes de la primaire Tories.
  • L’EUR/JPY s’écarte tout doucement du seuil de ¥121 et de ses plus bas annuels après un statu quo ce matin opéré par la Banque du Japon.
  • Après la Fed hier, c’est la Banque du Japon qui a mis en garde les investisseurs contre la montée des incertitudes dans le monde. L’EUR/CHF continue de se replier et fluctue ce matin autour de ₣1,1150 tout proche de ses plus bas annuels.
  • L’EUR/AUD a repris son ascension sur fond de multiplication des messages accommodants de la part des principales banques centrales mondiales et l’EUR/AUD oscille à plus de A$1,63.
  • Le cours EUR/CAD rebondit légèrement après avoir testé la veille ses plus bas niveaux depuis 4 mois et un support situé à C$1,49.
  • Rebond de la couronne norvégienne à un pic mensuel de moins de NOK 9,75 face à l’euro alors que les marchés anticipent une hausse de taux ce matin en Norvège (10h00).

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de mercredi : La Fed entre-ouvre la porte à une baisse de taux… mais ne la garantie pas pour autant / La livre sterling se raffermit avant la réunion de la Banque d’Angleterre / Le Mexique ratifie la nouvelle version de l’ALENA / L’EUR/CHF tutoie ses plus bas de l’année

La réunion monétaire de la réserve fédérale américaine était l’évènement grandement attendu par les marchés hier… mais finalement la montagne a accouché d’une souris et celui-ci n’a pas provoqué les remous que l’on craignait qu’il génère sur les marchés des changes. Parmi les autres nouvelles de la journée, on retiendra la ratification par le Mexique de la nouvelle version de l’accord à trois censé remplacer l’ancien Accord de Libre Echange Nord-Américain (ALENA), le rebond correctif de la livre sterling à la veille de la réunion de la Banque d’Angleterre malgré l’élimination aux primaires des Tories ce mercredi du seul candidat opposé à une sortie sans accord (R. Stewart) et les pressions haussières sur le franc suisse.

C’est sans réelle surprise que la Fed a annoncé mercredi soir qu’elle maintenait ses taux directeurs inchangés en juin dans une fourchette de 2,25%-2,50% puisqu’à peine 25% des anticipations sur les marchés à terme considéraient ce scénario crédible. Les attentes étaient ailleurs et les marchés attendaient un signal de la banque centrale en faveur d’une prochaine baisse de taux qu’une très large majorité d’acteurs voient être opérées dès juillet ou à la rentrée de septembre. Si la Fed a significativement ajusté sa communication et pour la 1ière fois entre-ouvert la porte à une possible réduction monétaire cette année ; ce qui serait la première en 10 ans ; elle n’a pas pour autant garanti son existence. En effet sous couvert d’un maintien des projections de croissance (projection 2019 inchangée à 2,1% et projection 2020 révisée à la hausse de  1,9% à 2,0%) et d’emploi à un niveau quasi-inchangé par rapport à mars dernier, la Fed maintient inscrit à son agenda une pause monétaire cette année et intègre désormais une seule baisse de taux en 2020 si l’on s’en tient aux nouveaux ‘Dot Plot’ ou projections monétaires publiées en marge de cette réunion. Néanmoins un véritable débat existe au sein de la banque et on décompte 8 gouverneurs sur les 17 sondés ce trimestre pronostiquant au moins une baisse de taux cette année (7 en pronostiquent deux comme il l’est actuellement anticipé par les marchés et un voit une seule). Si le gouverneur central Jerome Powell reconnait que les arguments en faveur d’un abaissement monétaire se sont renforcés et cite le fléchissement de l’inflation aux Etats-Unis et la montée des incertitudes externes comme principaux facteurs, ce dernier se garde pour le moment de communiquer sur un quelconque calendrier et préfère s’en tenir aux faits, c’est-à-dire à l’évaluation pure et simple des fondamentaux économiques. S’il est désormais évident que la Fed n’hésitera pas à intervenir si les perspectives de croissance américaine devaient se dégrader et les tensions commerciales s’intensifier, on ne peut pour le moment dire avec certitude si et quand les banquiers centraux décideront de réduire les taux directeurs dans les prochains mois. L’évolution de l’environnement économique et financier global après le G20 d’Osaka où devrait être organisé une rencontre entre le président américain Donald Trump et le président chinois Xi Jinping devrait probablement influencer les futurs choix des responsables monétaires américains, sachant qu’une nouvelle escalade de tensions entre les deux géant économiques renforcerait la thèse d’une baisse de taux en juillet (probabilité de ce scénario désormais estimé à 100% sur les marchés à terme !... ou comment la frontière entre fait certain et forte attente est parfois mince).

Le cours EUR/USD a très modestement progressé hier soir et conforté sa position au-dessus de $1,12 après avoir craint le pire mardi en réaction aux propos du gouverneur centrale européen Mario Draghi faisant allusion à de possibles nouvelles mesures de soutien en Zone Euro. La paire de change poursuit son redressement ce matin et reprend doucement la direction du seuil de $1,13.

S’il y a une devise qui profite pleinement en ce moment de la succession d’ajustements de communication de la part des principales banques centrales mondiales en faveur d’un nouveau cycle de mesures de soutien, c’est bien le franc suisse. Ce changement d’orientation monétaire qui s’opère en ce moment au sein des pays développés – l’Australie a déjà abaissé ses taux, les Etats-Unis et la Zone Euro évoquent de le faire – tend à soutenir l’idée d’un ralentissement marqué en cours de l’économie mondiale et donc l’existence d’un risque de forte correction des bourses financières et des prix des matières premières face au manque de perspectives futures. Le franc a enregistré mercredi sa 2nd séance consécutive de hausse mercredi et rebondi de plus de +0,3% face à l’euro pour revenir à hauteur de ses plus hauts niveaux de l’année à près de ₣1,1150. Cette tendance semble se poursuivre ce jeudi matin à la suite des avertissements proférés ce matin par la Banque du Japon contre la montée des risques et incertitudes mondiales. Inversement, s’il y a une devise qui s’avère profondément affectée par ce contexte, c’est le dollar australien qui lui, inversement au franc, glisse doucement face à l’euro et oscille à nouveau proche de ses plus bas niveaux de l’année à plus de A$1,63.

Malgré un léger recul de l’inflation de 2,1% à 2,0% observé au Royaume-Uni au mois de mai dernier, la livre sterling enregistre en ce moment un rebond correctif face à l’euro et s’échangeait  mercredi pour la 1ière fois de la semaine à moins de £0,89. Après une chute spectaculaire de plus de 5% réalisée entre mai et juin sur fond de retour à la lumière d’un risque de « hard Brexit » parallèlement au départ du pouvoir de Theresa May, la devise britannique reprend quelques couleurs cette semaine à l’approche de la nouvelle réunion monétaire de la Banque d’Angleterre. Cette dernière se démarque de ses homologues américaines et européennes car elle reste pour le moment dans une logique de hausse de taux destinée à contenir les pressions inflationnistes stimulées au Royaume-Uni par une très forte croissance des salaires, tandis que dans le même temps ses consœurs réfléchissent sérieusement à abaisser les leur. Cette divergence actuelle offre actuellement un peu d’air à une devise britannique qui reste très fortement influencée, pour ne pas dire handicapée en ce moment, par les fortes turbulences politiques autour du Brexit. Aux primaires du Parti conservateur ils sont désormais plus que quatre à prétendre au poste de chef du parti et premier ministre après l’élimination hier de Rory Stewart, le seul candidat encore en lice qui refusait l’idée d’un Brexit sans accord. Deux nouveaux tours de sélection auront lieu ce jeudi et désigneront le duel final dont le gagnant ne sera désigné que fin juillet après un vote réalisé auprès des 160 000 adhérents de la formation politique.

Le Mexique est le premier des trois pays concernés à avoir ratifié hier la nouvelle version de l’accord de libre-échange nord-américain (USMCA) négocié en fin d’année dernière, cela malgré les tensions récentes qui l’ont opposé aux Etats-Unis sur le plan commercial. C’est un pas de plus vers la mise en place de cet accord clé pour l’économie du continent nord-américain et dont les économies canadiennes et mexicaines dépendent très fortement de part l’accès privilégié qui leur est offert au marché américain. Le dollar canadien a progressé de plus de +0,4% face à l’euro hier et l’EUR/CAD est retombé au niveau de son support des 4 derniers mois situé à C$1,49 en partie grâce aux signaux de détente sur le volet commercial mais surtout grâce à la publication mercredi de chiffres d’inflation bien meilleurs que prévu au Canada en mai (rebond de l’indice général de 2,0% à 2,5% et de l’indice sous-jacent de 1,5% à 2,1%). Le retour des deux principaux indices d’inflation au-dessus de l’objectif de long terme de 2% fixé par la banque centrale canadienne pourrait pousser cette dernière à rester en-dehors de la course aux assouplissements monétaires qui semble s’opérer au sein de plusieurs économies développées.

La baisse momentanée des tensions commerciales couplée au léger rebond surprise de l’inflation observé en Afrique du Sud en mai (4,5% A/A vs. Cons. 4,4% et 4,4% en avril) ont soutenu un nouveau fort rebond du rand sud-africain de plus de 1% face à l’euro mercredi. Le cours EUR/ZAR est retombé sous le seuil de ZAR 16,1 pour la 1ière fois depuis 4 semaines.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD  :  La décision de la Fed a laissé une impression mitigée aux acteurs de marché car si un scénario de baisse de taux est désormais officiellement intégré par les banquiers centraux américains comme l’espéraient grandement les marchés, il existe encore quelques incertitudes sur le fait que la banque centrale puisse attendre encore un peu avant d’opérer une telle action si les conditions économiques ne le justifient pas. D’où finalement un peu de frilosité des marchés à réduire finalement leurs positions en dollar alors que se profile un évènement à très haut risque la semaine prochaine avec le G20 et la réunion entre D. Trump et X. Jinping. Les catalyseurs haussiers sur l’EUR/USD restent également modestes de part l’existence en parallèle de spéculations de baisse de taux en Zone Euro, lesquelles ont été renforcées cette semaine par les commentaires de Mario Draghi à Sintra. L’EUR/USD profite d’un prolongement ce matin des effets de la réunion de la Fed sur les marchés asiatiques et européens et de la hausse des probabilités de baisse de taux aux Etats-Unis au mois de juillet prochain sur les marchés à terme (probabilité estimée à 100%, ou ce qui semble être pour les marchés quelque chose de certain). Cela pourrait progressivement se dissiper à mesure que les marchés auront intégré et digéré la nouvelle et auront trouvé un nouveau sujet sur lequel se concentrer maintenant que la page monétaire est « tournée ». L’évaluation de l’économie américaine européenne à l’aune de la publication demain des premières enquêtes d’activité PMI de juin aux Etats-Unis et en Zone Euro et surtout l’évolution de la relation sino-américaine à l’approche du G20 devraient être des sujets sur lesquels l’EUR/USD devrait être très sensible. Le léger décollage de la paire de change pourrait alors n’être que furtif si d’aventure de nouveaux signes d’essoufflement s’observaient au niveau de l’économie européenne et/ou de nouvelles frictions commerciales apparaissaient entre américains et chinois. Parmi les principales publications d’indices conjoncturels susceptibles d’impacter l’EUR/USD ce jeudi, toutes auront lieu cette après-midi avec en l’enquête d’activité de la Fed de Philadelphie et les inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage aux Etats-Unis (14h30), puis un peu plus tard l’enquête préliminaire de l’indice de confiance des ménages en Zone Euro (16h00).

Niveaux/Sentiment : Orientée à la hausse au lendemain de la Fed, la paire EUR/USD a repris la direction de $1,13 mais voit son ascension freinée par l’existence d’une première barrière de résistance située au niveau de $1,1270. Il est difficile à dire si celle-ci aura les reins assez solides pour passer ce cap tant cela dépend de la magnitude des pressions baissières sur le dollar, lesquelles pourraient progressivement s’estompées à mesure que la décision de la Fed sera digérée par les marchés. De nouvelles inquiétudes sur le volet commercial, le Brexit ou encore les perspectives économiques en Zone Euro sont autant de facteurs susceptibles de revenir à la lumière et peser lourdement sur la valorisation de la devise européenne d’ici la fin de semaine. À surveiller la possible influence de la paire EUR/GBP sur sa consœur EUR/USD ; surtout en cas de repli ; car en l’absence de chiffres économiques majeurs aujourd’hui en Zone Euro et aux Etats-Unis, la volatilité sur les marchés des changes pourraient se voir très largement influencer par les réactions suscitées par la réunion de la Banque d’Angleterre en début d’après-midi (13h00).

Perf 2019 = -1,67% / Moyenne 2019 = $1,1291 / Point haut 19 juin 2019 = $1,1252 / Point bas 19 juin 2019 = $1,1185  / Clôture 19 juin 2019 = $1,1224


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