Actualités du marché des devises

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juin 19, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 19 juin 2019 – Sommaire :

  • Secoués par les propos de Mario Draghi hier évoquant de nouvelles mesures de relance en Zone Euro, l’euro se stabilise et goute au retour au calme sur les marchés provoqué par les signes de détente sur le volet commercial entre la Chine et les Etats-Unis en amont du G20.
  • L’EUR/USD se stabilise à $1,12 en attendant la réunion de la Fed de ce soir (20h00). Les marchés sont convaincus que la banque centrale américaine pourrait signaler une baisse de taux à venir mais celle-ci pourrait brouiller les pistes et faire preuve d’attentisme.
  • L’EUR/GBP se maintient à plus de £0,89 alors que les marchés surveillent avec attention les nouvelles statistiques d’inflation au Royaume-Uni (10h30) qui pourraient avoir une influence sur la communication de la Banque d’Angleterre ce jeudi (réunion monétaire).
  • Aucun signe de redressement visible sur les paires EUR/CHF (₣1,1190) et EUR/JPY (¥121,4) malgré l’annonce d’une reprise de dialogue entre Pékin et Washington pour préparer une rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping au G20 d’Osaka la semaine prochaine.
  • Après avoir chuté à un creux de 2 semaines sous ¥7,75 la veille, le cours EUR/CNH se stabilise ce matin et voit la présence d’un support à ¥7,70 freiner sa glissade.
  • Le cours EUR/ZAR continue de reculer (-2% mardi) sur fond de regain d’appétit au risque des marchés et fluctue ce matin sur ses plus bas niveaux au mois de juin à près de ZAR 16,20.
  • Sous l’élan d’un rebond des prix du pétrole favorisé par le dégonflement des tensions commerciales sino-américaines, le rouble russe fluctue sur ses plus hauts niveaux depuis 2 mois face à l’euro à près de RUB 71,5.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de mardi : Mario Draghi évoque de nouvelles mesures de relance à Sintra et fait chuter l’euro / Reprise de dialogue entre Pékin et Washington avant le G20 / Boris Johnson en tête au 2nd tour des primaires et plus que favori pour succéder à Theresa May / Fort repli du moral des investisseurs allemands face aux incertitudes autour de l’économie 

Au lancement de la conférence annuelle de la BCE dans la station balnéaire de Sintra au Portugal, Mario Draghi a vivement secoué les marchés en évoquant de  possibles nouvelles mesures de relance en Zone Euro. L’autre nouvelle de la journée fut la confirmation d’une reprise de dialogue entre américains et chinois avant le Sommet du G20 pour préparer une rencontre entre les deux présidents Donald Trump et Xi Jinping. De son côté, Boris Johnson conforte son statut de favori dans la course à la succession de Theresa May qui ne compte plus que 5 prétendants après l’élimination hier de l’ancien ministre du Brexit Dominic Raab. 

Le gouverneur centrale européen avait crée beaucoup de confusions lors de sa précédente intervention en marge de la réunion monétaire de juin en affichant relativement prudent mais pas aussi alarmiste que ne l’envisageait les marchés et en confirmant l’ambition de la banque centrale de relever ses taux d’intérêt malgré la forte dégradation ces derniers mois des perspectives de croissance en Zone Euro. Son intervention avait pris de court les marchés et déclenché un vif rebond de l’euro à plus de $1,13. Ce dernier semble avoir depuis révisé sa copie et livré un tout autre message mardi lors de son discours d’introduction marquant le lancement du symposium de la BCE, grande messe annuelle de la banque centrale qui se déroule tous les ans au mois de juin à Sintra au Portugal, et ouvert grande la porte à un nouveau cycle d’assouplissement monétaire en Europe. En affirmant que la banque était prête à opérer à de nouvelles mesures de relance si la situation économique en Zone Euro était amenée à se dégrader davantage et que l’inflation ne remontait pas vers son objectif de long terme de 2%, Draghi a conforté les anticipations de marché pariant sur une nouvelle baisse de taux d’ici la fin de l’année. Les taux obligataires européens ont vivement chuté et plusieurs emprunts d’Etat à 10 ans ont atteint mardi leur plus bas niveau historique (Allemagne, Belgique, Pays-Bas, France, Espagne et même Grèce). Le taux à 10 ans français (OAT) a même chuté en territoire négatif pour la 1ière fois de son histoire. Le cours EUR/USD a chuté à un creux de 2 semaines sous $1,12 (point bas recensé en séance à $1,1179) mais a néanmoins a réussi à limiter les dégâts grâce notamment aux incertitudes entourant le dollar américain avant la réunion de la Fed de mercredi au cours de laquelle la réserve fédérale américaine pourrait officiellement communiquer sur une prochaine baisse de taux aux Etats-Unis dans les mois à venir et aussi aux signaux de détente entrevus sur le volet commercial hier entre la Chine et les Etats-Unis. 

L’euro a chuté face à l’ensemble de ses pairs hier suite aux propos de Mario Draghi à l’exception notable de la couronne suédoise, elle-aussi victime des taux négatifs, et des devises émergentes d’Europe de l’Est (PLN, HUF, CZK) qui furent handicapé hier par la montée des craintes autour de l’économie allemande matérialisée hier par le repli spectaculaire de l’indice ZEW de sentiment des investisseurs à son plus bas niveau depuis 7 mois en juin (-21,1 vs. Cons. -5,9 et -2,1 en mai). Principal pays récepteur des exportations en provenance d’Europe de l’Est, l’Allemagne joue un rôle clé de la bonne santé de ces économies d’où la sensibilité des devises polonaise, hongroise, roumaine et tchèque aux difficultés rencontrées par la 1ière économie européenne.

Pendant que l’euro corrigeait sévèrement, les marchés des changes ont vu en parallèle surgir un regain d’espoir autour d’un possible dégonflement des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis après que les deux camps aient confirmé une reprise de dialogue pour préparer la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping lors du Sommet du G20 d’Osaka organisé en fin de semaine prochaine (28-29 juin). Il est encore trop tôt pour s’enthousiasmer tant les divergences sont importantes entre les deux pays – les Etats-Unis réclamant des changements structurels au sein de l’économie chinoise pour gommer les déséquilibres actuels et la Chine réclamant de son côté la suppression des barrières douanières imposées par les Etats-Unis sur près de $250Mds de produits chinois – néanmoins on peut tout de même espérer qu’une reprise des discussions entre les deux géants économiques ouvre la porte à une trêve et du coup dissipe les risques de guerre commerciale. La prudence reste tout de même de mise puisque une nouvelle escalade de tensions pourraient s’observer en cas d’échecs des négociations au G20, la Maison Blanche ayant ouvert cette semaine une audition publique sur un projet de taxes douanières sur les $325Mds d’exportations chinoises exempts pour le moment de tarifications douanières spécifiques aux Etats-Unis. Après avoir chuté à un creux de 2 semaines à presque ¥121 après les propos de Draghi, l’EUR/JPY a légèrement retracé dans l’après-midi pour revenir à hauteur du niveau de ¥121,50. Le yuan chinois a vivement réagi à ces annonces et s’est apprécié de plus de +0,6% face à l’euro pour atteindre un pic de plus de 2 semaines à moins de ¥7,72.

Les signes de détente sur le volet commercial ont également favorisé un important rebond des prix du pétrole de +2% pour l’indice Brent ($62) et de presque +4% pour l’indice américain WTI ($54). Le dollar canadien en a profité pour se renforcer de +0,5% face à l’euro et l’EUR/CAD est retombé sur ses plus bas niveaux depuis 1 mois à moins de C$ 1,50. Le cours EUR/RUB a lui corrigé de -0,6% pour atteindre un creux depuis presque 8 semaines à RUB 71,5.

Après avoir franchi le seuil de A$1,64 en début de matinée pour la 2nd fois seulement depuis fin 2009 après la publication des Minutes de la RBA indiquant que la banque centrale australienne envisageait sérieusement l’idée de procéder à une nouvelle baisse de taux cette année, le cours EUR/AUD a vivement retracé sous le poids cumulé de la baisse des risques sur le volet commercial et de la faiblesse de l’euro. La paire de change a finalement enregistré une perte finale de -0,6% ce mardi et clôturé sous le niveau de A$1,63 pour la 1ière fois depuis mercredi dernier.

Le rand sud-africain s’est vivement renforcé mardi, profitant à la fois du regain d’appétit au risque des marchés et de la faiblesse de l’euro, et enregistré un rebond de plus de 2% face à la devise européenne. Le cours EUR/ZAR a glissé à un plus bas depuis 2 semaines sous le niveau de ZAR 16,3.

Boris Johnson est arrivé très largement en tête du second tour des primaires du Parti conservateur en obtenant 40% des voix des 313 députés conservateurs sondés cette semaine pour décider du duel final de prétendants pour succéder à Theresa May comme premier ministre du Royaume-Uni. Ils ne sont plus que 5 à pouvoir prétendre au poste après l’élimination mardi de l’ancien ministre du Brexit Dominic Raab. Grande surprise de ce scrutin, Rory Stewart, seul candidat à s’afficher officiellement contre un scénario de Brexit sans accord, est toujours en course pour le plus grand bonheur des détenteurs de livre sterling qui voit dans le maintien de ce candidat à la course à la succession de May une infime chance d’éviter un risque de « Hard Brexit ». La livre sterling reste néanmoins toujours fragilisée comme en témoigne la modeste correction de l’EUR/GBP hier (-0,4% à £0,8915) malgré les soubresauts de l’euro.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD  :  Les propos de Mario Draghi et les allusions à de nouvelles mesures de soutien de la BCE ont vivement secoué l’euro hier néanmoins la catastrophe fut évitée et l’EUR/USD a finalement limité les pertes grâce notamment à un renforcement du sentiment général des acteurs de marché face aux signes de détente entre Pékin et Washington en amont du G20… et surtout grâce à un certain attentisme des acheteurs de dollar avant la réunion de la Fed de mercredi dont on attend qu’elle confirme ou non un projet de réduction monétaire cette année. Les marchés sont unanimes et voient une baisse de taux aux Etats-Unis comme un scénario inévitable compte tenu des signes d’essoufflement de l’économie américaine observés ces dernières semaines. Le ralentissement notamment de l’inflation depuis quelques mois est un facteur clé sur lequel s’appuie les acteurs de marché spéculant ardemment sur le prochain lancement d’un nouveau cycle de réduction monétaire aux Etats-Unis. Si les marchés à terme parient sur une première baisse de taux en juillet (probabilité estimée de 84%) ou en septembre (94%), il se pourrait néanmoins que la Fed déjoue tous les pronostiques et brouillent les pistes en n’indiquant pas comme « garantie » une réduction monétaire dans les prochains mois. En effet, s’il est vrai que la croissance américaine ralentit, celle-ci reste encore plutôt solide et s’appuie notamment sur une consommation domestique toujours très robuste. Le modèle de la Fed d’Atlanta projette pour le moment une croissance trimestrielle annualisée de 2,0% au second trimestre sur la base des indicateurs macroéconomiques publiées au 18 juin, une performance qui est moins bien que la croissance de 3,1% enregistrée au premier trimestre mais qui se révèle néanmoins pas alarmiste au point d’agiter les drapeaux rouges d’une récession à venir. Le dégonflement des tensions commerciales et la reprise de dialogue entre Pékin et Washington en amont du G20 de la semaine prochaine est un autre argument qui pourrait pousser les banquiers centraux à faire preuve d’attentisme et maintenir un certain flou sur l’orientation future de ses taux d’intérêt. Si c’était le cas, le dollar bénéficierait d’un nouvel afflux de demandes de la part d’investisseurs rassurés à l’idée que les taux américains pourraient rester à leur niveau actuel pendant une période prolongée alors que dans le même temps l’euro voit son attractivité réduite par la baisse de nombreux taux d’intérêt européens en territoire négatif.  Il va falloir attendre encore quelques heures avant d’être fixée sur la question, la volatilité sur le cours étant susceptible de rester relativement limitée d’ici la publication ce soir du communiqué officiel de la banque centrale américaine (20h00) et la conférence de presse du gouverneur central Jerome Powell (20h30).

Niveaux clés : La réunion de la Fed et les anticipations en amont de cette réunion seront les principaux facteurs de la volatilité de la paire EUR/USD ce mercredi. Pariant très largement sur une baisse de taux dans les prochains mois aux Etats-Unis, les investisseurs cherchent à avoir la confirmation que cette perspective est également dans les plans de la Fed et que cette dernière confirme/ou donne la garantie qu’elle se réalisera. Si c’est le cas, l’EUR/USD pourrait recevoir un peu de soutien et se stabiliser au-dessus de $1,12 alors que si la banque centrale ne délivre pas ce que les marchés attendent d’elle il existe un vrai risque de forte correction de la paire de change sur fond de réappréciation du dollar. Dans ce cas-là, il ne serait pas surprenant de revoir l’EUR/USD tutoyer ses plus bas niveaux de l’année à près de $1,11. Il y aura trois éléments à surveiller durant cette réunion : 1) le communiqué officiel, 2) les nouvelles projections monétaires (‘Dot Plot’) et 3) la conférence de presse de J. Powell. Si l’un des trois éléments observés suggèrent l’apparition d’une baisse de taux dans l’agenda 2019 de la Fed alors les marchés seront conforté dans leur conviction et l’EUR/USD recevra le « coussin de protection » dont il a besoin pour ne pas couler. Le regain d’appétit au risque provoqué par les signes de détente entre la Chine et les Etats-Unis soutient pour le moment l’EUR/USD et lui assure ce matin de rester à proximité du seuil de $1,12. Cette impression de calme pourrait cependant ne pas durer bien longtemps et la volatilité sur le cours de change s’agiter vivement en début de soirée.

Perf 2019 = -2,36% / Moyenne 2019 = $1,1291 / Point haut 18 juin 2019 = $1,1242 / Point bas 18 juin 2019 = $1,1179  / Clôture 18 juin 2019 = $1,1191


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