Actualités du marché des devises

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juin 17, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 17 juin 2019 – Sommaire :

  • Volatilité très réduite ce matin alors que les marchés attendent de pied ferme la réunion de la Fed et restent attentifs à l’apparition de nouvelles tensions sur le volet commercial (Chine vs. USA) et géopolitique (Iran vs. USA).
  • L’EUR/USD tente de reprendre ses esprits après sa lourde chute de vendredi (-0,6%). Sans leviers, le cours reste coincé à $1,12 alors que les regards sont principalement focalisés sur la réunion de la Fed mercredi et l’envoi éventuel de signaux soutenant une prochaine baisse de taux.
  • L’EUR/GBP rebondit légèrement à plus de £ 0,89 après le débat de dimanche soir entre les prétendants à la succession de Theresa May, lequel fut notamment marqué par l’absence de Boris Johnson. Aucun rival crédible ne se dégage et ne semble en mesure de contester sa victoire finale (biais négatif sur la livre).
  • Les deux principales devises refuges restent orientées à la hausse, ce qui traduit le manque de confiance actuel des acteurs de marché. L’EUR/JPY oscille sous le seuil de ¥122 et l’EUR/CHF sous ₣1,12.
  • Le cours EUR/AUD corrige légèrement mais se maintient à plus de A$1,63 à la veille de la publication des Minutes de la RBA qui pourraient venir soutenir les anticipations actuelle de possible nouvelle baisse de taux en Australie en juillet.
  • Légère correction des prix du pétrole (Brent sous $62) après un rebond de plus de 3% sur les deux dernière séances. Les devises émergentes et pétrolières semblent peu impactées pour le moment.

L’agenda de la semaine : Les marchés attendent un signe de la Fed (réunion mercredi) / Nomination des finalistes dans la course à la succession de Theresa May et réunion de la Banque d’Angleterre / Indices PMI en Zone Euro / Hausse de taux attendue en Norvège

USD

USD – Réunion monétaire de la Fed (mercredi) – Les marchés attendent un signe de baisse de taux : « Should I stay or should I go” chantait The Clash au début des années 80, et c’est exactement ce dont il est attendu de la Fed mercredi soir, à savoir va-t-elle continuer de rester prudente et d’avancer masqué » en ce qui concerne la future orientation de ses taux, ou bien suivre la tendance dictée par les marchés et procéder à une large ajustement de communication signalant qu’elle s’apprête à procéder très bientôt à une 1ière baisse de taux depuis 2008, soit dès juillet ou en septembre. C’est tout l’enjeu de la réunion monétaire de juin car s’il y a bien une chose sur laquelle la majorité des acteurs de marché s’accorde c’est que la banque centrale américaine ne devrait très vraisemblablement pas procéder à un ajustement ce mois-ci. Les valorisations des contrats à terme sur les taux de la Fed évaluent seulement à 20% la probabilité d’une baisse de taux en juin, mais à 88% et 97% les probabilités pour juillet et septembre. Existe-t-il un risque cependant que les banquiers centraux américains déçoivent les marchés en ne délivrant pas ce que l’on attend d’eux ? La réponse est oui car s’il est vrai que la décélération de l’inflation aux Etats-Unis ; sujet très largement repris dans la presse financière ces dernières semaines ; inquiète la Fed et que les derniers chiffres de l’emploi n’ont clairement pas été à la hauteur des attentes, la situation économique reste encore relativement robuste et s’appuie sur une solide consommation domestique, un secteur immobilier en bonne santé et un marché action dont les niveaux de valorisation restent encore historiquement élevés. Quant aux tensions sur le volet commercial, elles ont été récemment atténuées par l’accord trouvé entre Washington et Mexico, lequel ravive l’espoir qu’une réconciliation entre Washington et Pékin est possible. Donald Trump en est lui-même convaincu et estime qu’un accord sera bientôt trouvé, de force ou de gré. Les marchés préféraient que l’usage de la force soit évitée, mais pour cela il faudra attendre le Sommet du G20 qui se déroulera le 28 et 29 juin à Osaka et observer si une rencontre entre le président américain et son homologue chinois Xi Jinping aura bien lieu ; ce dernier n’ayant pas encore confirmé ; et ce qui potentiellement ressortira de cet échange.

Orientation & Volatilité  : L’heure n’est pas forcément à l’urgence et la Fed pourrait donc rester patiente et finalement livrer peu d’indices sur l’éventualité d’une baisse de taux à venir. Si c’est le cas, les probabilités de réduction monétaire en juillet pourrait reculer, les taux d’intérêt des bons du Trésor remonter, et le dollar s’apprécier face à l’ensemble de ses pairs, dont l’euro qui pourrait dès lors retomber vers ses plus bas de l’année en direction de $1,11 (point bas en 2019 recensé à $1,1106). Dans le cas contraire, quelques pressions baissières pourraient venir presser le dollar mais celles-ci pourraient rester plutôt modestes tant un scénario de baisse de taux aux Etats-Unis est déjà très largement intégré par les marchés. Dans ce cas précis, nous pourrions voir l’EUR/USD amorcer un retour au-dessus de la barrière de $1,13. Les investisseurs seront attentifs à trois points majeurs : 1) le moindre ajustement opéré dans la communication officielle de la banque centrale, 2) les projections monétaires des responsables monétaires américains et le nombre d’entre-elles indiquant une baisse de taux en 2019 (plus le nombre est grand plus cela renforce l’hypothèse qu’une baisse de taux aux Etats-Unis est proche = biais négatif sur le dollar), et 3) le ton du gouverneur central Jerome Powell durant sa conférence de presse (20h30) et la séance de questions/réponses avec les journalistes.

GBP

GBP – Course à la succession de May part. II (mardi jeudi) et réunion monétaire (jeudi) au programme au Royaume-Uni : Course à la succession de Theresa May : dévoilement du duel final. Ils étaient dix la semaine dernière au départ de la course à la succession de Theresa May, qui a quitté ses fonctions de première ministre le 7 juin dernier, ils seront plus que deux à la fin de cette semaine. Trois prétendants ont déjà été éliminés jeudi dernier à l’issue du 1er tour de vote interne réalisé auprès des 313 députés conservateurs et très largement remporté par le favori des bookmakers anglais, l’ancien ministre des affaires étrangères et grand défenseur du Brexit lors de la campagne de 2016, Boris Johnson. Depuis ce vote, un autre candidat a décidé de jeter l’éponge (Matt Hancock), ce qui ne laisse plus que six candidats sur la ligne de départ avant les nouveaux votes prévus cette semaine (de mardi à jeudi) à l’issue desquels seront dévoilés les noms des deux finalistes. Ces deux derniers seront départagés par un vote postal réalisé auprès des 160 000 adhérents du Parti conservateur dont le résultat final ne sera connu que lors de la semaine du 22 juillet. S’il faudra attendre encore un mois avant de connaître le nom du successeur de May, à l’issue de cette semaine nous aurons déjà une bonne idée du type de personnalité qui prendra bientôt les rênes du pays et aura la lourde charge de régler la question de la sortie du Royaume-Uni hors de l’Union Européenne, laquelle a déjà été repoussé à deux reprises et est désormais programmé au 31 octobre prochain (au plus tard). Les marchés ont déjà bien intégré que le prochain dirigeant du Royaume-Uni devrait être un responsable politique soutenant à l’origine le Brexit et moins flexible que n’a pu l’être Theresa May pour négocier avec le camp européen pour éviter un scénario de rupture brutale, d’où la forte dépréciation de la livre sterling depuis un mois. La perspective de voir arriver Boris Johnson n’enchante que très peu les marchés tant ce dernier s’est montré très critique à l’égard de la stratégie de sortie de l’ancienne équipe dirigeante et ne semble pas contre l’idée d’un divorce sans accord à l’amiable entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne et une perte sèche des avantages commerciaux et économiques préférentiels que lui conférait son statut de membre de l’union douanière et du marché commun européen. L’autre évènement majeur de la semaine sera la nouvelle réunion monétaire de la Banque d’Angleterre ce jeudi que les investisseurs surveilleront d’un œil, non pas que les attentes soient grandes (large anticipation de statu quo sur les taux et le QE) mais la banque centrale se démarque actuellement de ses homologues avec un discours pour le moment très orienté vers une nouvelle hausse de taux alors que le tendance actuelle penche plutôt vers un démarrage d’un nouveau cycle d’assouplissement monétaire global destiné à soutenir les économies face à la montée des vents contraires et pressions externes qui s’abattent sur elles. Le maintien d’une telle approche malgré un contexte interne (Brexit) et externe (tensions commerciales & ralentissement de la croissance mondiale) très dégradé pourrait offrir un peu de soutien à la livre sterling et limiter ses pertes en cas de nouvelle glissade.

Orientation & Volatilité  : La semaine dernière, une certaine forme d’attentisme s’est observé dans le comportement des détenteurs de livre sterling – l’EUR/GBP a vogué en ordre dispersé autour de la barrière de £0,89 - en attendant que ne se dévoile les contours du duel final des prétendants au poste de futur premier ministre du Royaume-Uni. Les pressions baissières pourraient s’accentuer cette semaine si les marchés voient en une hausse des probabilités de victoire de Johnson une augmentation parallèle du risque de « hard Brexit » dans les prochains mois, et dans ce cas précis l’EUR/GBP pourrait alors passer le cap des £0,8950 (pic de 5 mois) et prendre la direction du seuil de £0,91 (plafond sur la paire de change depuis septembre 2017). Si parmi les finalistes, les marchés voient dans un prétendant un rival crédible capable de contester la victoire finale à Johnson, ou moins probable si ce dernier est éliminé avant le duel final, alors la livre sterling verrait un rayon de soleil percer un horizon depuis plusieurs semaines très ombrageux et du coup bénéficier d’une petite correction haussière face à ses deux principaux pairs, à savoir le dollar américain et l’euro. Un retour de la paire EUR/GBP sous la barrière de £0,88 pourrait alors être observé d’ici la fin de semaine, notamment si la Banque d’Angleterre laisse entrouverte la possibilité de procéder à une hausse de taux d’ici la fin de l’année.

EUR

EUR –  Indices PMI en Zone Euro (vendredi) – Le ralentissement de l’économie européenne s’intensifie-t-il ?  : Il se pourrait bien que non si l’on en croit les dernières estimations du consensus économique réalisées en amont de ces enquêtes, néanmoins aucun réel signe de redressement ne devrait s’observer. C’est bien cela qui inquiète. L’industrie européenne devrait vraisemblablement enregistrer son 5ième mois consécutif de contraction de son activité, le secteur restant très amplement handicapé par les fortes tensions commerciales qui s’exercent actuellement entre Pékin et Washington mais également la baisse de la demande chinoise consécutive à l’affaiblissement de la croissance en Chine. Le secteur des services devrait lui maintenir son rythme de croisière et afficher une croissance en juin très similaire à celle entrevue sur les quatre derniers mois.

Orientation & Volatilité  : Si les perspectives de croissance en Zone Euro ne se dégradent pas davantage ; ce qui est un premier bon point ; elles ne s’améliorent pas pour autant et démontrent une économie européenne hautement fragilisée par le contexte externe. Peu rassuré par ce constat, l’hypothèse d’une baisse de taux de la BCE cette année devrait rester très présent à l’esprit des investisseurs – scénario central anticipé sur les marchés à terme – et contenir les velléités de nouvelles prises d’achat de la devise européenne. Le potentiel haussier sur l’euro reste donc toujours très réduit et devrait le rester encore un certain temps, du moins tant qu’aucun réel redressement de l’activité en Zone Euro ne sera pas matérialisé. Sauf surprise de la Fed entrainant une forte chute du dollar (baisse de taux en juin ou annonce d’un nouveau cycle de réduction monétaire à venir très prochainement aux Etats-Unis) et résultats bien meilleurs qu’attendus des enquêtes d’activité PMI de juin en Zone Euro, le cours EUR/USD pourrait rester coincé sous la barrière de $1,13 à proximité de ses plus bas niveaux de l’année/depuis plus de 2 ans.

NOK

NOK –  Décision monétaire de la Norges Bank (jeudi) – La banque va-t-elle respecter ses engagements et remonter à nouveau ses taux d’intérêt ? : La banque centrale norvégienne avait annoncé il y a plusieurs mois son intention de procéder à un nouveau resserrement monétaire de 25pbs d’ici le mois de juin, aussi le consensus anticipe actuellement une hausse de taux ce jeudi. Peut-il en être autrement ? On a tendance à croire que oui, non pas que les responsables monétaires nous aient habitué dans le passé à ne pas respecter leurs engagements mais les conditions de marché étaient au moment de cette prise d’engagement bien meilleurs qu’elles ne le sont aujourd’hui. Entre contexte commercial tendu, large repli des prix du pétrole et ralentissement marqué de l’inflation ces derniers mois en Norvège, il faut dire qu’il existe plusieurs arguments justifiant un statu quo et l’idée qu’il n’y a pas d’urgence pour le moment à resserrer les conditions monétaires, cette opération étant susceptible, si réalisée de manière trop prématurée, de ne pas avoir les effets escomptés et fortement endommager l’activité économique dans le pays.

Orientation & Volatilité  : Il est clair qu’un changement d’avis de la banque et l’annonce d’une pause monétaire pourraient fortement frustrer les détenteurs de couronne et déclencher un mouvement de ventes massives de la devise norvégienne. Celle-ci s’est montrée la semaine dernière peu sensible aux fortes variations observées sur les prix du pétrole et semble donc avoir gardé la tête hors de l’eau grâce aux anticipations de prochaine hausse de taux à venir en Norvège, d’où la menace d’une forte dépréciation de la couronne si d’aventure la banque centrale ne délivrait pas ce que les marchés attendent. Une tentative de rebond de l’EUR/NOK à plus de NOK 9,85, ce qui semble être le récent seuil de résistance auquel la paire de change fait face, pourrait temporairement s’observer dans ce scénario. Dans le cas contraire, une hausse de taux, si elle ne s’accompagne pas en parallèle d’une forte baisse des prix du pétrole, pourrait faire glisser le cours de change sous la barrière de NOK 9,75 (support observé la semaine dernière).

Mais aussi cette semaine…

  • Inflation au Royaume-Uni (mardi) : Les statistiques de croissance des prix seront un élément important observés par les banquiers centraux britanniques avant la réunion monétaire de jeudi. L’observation de nouvelles pressions inflationnistes pourrait soutenir l’hypothèse d’une possible hausse de taux avant la fin de l’année au Royaume-Uni.

  • Minutes de la RBA (mardi) : Retour en détail sur la réunion du début du moins au cours de laquelle la banque centrale australienne a procédé à sa 1ière baisse de taux depuis 2016. Les investisseurs surveilleront si les débats qui ont débouché sur cette décision laissent entrevoir une possible baisse de taux, potentielle dès le mois prochain. C’est en tout cas ce que les marchés pronostiquent actuellement, à savoir une nouvelle baisse de taux de 25pbs (1,00% vs. 1,25%) lors de la réunion du 2 juillet prochain.

  • Décision monétaire de la Banque du Japon (jeudi) : Pas d’annonces majeures attendues de la part des banquiers centraux japonais qui devraient répéter leur soutien inconditionnel à l’économie et leur engagement à maintenir des conditions monétaires souples pendant une période prolongée de temps. Les marchés seront tout de même attentifs au moindre détail laissant entrevoir un projet de la banque centrale de procéder dans un futur proche à de nouvelles mesures de soutien.

  • Sommet européen (jeudi/vendredi) : Nouveau budget européen, renforcement du mécanisme européen de stabilisé (MES), sanctions contre l’Italie pour non-contrôle de ses déficits, gestion du Brexit, jeu de coalition au sein du nouveau Parlement européen, position européenne face aux tensions commerciales (protectionnisme américain) et géopolitiques (conflit Etats-Unis vs. Iran) … autant dire que les thèmes de discussion ne manquent pas en Europe et nombreux d’entre eux pourraient faire l’objet d’une large couverture médiatique d’ici la fin de semaine, et potentiellement avoir quelques impacts sur les marchés des changes, alors que les dirigeants des 27 Etats membres de l’Union Européenne se rencontreront à Bruxelles à l’occasion d’un Sommet du Conseil de l’Europe.

Retour sur la séance de vendredi : Des chiffres américains meilleurs que prévu qui s’opposent aux anticipations des marchés /  L’euro endommagé par des perspectives d’inflation toujours plus basses / Un ralentissement de l’économie chinoise inquiétant / Rebond des prix du pétrole / Une accélération de l’inflation en Suède qui porte la couronne 

Ce vendredi les regards étaient principalement tournés vers les Etats-Unis où de nombreuses statistiques économiques majeures étaient attendues – ventes au détail et production industrielle entre autre – et devaient donner de nouveaux indices sur la possible position de la Fed lors de sa réunion de juin. Meilleurs que prévu, ces indices ont envoyé des signaux contradictoires par rapport au scénario central qui veut que la banque centrale américaine abaisse très prochainement ses taux d’intérêt. L’euro a eu la mauvaise surprise d’accueillir une révision à la baisse des estimations d’inflation en France et en Italie au mois de mai, lesquelles ont appuyé la dynamique baissière des anticipations d’inflation en Zone Euro. De manière générale, les acteurs de marché affichaient une posture relativement prudente à cause notamment de l’apparition de nouvelles fortes tensions géopolitiques entre les Etats-Unis et l’Iran et la publication de nouveaux indices conjoncturels en Chine très mitigés, dont notamment un recul de la dynamique annuelle de production industrielle à un plus bas historique.

Après avoir passé le début de semaine au-dessus de $1,13, l’EUR/USD a littéralement sombré vendredi et abandonné -0,6% pour retomber à $1,12. La révision à la hausse des chiffres de ventes au détail en avril (rebond et non contraction comme il l’était initialement estimé) et le rebond tout proche des attentes du consensus en mai (+0,5% M/M vs. +0,6%) ont entrainé une révision à la hausse des projections de croissance américaine au second trimestre de plusieurs modèles de prédiction. La production industrielle en mai aux Etats-Unis s’est révélée deux fois plus importantes que prévu (+0,4% M/M vs. Cons. +0,2%) et les premières estimations de juin l’indice Michigan de confiance des ménages américains ont montré un léger repli en ligne avec les anticipations des économistes. Sans être mirobolantes, ces statistiques soutiennent l’idée d’une croissance toujours soutenue aux Etats-Unis malgré les premiers signes d’essoufflement observés ces dernières semaines, et donc d’aucune urgence pour la Fed à procéder à un large ajustement de sa communication et annoncer une possible baisse de taux à venir. Un peu plus tôt dans la journée, l’euro avait eu la surprise d’accueillir une révision à la baisse des estimations finales d’inflation en France (0,9% A/A vs. Cons. 1,1%) et en Italie (0,8% A/A vs. Cons. 0,9%) au mois de mai. Les anticipations d’inflation en Zone Euro continuent de reculer et d’atteindre jour après jour de nouveaux plus bas historiques, et soutiennent du coup le scénario central de baisse de taux en Zone Euro d’ici la fin d’année actuellement pronostiqué par les marchés à terme.

Les nouveaux signes inquiétants de ralentissement de l’économie chinoise – recul de la production industrielle à un plus bas historique et repli des investissements urbains à un creux de 7 mois – ont lourdement pesé sur le sentiment des marchés, lequel était déjà dégradé par l’observation de nouvelles fortes tensions politiques entre Washington et Téhéran suite aux attaques de deux pétroliers mercredi en mer d’Oman. Les valeurs refuges traditionnelles que sont le yen et le franc ont donc été vivement recherchées par les investisseurs, et le cours EUR/JPY a chuté vendredi à un creux d’une semaine à moins de ¥122. Le cours EUR/CHF a lui chuté sous le seuil de ₣1,12 mais reste néanmoins à proximité de cette barrière. À l’inverse, le dollar australien reste sous pression et l’EUR/AUD continue d’osciller à plus de A$ 1,63. Le yuan chinois a peu été impacté face à l’euro par la réapparition de craintes autour de l’état de santé de l’économie chinoise mais profité du coup de mou de la devise européenne pour se renforcer de +0,6% face à cette dernière à moins de ¥7,77.

La nouveau rebond significatif des prix du pétrole – le second consécutif pour le Brent ($62) pour un gain total de +3,4% - a soutenu un rebond correctif de nombreuses devises émergentes, le rouble russe en tête qui s’est apprécié de +0,9% face à l’euro à RUB 72,1 (point bas depuis 2 semaines). Le rand sud-africain a progressé de +0,9% également et l’EUR/ZAR est retombé au niveau de ZAR 16,6. La couronne norvégienne a elle aussi surfé sur le rebond des prix du brut et s’est apprécié de plus de +0,2% face à l’euro à moins de NOK 9,77.

La couronne suédoise s’est très largement renforcé face à l’euro vendredi et a rebondi de plus de +0,5% à SEK 10,64 après la publication de chiffres d’inflation bien meilleurs qu’attendus en Suède, lesquels laissent entrevoir un possible resserrement monétaire dans les mois à venir.


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