Actualités du marché des devises

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juin 14, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 14 juin 2019 – Sommaire :

    • Volatilité influencée par les tensions géopolitiques (Etats-Unis vs. Iran & Turquie) et les nouvelles préoccupations autour de l’économie chinoise après la publication ce matin de résultats économiques mitigés. Les marchés surveillent de près l’économie américaine et les spéculations de baisse de taux aux Etats-Unis restent importantes avant la réunion de la Fed de mercredi prochain.
    • EUR/USD stable qui se maintient au-dessus d’un support situé à $1,1270 / Attentisme avant la publication des chiffres de ventes au détail, production industrielle et indice Michigan aux Etats-Unis qui pourraient influencer les choix des banquiers centraux américain.
    • Léger rebond de la paire EUR/GBP au-dessus de £0,89. Les pressions baissières sur la livre restent importantes après la large victoire de B. Johnson au 1er tour du processus de nomination du successeur de Theresa May comme premier ministre.
    • 3ième séance consécutive de repli pour l’EUR/JPY qui teste ce matin le seuil de ¥122 / La paire EUR/CHF retombe elle sous le seuil de ₣1,12.
    • Le yuan chinois voit revenir quelques pressions baissières après la publication ce matin d’un repli inattendu de la production industrielle et des investissements urbains en mai. L’EUR/CNH s’écarte du seuil de ¥7,80 et remonte légèrement.
    • Le dollar australien reste orienté à la baisse et l’EUR/AUD toujours à proximité du seuil de A$ 1,6350 (plafond depuis 2009). Les inquiétudes autour de l’état de santé de l’économie chinoise pèsent sur la devise australienne.
    • Rebond de la couronne suédoise face à l’euro (+0,4% à SEK 10,65) après la publication de chiffres d’inflation en Suède bien meilleurs que prévu.
    • La livre turque cède -1% face à l’euro ce matin (TRY 6,68) sur fond d’inquiétudes d’une nouvelle escalade de tensions entre Ankara et Washington et de nouvelles sanctions américaines en guise de représailles face au choix de la Turquie d’acheter des missiles russes (S-400).

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de jeudi : Nouvelles tensions géopolitiques entre les Etats-Unis et l’Iran / Boris Johnson confirme son statut de favori à la succession de Theresa May / Le dollar australien teste ses plus bas niveaux depuis 2009 / La banque centrale suisse maintient sa politique inchangée et évoque un franc « fortement valorisé »

L’information centrale de la séance de jeudi fut l’annonce en début de journée d’un incident en mer d’Oman impliquant deux navires pétroliers qui selon les premières informations auraient fait l’objet d’une attaque à la torpille. La Maison Blanche, par le biais de son secrétaire d’Etat Mike Pompeo, a aussitôt accusé l’Iran d’être responsable de cette « agression » qui selon les données récoltées par les services de renseignement américain verrait d’un mauvais œil la circulation de pétrole par le détroit d’Ormuz depuis l’embargo adressé par les Etats-Unis sur les exportations pétrolières iraniennes. Ce nouvel incident vient intensifier les tensions déjà très importantes entre Washington et Téhéran et fait craindre l’éclatement d’un conflit, potentiellement militaire, entre les deux pays. Face à la montée des tensions géopolitiques, les marchés ont une nouvelle fois privilégiés les valeurs refuges et nous avons assisté jeudi à un rebond du dollar, du yen et du franc face à l’euro tandis que les prix du pétrole se sont eux significativement redressés de plus de 2% et ont effacé plus de la moitié des pertes enregistrées mercredi.

Le cours EUR/USD a cédé un peu plus de -0,1% à $1,1275 mais a plutôt bien résisté aux pressions baissières s’exerçant hier grâce notamment à la présence d’un seuil support localisé à $1,1270 mais également du maintien de spéculations toujours très fortes de baisses de taux cette année par la réserve fédérale américaine et d’un envoi possible de premiers signaux sur ce sujet lors de la réunion monétaire programmée la semaine prochaine aux Etats-Unis (18-19 juin).

Après un retour furtif à plus de ¥123 en début de semaine, la paire EUR/JPY se rétracte et revient peu à peu à hauteur du seuil de ¥122 (clôture jeudi à ¥122,2) . Le cours a enregistré hier un repli de -0,2% ce qui fait une perte cumulée de -0,6% depuis mercredi. Le cours EUR/CHF a réussi bien tant que mal à se maintenir au-dessus du seuil de ₣1,12 (clôture à ₣1,1205) malgré une tentative vaine de repli sous cette barrière (point bas recensé à₣1,1198) . Le choix de la Banque Nationale Suisse (BNS) de maintenir ses taux directeurs inchangés et de poursuivre une politique monétaire très accommodante n’ont pas eu de réels impacts sur la devise suisse, pas même les propos du gouverneur central Thomas Jordan insistant sur le fait que le franc était actuellement « fortement valorisé », « bien plus qu’en mars dernier » lors de la précédente réunion trimestrielle de la banque centrale. On peut toute de même voir ici une nouvelle preuve d’une attention toute particulière de la part des responsables monétaires helvètes à l’égard des variations de change, ce qui tend à confirmer que ces derniers n’hésiteront pas à intervenir si d’aventure le franc était amené à se renforcer de manière significative et unilatérale face à l’euro et donc qu’il existe probablement un « seuil de tolérance » sur l’EUR/CHF pour la BNS

Les tension géopolitiques entre les Etats-Unis et l’Iran ont profité au pétrole et l’on a assisté jeudi à un rebond de 2,2% des prix du baril de brut (Brent à plus de $61). Peu sensibles au large repli de mercredi (-4%), les devises pétrolière l’ont été davantage au rebond de jeudi et ainsi nous avons observé un recul de l’EUR/CAD de -0,2% à C$ 1,5025 et de l’EUR/RUB de -0,6% à RUB 72,80 (plus bas depuis 9 séances). La couronne norvégienne continue d’en faire qu’à sa tête et de fluctuer de manière inversée par rapport à ces homologues « pétrolières » et l’EUR/NOK a progressé d’un peu moins de +0,2% jeudi à NOK 9,79.

Ce jeudi avait lieu au Royaume-Uni le premier tour de l’élection du prochain dirigeant du Parti conservateur et de facto du successeur de Theresa May comme premier ministre, le poste étant temporairement vacant depuis que cette dernière a décidé de quitter ses fonctions le 7 juin dernier. Ils étaient 10 prétendants au départ, ils ne sont désormais plus que 7 à l’issue de ce premier vote très largement remporté par le favori des bookmakers anglais, l’ancien ministre des affaires étrangères et grand partisan du Brexit, Boris Johnson. Ce dernier a obtenu 114 voix hier, soit plus de 36% des votes, et devance très largement ses autres rivaux, Jeremy Hunt et Michael Gove arrivant respectivement 2ième et 3ième de ce 1er tour avec seulement 43 (14%) et 37 (12%) voix. Alors que de nouveaux scrutins seront organisés entre mardi et jeudi jusqu’à que se dégage deux candidats pour un duel final, le résultat de jeudi tend à confirmer la tendance actuelle qui désigne Boris Johnson comme favori pour prendre la tête du prochain gouvernement britannique. Au regard de ses nombreuses sorties très critiques à l’égard de l’Union Européenne et de la stratégie de sortie poursuivie par May dont l’action tentait d’éviter à tout prix une sortie de l’Union Européenne sans accord, la menace d’un possible « Brexit dur » d’ici le 31 octobre prochain sous la houlette de Johnson est prise très au sérieux par les marchés. Pour le moment, le cours EUR/GBP semble marquer une pause au niveau du seuil de £0,89 (+0,0% jeudi à £0,8896) après un impressionnant rebond de près de 5% en 5 semaines, de nouvelles pressions baissières pourraient ressurgir et frapper la livre sterling si les prédictions des bookmakers se réalisent et que l’ancien maire de Londres devient le nouveau premier ministre du Royaume-Uni. Il faudra cependant attendre la fin du mois de juillet (semaine du 22 juillet) pour connaître le verdict final.

Parmi les autres mouvements majeurs observés jeudi, on note le rebond de l’EUR/AUD à un nouveau pic de 5 mois à plus de $1,6360 sur fond de hausse des spéculations de nouvelle baisse de taux en Australie au mois de juillet après la publication de chiffres de l’emploi mitigés (volume de créations d’emploi au-dessus des attentes mais chômage stable à 5,2% contre les anticipations de baisse du consensus économique). Le cours a surtout testé jeudi un « plafond de verre » à A$1,6350 qui tient depuis 2009. Au Brésil, le projet de réforme du régime de retraite devrait déclencher un très large mouvement de grève à travers le pays ce qui n’empêche pas le real de progresser face à l’euro, la devise brésilienne ayant touché hier un pic de 2 mois à presque BRL 4,32.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD  :  La tentative de retour à $1,13 observée en début de matinée jeudi a été avortée par le retour dans l’actualité de vives tensions géopolitiques entre Washington et Téhéran venant comprimer l’appétit au risque des acteurs de marché et du coup renforcer la demande en dollar américain. La nouvelle chute des anticipations d’inflation en Zone Euro (swaps d’inflation à 5 ans dans 5 ans) à un plus bas niveau historique (depuis 2013 ou le début de la série statistique) ont également pesé sur l’euro car si cette tendance se poursuit elle pourrait forcer la BCE à revoir sa politique et ses velléités de hausse de taux pour se concentrer sur de nouvelles mesures de soutien. C’est en tout cas ce que les marchés anticipent actuellement, c’est-à-dire une probabilité plus importante de baisse de taux en Zone Euro d’ici la fin d’année que d’une hausse. Le cours EUR/USD tient cependant le coup et le repli n’est pour le moment que très léger lorsque mis en parallèle avec le rebond de +1,8% enregistré entre la fin mai et le début du mois de juin. Il faut dire que la perspective d’une possible baisse de taux cette année aux Etats-Unis est dans toute les têtes et pèse très largement sur le dollar depuis maintenant près de deux semaines. Cela pourrait perdurer encore un peu, du moins jusqu’à mercredi soir et la publication des conclusions de la nouvelle réunion monétaire de la réserve fédérale américaine. Si aucune variation des taux directeurs n’est attendue la semaine prochaine, les marchés voient dans la publication des nouvelles projections économiques et monétaires de la banque centrale américaine un possible argument pouvant justifier – en cas d’ajustements majeurs par rapport aux précédentes estimations réalisées en mars – l’introduction d’une baisse de taux dans l’agenda 2019. S’il est vrai que la décélération de l’inflation aux Etats-Unis – encore observé cette semaine à travers le repli des indices de prix PPI et CPI sous l’objectif de long terme de la Fed de 2 % - a fortement soutenu l’hypothèse d’un possible desserrement monétaire à venir aux Etats-Unis d’ici la fin de l’année, les fondamentaux économiques américains reflètent toujours une dynamique de croissance relativement robuste, du moins qui ne nécessite pas à tirer tout de suite la sonnette d’alarme et d’agir avec une trop grand précipitation. Il n’est donc pas certain que la Fed s’aligne sur les anticipations de marché et envoient les signaux attendus, une position attentiste de cette dernière la semaine prochain et un flou maintenu sur la future direction des taux ne sont pas à négliger. Plusieurs éléments pourraient influer sur la décision finale des banquiers centraux américains comme les statistiques de ventes au détail, de production industrielle et de confiance des ménages (indice Michigan) qui seront publiées cette après-midi aux Etats-Unis. Si celles-ci ressortent en-dessous des attentes et démontrent un essoufflement de l’économie américaine, dès lors cela pourrait accentuer la pression sur les épaules des banquiers centraux américains pour ajuster leur communication et du coup renforcer l’hypothèse qu’une baisse de taux dans les prochains mois aux Etats-Unis est inévitable.

Niveaux clés : Outre le contexte global (tensions commerciales et géopolitiques), la volatilité de l’EUR/USD devrait être ce vendredi très largement impactée par les variations monétaires et l’évolution des spéculations de baisse de taux aux Etats-Unis alors que la prochaine réunion de la Fed de mercredi prochain apparaît comme l’évènement attendu par la majorité des acteurs de marché. Au regard des importantes anticipations déjà intégrées dans le marché, des chiffres décevants aux Etats-Unis pourraient offrir un petit tremplin à l’EUR/USD pour remonter au-dessus de $1,13 mais néanmoins ne pas provoquer un spectaculaire de la paire de change, le récent pic de $1,1350 (11 juin) constituant une possible limite haute. A l’inverse, de bons indicateurs conjoncturels aux Etats-Unis viendraient prendre quelque peu à contrepied les marchés et leur vision plutôt pessimiste vis-à-vis des perspectives de croissance aux Etats-Unis, et du coup donner un argument aux acheteurs de dollar pour reprendre quelques positions. Dans ce scénario, un renforcement de la devise américain ferait faire céder le support de $1,1270 et entrainerait un repli du cours EUR/USD en direction de $1,12.

Perf 2019 = -1,67% / Moyenne 2019 = $1,1294 / Point haut 13 juin 2019 = $1,1303 / Point bas 13 juin 2019 = $1,1266  / Clôture 13 juin 2019 = $1,1275


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