Actualités du marché des devises

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juin 13, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 13 juin 2019 – Sommaire :

  • Début de séance relativement calme dans lequel s’observe des mouvements correctifs (euro & pétrole) par rapport à hier.
  • L’EUR/USD tente de remonter au-dessus de $1,13 après sa glissade de la veille provoquée par Donald Trump et la menace de sanctions commerciales contre des pays européens.
  • Retour de la paire EUR/GBP au-dessus de £0,89 ce matin. La livre sterling reste pénalisée par le spectre d’un scénario de « hard Brexit » après le rejet hier d’un projet de loi au Parlement souhaitant éviter cette éventualité.
  • La paire EUR/CHF progresse légèrement et approche le seuil de ₣1,1250 en amont de la publication des conclusions de la réunion trimestrielle de la Banque Nationale Suisse (09h30).
  • Le cours EUR/AUD teste un plafond « vieux » de 9 ans à $1,6350 alors que les marchés anticipent une nouvelle baisse de taux en Australie en juillet.
  • Après avoir chuté de près de 4% la veille, les prix du pétrole rebondissent de 3% ce matin : le dollar canadien (C$ 1,5050) et le rouble russe (RUB 73,1) progressent légèrement ce matin.
  • Le rand retombe dans ses travers et l’EUR/ZAR remonte à plus de ZAR 16,8 alors que le président Ramaphosa est impliqué dans une affaire de corruption.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de mercredi : Donald Trump met en garde l’Allemagne sur le projet Nordstream 2 et fait chuter l’euro / Chute de -4% des prix du pétrole / Les travaillistes britanniques échouent à bloquer au Parlement un possible scénario de sortie sans accord

Les tensions commerciales, la lourde chute des prix du pétrole, les spéculations de baisse de taux aux Etats-Unis et le rejet au Parlement britannique d’un texte s’opposant à une sortie de l’Union Européenne sans accord ont très largement impacté la volatilité sur les marchés des changes ce mercredi.

Peu sensible aux accusations mardi de Donald Trump de monnaie dévaluée, l’euro a cette fois plié sous le poids de nouvelles menaces du président américain laissant entrevoir une propagation de la guerre commerciale en Europe. Mercredi, le locataire de la Maison Blanche a émis la possibilité de sanctions à l’encontre des pays participant au projet Nord Stream 2, ou la construction d’un large gazoduc reliant la Russie à l’Allemagne via la mer Baltique. L’euro a cédé près de -0,4% face au dollar en réaction à ces annonces qui font craindre un retour des pays européens dans le giron américain comme cible potentielle de mesures protectionnistes de la part de Washington. Le cours EUR/USD est retombé hier sous les $1,13 après trois séances consécutives passées au-dessus de ce niveau mais heureusement vu sa chute atténuée par le maintien de fortes spéculations de probable baisse de taux dans les mois à venir aux Etats-Unis, lesquelles ont été renforcées mercredi par des chiffres d’inflation américaine ressortis en mai en-dessous des attentes du marché. La dynamique annuelle d’inflation générale a glissé de 2,0% à 1,8% (plus bas depuis 3 mois) sous l’objectif de long terme déterminé par la réserve fédérale américaine (2%), tout comme la dynamique annuelle de l’indice de prix à la production (PPI)… une première en 2 ans ! Si les marchés ne voient pas la banque centrale américaine abaisser son taux directeur la semaine prochaine, ils restent attentifs aux éventuels signaux envoyés quant à une possible action au cours de l’été ou cet automne.

Les prix du pétrole ont très lourdement chuté mercredi (-4,00% pour le WTI américaine et -3,75% pour le Brent) consécutivement à la publication mercredi de projections pessimistes de la part de plusieurs banques américaines concernant la demande globale en pétrole alors qu’en parallèle les stocks continuent de progresser. Le déséquilibre entre offre et demande est le principal catalyseur baissier des prix du baril, les observateurs voyant dans l’intensification des tensions commerciales un risque de forte dégradation de la demande en pétrole qui ne serait pas compensée par la politique de quota menée actuellement par les pays de l’OPEP. Comme au début du mois, l’indice Brent a de nouveau titillé le support de $60 mais celui-ci a tenu bon et confirmé son rôle de seuil support sur l’indice comme on l’observe depuis maintenant 5 mois. Dans ce contexte peu propice à la prise de risque, les valeurs refuges ont de nouveau été recherchées par les investisseurs. Le cours EUR/JPY a ainsi reculé de près de -0,4% sous le seuil de ¥122,5 tandis que l’EUR/CHF est lui resté étonnement stable et conforté sa position à plus de ₣1,12 (clôture à ₣1,1237). L’approche de la réunion monétaire de la Banque Nationale Suisse ce jeudi a peut être pesé sur la volatilité de la paire de change, à moins que ce soit les nouvelles allusions du président américain concernant un possible accord avec la Chine conclu en marge du Sommet du G20 programmé à la fin du mois au Japon.

Etonnement, les devises pétrolière traditionnellement très sensibles aux fluctuations des prix du brut n’ont pas perdu beaucoup de terrain face à l’euro, la dépréciation en parallèle de la devise européenne ayant probablement compensée les pressions baissières sur ces monnaies. Ainsi le cours EUR/CAD a progressé de moins de +0,1% à C$1,5060 tandis que l’EUR/RUB a gagné un peu plus de +0,2% à RUB 73,2. Le cours EUR/NOK a lui reculé d’un peu moins de -0,1% mais reste toujours solidement arrimé au-dessus du seuil de NOK 9,75.

Sensible aux fluctuations des prix des matières premières, le dollar australien a chuté mercredi à son plus bas niveau depuis 5 mois face à l’euro à plus de A$1,63 (pic recensé à A$1,6326) avant de se reprendre légèrement en fin de journée, le cours EUR/AUD clôturant finalement la séance sous cette barrière. Le cours reprend son ascension ce matin et fluctue sur ses plus hauts niveaux de l’année après la publication des chiffres de l’emploi en Australie montrant un taux de chômage stable à 5,2% alors que le consensus tablait sur un recul à 5,1%. Les marchés voient là un nouvel argument susceptible de pousser les banquiers centraux à abaisser à nouveau les taux d’intérêt en juillet pour la seconde fois consécutive après la réduction de 25pbs réalisée en début de mois. Sur les marchés à terme, la probabilité d’un tel évènement est désormais estimé à plus de 70% !

De l’autre côté de la Manche, le Brexit et les péripéties autour continuent de très largement influencer la volatilité de la livre sterling. Mercredi, la devise britannique a vu réapparaître quelques pressions baissières après le rejet au Parlement d’un texte de loi soutenu par le camp travailliste qui avait pour ambition de contraindre le futur gouvernement à ne pas procéder à une sortie de l’Union Européenne sans accord d’ici le mois d’octobre prochain. Cette perspective reste donc toujours à l’ordre du jour, au grand dam des milieux des affaires et des acteurs de marché, alors que le prochain premier ministre britannique devrait probablement être un profil plus conservateur que ne l’était Theresa May sur la question du Brexit. Si le cours EUR/GBP est resté assez stable (-0,1% à £0,8890) à cause notamment du repli en parallèle de l’euro, le maintien de ce risque tend à soutenir la haute valorisation actuelle de la paire de change et limite pour le moment tout risque de forte correction.

Le rand sud-africain a chuté de plus de 1% face à l’euro et l’EUR/ZAR est remonté à hauteur de ZAR 16,8 après qu’une enquête pour corruption ait été ouverte à l’encontre d’une entreprise ayant participé au financement de la campagne électorale de l’actuel président Cyril Ramaphosa.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD  :  Jusqu’ici les pays européens avaient globalement échappé au courroux protectionniste de la Maison Blanche et s’étaient réjouis d’avoir réussi à échapper à un plan de taxes contre le secteur automobile qui avait fait longtemps l’objet de menaces de la part du président américain. Or depuis le début de la semaine, Donald Trump semble s’être lassé de s’en prendre toujours à ses victimes favorites que sont la Chine et le Mexique et jette désormais son dévolu sur l’Europe. Les critiques mardi à l’égard de l’euro, « monnaie sous-évaluée » selon le président américain, avaient été accueillies par un haussement d’épaule par les investisseurs européens, ces derniers ayant désormais coutume de ce genre de sortie tapageuse de la part du chef de l’Etat américain. L’effet de répétition des critiques et la tangibilité des sanctions ressentis mercredi à l’occasion des menaces formulées par Donald Trump contre les pays européens participant au projet de gazoduc russe Nord Stream 2 ont cette fois fait tilter les marchés… l’Europe n’est pas, ou n’est plus immunisée contre les déflagrations d’une guerre commerciale mondiale dont les contours prennent forme de jour en jour. Il s’agit là d’un nouveau coup dur pour un euro déjà en manque cruel de catalyseurs haussiers. L’entrée éventuelle de l’Europe dans un conflit commercial mondial ne ferait qu’accentuer la dégradation de la croissance économique dans la région et dès lors ne pas laisser d’autres choix à la banque centrale européenne (BCE) que de sortir de leur attentisme actuel et procéder à de nouvelles mesures de soutien (baisse de taux et/ou nouveau rachats d’actif ?) qui impulserait un nouveau cycle baissier pour la devise européenne. On en est pas encore à ce point mais c’est ce qui pend au nez de l’euro. Heureusement pour la devise européenne, l’actualité du moment se concentre principalement sur les futurs choix de la Fed à l’approche de la réunion de la semaine prochaine (18-19 juin). Le ralentissement de l’inflation observé hier aux Etats-Unis est un argument de plus dans l’escarcelle des responsables monétaires américains pour justifier un prochain abaissement du taux directeur. Reste à savoir si ces derniers ressentent le même état d’urgence que celui des marchés à procéder à une telle opération. On va devoir attendre jusqu’à mercredi prochain pour savoir et avoir un peu plus de détails sur les plans de la Fed, en attendant l’EUR/USD pourrait osciller sans direction autour du seuil de $1,13… du moins si la situation sur le volet commercial ne se dégrade pas et/ou que de nouvelles turbulences politiques en Europe ne s’observent pas.

Niveaux clés : Après sa déconvenue de la veille, l’EUR/USD tente d’effacer une partie de ses pertes et de rejoindre le seuil de $1,13 sous lequel la paire a chuté mercredi. La séance s’annonce relativement calme avec très peu d’indices conjoncturels majeurs publiés en Zone Euro (production industrielle) et aux Etats-Unis (inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage). Le cours EUR/USD pourrait être tenté de remonte légèrement et se stabiliser au niveau de $1,13 en attendant la séance de vendredi au cours de laquelle seront publiés les statistiques de ventes au détail et de production industrielle aux Etats-Unis, les derniers indicateurs économiques majeurs avant la réunion de la Fed de mercredi prochain. Une réunion de l’Eurogroupe est organisée ce jeudi laquelle réunit l’ensemble des ministres des finances des 27 membres de l’Union Européenne. Il faudra surveiller toute nouvelle sortie sur le thème du budget italien alors que cette réunion fait suite à la procédure de sanctions lancée par Bruxelles contre Rome à qui il est reproché de ne pas faire assez d’efforts pour réduire son importante dette publique (132% du PIB).

Perf 2019 = -1,49% / Moyenne 2019 = $1,1294 / Point haut 12 juin 2019 = $1,1343 / Point bas 12 juin 2019 = $1,1280  / Clôture 12 juin 2019 = $1,1287


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