Actualités du marché des devises

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juin 12, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 12 juin 2019 – Sommaire :

  • Le regain d’appétit au risque du début de semaine se craquèle légèrement face à la nouvelle forte correction des prix du pétrole (-1,5% pour le Brent à $61).
  • L’EUR/USD reste stable à $1,1330 en attendant la publication cette après-midi des chiffres d’inflation aux Etats-Unis (14h30).
  • Léger repli des paires EUR/JPY (¥122,8) et EUR/CHF (₣1,1230) sur fond d’aversion au risque.
  • 3ième séance consécutive de gains pour l’EUR/AUD qui retouche ce matin le seuil de A$1,63 pour la 1ière fois en plus de 5 mois.
  • Devises pétrolières sur la défensive : le rouble russe apparaît le plus touché (RUB 73,2) par ce nouveau repli des prix du pétrole.
  • Léger rebond de la paire EUR/ZAR (ZAR 16,6) après une chute de presque -2% sur le début de la semaine.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de mardi : Les investisseurs retrouvent un peu d’appétit au risque / Le dollar plie face aux critiques acerbes de D. Trump contre l’euro et la Fed / La livre sterling se raffermit un peu grâce à l’emploi / La banque centrale chinoise au soutien du yuan

C’est un certain parfum de soulagement qui émane des marchés des changes et accompagne les prises de décision des investisseurs depuis le début de semaine et l’annonce d’un accord entre les Etats-Unis et le Mexique. Si la relation entre la Chine et les Etats-Unis est hautement plus complexe que celle entre le Mexique et les Etats-Unis, du côté des marchés on se remet à rêver d’une possible entente entre les deux géants économiques à l’occasion du Sommet du G20 qui se profile en fin de mois. La volatilité fut également impactée ce mardi par les chiffres de l’emploi britannique et les commentaires interventionnistes d’un membre de la Banque d’Angleterre, la supposée politique de défense du yuan de la banque centrale chinoise et les nouvelles critiques de Trump à l’égard de la Fed et de l’euro.

La décompression observée sur les marchés depuis l’annonce d’un accord entre Washington et Mexico sur les questions migratoires, et donc la non-introduction d’une taxe additionnelle de 5% sur les exportations de biens et marchandises mexicaines aux Etats-Unis, se caractérise par un regain d’intérêt des investisseurs pour les actifs à risque et à l’inverse une réduction des positions en valeurs refuges à faible rendement. Le fort rebond des marchés actions chinois (+2,6% mardi et +3,5% depuis le début de semaine pour l’indice de Shanghai), très largement influencé par les annonces faites par Pékin de soutien à l’économie (capacité offerte aux gouvernement locaux de financer des projets d’infrastructures via des emprunts d’Etats spéciaux), aencouragé cette dynamique de regain d’appétit au risque. Résultat, le cours EUR/JPY a enregistré sa 6ième séance de hausse (+0,2% à ¥122,9) sur les 7 dernières pour un gain cumulé de +1,7% et a par ailleurs franchi en journée le seuil de ¥123 pour la 1ière fois depuis 13 séances. Le cours EUR/CHF a lui bondi de +0,4% et clôturé au-dessus du seuil de ₣1,12 (clôture à ₣1,1240) pour la 1ière fois au mois de juin. Pour la seconde séance consécutive, le rand sud-africain s’est significativement renforcé face à l’euro (+0,9% mardi et presque +2,0% depuis lundi) et l’EUR/ZAR retombe au niveau de ZAR 16,6 après avoir atteint le seuil de ZAR 17,0 vendredi dernier pour la 1ière fois en 8 mois.

L’EUR/USD a connu une séance très tranquille au cours de laquelle il a consolidé ses récents gains et sa position au-dessus de $1,13 (+0,15% à $1,1330). Outre le contexte qui se voulait hier moins averse au risque, la paire de change fut également soutenu de nouvelles petites pressions baissières sur le dollar consécutives aux nouvelles sorties tapageuse du président américain sur l’euro et les taux directeurs américains . Via une série de tweets, ce dernier s’en est notamment pris à l’Europe qu’il accuse de dévaluer sa monnaie et à la politique monétaire menée par la réserve fédérale américaine dont les taux directeurs sont jugés par Donald Trump bien trop élevés. Si les marchés ne sont plus réellement surpris par ces critiques, il n’empêche qu’elles ont souvent tendance comme hier à peser sur le dollar.

Après avoir chuté la veille à un creux de 5 mois face à l’euro, la livre sterling s’est quelque peu repris et a rebondi d’un peu moins de -0,2% à £0,8900 après la publication de chiffres de l’emploi meilleurs que prévu et les commentaires d’un responsable monétaire britannique niant tout lien d’interdépendance entre le Brexit et la décision d’opérer une nouvelle hausse de taux au Royaume-Uni. Au lendemain de la publication de statistiques de production industrielle et manufacturière très décevantes, les acheteurs de livre sterling ont été quelque peu soulagés de voir le taux de chômage rester stable à son plus bas niveau depuis 1975 (3,8%) grâce à un volume de créations d’emploi un peu plus important que prévu (+32k vs. Cons. +10k), et surtout d’observer un rebond inattendu de la dynamique annuelle de croissance des salaires hors bonus alors que les anticipations tablaient plutôt sur une baisse (3,4% A/A vs. Cons. 3,1% et 3,3% en mars). De fortes pressions sur les salaires pourraient se répercuter sur l’inflation et si la croissance annuelle des prix dépasse l’objectif de long terme de 2% alors une nouvelle hausse de taux pourrait être envisagée au Royaume-Uni, cela même si la question du Brexit n’est pas réglée. C’est du moins l’avis de Michael Saunders, membre externe de la Banque d’Angleterre.

Du côté de la banque centrale chinoise (PBoC), après avoir laissé entendre la semaine dernière qu’elle ne défendait pas un cours précis sur le yuan (seuil de ¥7,0 sur l’USD/CNY vu par les investisseurs comme une ligne rouge à ne pas franchir) et alors entraîné de vives pressions baissières sur la devise chinoise, plusieurs actions mardi ont semble-t-il donné l’impression d’une défense du yuan. En effet, la fixation d’un taux pivot du yuan à un niveau plus élevé que prévu face au dollar et l’annonce par la PBoC d’opérations de ventes d’obligations en yuan à la fin du mois sur les marchés financiers de Hong Kong ont été interprétées par les investisseurs comme des actions visant à juguler la baisse de la devise chinoise. Celui-ci a ainsi enregistré mardi sa seconde séance consécutive de hausse face à l’euro (+0,1%) et l’EUR/CNH a clôturé hier sous le seuil de ¥7,85.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD  :  Après la tempête vient le calme ou telle est la description que l’on peut observer sur l’EUR/USD qui après sa folle remontée post-emploi américain de vendredi dernier tend à consolider sa nouvelle position à plus de $1,13 mais ne montre en aucun cas pour le moment de velléités de monter plus haut. Le contexte lui est pourtant favorable car entre les spéculations de baisse de taux aux Etats-Unis, les critiques de Donald Trump sur la trop faible valorisation de l’euro (donc par effet miroir contre trop forte valorisation du dollar) ou encore la baisse momentanée des tensions sur le volet commercial après l’accord trouvé entre les Etats-Unis et le Mexique, on pourrait penser que l’EUR/USD a devant lui une autoroute pour poursuivre sa progression, or celle-ci ne s’observe pas.  Du moins pas pour le moment, et probablement pas tant que la Fed n’a pas livré son verdict (réunion le 18-19 juin) et confirmé (ou non) les anticipations de marché qu’une baisse de taux pourrait être opérée au plus tôt au courant de l’été (probabilité estimée en juillet à 81% sur les marchés à terme) ou au plus tard cet automne (probabilité de 92% pour septembre). Les marchés sont convaincus que ce scénario est inévitable, l’incertitude demeurant le timing et la question d’urgence ou non à intervenir aussi rapidement. Avant la réunion de mercredi prochain, de premiers éléments de réponse pourraient nous être offerts à l’occasion de la publication cette après-midi des statistiques officielles d’inflation aux Etats-Unis (14h30).

Niveaux clés : Inquiète du ralentissement des prix ces derniers mois, la Fed pourrait être tentée d’ajuster sa communication et d’ouvrir officiellement la voie à une prochaine baisse de taux lors de sa réunion de juin si l’inflation déçoit à nouveau cette après-midi. Cela pourrait alors donné un peu d’allant à l’EUR/USD pour tenter de passer au-dessus de $1,1350 (pic recensé vendredi à $1,1347) et prendre la direction du seuil de $1,14. Si l’inflation reste relativement stable, ou au mieux progresse, alors les marchés verraient là un argument pour les banquiers centraux américains pour justifier une approche attentiste et garder dans les cartons tout projet de baisse de taux. Dans ce scénario, un repli de l’EUR/USD sous $1,13 peut être envisagé. La paire reste également toujours très sensible à l’évolution des tensions sur le volet commercial et/ou en matière de politique européenne et reste donc sous la menace d’une correction en cas de turbulences soudaines.

Perf 2019 = -1,19% / Moyenne 2019 = $1,1294 / Point haut 11 juin 2019 = $1,1300 / Point bas 11 juin 2019 = $1,1337  / Clôture 11 juin 2019 = $1,1329


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