Actualités du marché des devises

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juin 11, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 11 juin 2019 – Sommaire :

  • Séance très peu volatile ce matin en l’absence de nouveaux éléments sur le volet commercial malgré les nouvelles menaces de rétorsion du président américain contre Pékin. Les marchés actions chinois rebondissent fortement ce matin (+2,6%) et un parfum de détente se fait ressentir
  • Très léger rebond de l’EUR/USD qui consolide sa position la semaine dernière à plus de $1,13. Premier des deux rapports d’inflation à suivre cette semaine aux Etats-Unis : Indices PPI à 14h30. Eléments clés avant la réunion de la Fed du 18-19 juin
  • L’EUR/GBP reste stable après avoir atteint la veille un pic de 5 mois à plus de £0,89. Chiffres de l’emploi à surveiller ce matin (10h30)
  • Rebond de l’EUR/JPY qui tutoie la barrière de ¥123 et ses plus hauts niveaux depuis deux semaines
  • L’EUR/AUD poursuit son ascension et approche peu à peu de ses plus hauts niveaux de l’année et du plafond de A$1,63
  • Rebond furtif de la paire EUR/NOK à NOK 9,83 après la publication ce matin en Norvège d’un ralentissement important de l’inflation en mai (2,5% A/A Vs 2,9% en avril). La couronne semble profiter du rebond des prix du pétrole.
  • L’EUR/ZAR poursuit sa correction et perd -0,5% pour s’établir à moins de ZAR 16,7

L’agenda de la semaine : Dernières estimations d’inflation aux Etats-Unis avant la Fed la semaine prochaine / La course à la succession de Theresa May est officiellement lancée / Vague de statistiques économiques majeures en Chine / Décision de la Banque Nationale Suisse et très probable nouveau statu quo

USD

USD – Indices de prix PPI (mardi) et CPI (mercredi) aux Etats-Unis – Une décélération des prix qui accentuent la pression sur les épaules de la Fed : Depuis plusieurs semaines, les banquiers centraux américains sont attentifs à un dynamique de ralentissement des prix dans le pays qui tend à suggérer une baisse de la consommation des ménages et donc implicitement un essoufflement de l’économie aux Etats-Unis. Cette problématique est prise très au sérieux, au point qu’un responsable monétaire américain (James Bullard, gouverneur de la Fed de St. Louis) ait pour la 1ière fois la semaine dernière ouvertement évoqué l’hypothèse d’une baisse de taux pour ramener l’inflation vers son objectif de long terme de 2%. Non remise en cause par le gouverneur central américain Jerome Powell, l’idée d’une première baisse de taux depuis 2008 a très largement enflammé les marchés la semaine dernière et lourdement pesé sur le dollar. Sur les marchés à terme, la probabilité d’une baisse de taux en septembre prochain est d’ailleurs montée à plus de 90% après la publication de chiffres de l’emploi très largement en-dessous des attentes vendredi dernier.

Orientation & Volatilité : L’observation de nouvelles pressions baissières sur les indices de prix américains cette semaine – indices de prix à la production (PPI) ce mardi et de prix à la consommation (CPI) ce mercredi – pourraient pousser les banquiers centraux américains à ajuster leur communication et préparer les marchés en juin (réunion le 19 juin) à l’éventualité d’une baisse de taux après l’été. Un tel changement d’approche viendrait officialiser l’entrée de la réserve fédérale américaine dans un nouveau cycle d’assouplissement monétaire et la compression sur les taux américains qui en découle viendrait accentuer les pressions baissières actuelles sur le dollar. Il faut toutefois nuancer le potentiel haussier sur l’EUR/USD qui résulte de ces annonces tant celles-ci sont déjà très largement anticipées, et globalement déjà bien intégrées par les acteurs de marché. De retour à plus de $1,13 depuis vendredi et la publication aux Etats-Unis de chiffres de l’emploi très décevants, l’EUR/USD pourrait néanmoins marquer un peu le pas et rester à distance des niveaux de $1,14-$1,15 qui constituent les plus hautes valorisations observées depuis le mois d’octobre dernier. Un nouveau rebond conséquent de la paire de change ne nécessite pas plus seulement un repli du dollar mais également une revalorisation de l’euro, or au regard du contexte économique et politique actuel en Zone Euro hautement incertain les pressions haussières sur la devise européenne sont minimes.

GBP

GBP – La course à la succession de Theresa May est lancée ? : Ils sont officiellement dix ! Dix candidats au sein du Parti conservateur qui se positionnent pour prendre le relai de l’ancienne première ministre britannique Theresa May qui a officiellement quitté ses fonctions vendredi dernier. Les auditions ont débuté lundi et devraient se poursuivre jusqu’au mois de juillet où l’on connaitra enfin l’identité du nouveau chef du gouvernement britannique, celui à qui incombe la lourde tache de clore le chapitre du Brexit. Grand favori des bookmakers, l’ancien ministre des affaires étrangères et grand partisan du Brexit Boris Johnson, a déjà prévenu qu’il prononcerait la sortie du Royaume-Uni de l’Union-Européenne en octobre prochain, avec ou sans accord. Ce dernier a d’ailleurs menacé de ne pas payer la facture du Brexit (£39Mds), que l’ancienne équipe gouvernante s’était engagée à régler, afin d’obtenir de meilleures conditions de retraits de la part de Bruxelles. Dans le camp des plus modérés, son principal rival désigné semble être son successeur aux affaires étrangères, Jeremy Hunt, qui croit possible une renégociations avec Bruxelles et souhaite ouvrer à un compromis avec les voisins européens afin d’éviter à tout prix un divorce avec fracas sans accord négocié. Les auditions se poursuivront et une série de vote sera organisée jusqu’à qu’on débouche sur un duel final entre deux candidats.

Orientation & Volatilité : Quel que soit le résultat final, le successeur de Theresa May sera très certainement une personnalité moins modérée que la précédente cheffe du gouvernement sur la question du Brexit et prête à finaliser coute que coute ce divorce avec l’Union Européenne dont le processus dure depuis maintenant presque 3 ans. Sur les dix candidats autorisés à concourir à cette « compétition » pour remplacer l’ancienne première ministre, ils sont huit à se déclarer ouvertement partisan du Brexit contre deux qui se positionnent comme des pro-européens modérés. Pour les investisseurs, l’arrivée au pouvoir au Royaume-Uni d’une personnalité politique peu flexible à la négociation rebat les cartes du Brexit et ravive les craintes qu’une impasse prolongée entre dirigeants britanniques et européens ne débouche finalement sur un scénario très largement craint par les milieux des affaires et financiers, celui d’un « Hard Brexit ».  Face à cette menace, la livre sterling a lourdement chuté depuis le début du mois de mai et accumule à ce jour près de -5% de pertes face à l’euro sur les 5 dernières semaines. Les pressions baissières pourraient s’accentuer encore davantage si comme le présent les parieurs anglais Boris Johnson devient le nouveau premier ministre, ou à l’inverse se dégonfler modestement si une personnalité plus modérée progresse dans les sondages et se positionnent comme un candidat sérieux pour remplacer May.  De retour depuis la semaine dernière au-dessus du seuil de £0,89, le cours EUR/GBP oscille désormais sur ses plus hauts niveaux depuis 5 mois mais pourrait encore progresser et s’approcher de ses « cimes » de la fin d’année dernière à près de £0,91 si les incertitudes autour du nom du futur premier ministre et les impacts potentiellement causés sur le Brexit augmentent. Une correction de la paire de change et un retour dans le couloir de £0,85-£0,87 visible sur la période mars-avril pourrait mettre un certain temps à se dessiner, cela supposerait que les candidats les plus conservateurs et largement favorables à une sortie sans accord soient rapidement mis hors-course.

CNY

CNY –  Inflation (mardi) et production industrielle/ventes au détail (vendredi) – L’économie chinoise à l’épreuve des tensions commerciales : quels impacts ?  : La série de données conjoncturelles publiée cette semaine en Chine sera importante à surveillée car elle nous donnera le pouls de l’économie en marge de l’annonce début mai de nouvelles mesures américaines de rétorsion commerciale et de l’officialisation d’un nouveau bras de fer entre Pékin et Washington. L’année dernière nous a démontré au combien une économie chinoise en pleine transformation de son modèle de croissance qui se veut désormais davantage tourné vers le marché intérieur est très sensible à la dégradation du contexte économique globale et au ralentissement des échanges commerciaux provoqué par le déferlement de mesures protectionnisme à travers le monde, bien que très souvent en provenance des Etats-Unis. Les statistiques commerciales publiées lundi en Chine ont montré une contraction bien plus importante que prévu des importations au mois de mai (-8,5% A/A Vs cons. -3,8%) ce qui signale une baisse de la demande intérieure et donc très probablement une consommation des ménages impactées par ces tensions commerciales. Toutefois à la surprise générale, les exportations ont progressé de +1,1% A/A alors que le consensus misait plutôt sur une contraction, d’où un petit motif d’espoir qui demeure quant à une possible résilience de l’économie malgré un contexte défavorable. L’observation des estimations d’inflation mercredi et la large série de statistiques économiques publiées vendredi où l’on retrouvera entre-autre les chiffres de production industrielle, de ventes au détail et d’investissements urbains seront de nouveaux éléments majeurs à l’aune desquels on pourra évaluer la sensibilité de l’économie chinoise aux tensions commerciales, et du coup mesurer l’impact bénéfique des mesures de soutien adoptées par le gouvernement chinois depuis le début de l’année.

Orientation & Volatilité : L’observation d’éventuels nouveaux signaux de ralentissement marqué de l’économie chinoise viendrait raviver les inquiétudes des investisseurs sur une possible nouvelle décélération plus prononcée cette année et par corollaire une baisse plus importante de la croissance économique mondiale. En tant que grand pourvoyeur de croissance, les toussotements de Pékin font craindre un effet domino et d’importantes répercussions pour l’ensemble des économies très largement dépendantes de la demande chinoise. Au niveau des marchés des changes, le yuan devrait être la principale victime collatérale d’éventuels fondamentaux économiques décevants en Chine, tandis que le yen comme à son habitude tirait grandement parti d’une nouvelle vague d’inquiétude des marchés vis-à-vis de l’économie mondiale. Malgré ces récentes déconvenues, le dollar américain en tant que devise de réserve (=88% des échanges dans le monde d’après le dernier rapport BIS) devrait toujours être préféré à l’euro et à la livre sterling en cas de vent de panique sur les marchés financiers et hausse de la volatilité. L’Europe et le Royaume-Uni apparaissant tous deux comme des zones instables (économiquement et politiquement) aux yeux des investisseurs, les devises de ces deux régions restent peu recherchées lors de période de troubles. Le cours EUR/CNH a approché tout près vendredi dernier ses plus hauts niveaux de l’année à plus de ¥7,85 et enregistre depuis fin avril un gain de près de 5% ce qui laisse supposé que le potentiel haussier apparaît relativement réduit si tant est que : 1) l’économie chinoise ne montre pas de nouveaux signes inquiétants de détresse et/ou 2) Pékin ne fasse pas l’objet de nouvelles lourdes mesures de rétorsion de la part de Washington. Le prochain seuil clé sur la paire se situe désormais autour de ¥7,92 qui est le plus haut niveau atteint au cours des 6 derniers mois.

CHF

CHF –  Décision monétaire (jeudi) – Nouveau statu quo très probable mais quel communication sur la valorisation actuelle du franc ? : Dans la lignée de ses homologues et au regard du contexte économique global relativement dégradé, la Banque Nationale Suisse ne devrait pas faire de vague ce jeudi à l’occasion de la présentation des conclusions de réunion monétaire trimestrielle et très probablement annoncer un maintien des taux directeurs à leur niveau actuel, c’est-à-dire historiquement bas. Les attentes seront ailleurs. Les banquiers centraux suisses vont-ils à nouveau suivre le pas de la BCE et démontrer une approche attentiste et prudente tout en restant relativement flou sur la future orientation de ses taux face à la montée des risques externes, ou alors imiter les banques centrales australienne et américaine et publiquement se prononcer en faveur de possibles mesures de soutien et potentiellement le recours à de nouvelles baisses de taux si les conditions le nécessitent. Au regard des taux déjà historiquement bas en Suisse (-0,75% = le plus bas du monde) et de la bonne performance de l’économie suisse au 1er trimestre, on peut raisonnablement penser que la BNS va pencher pour la première option et ne pas céder aux pressions qui poussent les banques centrales à assouplir à nouveau les conditions monétaires pour parer aux risques de récession qui ont récemment éclos. On surveillera également les commentaires des responsables monétaires sur le franc et sa valorisation actuellement haute face à l’euro alors que l’on sait au combien ces derniers sont sensibles et tiennent à ce que la devise suisse ne soit pas trop élevée pour maintenir l’économie suisse compétitive et soutenir l’inflation.

Orientation & Volatilité : Comme l’histoire l’a montré dans le passé, le franc suisse sera attentif aux éventuels ajustements de communications des banquiers centraux suisses, tout d’abord à ses intentions en matière de taux puis à la communication officielle sur la valorisation du franc. Si ce dernier était considéré comme à nouveau « surévalué » ou « trop fort », on pourrait s’attendre à de prochaines interventions de la banque centrale sur les marchés des changes pour réguler la valeur du franc et limiter de nouveaux gains de ce dernier. Il faut dire que la devise suisse est clairement orientée à la hausse et profite pleinement de l’instabilité politique en Zone Euro (risques budgétaires en Italie, coalitions instables en Allemagne et en Italie, flou autour du Brexit) et aussi des inquiétudes générales autour des tensions commerciales. Avec un EUR/CHF à ₣1,12, on peut toutefois penser que la banque ne juge pas encore opportun de tirer la sonnette d’alarme, le seuil de ₣1,10 faisant à priori office de seuil de tolérance pour cette dernière. Sans soutien de la BNS pour le pousser un peu, le cours EUR/CHF pourrait rester sur ces niveaux actuels et continuer à voguer au gré de l’évolution du sentiment des marchés. Au regard des incertitudes globales qui persistent sur le volet commercial – même si les marché ont favorablement accueilli l’accord entre les Etats-Unis et le Mexique pour éviter l’introduction de taxes douanières additionnelles de 5% - les pressions sont davantage baissières (₣1,11-₣1,12) qu’haussières (objectif de ₣1,13).

Mais aussi cette semaine… 

  • Emploi au Royaume-Uni (mardi) : Le chômage devrait rester stable en avril à son plus bas niveau depuis 1975 (3,8%) mais le consensus craint que s’observe une nouvelle décélération marquée des salaires. La baisse des pressions haussières sur les salaires pourrait se répercuter sur l’inflation et du coup atténuer les spéculations de possible hausse de taux au Royaume-Uni d’ici la fin de l’année une fois le Brexit opéré. 
  • Emploi en Australie (jeudi) : Les statistiques de l’emploi en Australie avaient été décevantes en avril et du coup entrainées une 1ere baisse de taux par la RBA lors de sa réunion de début juin. Ces inquiétudes étaient-elles fondées ? 
  • Production industrielle et ventes au détail aux Etats-Unis (vendredi) : Indicateurs conjoncturels majeurs à l’approche de la réunion de la Fed du 18-19 juin.

Retour sur la séance de lundi : Léger soulagement des marchés après l’annonce d’accord entre Washington et Mexico… vite effacé par le retour des craintes autour de la Chine / Fortes inquiétudes autour de l’économie britannique / La BCE s’inquiète d’une désynchronisation des anticipations d’inflation 

L’annonce d’un accord trouvé entre les autorités américaines et mexicaines sur la question migratoire a été accueillie par un soulagement plutôt modéré des marchés étant donné que cette décision était largement pressentie au regard des nombreux bruits de couloirs optimistes entendus tout au long de la semaine en marge des négociations qui se sont tenues tout au long de la semaine dans la capitale américaine. Surtout l’effet de cette annonce se dissipa très rapidement face au retour de vives préoccupations en provenance de Chine après la publication lundi matin des nouvelles statistiques commerciales chinoises. 

La forte contraction des importations (-8,5% A/A) et le rebond surprise des exportations (+1,1% A/A) couplé à l’accentuation du déficit commercial américain vis-à-vis de Pékin ont été un double coup de massue pour les investisseurs. La baisse de la demande chinoise traduit une économie qui semble s’essouffler et apparait touché par les barrières douanières dont elle fait l’objet, tandis que l’augmentation du déséquilibre commercial entre la Chine et les Etats-Unis apparaît comme un argument supplémentaire sur lequel peut s’appuyer le président américain pour annonce de nouvelles mesures de rétorsion. Ce dernier a d’ailleurs ouvertement menacé de nouvelles sanctions et taxes sur les $300Mds d’exportations chinoises exempts pour le moment de barrières douanières aux Etats-Unis après le Sommet du G20 qui aura lieu en fin de mois à Osaka (28-29 juin). 

L’EUR/JPY avait ouvert la séance de lundi à un pic de plus de 2 semaines tout proche du seuil de ¥123 mais finalement effacé ses gains au cours de la journée et clôturé la séance à un niveau à peine supérieur à son cours de clôture de vendredi à moins de ¥122,7. La paire EUR/CHF a connu une séance peu agitée et est restée aux portes du seuil de ₣1,12. Le peso mexicain a lui enregistré son plus fort rebond depuis 1 ans et progressé de plus de 2% face à l’euro, le cours EUR/MXN clôturant à un peu plus de MXN 21,7. Le cours EUR/CNH n’a guère été affecté lundi par le retour des préoccupations autour de l’état de santé de l’économie chinoise et corrigé de -0,2% à un peu plus de ¥7,85. Il faut dire que la paire de change avait tutoyé vendredi avec ses pics annuels aussi un léger dégonflement n’est pas des plus surprenants. 

Les inquiétudes autour de l’économie chinoise se sont répercutées sur le dollar australien qui a cédé lundi près de -0,4% face à l’euro et du coup ramené l’EUR/AUD sur ses plus hauts niveaux de l’année à A$ 1,6250. Les devises émergentes ont pleinement surfé sur l’annonce d’accord entre Etats-Unis et Mexique et ainsi effacé une partie des pertes accumulées ces dernières semaines. Ainsi, le rand sud-africain a progressé de plus de 1% face à l’euro pour s’écarte du palier de ZAR 17,0 que le cours EUR/ZAR a touché vendredi dernier pour la 1ière fois depuis octobre 2018. Le cours EUR/TRY a également corrigé de plus de -1% et la livre turque s’échangeait en clôture à un peu plus de TRY 6,50 face à l’euro. 

Le cours EUR/USD a légèrement corrigé lundi après avoir atteint vendredi un pic de 11 semaines à presque $1,1350 consécutivement à la publication de chiffres de l’emploi américain très décevants. Celui-ci a perdu près de-0,2% mais néanmoins réussi à se maintenir à plus de $1,13, l’euro voyant réapparaître face à lui quelques pressions baissières après la publication dans les médias d’un rapport relayant les inquiétudes de la Banque Centrale Européenne à l’égard d’une possible désynchronisation des anticipations d’inflation. Alors que la banque estime que l’inflation devrait recommencer à accélérer sur la fin d’année et s’orienter graduellement à la hausse pour se rapprocher peu à peu de son objectif de long terme de 2% (projection de 1,2% en 2019, 1,4% en 2020 et 1,6% en 2021), les anticipations d’inflation à 5 ans dans 5 ans, un élément de mesure très prisé par la banque pour réaliser ses projections, ne cessent de reculer et sont tombées la semaine dernière à un plus bas historique. Une telle défiance des marchés pourrait accentuer la dynamique de ralentissement des prix en Zone Euro et alors pousser la banque centrale à considérer le recours à de nouvelles mesures de soutien – injections de liquidité et/ou baisse de taux – pour stimuler l’inflation et regagner la confiance des marchés. 

L’EUR/GBP a gagné +0,2% et atteint un pic de 5 mois à près de £0,8930 après la publication d’une forte contraction de la production industrielle (-2,7% M/M) et manufacturière (-3,9% M/M) et d’une contraction plus prononcée que prévu du PIB (-0,4% M/M Vs cons. -0,1%) au mois avril. On avait pas assisté à un tel recul mensuel de la production manufacturière depuis 2002, d’où les turbulences qui ont secouées la livre sterling suite à la publication de ces statistiques. Les enquêtes d’activité publiées le mois dernier avaient déjà soulevé quelques inquiétudes à l’égard de l’état de santé de l’économie britannique notamment au regard de la sous-performance des secteurs de l’industrie et de la construction. Une dégradation des fondamentaux s’ajoutant aux craintes relatives au Brexit, la défiance à l’égard de la devise britannique ne cesse de s’accentuer parmi les acteurs de marché.


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