Actualités du marché des devises

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mai 27, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 27 mai 2019 – Sommaire :

  • Au lendemain des élections européennes au cours desquelles la progression de formations eurosceptiques fut moins importante que prévu, l’euro navigue toujours en eaux troubles et reste sur ses gardes.
  • L’EUR/USD plie légèrement sous $1,12 ce matin et reste sur ses gardes à l’heure où les premiers bilans des élections sont faits. On surveille de près la situation politique en Allemagne et Italie où les coalitions actuelles apparaissent fragilisées par ce scrutin.
  • La paire EUR/GBP remonte ce matin au-dessus de £0,88 alors que la course à la succession de Theresa May est lancée et maintient en suspens les craintes de nouveaux bouleversements à venir sur le dossier du Brexit.
  • La « vague populiste » fut moins importante que prévu lors de ses élections européennes d’où un rebond correctif de l’EUR/CHF à ₣1,1250 après son creux de 8 semaines touché la semaine dernière à moins de ₣1,12.
  • Forte correction de la paire EUR/TRY (-0,8%) à TRY 6,76  ce matin en réaction au choix de la banque centrale turque de rehausser le taux de réserve obligatoire sur les dépôt bancaire en devises.
  • Le cours EUR/CNH reste dans un couloir d’étranglement de ¥7,72-¥7,75 et surveille de près tout signe de nouvelles frictions entre Pékin et Washington sur le volet commercial.

L’agenda de la semaine : Premier bilan et premières conséquences des élections européennes / La course à la succession de Theresa May commence / Révision des chiffres de croissance aux Etats-Unis / Réunion de la Banque du Canada

EURO

EUR – Premier bilan des élections européennes : Au regard des résultats préliminaires de ce weekend, le grand vainqueur est… le taux de participation qui pour la première fois en 5 édition devrait dépasser la barre symbolique des 50%. Les électeurs européens se sont cette fois mobilisés à l’occasion d’un scrutin qui, aux yeux de beaucoup d’observateurs, devait être le théâtre d’une large « vague populiste » et confirmer la montée en puissance des partis nationalistes et eurosceptiques en Europe. Si vague il y a bien eu, le raz-de-marée annoncé ne s’est pas concrétisé. Les trois groupes politiques composés de formations nationalistes et d’extrême-droite  (si l’on se base sur les alliances passées) – Conservateurs et Réformistes Européens (ECR), Europe des Nations et Libertés (ENL) et Europe de la Liberté et de la Démocratie Directe (ELDD) – récoltent au total  172 sièges(*), soit 17 sièges de plus qu’en 2014. Les grands gagnants de ce scrutin sont en réalité les libéraux (+38 sièges) et les écologistes (+18 sièges) qui ont su profiter de la perte de vitesses des formations traditionnelles de centre-droit et de centre-gauche qui composent les deux groupes dominants du Parlement, le Parti Populaire Européen (PPE, -37 sièges) et les Sociaux-Démocrates (S&D, -35 sièges), et qui devraient vraisemblablement être les deux « faiseurs de roi » lors des coalitions à venir. Car en effet, pour la 1ière fois de leur histoire les deux groupes traditionnels, le PPE et le S&D, cumuleront à eux deux moins de 50% des sièges et devront chercher des partenaires pour former une coalition dirigeante. Même si plus fragmenté que d’ordinaire, le Parlement européen version 2019 devrait sans aucun doute garder une orientation profondément pro-européenne, et c’est bien là le principal pour les investisseurs qui craignaient qu’une forte poussée des formations eurosceptiques puissent paralyser l’activité de cette institution et semer le doute sur la légitimité du projet européen. Si à l’échelon européen, on peut finalement quelque peu se réjouir du résultat qui se veut moins alarmant que prévu, au niveau national on peut nourrir quelques inquiétudes. En Allemagne, le nouveau fort recul des sociaux-démocrates (SPD), lesquels arrivent 3ième du scrutin derrière les Verts et les conservateurs chrétiens (CDU-CSU) d’Angela Merkel et sont désormais talonnés par l’extrême-droite (AfD), pourrait les inciter à quitter la coalition qu’ils forment actuellement avec la formation de la chancelière allemande afin de tenter de refonder leur projet politique et séduire à nouveau les électeurs allemands. Le cas échéant, nous pourrions assister à des élections anticipées en Allemagne dans les prochaines semaines/mois. Des élections anticipées, c’est également ce à quoi l’on pourrait assister en Italie où la victoire de Ligue du Nord et le recul de son partenaire au gouvernement, le Mouvement  Etoiles, arrivé seulement 3ième de ce scrutin derrière le Parti Démocrate, pourrait faire imploser la coalition gouvernante actuelle dont l’entente s’est fortement dégradée ces dernières semaines. En Grèce, le premier ministre Alexis Tsipras a annoncé des élections législatives anticipées après la défaite de son parti Syriza aux élections européennes. Quid de la France où la formation du président Emmanuel Macron, porte étendard du projet de refonte et de renouvellement du projet européen, est arrivée « seulement » deuxième de ces élections qui furent remportées, comme en 2014, par l’extrême-droite et le parti Rassemblement National. Si une élection anticipée est peu probable en France, cela questionne tout de même la capacité du président français à poursuivre son agenda de réformes jusqu’à la fin de son mandat et son influence auprès de ses partenaires européens.

(*) Estimations en attendant la publication des résultats finaux

Orientation & Volatilité  : La poussée modeste des mouvements nationalistes et eurosceptiques lors de cette élection européenne est plutôt une nouvelle rassurante pour les marchés et évite pour le moment de nouvelles sueurs froides à l’euro qui conforte ce matin son retour à $1,12 survenu en fin de semaine dernière. Il pourrait s’agir là d’une décompression très temporaire si d’aventure on assiste à une vague d’élections anticipées en Europe – les situations de l’Allemagne et de l’Italie sont observées de très près par les investisseurs – et un retour du spectre en d’une possible contestation du pouvoir par des formations d’extrême-droite et nationalistes. Il est certain que face au retour de ces incertitudes, les investisseurs verraient là une nouvelle occasion de réduire leurs positions en euro et nous pourrions dès lors assister, comme cela fut le cas la semaine dernière (point bas recensé à $1,1106 jeudi) à une tentative de l’EUR/USD de cassure de son support de $1,11. Les investisseurs ne s’y trompent pas et perçoivent ce risque, c’est la raison pour laquelle le potentiel haussier de l’EUR/USD reste toujours très modeste, et globalement très influencé par les égarements de la devise américaine.

GBP

GBP – La course à la succession de Theresa May est lancée : Cela ne faisait aucun doute tant la contestation était devenue forte ces dernières semaines et les pressions de départ quasi constantes depuis quelques jours. Ce vendredi, Theresa May a officialisé, non sans verser quelques larmes, son futur départ de son poste de première ministre pour le 7 juin prochain. Ne voyant aucune issue à la problématique du Brexit après l’accueil froid fait, aussi bien dans le camp travailliste que parmi de nombreux conservateurs, à ses nouvelles propositions de texte de divorce et face à la perte graduelle de popularité des Tories auprès des électeurs, celle-ci a préféré quitter ses fonctions et laisser l’opportunité à une autre équipe gouvernante de réussir là où elle-même a échoué depuis 3 ans. La course à la succession de la première ministre – laquelle ne sera officiellement lancée que le 10 juin prochain à l’occasion des premières auditions des candidats conservateurs briguant le poste – fait déjà rage. On recense pour le moment une dizaine de personnalités qui ont officiellement annoncé leur candidature dont l’ancien maire de Londres et grand favori des parieurs britanniques Boris Johnson, l’actuel ministre de l’environnement Michael Gove et l’actuel ministre des Affaires étrangères Jeremy Hunt. D’autres candidats pourraient rejoindre la course dans les prochains jours. De cette succession et de l’orientation politique du prochain chef de l’Etat britannique découlera l’issue finale du Brexit. C’est ce que surveille en ce moment même les investisseurs.

Orientation & Volatilité  : Le changement de gouvernance au Royaume-Uni pourrait totalement remettre à plat le processus de divorce avec l’Union Européenne, et c’est bien ce qui inquiète les marchés. Même avec un soutien très réduit, la position de Theresa May était plutôt claire et on savait que celle-ci déploierait tous les efforts possibles pour éviter à son pays un divorce douloureux et une sortie sans accord de l’Union Européenne. Son successeur aura-t-il la même sensibilité. On en est absolument pas certain. Une nomination potentielle de Boris Johnson, lequel a fait campagne en faveur du Brexit en juin 2016, raviverait ces craintes, quand bien même si ce dernier s’est dit ouvert à rediscuter avec Bruxelles les termes du divorce. Le flou qui règne autour de la future personnalité du premier ministre et les futurs développements du Brexit reste un lourd fardeau difficile à porter pour la livre sterling. Si celle-ci reprend un peu de force après avoir enchaîné 14 séances consécutives de repli face à l’euro et subi près de 4% de pertes, elle reste toujours sous la menace d’un nouveau décrochage en cas de montée des craintes sur les marchés de possible concrétisation d’un scénario de « hard Brexit ». La barrière de £0,8850 est le seuil de résistance à surveiller en cas de nouveau rebond significatif de la paire EUR/GBP.

USD

USD – Révision des chiffres de croissance au T1 (jeudi) : Les chiffres préliminaires de croissance du PIB américain au 1er trimestre 2019 publiés en avril avaient totalement surpris les marchés, et plutôt de manière positive car ressortis à plus de 3% en rythme annualisé (3,2% en 1ière estimation) alors que le consensus misait sur une dynamique bien moins robuste et craignait de voir l’apparition de premières répercussions néfastes des tensions commerciales sur la performance globale de l’économie américaine. La seconde lecture de ces chiffres de croissance permettra de confirmer, ou non, cette résilience.

Orientation & Volatilité  : Le consensus table sur une très légère révision à la baisse des chiffres de croissance (cons. 3,1%) aux Etats-Unis sur le début d’année, un résultat qui s’il est confirmé viendra consolider la forte valorisation actuelle du dollar. Sauf décalage et forte révision de ces statistiques, les regards des investisseurs seront plus attentifs à la publication en parallèle des statistiques trimestrielles des indices de prix PCE – élément de mesure de l’inflation privilégié par la réserve fédérale américaine – et celles mensuelles publiées le lendemain. Alors que les banquiers centraux américains jugent comme « transitoire » la phase actuelle de dégonflement des prix aux Etats-Unis, les marchés voient dans l’évolution de l’inflation un facteur clé qui  pourrait précipiter ou non le choix de la Fed d’opérer une baisse de ses taux directeurs… scénario très largement anticipé actuellement sur les marchés à terme. Ce lundi, la probabilité d’une baisse de taux était de 43% d’ici septembre, 56% d’ici octobre et 74% d’ici décembre prochain.

CAD

CAD –  Décision monétaire (mercredi) & chiffres du PIB au T1 (vendredi) : Les économistes sondés en amont de la réunion monétaire de mercredi sont unanimes, la Banque du Canada devrait sans aucun doute maintenir ses taux directeurs inchangés à 1,75% et probablement définitivement enterrer les espoirs d’une nouvelle hausse de taux cette année. Optimiste à l’égard d’un rebond de l’économie canadienne au second semestre lors de sa précédente sortie effectuée en avril dernier, la banque pourrait cette fois se montrer plus prudente et citer la dégradation des conditions commerciales et le plafonnement des prix du pétrole comme freins potentiels à la croissance. Les chiffres de croissance au 1er trimestre publiés vendredi seront à surveiller, notamment mis en parallèle avec les commentaires effectués mercredi par les banquiers centraux canadiens. Après une performance quasi-nulle au dernier trimestre 2018, le consensus table à nouveau sur un rebond très modeste de l’économie canadienne sur ce début d’année (cons. +0,7% T/T en rythme annualisé ou +0,175% T/T).

Orientation & Volatilité  : Une pause sur les taux canadiens étant actée pour les investisseurs, on surveille désormais si cela augure une éventuelle baisse de taux à venir ou si l’on reste dans une optique de poursuivre au Canada le cycle de normalisation monétaire. Les marchés seront très sensibles à la perspective d’une possible baisse de taux au Canada, laquelle paraît ici prématurée mais pas non plus improbable au regard de la performance mitigée observée ces derniers mois au Canada et de la dégradation de l’environnement économique global. Remonté au-dessus de C$ 1,50 en fin de semaine dernière après avoir flirté tout près de son support de 6 mois situé à C$ 1,49, la paire EUR/CAD reste plus que jamais arrimé à son couloir de fluctuation de C$1,49-C$1,52.


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