Actualités du marché des devises

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mai 17, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 17 mai 2019 – Sommaire :

  • Global - Les frictions commerciales sino-américaines continuent à peser sur la volatilité des marchés des changes. Le yen repart à la hausse tandis que le yuan glisse à nouveau.
  • USD - Tentative timide de rebond de la paire EUR/USD en direction de $1,12. Réaction attendue du dollar aux indices de confiance des ménages (16h00) dans un contexte de retour de la volatilité sur les marchés financiers.
  • GBP - La paire EUR/GBP enregistre actuellement sa 10ième séance consécutive de hausse et approche £0,8750. Les marchés craignent qu’un départ prématuré de Theresa May pousse le Royaume-Uni sur la voie d’une sortie de l’Union Européenne sans accord.
  • JPY - Repli de la paire EUR/JPY qui teste son support situé à ¥122,50.
  • AUD- La paire EUR/AUD poursuit son ascension et oscille à plus de A$1,62 alors que les marchés évaluent à plus de 80% la probabilité d’une baisse de taux en Australie en juin.
  • CNY/CNH - Pressions baissières observées sur le yuan en parallèle à la correction de plus de -2% des marchés actions chinois. Le cours EUR/CNH peine à casser le plafond de ¥7,75 tandis que la paire USD/CNY atteint le seuil de ¥6,90 pour la 1ière fois de l’année.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de jeudi : Nouvelles frictions sino-américaines autour de l’entreprise Huawei / La livre sterling se replie sur fond de craintes d’un départ prématuré de Theresa May / Anticipation d’une baisse de taux en Australie en juin / Des tensions au Moyen-Orient qui soutiennent le pétrole

On a assisté jeudi à une séance où la volatilité sur les marchés des changes fut très modeste mais néanmoins marquée par la hausse des prix du pétrole sur fond de craintes de conflit au Moyen-Orient et l’accentuation des pressions baissières sur la livre sterling et le dollar australien. L’humeur générale sur les marchés est toujours à la prudence et une certaine dose d’aversion au risque guide toujours les prises de décision des investisseurs alors que les rumeurs de sanctions américaines contre le groupe chinois Huawei ont accentué les préoccupations autour d’une dégradation des relations entre Pékin et Washington.

On le sentait venir. Après avoir résisté mercredi aux pressions baissières s’abattant sur lui, le cours EUR/USD a finalement cédé et chuté sous le seuil de $1,12, la paire de change touchant à l’occasion dans la journée un creux depuis 8 séances à $1,1164. Le dollar a bénéficié hier de la bonne impression laissée par la publication aux Etats-Unis d’indicateurs conjoncturels bien meilleurs que prévu (baisse des inscriptions aux allocations chômage, hausse des mises en chantier et permis de construire) lesquels ont relégué le temps d’une journée les inquiétudes autour des tensions commerciales actuelles entre la Chine et les Etats-Unis et ses répercussions potentielles sur l’économie américaine.  

La livre sterling a enregistré jeudi sa 9ième séance consécutive de repli face à l’euro pour une perte cumulée de -2,7%. Le cours EUR/GBP a conforté son retour mercredi au-dessus de la barrière de £0,87 et oscille sur ses plus hauts niveaux observés depuis la mi-février (quasiment 3 mois). De moins en moins soutenue au sein de son propre parti, l’avenir de Theresa May apparaît en pointillé. Si cette dernière a promis qu’elle s’en irait de son propre gré aussitôt que l’accord de sortie sera ratifié au Parlement, on craint du côté des investisseurs qu’elle soit poussée vers la sortie avant même que le Brexit soit acté. L’ancien maire de Londres et chef de la campagne de soutien au Brexit réalisée en marge du référendum de juin 2016, Boris Johnson apparaît comme le grand favori pour lui succéder en cas de départ prématuré de May et de non organisation de nouvelles élections dans la foulée. Son arrivée potentielle à la tête du gouvernement britannique pourrait constituer un véritable virage et placer le Royaume-Uni sur la voie d’une sortie de l’Union Européenne sans accord, ou un scénario redouté par les milieux des affaires britanniques et l’ensemble des acteurs financiers mondiaux.   

Les rumeurs de sanctions américaines à l’encontre du groupe chinois de télécommunication Huawei et la mise de ce dernier sur une liste noire de fournisseurs avec lesquels les entreprises américaines n’ont plus le droit de traiter ont ravivé les craintes qu’une escalade de tensions entre Pékin et Washington ne finisse pas déboucher sur une « guerre commerciale » entre les deux principales économies mondiales. Face à ce risque, les investisseurs préfèrent rester prudents et maintiennent un certain intérêt pour les valeurs refuges telles que le dollar, le yen ou le franc suisse. Le cours EUR/JPY reste à hauteur de ses plus bas niveaux depuis 4 mois à moins de ¥123 mais se heurte toujours à la barrière de ¥122,50 qui parvient pour le moment à contenir les tentatives de repli de la paire de change. Le cours EUR/CHF a quant à lui enregistré hier sa 5ième séance de repli sur les 6 derniers jours (perte cumulée de -1,2%) et se valorise à moins de ₣1,13.

Toujours sur la défensive, le yuan chinoise résiste pour le moment aux pressions baissières relatives au contexte actuel et à la multiplication des mesures de rétorsion annoncées ces derniers jours par Washington. Le cours EUR/CNH tape à la porte mais bute toujours sur un plafond situé à ¥7,75 tandis que la paire USD/CNY coince à franchir la barrière de ¥6,88. Ces deux « plafonds » sont sérieusement testés ce matin (pic de l’EUR/CNY à plus de ¥7,76 et de l’USD/CNY à plus de ¥6,90) alors que la bourse chinoise enregistre ce vendredi un recul de plus de -2% et souffre des menaces qui pèsent sur Huawei.  

Déjà très lourdement handicapé par la dégradation récente du contexte économique global relatif au retour au premier plan de frictions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis mais également à l’apparition de nouveaux signes alarmants de ralentissement de l’économie chinoise, le dollar australien fut victime jeudi d’une hausse des spéculations de baisse de taux en Australie après la publication de chiffres de l’emploi décevants. La banque centrale australienne a fait du chômage un de ses chevaux de bataille et laissé entendre dans un récent rapport qu’une absence d’une baisse significative du nombre de demandeurs d’emploi dans le pays pourrait la conduire à réduire les taux d’intérêt. Sur les marchés à terme, la probabilité d’une baisse de taux lors de la prochaine réunion monétaire de la RBA en juin est désormais de plus de 80%. Le cours EUR/AUD n’en finit plus de grimper et enregistre actuellement un rebond de plus de 3% depuis un mois. Le cours oscille actuellement sur ses plus hauts niveaux depuis 4 mois à plus de A$ 1,62.

L’accentuation des tensions entre les Etats-Unis et l’Iran et les inquiétudes autour de l’éclatement d’un éventuel conflit armé entre les deux pays se répercutent sur les marchés du pétrole. Anticipant une possible baisse de l’offre en brut sur les marchés, les cours du brut flambent de nouveau et viennent d’enregistrer un rebond de plus de 3% sur les trois dernières séances. L’indice Brent est de nouveau aux abords du seuil de $73 (niveau touché jeudi en séance) ou ses plus hauts niveaux au mois de mai. Les devises pétrolières ne sont pas en reste et profitent pleinement de cette hausse des prix pour effacer les pertes engrangées face à l’euro ces dernières semaines consécutives aux turbulences générées par le retour au premier plan de tensions commerciales mondiales. Le dollar canadien a enregistré hier sa 3ième séance consécutive de hausse face à l’euro (+0,6% en cumulé) et atteint un pic de quasiment 2 semaines à moins de C$1,50 (point bas recensé en séance sur la paire EUR/CAD à C$ 1,4987), bien aidé il faut le reconnaître par la publication dans l’après-midi de ventes manufacturières au Canada nettement supérieures aux attentes au mois de mars (+2,1% M/M Vs cons. +1,1%). Le rouble russe s’est lui aussi renforcé jeudi engrangé plus de +1,5% de gains face à l’euro sur les trois dernières séances, la paire EUR/RUB ayant été aperçue hier en-dessous du seuil de RUB 72,0 pour la 1ière fois au mois de mai.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD  :  Faut-il réellement s’étonner des nouveaux signes de fébrilité de l’EUR/USD ? Pas vraiment. Le contexte actuel de montée des tensions commerciales ne lui ait clairement pas favorable, notamment mis en relief avec la fragilité de l’économie européenne et plus particulièrement celle de son leader allemand dont l’activité est très affectée par la baisse de la demande chinoise et la réduction des échanges commerciaux mondiaux. L’approche des élections européennes (fin de semaine prochaine) au cours desquelles l’on pourrait voir réapparaître quelques lignes de fracture en cas de bon score des partis contestataires eurosceptiques mais également la montée des inquiétudes au Royaume-Uni autour d’un départ prématuré de Theresa May et ses potentiels impacts sur les contours du Brexit sont autant de facteurs d’incertitude qui n’incitent pas pour le moment les marchés à se tourner vers l’euro et reprendre des positions. Le seul argument qui puisse en ce moment soutenir un rebond de la paire de change serait un repli du dollar, or celui-ci reste, sous couvert de bonne performance démontrée par l’économie américaine, toujours très sollicité par les investisseurs. La donne pourrait quelque peu changer si les tensions entre la Chine et les Etats-Unis étaient amenées à s’intensifier et que les marchés commencent à vendre massivement des actifs américains (actions et dettes) sur fond de craintes qu’un éventuel conflit entre les deux géants impacte significativement l’économie américaine.

Niveaux clés : De retour sous le seuil de $1,12 depuis hier, le cours EUR/USD parvient à se stabiliser ce matin et tente modestement de rebondir. Le sentiment d’aversion au risque émanant de la recrudescence de tensions entre la Chine et les Etats-Unis, lequel se répercute ce matin sur les marchés actions chinois (plus de -2%), apparaît comme un frein à un redressement significatif de la paire de change. Une éventuelle révision à la hausse ce matin des chiffres d’inflation de la Zone Euro en avril (11h00) pourrait aider la paire dans sa tentative de retour à $1,12. Aux Etats-Unis l’attention se portera en fin d’après-midi sur la publication des chiffres préliminaires de l’indice Michigan de confiance des ménages américains au mois de mai (16h00). Le dollar sera très sensible à l’impact éventuel (nul, modeste ou important) du retour des tensions commerciales sur le moral des consommateurs américains. Une baisse de confiance pourrait servir de prétexte à des prises de bénéfices sur le dollar et offrir l’opportunité à l’EUR/USD de s’éloigner de ses plus bas niveaux de l’année (point bas annuel à $1,1110).  

Perf 2019 = -2,52% / Moyenne 2019 = $1,1308 / Point haut 16 mai 2019 = $1,1225 / Point bas 16 mai 2019 = $1,1164 / Clôture 16 mai 2019 = $1,1172


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