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mai 16, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 16 mai 2019 – Sommaire :

  • Volatilité réduite ce matin dans le prolongement de la journée de la veille, l’euro reste stable pendant que la livre sterling et le dollar australien perdent pied.
  • L’EUR/USD se maintient tant bien que mal à $1,12 et semble lutter pour ne pas glisser à nouveau.
  • L’EUR/GBP oscille sur ses plus hauts niveaux depuis 3 mois à plus de £0,87 alors que l’on redoute un nouveau rejet du texte de sortie au Parlement en juin prochain.
  • L’EUR/AUD poursuit son ascension et atteint ce matin un pic de plus de 4 mois à $1,6250 après la publication de chiffres de l’emploi décevants. La hausse plus importante que prévu du chômage dans le pays (5,2% Vs 5,0% en mars) pourrait pousser la banque centrale australienne à considérer sérieusement une réduction de ses taux d’intérêt.
  • Les deux valeurs refuges, le yen et le franc, restent orientées à la hausse face à l’euro. L’EUR/JPY bute pour le moment sur un support situé à ¥122,5 tandis que l’EUR/CHF oscille toujours sous ₣1,13 sur ses plus bas niveaux depuis 1 mois.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de mercredi : L’euro insensible aux chiffres de croissance allemands / L’économie chinoise inquiète à nouveau les investisseurs / La livre sterling chute à un creux de quasi 3 mois sur fond d’inquiétudes sur un nouveau rejet du texte de sortie au Parlement britannique

C’était l’un des principaux, sinon le principal évènement de la séance de mercredi, la publication des 1ière estimations de croissance du PIB en Allemagne au 1er trimestre. Ceux-ci sont ressortis en ligne avec les attentes du marché et confirmé un rebond modeste de l’économie de +0,4% T/T sur le début de l’année malgré une industrie et activité à l’export fortement handicapés par le maintien de vives tensions commerciales à l’échelle globale. L’euro est resté impassible à la sortie de ces statistiques et ne s’est pas ému davantage à la sortie un peu plus tard dans la matinée de chiffres de croissance en Zone Euro inchangés (+0,4% T/T et +1,2% A/A) par rapport aux estimations préliminaires publiées fin avril. Le retour depuis une semaine des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis fait craindre de nouvelles répercussions au sein d’une économie européenne déjà fragilisée depuis des mois par l’accentuation des risques externes et la dégradation du contexte économique mondial. L’EUR/USD a passé une partie de la journée dans le rouge à cause d’un retour d’un sentiment d’aversion au risque nourri par un regain de préoccupations à l’égard de la situation budgétaire en Italie mais également de l’économie chinoise qui a montré mercredi des signe inquiétants de ralentissement. Malgré un creux enregistré en séance à $1,1175, la paire de change a néanmoins réussi à se reprendre grâce en partie à la déception causée par une contraction inattendue des ventes au détail aux Etats-Unis au mois d’avril (-0,2% M/M Vs cons. +0,2%) et clôturé la journée à $1,12.

La séance de mercredi fut fortement influencée par les réactions à l’égard des chiffres très décevants de l’économie chinoise publiés tôt dans la matinée en Europe et un mélange de sentiment variant entre inquiétudes face à de nouveaux indices démontrant un ralentissement inquiétant de l’activité et espoir face à la perspective de nouvelles mesures prises par les autorités chinoises pour soutenir la croissance. La volatilité du yuan a bien retranscrit cette dualité de sentiment et l’EUR/CNH est resté très stable mercredi au pied du seuil de ¥7,75. Hautement sensible à l’état de santé de l’économie mondiale, et plus particulièrement de la Chine, le dollar australien a de nouveau perdu pied face à l’euro et l’EUR/AUD a touché hier pour la 1ière fois depuis 4 mois la seuil de A$ 1,62 (pic recensé en séance à A$1,6204). L’ascension de la paire de change se poursuit ce jeudi après la publication de chiffres de l’emploi en Australie pas à la hauteur des attentes et une hausse plus importante que prévu du chômage dans le pays (5,2% Vs cons. 5,1% et 5,0% en mars), lesquels renforcent la perspective d’une probable baisse de taux dans les prochains mois.

Les marchés restant en état d’alerte, il en a résulté une volatilité très réduite des valeurs refuges que sont le yen japonais et le franc suisse. Les investisseurs préfèrent attendre que les risques se stabilisent avant de reprendre des positions plus risquées. De ce fait, l’EUR/JPY se maintient sous la barrière de ¥123 et reste à flot grâce à la présence d’un solide seuil support situé au niveau de ¥122,5 qui fait office de rempart à toute tentative de repli de la paire de change. Le cours EUR/CHF reste quant à lui aux portes des ₣1,13.

Ce fut l’une des plus importantes variations de la journée parmi les devises du G10, le recul de la livre sterling. La devise britannique a cédé presque -0,5% face à l’euro mercredi et chuté à son plus bas niveau depuis quasiment trois mois à plus de £0,87 (pic de l’EUR/GBP recensé en séance à £0,8737). Dans un environnement de marché actuellement hautement dégradé par le retour des tensions commerciales, les investisseurs ont accueilli avec une certaine froideur les indices suggérant le maintien d’une impasse durable sur le Brexit au Royaume-Uni. Les membres de la branche partisane d’une rupture avec l’Union Européenne au sein du Parti conservateur a d’ores et déjà fait savoir à la première ministre Theresa May qu’ils n’apporteraient pas son soutien à la nouvelle version du texte de retrait qui sera soumis la semaine du 3 juin. Certains bruits de couloirs révèlent que certains députés qui avait soutenu autrefois l’accord pourrait voter contre cette fois-ci. Il semble que chez certains conservateurs, on veut faire payer à May son récent rapprochement avec l’opposition travailliste ou encore le piteux score obtenu par le parti lors des dernières élections locales (perte d’environ 1300 sièges). Qui d’un éventuel nouveau rejet du texte de divorce au Parlement ? Pour le secrétaire au Commerce international, Liam Fox, il ne fait aucun doute qu’une non ratification de l’accord ne laisserait pas d’autres options aux députés que de choisir entre 1) Sortir sans accord ou 2) Annuler le processus de sortie.

Profitant pleinement d’un rebond des prix du pétrole depuis deux jours (bond de +2,2% de l’indice Brent à presque $72), la couronne norvégienne en a profité pour toucher un pic d’une semaine face à l’euro à NOK 9,76, le rouble lui un pic de deux semaines à moins de RUB 72,5. L’EUR/CAD a reculé lui sous le seuil de C$1,5050 mais sa glissade resta modeste car freinée par la frustration causée par un recul de la dynamique annuelle d’inflation de base à son plus bas niveau depuis 10 mois (1,5%).

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD  :  L’EUR/USD subit toujours les tergiversations des marchés qui peinent à trouver dans l’environnement de marché actuel, hautement dégradé, des arguments assez solides justifiant un achat d’euro et/ou une vente de dollars. Les mois passées ont démontré au combien l’économie européenne est affecté par les distorsions créées au niveau de l’activité commerciale et économique mondiale par la multiplication des mesures protectionnistes dans le monde. Tout le contraire des Etats-Unis où la résilience de son économie aux risques externes détonne. Dans le marasme ambiant, on se rassure avec les rares bonnes nouvelles dont on dispose. Les révélations de l’agence Bloomberg selon lesquelles la Maison Blanche devrait prochainement annoncer, certainement d’ici la fin de semaine, le report de 6 mois de son projet de taxes contre le secteur automobile européen. A défaut d’apaiser les préoccupations actuelles des investisseurs, cette nouvelle a le mérite de ne pas les accentuer, et par conséquent maintenir à flot l’euro au niveau de $1,12. Mais pendant combien de temps encore ? Un nouveau pic d’aversion au risque et/ou de nouveaux signaux de ralentissement de l’économie européenne (révision des chiffres d’inflation en Zone Euro ce vendredi) pourraient servir de prétexte à un nouveau repli. Ce matin, on jettera un coup d’œil attentif aux estimations révisées d’inflation en Italie (10h00) et dans l’après-midi (14h30) aux inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage et aux statistiques du secteur de la construction aux Etats-Unis (mises en chantier & permis de construire).

Niveaux clés : Le cours EUR/USD parvient tant bien que mal à se maintenir au niveau de $1,12 mais montre de sérieux signes de fébrilité qui font craindre un nouveau repli en cas de hausse de la volatilité et/ou déception en provenance d’Europe. La présence d’une résistance située au niveau de $1,1250 freine pour le moment toute tentative de redressement, à l’inverse en cas de cassure du seuil de $1,12 le cours pourrait très rapidement prendre la direction de son plus bas niveau de l’année situé à $1,1110.

Perf 2019 = -2,31% / Moyenne 2019 = $1,1310 / Point haut 15 mai 2019 = $1,1224 / Point bas 15 mai 2019 = $1,1175 / Clôture 15 mai 2019 = $1,1200


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