Actualités du marché des devises

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mai 13, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 13 mai 2019 – Sommaire :

  • Après une pause vendredi, la volatilité est de retour sur les marchés des changes. Les marchés craignent des représailles de la part de Pékin après l’introduction de nouvelles taxes douanières américaines sur près de $200Mds d’exportations chinoises.
  • Les devises refuges sont recherchés par des investisseurs apeurés par le retour dans la lumière d’un risque de conflit entre les deux principales économies mondiales : craintes de distorsion du commerce mondial et de frein de la croissance mondiale.
  • L’EUR/USD corrige légèrement mais se maintient ce matin à plus de $1,12 / Nouvelle correction de la paire EUR/JPY qui teste son support de ¥123 /3ième séance consécutive de repli pour l’EUR/CHF qui chute ce matin sous ₣1,1350
  • L’EUR/AUD tutoie ses plus hauts niveaux de l’année à plus de A$ 1,61
  • Le yuan chinois n’en finit plus de glisser et perd ce matin plus de -0,8% face à l’euro à presque ¥7,75 (creux de 3 mois).
  • Devises nordiques en difficulté : L’EUR/SEK revient à hauteur de ses plus hauts niveaux depuis 2009 à SEK 10,84 / L’EUR/NOK remonte au-dessus de NOK 9,80 après la publication de chiffres de croissance en Norvège moins important que prévu au T1 2019.
  • Devises émergentes en net repli : -0,2% pour le zloty (PLN 4,30), -0,4% pour le rouble (RUB 73,5), -0,9% pour le rand (ZAR 16,0) & -1,2% pour la livre turque (TRY 6,81)

L’agenda de la semaine : Représailles de Pékin sur le volet commercial ? / 1ière estimation de croissance au T1 en Allemagne / Ventes au détail aux Etats-Unis / Emploi & salaires en Australie

CNY

CNY / JPY – Représailles de Pékin et nouvelle escalade de tensions commerciales ? : C’est la question qui est sur toute les lèvres depuis vendredi minuit et l’application aux Etats-Unis d’une hausse des tarifs douaniers, de 10% à 25%, sur environ $200Mds de produits chinois exportés. On croyait Pékin et Washington tout proche d’un accord après plusieurs mois de négociations et finalement nous revoila plongé dans un nouvel épisode de frictions commerciales entre les deux principales économies mondiales. Au cours des douze derniers mois ce sont près de $250Mds de produits chinois qui ont vu leurs droits de douane aux Etats-Unis significativement réhaussés, mais la Maison Blanche ne semble pas disposée à s’arrêter là et laisse déjà entendre qu’elle travaille à la mise en place d’actions ciblant les 325Mds des exportations chinoises qui ne font pas pour le moment l’objet de taxes spécifiques. Le président américain a donné un mois aux autorités chinoises pour le convaincre de faire machine arrière et de répondre aux exigences formulées lors des précédentes négociations notamment en matière de contrôle des transferts de technologie, de respect de la propriété intellectuelle, de réduction des déséquilibres commerciaux et de non-manipulation de la devise. Si un éventuel accord bilatéral reste donc théoriquement toujours d’actualité, la probabilité d’une issue positive s’est fortement réduite au cours des derniers jours. Pire encore, la situation pourrait dégénérer et nous pourrions assister à une nouvelle escalade de tensions en cas de représailles de Pékin cette semaine et d’annonce de mesures de rétorsion commerciale contre les Etats-Unis. Aucun des deux pays n’a d’intérêt à ce qu’un conflit commercial n’éclate mais dans ce bras de fer Pékin et son économie en nette décélération apparaît en position de faiblesse et n’a pas réellement les moyens de tenir tête au président américain. Des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis n’ont pas uniquement une résonnance au sein des deux pays mais créent des distorsions sur l’ensemble de l’activité commerciale mondiale et impactent lourdement les économies de pays dont le modèle de croissance est tourné vers l’export comme l’Allemagne, le Japon ou encore la Suède pour ne citer que ces exemples.

Orientation & Volatilité : Le retour dans la lumière de craintes de nouvelles tensions commerciales importantes entre la Chine et les Etats-Unis a entrainé depuis une semaine un large mouvement de repli du yuan qui voit un nouveau ressort susceptible d’affaiblir encore davantage une économie déjà fragile. La devise chinoise enregistre actuellement un recul de plus de -2,5% face à l’euro sur les 7 dernières séances (performance en cours) et oscille ce lundi matin à un creux de 3 mois aux portes du seuil de ¥7,75.  Tutoyant les niveaux de ¥7,90 entre la fin d’année dernière et le début 2019, le cours EUR/CNH pourrait continuer de grimper si les inquiétudes autour de la Chine s’intensifient. La publication en milieu de semaine (mercredi matin) des statistiques de production industrielle et de ventes au détail en Chine pourrait accélérer la chute du yuan si d’aventure était observé de nouveaux signes inquiétants de ralentissement de l’économie chinoise. La recrudescence des risques pèse lourdement sur la confiance des investisseurs et a donc entraîné depuis une semaine, sans réelle surprise, un large afflux de demande pour le yen et son statut de « valeur refuge ». La devise japonaise a bondi la semaine dernière à un pic de 4 mois face à l’euro à un peu moins de ¥122,5 avant de corriger légèrement en fin de semaine sur fond de prises de bénéfices des investisseurs. Le cours EUR/JPY reste toujours orienté à la baisse et se maintient pour le moment à flot grâce à la présence d’un support à ¥123… lequel pourrait céder rapidement en cas de nouveau mouvement de panique consécutif à une nouvelle altercation entre Pékin et Washington et des craintes renforcées autour des impacts potentiels d’un tel conflit sur l’économie mondiale.

EUR

EUR – 1ière estimation de croissance au T1 2019 en Allemagne / 2nd estimation en Zone Euro (mercredi) : Les enquêtes d’activité publiés depuis le début d’année laissaient poindre une croissance molle en Europe notamment altérée par un secteur industriel à l’activité ralentie par le maintien de tensions protectionnistes toujours palpables à l’échelle globale et une baisse importante de la part d’une économie chinoise en pleine décélération. L’Allemagne, par l’intermédiaire de sa puissante industrie automobile très largement tournée vers l’extérieur, est une victime collatérale directe de ce contexte économique dégradé et apparaît comme le pays européen le plus affecté par cela. En tant que première économie européenne, très souvent elle sert aux investisseurs de baromètre pour évaluer l’état de santé générale de l’économie en Zone Euro, d’où une sensibilité plus accrue de ces derniers à la publication de chaque statistique en provenance de Berlin. Les craintes actuelles sont-elles légitimes ? Les premières estimations agrégées de croissance du PIB en Zone Euro publiées en avril ont mis en lumière une performance de la région finalement meilleure que prévu (0,4% T/T & 1,2% A/A), et surtout pas aussi alarmiste que l’on aurait pu le craindre. En sera-t-il de même pour l’Allemagne qui après avoir fait craindre le pire nous montrera un visage un peu plus rassurant ? Premier élément de réponse mercredi avec la publication des 1ières estimation de PIB en Allemagne et la révision des statistiques de la Zone Euro. Vendredi, on jettera un œil attentif aux estimations finales d’inflation en Zone Euro qui si elle devaient être révisées ; à la hausse comme à la baisse ; pourraient venir générer quelques remous sur l’euro.

Orientation & Volatilité : L’euro a réussi à légèrement sortir la tête hors de l’eau au cours des dernières séances grâce à la succession d’indicateurs économiques laissant entrevoir l’espoir d’un début de reprise sur le second trimestre (fort rebond de l’inflation au mois d’avril, stabilisation du ralentissement de l’activité dans le secteur industriel en avril). Si l’EUR/USD a réalisé une petite percée la semaine dernière au-dessus du seuil de $1,12, il est encore trop prématuré de parler de véritable rebond de la devise européenne. Celle-ci s’est simplement écarté de ses plus bas niveaux depuis plus de 22 mois face au dollar à l’aune d’indices laissant entrevoir en Europe un contexte économique et politique moins dégradé qu’on ne le craignait, néanmoins il faudra beaucoup plus de garanties aux investisseurs pour que ceux décident de reprendre des positions massives en euro. Des chiffres rassurant sur l’état de santé de l’économie allemande pourraient néanmoins offrir un petit tremplin à l’EUR/USD pour tenter de revenir à hauteur de $1,13 (plafond observé à $1,1320 sur tout le mois d’avril). Toutefois, la capacité de redressement de la paire de change pourrait resté modeste, le contexte actuel de retour de tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis ou encore les signes de nervosité émanant du Royaume-Uni sur fond de débats autour du Brexit sont des éléments plutôt défavorable aux devises comme l’euro considérées à risque et offrant de faibles rendements.

USD

USD – Ventes au détail (mercredi) & indice Michigan (vendredi) : Principal moteur de la croissance de l’économie américaine, la consommation des ménages américains est, au même titre que l’emploi, un facteur important pour évaluer l’état de santé de l’économie américaine. Après un très important rebond observé au mois de mars, le consensus table sur une croissance plus modeste des ventes au détail au début du second trimestre (cons. +0,3% M/M Vs +1,6% en mars). Ce serait néanmoins la 1ière fois depuis juillet 2018 que les Etats-Unis enchainent deux mois consécutifs de croissance positive au niveau des ventes au détail, ce qui viendrait assurément renforcer la confiance actuelle des investisseurs à l’égard du dollar américain, lequel apparaît aujourd’hui comme la devise favorite des investisseurs de par sa capacité à offrir aux investisseurs de la certitude (économie robuste) et des rendements très attractifs. L’indice Michigan publié en fin de semaine permettra de jauger si la confiance des consommateurs américains reste mois après mois toujours aussi élevé.

Orientation & Volatilité : Très large favori des investisseurs en ce moment, notamment dans un contexte actuel de retour au premier plan de tensions commerciales à l’échelle mondiale, le dollar pourrait continuer de bénéficier d’un large afflux de demande des investisseurs et donc culminer tout près de ses pics actuels si l’économie américaine renvoie des signes de bonne santé. Dans un tel contexte, cela pourrait constituer un frein de plus à une extension du redressement de l’EUR/USD à plus de $1,13. Pire, l’EUR/USD pourrait subir une nouvelle glissade sous $1,12 si les statistiques économiques publiées cette semaine mettent à nouveau en exergue d’importantes divergences économiques entre les Etats-Unis et la Zone Euro et/ou l’on observe une forte hausse de la demande en faveur des valeurs refuges sur fond de montée des craintes à l’égard d’un nouveau conflit entre la Chine et les Etats-Unis.

AUD

AUD – Salaires (mercredi) & emplois (jeudi) en Australie : Dans un rapport publié vendredi dans lequel les projections de croissance et d’inflation pour cette année ont été significativement revues à la baisse, la banque centrale australienne a laissé entendre qu’elle pourrait prochainement abaisser ses taux directeurs si le chômage ne se réduisait pas davantage et par conséquent n’entrainait pas une accélération substantielle des salaires (levier sur lequel s’appuie l’orientation des prix à moyen/long terme). Pour le moment, le marché de l’emploi australien est une des rares satisfaction sur laquelle les banquiers centraux peuvent s’appuyer pour retarder le plus longtemps possible une réduction des taux d’intérêt qui apparaît pourtant inévitable au regard risques qui planent autour de l’économie australienne (baisse de la demande chinoise, tensions commerciales, chute des prix de l’immobilier). Il s’agirait du premier ajustement réalisé depuis 2016.

Orientation & Volatilité : Bien qu’en partie anticipée par les marchés, de nouveaux indices suggérant une telle action viendraient accentuer davantage les pressions baissières qui s’exercent actuellement sur le dollar australien et potentiellement porter le cours EUR/AUD vers ses plus hauts niveaux de l’année au niveau de A$ 1,61. Outre les spéculations monétaire, la devise australienne est, en tant que devise cyclique, très sensible au contexte de volatilité global et aux risques entourant l’économie mondiale. En cas de franchissement de la barrière de A$1,61, le cours EUR/AUD pourrait alors rapidement prendre la direction de A$1,63, ou un seuil qui a déjà été approché/touché en fin d’année dernière et au début de cette année.

Mais aussi cette semaine… 

  • Emploi au Royaume-Uni (mardi) : Le consensus table sur le maintien d’un taux de chômage à son plus bas niveau depuis 1975 sous le seuil de 4% mais craint une légère décélération de la croissance des salaires. Cela pourrait participer à une atténuation des spéculations autour d’une prochaine hausse de taux au Royaume-Uni, les banquiers centraux britanniques pouvant dès lors justifier le maintien d’une pause faute de nouvelle hausse des pressions inflationnistes. 
  • Indice ZEW de sentiment économique en Allemagne (mardi) : Légère hausse de la confiance attendue au sein de la 1ière économie européenne. Assez pour redonner confiance aux investisseurs européens ? Les chiffres de croissance publiés le lendemain devraient être plus parlant.
  • Inflation au Canada (mercredi) : Le consensus table sur une légère hausse de l’inflation au Canada et un retour de la dynamique annuelle de l’indice général à 2,0% (Vs 1,9% en mars). Cela pourrait être insuffisant pour stimuler le dollar canadien d’autant plus si l’attention des acteurs de marché est détournée par le retour de vives tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis. Un retour des craintes autour de l’économie mondiale pourrait en effet lourdement peser sur les prix du pétrole.

Retour sur la séance de vendredi : Un échange infructueux entre américains et chinois / Hausse plus modérée de l’inflation aux Etats-Unis / Baisse surprise du chômage au Canada

Les discussions vendredi entre les autorités américaine et chinoises n’auront duré que 90 min et l’ultime tentative d’accord pour empêcher l’introduction de nouveaux tarifs douaniers américains échoua. Vendredi à minuit, Washington a donc officialisé un rehaussement des droits de douane sur près de $200Mds d’exportation chinoise et ainsi enclenché un nouvel épisode de tensions commerciales. Si un accord reste à l’ordre du jour, Donald Trump a donné un délai d’un mois à Pékin pour trouver un compromis sinon non seulement ces nouvelles barrières douanières seront maintenues mais d’autres pourraient suivre. En l’absence de signes pour le moment de représailles de la part de Pékin, la volatilité sur les marchés des changes fut relativement réduite et la séance de vendredi fut le théâtre de mouvements correctifs et prises de bénéfices consécutifs aux importantes variations observées tout au long de la semaine.

Le cours EUR/USD a conforté son retour au-dessus de $1,12 et surfé sur la frustration causée auprès des acheteurs de dollar par une accélération moins importante que prévu de la dynamique annuelle d’inflation générale (2,0% A/A Vs cons. 2,1% et 1,9% en mars). Cependant, une nouvelle fois la paire de change a vu son ascension stoppée à l’approche du seuil de $1,1250.

Après avoir touché un creux de 4 mois à moins de ¥122,50, le cours EUR/JPY a rebondi et est revenu s’installer au-dessus du seuil de ¥123, les marchés étant finalement peu surpris par l’adoption officielle de nouveaux tarifs douaniers aux Etats-Unis et l’avaient déjà intégré. La paire EUR/CHF a connu une autre trajectoire et enregistra vendredi sa 2ième séance consécutive de repli après une nouvelle percée à plus de ₣1,14 en début de semaine.

Pas de surprises observées sur les premiers chiffres de croissance au 1er trimestre au Royaume-Uni. L’économie britannique a bien progressé de +0,5% sur les trois premiers mois de l’année. La contraction surprise de l’économie observée sur le mois de mars (-0,1% M/M Vs cons. +0,0%) est cependant venue entachée cette bonne performance. La livre a cédé un peu de terrain face à l’euro vendredi et le cours EUR/GBP s’est maintenu au-dessus de la barrière de £0,86.

Malgré des prix du pétrole fragiles et plutôt orientés à la baisse dans ce nouveau contexte de hausse des tensions commerciales, le cours EUR/CAD a corrigé et est retombé sous le seuil de C$1,51 consécutivement à la publication de chiffres de l’emploi au Canada historiques. Jamais le Canada n’avait crée dans son histoire autant d’emploi qu’au mois d’avril (106,5k M/M). Cela a pesé sur le taux de chômage qui est retombé à 5,7%, ou son plus bas niveau depuis 4 mois.

Grâce à l’appui de chiffres d’inflation meilleurs que prévu au mois d’avril, la couronne norvégienne a réussi à effacer une partie des importantes pertes accumulées face à l’euro depuis la mi-avril (environ -3%) et bondi de presque +0,7% pour revenir sous le seuil de NOK 9,80. Autre devise nordique en difficulté, la couronne suédoise a rebondi d’un peu moins de +0,3% face à l’euro après avoir chuté jeudi à un creux depuis 2009. Le cours EUR/SEK a ainsi clôturé la semaine à hauteur de SEK 10,80.

Le yuan a lui continué de glisser vendredi à l’aune de l’introduction de nouvelles taxes douanières américaines dont on craint qu’elle viennent porter un coup à une économie chinoise très fragile. Le cours EUR/CNH a bondi d’un peu plus de +0,2% et clôtura la semaine aux portes du seuil de ¥7,70, ou son plus haut niveau sur les 3 derniers mois.

Profitant d’une volatilité moins intense, le cours EUR/ZAR a corrigé de plus de -1% vendredi et le cours EUR/ZAR a chuté à un creux de plus de 2 semaines à moins de ZAR 16,0. Le cours efface ce matin une partie de ses pertes sur fond de montée d’un sentiment d’aversion au risque sur les marchés des changes et de déception des investisseurs après la publication ce weekend des résultats officiels des élections législatives du 8 mai dernier. Pour la 1ière fois de son histoire, le parti du Congrès (ANC) du président Cyril Ramaphosa obtient moins de 60% des sièges du nouveau Parlement, la faute au bon résultat d’une formation d’extrême-gauche qui a su surfer sur la déception causée par un échec du gouvernement à trouver de solutions efficaces contre le chômage de masse et la pauvreté dans le pays.


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