Actualités du marché des devises

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mai 10, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 10 mai 2019 – Sommaire :

  • Volatilité réduite ce matin alors que les marchés suivent d’un œil attentif les négociations sino-américaines à Washington et l’éventuelle adoption ce soir à minuit de nouvelles taxes douanières sur près de $200Mds de produits chinois.
  • Le cours EUR/USD conforte ce matin son retour de la veille à $1,12 grâce à l’appui de meilleurs statistiques commerciales observées ce matin en Allemagne. Ce rebond pourrait se prolonger en cas de chiffres d’inflation aux Etats-Unis décevants (14h30).
  • La paire EUR/GBP poursuit son redressement à plus de £0,86 et enregistre actuellement un gain de +1,5% depuis vendredi. La publication ce matin (10h30) des 1ières estimations de PIB au Royaume-Uni au T1 2019 (cons. +0,5% T/T) pourrait offrir un peu de soutien à la livre sterling.
  • Rebond correctif des paires EUR/JPY (¥123,2) et EUR/CHF (₣1,1390) en attendant l’issue des négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis.
  • Légère correction l’EUR/NOK ce matin après la publication d’indicateurs d’inflation en Norvège meilleurs que prévu. La veille la paire avait touché un pic de 4 mois à NOK 9,85.
  • L’EUR/AUD reste stable au niveau de A$1,60-A$1,61 malgré la publication d’un rapport ce matin de la RBA évoquant ouvertement une possible baisse de taux.
  • L’EUR/CNH se maintient à hauteur de ses plus hauts niveaux depuis 3 mois à plus de ¥7,65 sous couvert de craintes des marchés face à de nouvelles tensions commerciales.
  • Paire EUR/CAD stable à C$1,51 avant la publication des nouvelles statistique de l’emploi cette après-midi au Canada (14h30).

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de jeudi : Des marchés prudents face à la menace de rétorsion américaine contre la Chine / Escapade de l’EUR/USD au-dessus de $1,12 / Le yuan et le dollar australien poursuivent leur glissade / Les devises nordiques (NOK & SEK) en perdition

Le sentiment général sur les marchés des changes est à la prudence alors que plane toujours la menace américaine de hausse des tarifs douaniers, de 10% à 25%, sur près de $200Mds de produits chinois exportés vers les Etats-Unis ce vendredi à minuit. Les deux partis se sont retrouvés jeudi à Washington pour tenter de trouver un compromis afin d’éviter l’introduction de ces mesures de rétorsion mais pour le moment cette rencontre n’a débouché sur rien de concret. Les discussions doivent se poursuivre ce vendredi.

Le cours EUR/USD n’a pas été réellement sensible jeudi aux incertitudes autour d’un risque de conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis, les investisseurs préférant attendre la conclusion finale des négociations avant de prendre de nouvelles positions. La paire de change a plutôt profité hier de l’effet de déception provoqué par les indices PPI américains dont la dynamique annuelle est restée stable en avril alors que le consensus anticipait une accélération des prix à la production. S’il n’y a rien de réellement inquiétant, ces nouveaux signaux suggérant des pressions inflationnistes moins importantes aux Etats-Unis soutiennent l’hypothèse d’une pause monétaire prolongée de la part de la réserve fédérale américaine. On surveillera vendredi les indicateurs de prix à la consommation pour voir si cette conviction est légitime ou non. En attendant, l’EUR/USD s’est offert hier un petit rebond à plus de $1,12 et atteint en cours de séance un pic d’une semaine à $1,1250.

Face aux risques de nouvelles tensions commerciales, le yen est resté orienté à la hausse face à l’euro et le franc suisse a lui aussi été grandement sollicité par des investisseurs soucieux de la tournure que pourrait prendre les évènements. Malgré un repli en séance à un nouveau creux de 4 mois à ¥122,47, le cours EUR/JPY a par la suite effacé une grande partie de ses pertes et est revenu en fin de séance se positionner au-dessus de la barrière de ¥123 consécutivement à des commentaires du président américain laissant entrevoir un possible accord avec la Chine. Remontée au-dessus de ₣1,14 en milieu de semaine, la paire EUR/CHF a corrigé de plus de -0,3% jeudi pour clôturer sous cette barrière.

Sensible au sentiment de marché en tant que devise cyclique, c’est-à-dire lié au cycle de croissance de l’économie mondiale, le dollar australien reste orienté à la baisse face à l’euro. Si le repli de ce dernier hier est resté modeste (-0,2%), cela n’est dû qu’à la présence du seuil de résistance de A$1,61 qui a littéralement freiné l’ascension de la paire EUR/AUD. Il convient de noter que c’est la première fois en deux mois que le cours de change atteint cette barrière (pic en séance jeudi recensé à A$1,6121). Le dollar australien continue ce vendredi de glisser doucement face à l’euro après que la publication ce matin d’un rapport de la banque centrale australienne dans lequel cette dernière réduit ses projections de croissance et d’inflation et évoque ouvertement l’hypothèse d’une première baisse de taux depuis 2016 si le taux de chômage ne baisse pas significativement dans les mois à venir.

Le yuan poursuit sa chute et encore perdu jeudi plus de -0,6% face à l’euro sur fond de peur que de nouvelles frictions commerciales entre Pékin et Washington ne viennent saper les efforts déployés cette année par les autorités chinoises pour soutenir une économie en net ralentissement. Le yuan s’est déprécié de -1,75% sur les 5 dernières séances et l’EUR/CNH a brisé jeudi le plafond de ¥7,65 qui faisait office de « plafond de verre » au-dessus de sa tête depuis plus de 2 mois.

Autre devise sensible aux tensions commerciales, la couronne suédoise qui a touché hier un creux depuis 2009 face à l’euro à plus de SEK 10,80.

La couronne norvégienne a connu une séance plutôt mouvementée jeudi en marge de la réunion monétaire de la banque centrale norvégienne. Si sans surprise cette dernière a décidé de maintenir ses taux d’intérêt inchangés ce mois-ci à 1,0%, les acheteurs de couronne étaient agréablement surpris d’entendre la banque signaler un nouveau resserrement monétaire en juin. Après un recul initial sous le seuil de NO 9,80, le cours EUR/NOK a progressivement effacé ses gains en cours de séance et finalement clôturé celle-ci avec un gain de presque +0,4% à un pic de 4 mois de plus de NOK 9,85 consécutivement aux propos du gouverneur central insistant sur le fait que les indications données par la banque ne faisaient pas figure de promesse et refusant de commenter l’hypothèse de nouvelles hausses de taux au second semestre. On note que la couronne norvégienne rebondit un peu ce vendredi matin après la publication de chiffres d’inflation au-dessus des attentes en avril.

USD

L’EUR/USD a bénéficié hier d’un coup de pouce offert par des chiffres d’inflation aux Etats-Unis légèrement moins robustes que prévu mais néanmoins la paire de change n’est pas pour autant tirée d’affaire et reste sous la menace d’un nouveau repli en cas de détérioration des conditions de marché. En effet, la chape de plomb que fait planer au-dessus de l’économie mondial le risque d’éclatement d’un conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis en cas d’introduction ce vendredi à minuit de nouvelles taxes douanières américaines contre près de $200Mds de produits chinois pourrait générer un effet de panique sur les marchés financiers. À cet égard, le dollar et son statut de valeur refuge devrait être massivement recherché par des investisseurs soucieux de protéger leur portefeuille, au détriment de l’euro qui reste une devise peu attractive en termes de rendement mais également à risque compte tenu de la fragilité actuelle de l’économie européenne. Un accord trouvé dans les dernières minutes ou bien un gel temporaire des mesures américaines de rétorsion commerciale contre la Chine et une poursuite des négociations entre les deux principales économies mondiales seraient accueillis avec grand soulagement par les marchés et viendraient potentiellement offrir un tremplin à l’EUR/USD pour étendre son redressement en début de semaine prochaine. Outre le volet commercial dont l’empreinte devrait rester importante sur la volatilité des marchés des changes ce vendredi, les acheteurs de dollar seront également attentifs à la teneur des nouvelles statistiques de prix à la consommation aux Etats-Unis. Attendus en hausse par le consensus (indice général : 2,1% A/A Vs 1,9% en mars / indice de base : 2,1% A/A Vs 2,0% en mars) ces nouveaux indicateurs d’inflation aux Etats-Unis pourraient, comme hier, frustrés les investisseurs s’ils viennent conforter l’hypothèse d’une absence de tractions importantes sur les prix et ainsi soutenir les récents choix opérés par les banquiers centraux américains de stopper leur politique de rehaussement des taux d’intérêt.

Niveaux clés : Le cap de $1,12 franchit hier, l’EUR/USD tentera désormais de s’attaquer au seuil de $1,1320 qui fait office de « plafond » sur le cours de change depuis la fin du mois de mars. Attention tout de même au retour de flammes et un nouveau décrochage de la paire de change en cas de signaux d’accélération de l’inflation aux Etats-Unis ou dégradation des conditions financiers globales provoquée par de nouvelles tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis. Sans accord trouvé entre les deux protagonistes, de nouveaux tarifs douaniers seront appliqués ce soir à minuit sur un large part des produits chinois exportés aux Etats-Unis, ce qui pourrait provoquer dans la foulée une réponse non-amicale de Pékin et un nouveau point de rupture entre les deux pays.

Perf 2019 = -2,11% / Moyenne 2019 = $1,1314 / Point haut 9 mai 2019 = $1,1251 / Point bas 9 mai 2019 = $1,1171 / Clôture 9 mai 2019 = $1,1220

GBP

Le coup de chaud de la livre sterling entrevu en fin de semaine dernière n’aura été que temporaire et nous confirme au combien les investisseurs sont versatiles face à l’actualité changeant du Brexit. L’annonce tombée mardi d’une très probable participation du Royaume-Uni aux élections européennes le 23 mai prochain a été accueillie très froidement par les marchés. Outre l’incongruité de ce choix, on craint que l’organisation d’un tel scrutin ravive de nouvelles tensions politiques dans le pays et serve de prétexte à une nouvelle fronde des partisans du Brexit contre Theresa May. Cette dernière continue de son côté à faire tout son possible pour trouver une solution afin de faire ratifier le texte de retrait de l’UE au Parlement avant le 22 mai, mais pour le moment aucun compromis ne semble se dessiner. Les travaillistes ont confirmé jeudi que les « lignes rouges » du gouvernement sur le Brexit, dont ils réclamaient un ajustement lors des négociations amorcées en avril, étaient toujours présentes et donc compromet l’hypothèse d’un accord. Face à ce constat qu’une sortie d’impasse sur le Brexit est loin d’être acquise et face aux risques de turbulences politiques qui entourent le Royaume-Uni à l’approche du scrutin européen, la livre sterling a logiquement corrigé face à l’euro après son rebond de la semaine dernière. L’espoir soulevé par le gouvernement d’un éventuel second référendum en cas d’absence d’accord trouvé au Parlement pour faire ratifier le texte de retrait tend pour le moment à contenir les pressions baissières sur la livre sterling, tout comme les fondamentaux qui semblent mettre en lumière une certaine résilience de l’économie britannique sur le début d’année 2019 malgré les incertitudes persistantes du Brexit. La publication ce matin des premières estimations de croissance au 1er trimestre au Royaume-Uni – attendues plutôt solides (cons. +0,5% T/T) – viendront confirmer ou alors remettre en cause cette impression.

Niveaux clés : La livre sterling a cédé plus de 1,5% face à l’euro depuis vendredi dernier (performance en cours) et l’EUR/GBP est officiellement de retour au-dessus du seuil de £0,86. La livre reste orientée à la baisse ce matin face à l’euro en amont de la publication ce matin des premières estimations de PIB au T1 2019 au Royaume-Uni. Une solide performance de l’économie britannique sur le début d’année pourrait venir dissiper (temporairement) les doutes des investisseurs et servir de catalyseur soutenant un rebond de la livre sterling. Si un retour de la paire EUR/GBP sous £0,86 pourrait être observé en cas de PIB solide, la réalité du Brexit pourrait rapidement reprendre ses droits et revenir influencer la paire de change en cas de nouveaux développements observés sur ce dossier ce vendredi.

Perf 2019 = -3,90% / Moyenne 2019 = £0,8685 / Point haut 9 mai 2019 = £0,8648 / Point bas 9 mai 2019 = £0,8595 / Clôture 9 mai 2019 = £0,8617


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