Actualités du marché des devises

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mai 03, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 3 mai 2019 – Sommaire :

  • L’EUR/USD retombe dans ses travers et revient à hauteur de ses plus bas niveaux de l’année ($1,1110) en amont de la publication des statistiques d’inflation en Zone Euro (11h00) et d’emploi aux Etats-Unis (14h30).
  • L’EUR/GBP est resté impassible à l’annonce du nouveau statu quo de la Banque d’Angleterre et reste aux portes du seuil de £0,86. La paire surveille d’un œil ce matin les résultats de l’enquête PMI dans le secteur des services (10h30).
  • Le pétrole continue de chuter et les prix du baril de brut s’échangent désormais à leur plus bas niveau depuis un mois. Le Brent est désormais à moins de $71.
  • Les valeurs refuges continuent d’être recherchées par les investisseurs. Le cours EUR/CHF se maintient sous ₣1,14 tandis que la paire EUR/JPY approche progressivement de son support 2019 localisé à ¥124.
  • La couronne norvégienne reste sur la défensive mais la paire EUR/NOK se heurte à une résistance localisée au niveau de NOK 9,80 (pic depuis mi-mars). Le rouble russe cède également du terrain et s’échange face à l’euro à plus de RUB 73,0.
  • Le rand sud-africain enregistre actuellement sa 4ième séance consécutive de repli et l’EUR/ZAR oscille désormais à un pic d’un mois à presque ZAR 16,30.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de jeudi : X

Les marchés des changes sont restés très discrets jeudi alors que les investisseurs étaient amenés à digérer deux importantes réunions monétaires, celle de la réserve fédérale américaine mercredi soir et celle de la Banque d’Angleterre jeudi après-midi. Finalement, malgré quelques ajustements légers opérés par les deux banques dans leur communication démontrant une approche monétaire plus flexible que ne le laissait penser les dernières sorties et une frilosité moins importante qu’on aurait pu le penser à l’idée de remonter à nouveau les taux d’intérêt, ces deux réunions ont eu peu d’impacts réels sur la volatilité des changes. Ce sont surtout les devises pétrolières (NOK, RUB, MXN) qui ont « morflé » jeudi et subit la contraction significative des prix du brut (-2,8% à moins de $62,0 pour l’indice américain WTI et -2,0% à moins de $71,0 pour l’indice de mer du Nord Brent). Plusieurs devises émergentes ont également enregistré un coup de mou jeudi, celles-ci subissant le contrecoup de la réunion de la Fed et le renforcement du dollar américain.

Au lendemain de la réunion de la Fed au cours de laquelle les responsables monétaires américains ont laissé la porte entrouverte à l’option selon laquelle la prochaine action de la banque pourrait être très bien une nouvelle hausse de taux et non forcément une baisse comme l’ensemble des acteurs financiers l’anticipe (les marchés à terme américains signalent une baisse de taux aux Etats-Unis d’ici la fin de l’année), l’EUR/USD a passé une grande partie de la journée sur la défensive, ne trouvant pas la force de remonter au-dessus du seuil de $1,12. Si la légère révision à la hausse des résultats préliminaires des enquêtes d’activité PMI du secteur manufacturier de la Zone Euro au mois d’avril (47,9 Vs 47,8 en 1ière estimation et 47,5 en mars) a mis un peu de baume au cœur aux investisseurs et poussé l’euro, les effets se sont rapidement dissipés. Malgré une légère accélération de l’activité, les fabricants européens enregistrent malgré tout en avril une 3ième contraction consécutive de leur activitéqui fait craindre quelques répercussions néfastes sur la croissance européenne au second trimestre. Autre sujet d’inquiétude, l’industrie allemande qui reste le « vilain petit canard » au sein de l’Union Européenne et dont l’activité reste toujours très largement handicapée par la réduction de la demande globale, les tensions commerciales et les incertitudes autour du Brexit. Par ailleurs, la hausse plus importante que prévu des commandes d’usine aux Etats-Unis observée dans l’après-midi (+1 ,9% M/M Vs cons. +1,5%) et l’excitation provoquée par les anticipations de solides chiffres de l’emploi outre-Atlantique ce vendredi ont plutôt favorisé le dollar par rapport à l’euro.

Sans surprise la Banque d’Angleterre a maintenu ses taux directeurs inchangés à 0,75% au terme de sa réunion monétaire de mai, néanmoins la banque a sous-entendu qu’elle pourrait accélérer le rythme de normalisation monétaire dès lors que les incertitudes liées au Brexit seront définitivement envolées. La livre sterling est restée impassible à ces commentaires et s’est maintenue face à l’euro aux abords du seuil de £0,86. La devise britannique semble rester vigilante à la situation politique au Royaume-Uni alors que les premiers résultats des élections locales qui se déroulent actuellement dans le pays signalent un recul des deux principaux partis politiques du pays, à savoir les conservateurs et les travaillistes. Les deux formations semblent ici payer la frustration des citoyens face à la gestion du Brexit.

Sous couvert d’un important repli de l’activité de l’industrie en Norvège au mois d’avril (repli de l’indice PMI de 3,0pts / plus faible performance depuis 9 mois) et d’une chute des prix du pétrole à un creux d’un mois jeudi, la couronne norvégienne a cédé plus de -0,7% face à l’euro et touché en séance son plus bas niveau face à l’euro depuis le 11 mars dernier (pic recensé sur l’EUR/NOK jeudi à NOK 9,8016). De son côté, le rouble russe a lui aussi reculé de presque -0,7% face à l’euro et l’EUR/RUB a bondi à un pic de plus de trois semaines au-dessus du seuil de RUB 73,0.

Malgré une nouvelle hausse de taux opérée par la banque centrale tchèque hier (taux directeur à 2,0% Vs 1,75% avant cette réunion), la couronne a cédé près de -0,3% face à l’euro et l’EUR/CZK est remonté à hauteur du seuil de CZK 25,70. Les acheteurs de couronne tchèque ont plutôt été déçus d’entendre qu’il pourrait s’agir ici de la première et seule hausse de taux en 2019.

Sur les marchés émergents, on notera la 3ième séance consécutive de repli du rand sud-africain qui a touché un nouveau creux d’un mois face à l’euro à plus de ZAR 16,20. Le real brésilien a lui chuté de plus de 1,0% face à la devise européenne et se valorise à nouveau à plus de BRL 4,40.

USD

On l’avait dit que la paire EUR/USD était fragile et très sensible aux signaux de divergences économiques et monétaires entre les Etats-Unis et la Zone Euro. S’il est vrai que les indicateurs économiques publiés cette semaine en Europe se sont révélés moins pire que prévu et donc quelque peu calmer la nervosité générale à l’égard de la devise européenne, on ne peut pas pour le moment dire que l’économie européenne est guérie. Elle reste au contraire en convalescence, ce qui laisse augurer la présence d’une banque centrale européenne à l’approche accommodante à son chevet, cela probablement pendant une période prolongée de temps. Si la Zone Euro rassure timidement, les Etats-Unis avancent tambour battant et se montrent toujours pour le moment très peu affectés par le contexte de ralentissement de la croissance mondiale. Si les marchés avaient vu dans l’annonce faite par la Fed en mars d’une pause de sa politique de remontée des taux comme le signe évident que la prochaine action de la banque serait évidemment une baisse de taux, ceux-ci ont été plutôt surpris d’entendre mercredi qu’une hausse de taux restait parmi les scénarios envisagés par les banquiers centraux américains. La sensation d’un décalage entre les deux banques centrales vient renforcer ici l’attractivité du dollar face à l’euro, ou détériore la côte de popularité de l’euro vis-à-vis de la devise américaine. La publication ce vendredi des premières estimations d’inflation en Zone Euro en avril (11h00) et dans l’après-midi des statistiques de l’emploi aux Etats-Unis en avril (14h30) pourraient venir contrebalancer cette impression… ou au contraire l’amplifier.

Niveaux clés : Le rebond aura été très bref et n’aura duré que trois séances. La paire de change a à peine eu le temps de remonter à $1,12 qu’elle a aussitôt rebroussé chemin pour retomber dans ses tréfonds, tout proche de son plus annuel de $1,1110 qui est également sa plus faible valorisation enregistrée depuis le mois de mai 2017. Un rebond plus marqué que prévu des prix en Europe, un peu à l’image de ce que l’on a pu voir en Allemagne mardi (rebond à 2,0%), pourrait en effet venir aider l’EUR/USD à résister aux pressions baissières qui le poussent vers $1,11. Tout pourrait néanmoins être remis en cause dans l’après-midi en cas de solides statistiques de l’emploi aux Etats-Unis. Les regards seront plutôt focalisés sur la dynamique des salaires alors que les doutes actuels des responsables monétaires américains reposent sur la décélération récente de l’inflation aux Etats-Unis.

Perf 2019 = -2,71% / Moyenne 2019 = $1,1320 / Point haut 2 mai 2019 = $1,1219 / Point bas 2 mai 2019 = $1,1169 / Clôture 2 mai 2019 = $1,1176


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