Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

avr. 29, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

  Séance du 29 avril 2019 – Sommaire :

  • La large victoire des socialistes aux élections espagnoles malgré la percée de l’extrême-droite (Vox) laisse occasionner un peu de stabilité dans un pays qui a connu 3 élections en 4 ans. Une majorité doit néanmoins encore être trouvée.
  • L’euro reste en convalescence et peine à revenir à hauteur de $1,12. Semaine chargée pour la paire (réunion de la Fed, PIB & inflation en Zone Euro, emploi aux Etats-Unis) qui fait planer d’importants risques de remous.
  • Les deux paires EUR/CHF (₣1,1370) & EUR/JPY (¥124,8) reprennent un peu de couleur après les déconvenues de fin de semaine dernière.
  • La paire EUR/GBP continue de glisser et revient au centre du couloir £0,85-£0,87. Sans direction et peu volatile, la paire pourrait traverser une zone de turbulence à l’occasion de la réunion de la Banque d’Angleterre et de la publication des indices PMI cette semaine.
  • Les prix du pétrole restent orientées à la baisse et le Brent tombe sous le niveau de $72 ce matin. Avec un peu de retard, la paire EUR/CAD réagit et s’éloigne un peu de son support de C$ 1,50.

Mais aussi cette semaine…

  • Croissance mensuelle au Canada (mardi).  Evaluation de la production de l’économie canadienne au mois de février.
  • Indicateurs PMI en Chine (mardi & jeudi). Après avoir montré des signes de redressement au mois de mars, on attend une confirmation d’un réel rebond de l’activité sur le mois d’avril.
  • Décision monétaire en République Tchèque (jeudi). Les investisseurs cherchent des signes illustrant une volonté de la banque centrale à poursuivre sa politique de hausse de taux cette année.

Retour sur la séance de vendredi : Impression mitigée laissée par les chiffres de croissance aux Etats-Unis & fort repli des prix du pétrole

La séance de vendredi a été très largement influencée par la publication des premières estimations de croissance aux Etats-Unis au 1er trimestre, lesquelles ont laissé un goût amer dans la bouche des investisseurs. Si la performance globale s’est révélée « incroyablement » haute et très largement au-dessus des attentes formulés le consensus (3,2% T/T annualisée Vs consensus 2,0% & estimation la plus optimiste 3,0%), les détails explicatifs sur les ressorts de cette croissance (hausse des inventaires, des exportations) n’ont pas convaincu les investisseurs sur la durabilité de cette dynamique, d’autant plus que la croissance des ménages a ralenti et que les pressions sur les prix ont fortement dégonflées au 1er trimestre. L’indice trimestriel PCE de base, étalon de mesure favori de la banque centrale américaine pour évaluer l’inflation, a vu sa dynamique annuelle s’effondrer de 1,5% à 0,6% et ainsi alimenté les craintes toujours palpables de certains observateurs autour d’une possible inversion de cycle aux Etats-Unis. Profitant des prises de bénéfices sur le dollar, le cours EUR/USD, après avoir chuté à un nouveau creux de 22 mois à $1,1110 en réaction immédiate à la publication des chiffres de PIB américain, a légèrement rebondi et fini la dernière séance de la semaine dans le vert à hauteur de $1,1150. Le cours EUR/CHF a lui aussi réussi à stopper l’hémorragie après une perte cumulée de plus de -0,8% en deux séances et s’est stabilisé au-dessus de ₣1,1350. Le cours EUR/JPY a lui aussi rebondi après un repli de -1,3% en trois séances et s’est éloigné légèrement de son support de ¥124.

Parmi les autres principaux mouvements à dénoter ce vendredi, on retiendra le repli de la couronne norvégienne à un nouveau creux de 4 semaines à presque NOK 9,70 et du rouble russe à un creux d’une semaine à plus de RUB 72,0 sous l’impact de la lourde chute de presque -3% des prix du pétrole (Brent à $72) en réaction aux nouvelles critiques proférées par Donald Trump à l’encontre des pays de l’OPEP qui par leur politique de quota alimentent la flambée actuelle des prix du pétrole. Le cours EUR/CAD est resté imperturbable et apparait toujours orienté à la baisse. Néanmoins, la proximité d’un support à C$ 1,50 a empêché celui-ci d’accentuer sa chute.

EUR

1ière estimation de croissance au T1 (mardi) & estimations d’inflation en Zone Euro (vendredi): Les différentes enquêtes d’activité publiées en Zone Euro depuis le début de l’année montre une région à la santé fragile où l’industrie reste grippée par des tensions commerciales toujours prédominantes et l’absence pour le moment d’accord entre la Chine et les Etats-Unis venant officiellement entériner la menace de conflit. L’Allemagne, de par son modèle de croissance tourné à l’export et l’importance du secteur automobile au sein de son économie, est le pays européen qui souffre le plus ce contexte extérieur toujours relativement hostile. Doit-on craindre une récession à venir en Zone Euro ? Pas nécessairement puisque pour le moment la croissance de l’activité dans le secteur tertiaire tend à compenser les soubresauts rencontrés par l’industrie et que s’observe en parallèle un renforcement du marché de l’emploi illustré par une baisse graduelle du chômage dans la région (7,8% = plus bas depuis sept. 2018 / nouvelle statistique du mois de mars publié mardi). Le consensus économique table sur un rebond de la production au 1er trimestre un peu plus important que lors des deux précédents trimestres (cons. +0,3% T/T Vs 0,2% au T3 & T4 2018). Une fois les chiffres de croissance digérés, les investisseurs n’auront pas de répit et devront dès vendredi poser leur regard sur les estimations préliminaires d’inflation du mois d’avril en Zone Euro en espérant y voir également des motifs d’espoir quant à une éventuelle stabilisation de la dynamique de ralentissement des prix observée depuis plusieurs mois maintenant.

Orientation & Volatilité : Un rebond modeste de la croissance européenne et des prix viendraient, à défaut de totalement rassurer les investisseurs, au moins calmer la nervosité qui a éclot ces dernières consécutivement à l’observation de signes multiples laissant transparaître une dégradation inquiétante des perspectives en Zone Euro. Cela sera très certainement insuffisant pour offrir à l’euro une rampe de lancement nécessaire pour qu’il puisse se redresser de manière significative, mais la dissipation (temporaire ?) de craintes à l’égard de l’économie européenne pourrait néanmoins contenir les pressions baissières actuelles sur l’euro et lui permettre notamment de revenir au sein du corridor de $1,12-$1,15 face au dollar américain.

USD

Réunion de la FED (mercredi) & rapport sur l’emploi (vendredi) : Si l’on peut se réjouir de la bonne santé affichée par l’économie américaine sur les trois premiers mois de l’année ; les 1ières estimations de croissance publiées vendredi dernier ayant mis en avant une performance robuste au T1 au-delà de toute espérance (3,2% T/T annualisée Vs cons. +2,0%) ; il n’aura néanmoins pas échapper aux banquiers centraux américains, qui se réuniront cette semaine à l’occasion d’une nouvelle réunion monétaire, que la dynamique d’inflation a nettement ralenti sur le début de l’année, tout comme la consommation des ménages et les investissements immobiliers résidentiels. D’où de possibles questionnements sur la durabilité de cette période d’euphorie économique dont beaucoup d’observateurs craignent qu’elle prenne fin subitement pour laisser place à une récession à laquelle échappe le pays depuis maintenant 10 ans. Alors qu’il ne faut très certainement pas attendre de nouveaux resserrements monétaires de la part de la réserve fédérale américaine en mai, cette dernière devrait très probablement confirmer lors de cette réunion son approche prudente en matière de politique de taux et son intention de ne pas y toucher cette année. Le communiqué officiel de la Fed pourrait s’avérer très similaire à celui publié en mars aussi c’est dans la conférence de presse du gouverneur central Jerome Powell qu’il faudra chercher d’éventuels indices révélant les intentions de la banque centrale. Les investisseurs n’auront qu’une journée pour se remettre de leurs émotions puisque dès vendredi la publication des nouvelles statistiques de l’emploi aux Etats-Unis sera l’occasion de créer de nouveaux remous sur les marchés des changes. Comme il fut le cas ces derniers mois, l’attention se portera très certainement davantage sur la croissance des salaires (cons. +0,3% M/M Vs +0,1% en mars), laquelle fait office de baromètre sur la dynamique d’inflation dans le pays, que sur les créations d’emploi qui sont attendues très solides (cons. +180k Vs 196k en mars).

Orientation & Volatilité  : . Bien que sujet à discussion, la bonne performance jusqu’alors affiché par l’économie américaine devrait servir de prétexte aux membres de la Fed pour éviter le débat autour d’une possible baisse de taux d’ici la fin de l’année, scénario anticipé par un nombre important d’acteurs financiers si l’on en croit les valorisations actuelles sur les marchés à terme des contrats futurs sur les taux de la Fed à horizon fin 2019/début 2020. Au regard de la prudence affichée par les banques centrales des différents pays développés, et en premier lieu de la BCE, une absence d’ajustement dans la communication officielle de la banque et/ou des commentaires rassurants de la part du gouverneur central américain pourraient maintenir un certain pouvoir d’attractivité du dollar par rapport à ses autres pairs. Cette attraction sera malgré tout rapidement testée à l’occasion de la publication des chiffres de l’emploi qui, s’ils déçoivent, pourraient venir justifier quelques prises de bénéfices parmi les détenteurs de dollar. La devise américaine est aujourd’hui très fortement valorisé aussi toute occasion est bonne pour réduire ses positions en attendant de trouver des points d’entrée plus attractifs.

GBP

Réunion de la Banque d’Angleterre (jeudi), indices PMI (mercredi à vendredi) & résultats des négociations entre le gouvernement et les travaillistes : Après une semaine relativement calme, la livre sterling pourrait entrer dans une zone de turbulence face aux nombreux facteurs de volatilité qui se profilent dans les jours à venir. Sur le plan économique, la publication successive des trois enquêtes d’activité PMI dans les secteurs manufacturier, de la construction et des services sera l’occasion de prendre le pouls de l’économie britannique et de voir si celle-ci a été perturbée par les incertitudes qui ont entouré au début du mois d’avril la prolongation de la période de négociation du Brexit. Ce jeudi, la Banque d’Angleterre dévoilera sa décision monétaire et un très probable statu quo sur ses taux (consensus) mais l’attention des marchés devrait plutôt être focalisée sur la publication des nouvelles projections économiques de la banque et les commentaires délivrés par le gouverneur central Mark Carney sur le sujet. Alors que la date de sortie fut repousser de plus de 6 mois, on attend de voir si cela aura un impact ; positif ou négatif ; sur les perspectives du pays. Concernant le Brexit, après une nouvelle semaine de négociation avec l’opposition travailliste, le gouvernement de Theresa May pourrait dévoiler cette semaine les conclusions de ces discussions et informer l’opinion publique ainsi que les parlementaires britanniques sur d’éventuels ajustements apporter au texte de retrait dont la tentative de ratification à la Chambre des communes ont déjà subi trois échecs depuis le début de l’année.

Orientation & Volatilité  : Quel impact le Brexit, ou plutôt la prolongation d’une période d’incertitude autour de la sortie ou non du Royaume-Uni de l’Union Européenne, a-t-il sur l’économie britannique ? Les enquêtes PMI et les nouvelles projections publiées par la Banque d’Angleterre devraient nous délivrer quelques informations clés sur la question. Si l’économie britannique affiche une certaine résilience malgré le maintien de ce flou perpétuel autour du processus de divorce et ses conséquences directes et indirectes, dès lors cela pourrait donner lieu à un petit rebond de la livre sterling qui a rencontré quelques difficultés sur le mois d’avril et subi une petite correction face à l’euro. Néanmoins pas suffisante pour faire sortir la paire EUR/GBP de son couloir de £0,85-£0,87 dans lequel elle oscille depuis maintenant près de 2 mois. Tant que le spectre du Brexit demeure, il apparaît pour le moment difficile pour le cours de change de prendre clairement une direction. Les résultats économiques et monétaires de la semaine pourraient ne pas suffire. Aussi, il faudra garder un œil attentif aux éventuelles prises de décisions réalisées par le gouvernement de Theresa May pour pouvoir proposer une nouvelle version du texte de retrait au Parlement avant la tenue des élections européennes du 23-26 mai prochain. Les travaillistes réclament le rattachement du Royaume-Uni à l’union douanière européenne, ce à quoi la première ministre s’oppose pour le moment prétextant une perte de souveraineté en matière de politique commerciale.  


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