Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

avr. 24, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 24 avril 2019 – Sommaire :

  • L’euro menace ce matin de chuter sous $1,12 alors que les marchés apparaissent sensibles aux divergences économiques entre les Etats-Unis et la Zone Euro. Indices Ifo en Allemagne à suivre (10h00).
  • Correction de la paire EUR/CHF après avoir atteint la veille un pic de 6 mois à presque ₣1,1480.
  • Le dollar canadien sur la défensive (C$1,51) avant la réunion de la Banque du Canada (décision à 16h00).
  • Fort repli du dollar australien (A$1,59) ce matin après la publication de chiffres d’inflation décevants au T1 2019. Les anticipations de baisse de taux en Australie sont relancées.
  • Légère correction des prix du pétrole (Brent à $74) après un rebond de presque 4% sur les deux premiers jours de la semaine. Le rouble cède du terrain (RUB 71,7) après avoir atteint la veille un pic d’un an face à l’euro.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de mardi : Une volatilité au plus bas et un pétrole qui flambe / Le dollar porté par ses résultats d’entreprise / La Chine hésite à poursuivre ses mesures de soutien  

Portée par les espoirs d’accord entre la Chine et les Etats-Unis, l’atténuation des craintes autour du Brexit depuis le report à fin octobre de la date de sortie du Royaume-Uni ou encore par les signaux rassurants envoyés par l’économie chinoise dont la croissance s’est stabilisée au premier trimestre, la volatilité sur les marchés financiers est fortement retombée jusqu’à atteindre ces derniers jours des niveaux extrêmement bas. Parallèlement à cela, toujours sous l’empreinte de la décision américaine de restreindre les exportations pétrolières de l’Iran, les prix du baril de brut continuent de flamber. Aussi après un rebond de presque 3% lundi, l’indice Brent a progressé hier de plus de 0,6% pour atteindre un nouveau pic annuel non loin du niveau de $75. Face à ce constat, on aurait pu s’attendre sur les marchés des changes à une extension du rallye des devises pétrolières et à l’inverse un repli des valeurs refuges comme le yen ou le franc suisse. Surprise, cela ne s’est pas réellement passé comme prévu. Si le rouble russe a profité de cette flambée des prix du pétrole pour toucher un nouveau pic de plus d’un an face à l’euro à moins de RUB 71,50, le dollar canadien et la couronne norvégienne ont tous deux cédé près de -0,3% face à l’euro et clôturé mardi à respectivement C$1,5060 et NOK 9,59. Le cours EUR/CHF a pleinement surfé sur la baisse de la volatilité à travers l’ensemble des marchés financiers pour atteindreun pic de 6 mois à ₣1,1476 avant de se rétracter quelque peu en fin de journée à hauteur de ₣1,1450.

On aurait pu croire que la paire EUR/JPY allait elle-aussi profité de ce climat plus propice à la prise de risque mais il n’en fut rien. La paire de change a en effet abandonné plus de -0,3% hier et même touché un creux de 8 séances à ¥125,26 en cours de séance, la faute visiblement à la correction enregistrée par les actions chinoises (l’indice Shanghai Composite a accusé un repli cumulé de -1,8% sur les deux premières séances de la semaine) suite à l’annonce par les autorités chinoises qu’elles n’étaient pas favorable à accentuer les mesures de soutien à l’économie destinées à contenir la dynamique actuelle de ralentissement de la croissance dans le pays. Le yuan perd du terrain face à l’euro depuis le début de la semaine et s’échange actuellement à plus de ¥7,55, ce qui reste toujours un niveau extrêmement bas au regard de l’historique récent de la paire EUR/CNH. Le retour de légères inquiétudes autour de l’économie chinoisese répercute sur le prix des métaux de base, et notamment du cuivre qui, après avoir atteint un pic de plus de 9 mois la semaine dernière, abandonne -2,6% depuis vendredi. Le dollar australien est très sensible à cette fluctuation des prix des matières premières et a ainsi enregistré un 3ième repli consécutif face à l’euro ce mardi et atteint un creux d’une semaine à plus de A$ 1,58. La glissade de la devise australienne s’intensifie ce matin avec la publication de chiffres d’inflation bien plus bas que prévu au 1er trimestre 2019 (1,3% A/A = plus bas depuis 10 trimestres Vs cons. 1,5% et 1,8% au T4 2018) qui viennent relancer les spéculations de possible baisse de taux en Australie dans les prochains mois. Le cours EUR/AUD bondi ce matin à plus de A$1,59, ou un nouveau pic au mois d’avril.

Contre toute attente, malgré un calendrier économique réduit en Europe et aux Etats-Unis sur ce début de semaine et un environnement de marché global peu volatile, la paire EUR/USD n’a pas prolongé le redressement amorcé vendredi dernier. Pire encore, le cours de change enregistra un repli de presque -0,3% ce mardi et connu en cours de séance un trou d’air qui l’envoya temporairement sous le seuil de $1,12 pour la 1ière fois depuis quasiment 3 semaines. Cela semble dénoter une frilosité générale des investisseurs à prendre de nouvelles positions à l’achat en euro depuis la semaine dernière et la publication des premiers résultats des enquêtes d’activité du mois d’avril qui laissent à penser que la dynamique de ralentissement économique observée en Zone Euro tend à se prolonger au second trimestre. Dans le même temps, l’économie américaine, via la progression de ses marchés actions qui hier, dopés par les bons résultats trimestriels de certaines grandes entreprises cotées en bourse comme Twitter (+16% mardi), Hasbro (+14%) ou United Technologies (2%), ont approché de leur pic historique (c’est le cas pour l’indice S&P 500 et Nasdaq 100), déjoue pour le moment tous les pronostics de récession et affiche un visage bien plus robuste que prévu. Cette tendance pourrait se confirmer sur la fin de semaine à l’occasion de la publication ce vendredi des premières estimations de croissance du PIB aux Etats-Unis au 1er trimestre 2019.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD  :  Nouveaux maux de tête pour l’EUR/USD qui après une pause de deux jours est de retour sur une pente descendante et menace à nouveau ce mercredi de retomber sous son support de $1,12. Les divergences de dynamique économique qui émanent actuellement des Etats-Unis où l’économie apparaît faire mieux que résister aux pressions baissières venues de l’extérieur et d’une Zone Euro où à l’inverse l’activité industrielle (surtout en Allemagne) reste toujours handicapée par les incertitudes autour du Brexit et les conflits commerciaux apparaissent aujourd’hui comme un facteur différenciant majeur incitant les investisseurs à privilégier le dollar à l’euro. La dégradation non attendue du sentiment des ménages européens au mois d’avril montrée par l’enquête préliminaire menée par un département de la Commission Européenne  (-7,9 Vs cons. -7,0 et -7,2 en mars) et la hausse surprise de la vente de logements neufs aux Etats-Unis (+4,5% Vs cons. -2,5%), deux indicateurs publiés en même temps mardi après-midi, n’a fait que renforcé ce sentiment et cette impression de dynamiques opposées entre les deux zones géographiques.  

Niveaux clés : Toujours sur la défensive ce matin, la paire EUR/USD est à portée du seuil de $1,12 qui pour le moment résiste bien aux multiples assauts réalisés par le cours de change. Le support pourrait néanmoins cédé ce matin à l’occasion de la publication en Allemagne des nouveaux indices Ifo mesurant le climat des affaires au sein de la 1ière économie européenne. Une dégradation de la confiance des entreprises allemandes pourrait venir accentuer la défiance actuelle des investisseurs vis-à-vis de l’euro et conduire l’EUR/USD vers ses plus bas niveaux atteints cette année ($1,1174 le 7 mars).

Perf 2019 = -2,24% / Moyenne 2019 = $1,1333 / Point haut 23 avril 2019 = $1,1262 / Point bas 23 avril 2019 = $1,1190 / Clôture 23 avril 2019 = $1,1225

CAD

EUR/ CAD  :   La paire EUR/CAD reste quasiment impassible à l’égard de la nouvelle flambée des prix du pétrole amorcée lundi après que Washington ait indiqué qu’elle ne renouvellerait pas le 1er mai les exemptions accordées à 8 pays leur permettant d’importer du pétrole depuis l’Iran. Après un léger repli lundi en direction de C$1,50, la paire de change a finalement réussi à contenir les pressions baissières venues accompagner la montée des prix du pétrole à un nouveau pic depuis novembre dernier. On peut y voir ici l’influence de la banque centrale canadienne qui tiendra cette après-midi une nouvelle réunion monétaire et dont on craint que, à l’image de ses homologues en Australie, aux Etats-Unis, au Japon ou encore en Zone Euro, elle affiche un visage bien plus accommodant que lors de ses précédentes sorties. La publication en marge de cette réunion des nouvelles projections économiques de la banque pourrait d’ailleurs être l’occasion parfaite d’annoncer officiellement une pause cette année de la politique de normalisation monétaire débutée à l’été 2017. Jusqu’à présent les responsables monétaires canadiens liaient le sort d’une prochaine hausse de taux à la teneur de la performance de l’économie or au regard de la montée des risques externes et de la dynamique de ralentissement de la croissance mondiale, ces derniers pourraient changer leur fusil d’épaule et décider d’adopter une approche prudente. Parmi les 33 analystes sondés par l’agence Reuters en amont de la réunion, aucun ne s’attend à une révision du taux directeur actuellement fixé à 1,75% (décision à 16h00). Mais les attentes des marchés sont ailleurs, c’est-à-dire savoir quel sera le prochain mouvement décidé par la banque : une hausse de taux ou une baisse ? La conférence de presse du gouverneur central canadien Stephen Poloz qui débutera à 17h15 devrait à cet égard suivi attentivement par les acteurs de marché.

Niveaux clés : Le cours EUR/CAD enregistre depuis hier un petit rebond qui l’emmène ce matin aux portes du seuil de C$ 1,51, preuve s’il en est des doutes des marchés sur la position de la banque centrale canadienne dont on redoute qu’elle reprenne la rhétorique accommodante de ses consœurs. Un rebond plus important pourrait s’observer cette après-midi si les banquiers centraux canadiens ouvrent la porte, directement ou indirectement à une possible baisse de taux. A cette occasion, le cours pourrait venir tester le seuil de résistance de C$ 1,52 qui tient bon depuis trois mois. A l’inverse, un mouvement de repli, dont la magnitude pourrait être amplifiée par un effet « pétrole », pourrait accompagner un discours de la banque confirmant qu’elle entend poursuivre cette année sa politique de hausse de taux. Dans ce scénario, il ne serait pas surprenant de voir la paire de change glisser sous C$ 1,50. La faiblesse actuelle de l’euro couplée à la remontée des prix du pétrole sont deux catalyseurs à tendent à tirer l’EUR/CAD vers le bas.  

Perf 2019 = -3,52% / Moyenne 2019 = C$1,5081 / Point haut 23 avril 2019 = C$1,5081 / Point bas 23 avril 2019 = C$1,5007 / Clôture 23 avril 2019 = C$1,5064


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.