Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

avr. 08, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 8 avril 2019 – Sommaire :

  • L’euro ne parvient pas à décoller de son support de $1,12 et reste fragile en amont de la nouvelle réunion de la BCE de mercredi.
  • Inflation (mardi) et Minutes de la Fed (mercredi) à suivre aux Etats-Unis cette semaine.
  • L’EUR/GBP reste stable à £0,86 et observe avec attention les dernières tentatives de T. May pour obtenir un nouveau report du Brexit et éviter une sortie avec fracas ce vendredi 12 avril.
  • L’EUR/JPY se maintient tout juste au-dessus du nouveau de ¥125 et ne parvient pas à accélérer alors que l’on reste dans l’attente d’une annonce d’accord entre la Chine et les Etats-Unis.
  • L’EUR/CAD a fait son retour depuis vendredi à plus de C$ 1,50 après la déception causée par l’observation d’une contraction des créations d’emploi au Canada en mars.

GBP

Vers une nouvelle extension de la date du Brexit ? : Initialement, l’Union Européenne avait offert au Royaume-Uni un délai exceptionnel de deux semaines, et donc jusqu’au 12 avril à minuit, pour faire ratifier l’accord de sortie au Parlement et ainsi lui permettre de sortir « en douceur » le 22 mai prochain, juste avant le lancement des élections européennes. Sans accord sur ce texte, le Brexit serait alors officiel. Or à une semaine de cette échéance et après trois véto consécutif des députés britanniques sur le texte de divorce négocié avec les européens, Londres reste dans une impasse et la première ministre Theresa May n’a toujours pas trouvé la solution et l’élément qui puisse convaincre les membres les plus eurosceptiques de sa base politique (le Parti conservateur) de lui apporter leur soutien. C’est la raison pour laquelle, contre toute-attente, cette dernière s’est tournée vers le leader du parti travailliste, Jeremy Corbyn, pour trouver un compromis et ainsi éviter au pays une rupture brutale qui aurait, selon toute vraisemblance, d’importantes répercussions néfastes à court terme sur l’économie britannique. Après trois entrevues, aucun terrain d’entente n’a été trouvé avec le camp de l’opposition qui estime que les ajustements réalisés par la première ministre britannique ne sont pas assez convaincants et qui réclame l’instauration d’une union douanière permanente entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne, laquelle empêcherait alors Londres de négocier en son nom ses propres accords de libre-échange. Selon plusieurs médias, la première ministre devrait dans les prochaines heures faire une proposition et céder à certaines exigences des travaillistes concernant l’union douanières afin, dans le meilleur des cas de pouvoir soumettre une nouvelle version du texte de sortie au Parlement avant vendredi, mais surtout pour pouvoir soumettre aux européens, qui se réuniront ce mercredi à l’occasion d’un Sommet exceptionnel sur la question du Brexit, un projet crédible justifiant une nouvelle demande de report de la date de sortie jusqu’au 30 juin, avec possibilité de sortie prématurée avant le 22 mai en cas d’accord trouvé au Parlement britannique. Du côté de Bruxelles, si l’on cherche également à éviter à tout prix une sortie sans accord du Royaume-Uni qui provoquerait à coup sûr des remous sur l’ensemble des places boursières européennes et perturberait assurément une économie européenne déjà très fragile, on voit d’un mauvais œil une extension courte et la participation des britanniques aux prochaines élections européennes du 23-26 mai prochain et on privilégierait, selon les derniers échos relayés par les médias, une extension plus longue du Brexit d’au moins 12 mois pour permettre aux deux pays de trouver un nouveau consensus. L’idée d’un tel report a été qualifiée ce weekend de « purgatoire » par certains députés partisans du Brexit qui y voient là un risque que le pays finisse à la longue de faire machine arrière et décide de ne plus sortir. Une participation du Royaume-Uni aux élections européennes serait vécue comme une « trahison » par une frange du Parti conservateur partisane du Brexit. Elle pourrait alors initier une large vague de départ au sein du gouvernement qui pourrait alors se conclure par un départ de Theresa May et l’organisation d’élections générales anticipées au cours desquelles le Parti travailliste aura une vrai carte à jouer dans le contexte actuel de mécontentement à l’égard de la gestion du Brexit réalisée par le gouvernement conservateur actuel.

Orientation & Volatilité  : La livre sterling a montré sur la fin de semaine dernière quelques signes de faiblesse et cédé un peu de terrain face à ses principaux pais ; à savoir le dollar américain et l’euro ; alors que l’issue du Brexit reste toujours irrésolue malgré les échéances proches. Pour le moment la devise britannique bénéficie d’un halo de confiance de la part d’investisseurs qui estiment que le Royaume-Uni devrait parvenir au bout du compte à éviter un « hard Brexit » et ainsi trouver une solution à l’amiable avec les européens pour ne pas rompre avec fracas. C’est la raison pour laquelle la livre sterling reste depuis environ un mois dans un couloir relativement étroit face à l’euro de £0,85-£0,87. Toutefois tant que la menace de rupture sans accord existe, il n’est pas possible pour la livre de s’apprécier davantage, les investisseurs préférant rester prudents face à ce facteur de risque. Dans ce contexte, il est clair que les marchés ne sont pas du tout préparés à la perspective d’une absence d’accord cette semaine entre britanniques et européens ; un véto d’un seul des 27 membres de l’UE à la requête de report du Brexit bloquerait la demande ; et que le cas échéant une sortie du Royaume-Uni vendredi soir serait vécue comme un coup de tonnerre par l’ensemble des acteurs de marché et provoquerait un mouvement de panique dont la livre sterling ne sortirait pas indemne. Toutefois, si un accord sur une nouvelle extension du processus de sortie serait accueilli avec un soulagement par les marchés et pourrait permettre à la livre sterling d’enregistrer quelques gains (nouvelle tentative de repli de l’EUR/GBP sous £0,85 et nouveau plus bas annuel atteint ?), ceux-ci semblent être voués à rester modestes et seulement temporaires. En effet, une fois le soulagement de voir le Royaume-Uni éviter un divorce brutal, les investisseurs pourraient vite revenir à la raison et questionner une situation qui reste insoluble et qui, au regard des récents indicateurs publiés sur ce début d’année 2019, impacte négativement l’économie du pays (investissement réduit). Par ailleurs, l’observation d’importantes turbulences politiques et la montée de spéculations autour d’un éventuel départ de Theresa May pourraient venir générer quelques appréhensions parmi les détenteurs de livre sterling et alors freiner les tentatives de revalorisation de la devise britannique. Quoi qu’il en soit la semaine risque d’être à nouveau très volatile pour la livre sterling dont la future direction reste globalement hautement imprévisible.

EUR

Réunion de la BCE (mercredi)  – Des inquiétudes confirmées ? : Selon toute vraisemblance, cette nouvelle réunion monétaire de la Banque Centrale Européenne (BCE) ne devrait pas nous apporter de réels éléments nouveaux par rapport à ce que l’on sait déjà sinon confirmer les récents choix réalisés par la banque en mars dernier, à savoir lancer prochainement un nouveau programme de prêts longs à taux réduits (TLTRO) auprès des établissements bancaires européens afin de soutenir l’activité de crédit en Zone Euro et de reporter la date de première hausse de taux à 2020, au plus tôt. Au regard des récents indicateurs économiques publiés en Zone Euro depuis la dernière réunion, on ne peut pas dire que l’évolution de la conjoncture invite à l’optimisme, le secteur industriel européen affiche une contraction de son activité qui n’avait plus été vue depuis 2012 tandis que l’inflation s’est replié et affiche désormais des niveaux bien éloignés des objectifs recherchés par la banque (inflation générale relevée à 1,4% en 1ière estimation en mars Vs objectif de 2% ciblé par la BCE). Le gouverneur central Mario Draghi pourrait profiter de cette réunion pour réaffirmer ses inquiétudes à l’égard des perspectives en Zone Euro et par conséquent le soutien indéfectible de la banque centrale pour combattre ces vents contraires qui s’abattent actuellement sur l’économie de la région.

Orientation & Volatilité : L’impression donnée d’une banque centrale à l’approche très accommodante devrait maintenir le peu d’attractivité dont jouit actuellement l’euro auprès des investisseurs. Si les perspectives haussières semblent minimes, à l’inverse le risque baissier reste bel et bien présent. En effet, l’euro pourrait faire l’objet de nouvelles pressions baissières si d’aventure le gouverneur central ouvre la porte à de nouvelles actions de soutien de la banque et vient alimenter les spéculations, toute récemment apparues sur les marchés monétaires, de possible baisse de taux en Zone Euro dans les mois à venir si d’aventure les perspectives économiques en Zone Euro étaient amenées à se dégrader davantage. Dans ce cas précis, il ne serait pas surprenant de voir l’EUR/USD rechuter sous $1,12 et atteindre de nouveau point bas annuel ($1,1174).

USD

Minutes de la Fed (mercredi) – Retour en détail sur le choix des responsables monétaires de procéder à une pause en 2019 : La réserve fédérale américaine publiera mercredi soir le compte rendu de sa réunion monétaire de mars au cours de laquelle la banque centrale a revu ses projections économiques et monétaires à la baisse et officialisé une pause de son processus de hausse de taux cette année. Ce document sera l’occasion d’avoir une vue d’ensemble sur les débats et discussions échangés entre les responsables monétaires américains et des raisons qui ont motivé ce changement d’approche qui, bien qu’anticipé à l’époque par une majorité d’acteurs de marché, n’était néanmoins pas attendu aussi tôt dans l’année.

Orientation & Volatilité  : Le choix de la Fed d’officialiser une pause monétaire dès mars a nourrit toute une vague de spéculations, plutôt pessimistes, sur l’état de santé réel de l’économie britannique qui pourrait s’avérer finalement bien moins robuste que l’on ne le pensait. Ce document permettra donc de revenir en détail sur ce qui a motivé les choix des banquiers centraux américains et surtout de voir si le choix d’opérer une pause était le résultat d’une décision unanime ou si les avis sont assez partagés sur la question. En cas d’observation d’une frange rebelle au sein de la banque toujours favorable à poursuivre les efforts de normalisation monétaire dès lors nous pourrions voir ressurgir quelques espoirs de hausse de taux avant la fin de l’année, lesquels pourraient alors venir soutenir une petite hausse du dollar (c’est d’autant plus vrai si en amont la BCE a livré une communication très prudente). Dans le cas inverse, l’observation d’inquiétudes parmi les responsables monétaires américains autour de la conjoncture actuelle aux Etats-Unis pourrait réanimer les craintes de récession dans le pays, et alors venir déclencher de nouveaux mouvements de demande envers les valeurs refuges, à savoir le yen, le franc suisse… et potentiellement, et cela de manière paradoxale, le dollar américain. La devise américaine pourrait être d’autant plus recherchée en cas de montée de craintes à l’égard de l’économie mondiale si dans le même temps la Zone Euro et/ou le processus du Brexit n’offrent aucune garantie aux investisseurs. 

Mais aussi cette semaine…

  • Révision des projections économiques en Italie (mercredi).  La 3ième économie de la Zone Euro devrait selon plusieurs médias revoir à la baisse ses projections de croissance pour 2019 et 2020, et à l’inverse revoir à la hausse ses projections de déficit. Les craintes de dérives budgétaires en Italie et l’apparition de nouvelles pressions sur les taux de crédit du pays pourraient venir créer de nouvelles turbulences sur l’ensemble des marchés financiers européens, et par conséquent troubler l’euro.
  • Négociations Chine/Etats-Unis. Les deux pays seraient tout proches d’un accord néanmoins aucune annonce officielle n’a encore été formulée. Les marchés restent dans l’attente
  • Nouvelles projections du FMI. De vendredi à dimanche, le Fond Monétaire International tiendra sa conférence semestrielle de printemps au cours de laquelle il publiera ses nouvelles projections économiques. L’organisation pourrait en profiter pour revoir à la baisse ses prévisions et pointer du doigt le ralentissement en cours de l’économie mondiale.


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