Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

avr. 05, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 5 avril 2019 – Sommaire :

  • En l’absence d’éléments nouveaux et concrets sur les volets du Brexit et des négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, la volatilité sur les marchés des changes est très réduite.
  • L’euro reste à un niveau bas, entre $1,1200 et $1,1250, toujours handicapé par les inquiétudes autour de l’économie de Zone Euro. Les chiffres de l’emploi aux Etats-Unis (14h30) seront l’évènement majeur de la séance de vendredi.
  • L’EUR/GBP se maintient sous £0,86 alors que le gouvernement va adresser une proposition écrite au Parti travailliste pour tenter de sortir de l’impasse du Brexit.
  • L’EUR/JPY reste sur une pente ascendante à plus de ¥125 mais les pressions haussières sont modestes. Si Washington évoque un accord imminent avec la Chine, l’absence de date de sommet entre les présidents américain et chinois invite néanmoins à la prudence.
  • Le dollar canadien reste stable face à l’euro à hauteur de C$1,50 en attendant la publication dans l’après-midi des nouvelles statistiques de l’emploi au Canada (14h30).
  • Emergents : Le yuan chinois teste ce matin ses pics annuels face à l’euro et s’échange ce matin à moins de ¥7,53 / L’EUR/ZAR teste lui un support de un mois localisé à ZAR 15,80 mais celui-ci tient bon pour le moment.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de jeudi : Nouvelles inquiétudes autour de l’Allemagne et de l’Italie / La livre sterling perd pied face aux incertitudes persistantes du Brexit / Tergiversations autour de l’accord entre Chine et Etats-Unis

Après avoir tenté de prolonger son rebond en début de matinée et s’être à nouveau cassé les dents sur la barrière de $1,1250, l’EUR/USD a rapidement rebroussé chemin en direction de son support de $1,12 après la publication de plusieurs rapports dans les médias évoquant la décision du gouvernement italien de procéder à une forte réduction de sa projection de croissance pour cette année, de 1,0% à 0,3-0,4% selon Reuters et à 0,1% selon Bloomberg, mais également des instituts économiques allemands de réduire de moitié leur projection de croissance en Allemagne en 2019 de 1,9% à 0,8%. Alors que la paire de change n’avait pas réellement prêté attention dans un premier temps à la nouvelle contraction significative des commandes industrielles des usines allemandes au mois de février (-4,2% M/M), ces annonces ont servi d’étincelles pour raviver les doutes dans l’esprit des acteurs des marchés et les débats autour d’un possible risque de récession qui menace l’économie européenne. Alors que les discussions entre Theresa May et le leader de l’opposition Jeremy Corbyn se sont poursuivies du côté de Londres pour tenter de trouver une solution qui permettre d’empêcher qu’un scénario de sortie sans accord se réalise le 12 avril prochain. L’absence pour le moment de résultats concrets qui selon plusieurs médias est le fruit de divergences profondes entre le gouvernement et le Parti travailliste qui milite pour l’organisation d’un second référendum de confirmation du résultat du précédent scrutin de juin 2016 laissent planer le doute qu’en cas d’impasse prolongée le Royaume-Uni n’aurait pas d’autres choix que, face au refus des députés de voter l’accord de sortie, de réclamer à l’Union Européenne un report prolongé du Brexit qui obligerait alors Londres à participer aux prochaines élections européennes qui auront lieu fin mai. Cependant, il n’est pas certain cette fois ci que Bruxelles cède aux exigences britanniques, le président de la Commission Européenne Jean-Claude Juncker a été clair cette semaine qu’il est hors de question (à ce stade) d’étendre les négociations au-delà du 12 avril. Face à ces incertitudes persistantes, la livre sterling a pris un coup de froid et cédé jeudi presque -0,6% face à l’euro, la paire EUR/GBP revenant aux abords du seuil de £0,86. Les paires EUR/JPY et EUR/CHF sont restés relativement stables hier ; respectivement à un peu plus de ¥125 pour la première et ₣1,12 pour la seconde paire de change ; due à l’absence d’éléments concrets concernant l’avancée des négociations sino-américaines. En marge de sa rencontre avec le vice-Premier ministre chinois Liu He, Donald Trump s’est félicité de l’avancée des discussions et confirmé qu’un accord final était proche d’être conclu, cependant les marchés ont vu dans l’absence d’annonce d’un sommet à venir entre le président américain et son homologue chinois Xi Jinping ; laquelle faisait l’objet d’importantes rumeurs ce jeudi ; un signe venant nuancer ses propos et laissant présager que d’importants obstacles demeurent. Malgré ces petites tergiversations, les marchés restent globalement optimistes et continuent de penser qu’un accord entre les deux principales économies mondiales est imminent. Le yuan a gagné lui un peu de terrain face à l’euro et reste toujours pour le moment très proche de ses plus hauts niveaux de l’année à moins de ¥7,55.  Le rouble a perdu un peu de terrain face à l’euro (-0,2%) et l’EUR/RUB fut aperçu hier à plus de RUB 73,5 après que l’agence de notation Standard & Poor’s ait mis en garde dans un rapport sur le fait que de nouvelles sanctions économiques de la part des Etats-Unis pourraient engendrer une dégradation de la note de crédit de la Russie.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD  :   Le cours EUR/USD ne parvient toujours pas à décoller et reste plus que jamais arrimé à son support de $1,12. L’euro voit en effet toutes ses tentatives de redressement face au dollar tuées dans l’œuf par l’observation d’éléments venant mettre en lumière les difficultés économiques de la Zone Euro, et plus particulièrement de ses leaders tels que l’Allemagne (1ière économie de la Zone Euro) et l’Italie (3ième économie). Si on est encore loin, néanmoins la peur d’une récession en Allemagne ou celle d’une dérive budgétaire en Italie, où le haut niveau d’endettement du pays (132% du PIB en 2017, 2nd pays le plus endetté de l’UE derrière la Grèce) suscite de réelles craintes, viennent non seulement conforter le récent choix de la Banque Centrale Européenne de procéder à de nouvelles mesures de soutien à l’activité de crédit (lancement prochain d’un programme de prêts longs à taux réduits auprès des établissements bancaires européens) mais surtout alimentent les spéculations à l’égard de nouvelle mesures prises en cas de détérioration du contexte économique dans la région, et dans ce cas précis d’une possible baisse de taux. Si l’économie américaine montre elle aussi des signes de ralentissement, elle affiche néanmoins un visage bien plus rassurant que son homologue européenne et cette divergence fait ici toute la différence aux yeux des investisseurs qui affichent une claire préférence pour le dollar américain par rapport à l’euro. Cette divergence sera néanmoins mise à l’épreuve cette après-midi à l’occasion de la publication des nouveaux chiffres de l’emploi aux Etats-Unis qui sont attendus bien meilleurs que le mois dernier (cons. 180k Vs 20k).

Niveaux clés : L’optimisme des marchés à l’égard d’une conclusion imminente d’un accord entre la Chine et les Etats-Unis et le rebond ce matin un peu plus important que prévu de la production industrielle allemande au mois de février (+0,7% M/M Vs cons. +0,5%) maintiennent pour le moment à flot l’EUR/USD au-dessus de $1,12. Néanmoins, l’évènement majeur de la journée sera la publication des statistiques de l’emploi américain cette après-midi (14h30).  Si les créations d’emploi ressortent en ligne ou proche des attentes , dès lors on pourra plaider la thèse de l’accident le mois dernier et les investisseurs recevront alors de nouveaux arguments venant justifier l’attrait du dollar face à l’euro et un possible repli de la paire EUR/USD sous $1,12 pour y tester ses plus bas niveaux de l’année ($1,1174). À l’inverse, un volume de créations d’emploi bien moins robuste que prévu et à nouveau inférieur à 100k viendrait relancer les débats autour d’un ralentissement en cours de l’économie américaine et des risques de récession à venir, et dans ce cas l’EUR/USD recevrait ici un coup de pouce pour lui permettre d’enfin franchir la barrière de $1,1250 qui lui fait obstacle depuis maintenant plus d’une semaine.

Perf 2019 = -2,17% / Moyenne 2019 = $1,1351 / Point haut 4 avril 2019 = $1,1248 / Point bas 4 avril 2019 = $1,1204 / Clôture 4 avril 2019 = $1,1220

GBP

EUR/GBP  :   Les négociations entre Theresa May et Jeremy Corbyn se poursuivront ce vendredi pour un 3ième jour consécutif sans assurance néanmoins que celles-ci aboutissent sur un compromis qui offre l’occasion à la première ministre britannique de soumettre une nouvelle version de l’Accord de sortie au vote des députés avant l’échéance du 12 avril prochain, date limité fixée par l’UE pour que le Royaume-Uni ratifie le texte sinon quoi le Brexit s’activerait automatiquement.  Les médias britanniques révèlent ce matin que le gouvernement va faire une proposition écrite au leader travailliste qui inclurait selon plusieurs sources proches du dossier l’organisation d’un vote au Parlement proposant aux députés de choisir d’organiser ou non un second référendum sur le Brexit. De son côté, Theresa May apparaît complètement isolé au sein du Parti conservateur où certains responsables historiques ont accueilli comme une traitrise son choix de négocier les options du Brexit avec l’opposition. Plusieurs députés pourraient décider de mettre des bâtons dans les roues de la cheffe du gouvernement et décider de voter contre la proposition du gouvernement, quelle qu’elle soit. Le doute plane au-dessus du Royaume-Uni et des futurs contours du Brexit, néanmoins du côté des marchés rien ne change et on continue à croire dur comme fer que, quelle que soit l’issue trouvée, un sortie sans accord sera de toute manière évitée.

Niveaux clés : Pas de gros changements concernant la volatilité de la paire EUR/GBP qui depuis maintenant près de deux mois vogue de manière permanente dans un corridor étroit de £0,85-£0,87. Les marchés restent pour le moment préoccupés et essentiellement concentrés sur l’issue finale du Brexit et sur l’élimination ou non de la menace de « Hard Brexit ». Tant que celle-ci persiste, il apparaît difficile pour la livre sterling de s’apprécier davantage et à l’EUR/GBP de glisser de manière durable sous £0,85. Néanmoins, les efforts observés de part et d’autre au Royaume-Uni pour éviter un scénario catastrophe et les discours conciliants cette semaine de plusieurs responsables européens confortent les investisseurs dans le fait que la probabilité de cette menace reste pour l’heure réduite. Ajouté à cela la faiblesse récurrente de l’euro depuis plusieurs semaines et l’on obtient un EUR/GBP à la valorisation plafonnée et qui éprouve toujours autant de difficulté à franchir le seuil de £0,8650.  

Perf 2019 = -2,17% / Moyenne 2019 = $1,1351 / Point haut 4 avril 2019 = $1,1248 / Point bas 4 avril 2019 = $1,1204 / Clôture 4 avril 2019 = $1,1220


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.