Actualités du marché des devises

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avr. 03, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 3 avril 2019 – Sommaire :

  • La tactique contre-nature de Theresa May a positivement surpris les marchés et offrent ce matin un peu de répit à l’euro et un nouveau souffle à la livre sterling.
  • La visite du vice-Premier ministre chinois aux Etats-Unis ce mercredi ravive également ce matin les spéculations d’accord entre la Chine et les Etats-Unis.
  • Rebond timide de l’EUR/USD ($1,1220) à l’aune d’un calendrier économique très chargé (ventes au détail & PMI composite en Zone Euro Vs chiffres ADP de l’emploi & ISM non-manufacturier aux USA).
  • La paire EUR/GBP teste le seuil de £0,85 et se rapproche de ses plus bas niveaux de l’année (£0,8469).
  • Valeurs refuges sur la défensive : La paire EUR/JPY repasse au-dessus du seuil de ¥125 (pic de 8 séances) & l’EUR/CHF amorce un retour au-dessus du seuil de ₣1,12.
  • Valeurs cycliques & émergentes recherchées : La paire EUR/AUD replonge sous le seuil de A$ 1,58 / L’EUR/ZAR se replie sous ZAR 15,90
  • Le Brent (pétrole) approche le seuil de $70 (pic annuel) : Rebond du CAD (C$1,49), de la NOK (NOK 9,62) & du RUB (RUB 73,0) face à l’euro ce matin

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de mardi : L’EUR/USD flirte avec son plus bas de l’année / Theresa May tend la main aux travaillistes pour sortie de l’impasse sur le Brexit / Repli du dollar australien sur fond de craintes autour de l’économie domestique / Moody’s envoie (temporairement) le ZAR à un pic d’un mois

La principale nouvelle mardi sur les marchés des changes fut le nouveau repli de l’EUR/USD qui, sous couvert d’un calendrier économique réduit, fut à nouveau mis sous pression par une montée croissante des inquiétudes de la part des investisseurs vis-à-vis de la santé de l’économie européenne dont la fragilité, si elle persiste, pourrait à terme pousser la banque centrale européenne à opérer de nouvelles mesures de soutien. Au centre des inquiétudes, on retrouve en bonne place la question du Brexit et le flou persistant autour de son issue finale, mais également les craintes autour du fort ralentissement de l’économie italienne qui, selon les dernières projections publiées par l’OCDE, pourrait connaître une croissance négative cette année (projection de -0,2% en 2019). L’EUR/USD a ainsi frôlé hier son plus bas niveau de l’année (point bas recensé mardi à $1,1181 Vs $1,1174 touché le 7 mars dernier) avant de retracer et repasser tout juste au-dessus du niveau de $1,12 en fin de séance. À noter que les pressions baissières sur l’EUR/USD se sont accélérées après la publication d’une contraction finalement un peu moins significative que prévu des commandes de biens durables aux Etats-Unis (-1,6% M/M Vs cons. -1,8%), laquelle a servi de prétexte à de nouvelles prises de position à l’achat en dollar. La paire EUR/GBP a passé une bonne partie de la journée de mardi dans le vert et tenté désespérément de rejoindre le seuil de £0,86 au lendemain du rejet par les députés des quatre options de sortie qui avaient été soumises au Parlement à l’occasion d’une nouvelle session de votes consultatifs. Toutefois, la paire EUR/GBP a fini par rebrousser chemin et se rapprocher en fin de journée du seuil de £0,85 consécutivement à l’annonce faite par Theresa May de son intention de demander à l’Union Européenne un nouveau report de la date de sortie actuellement fixée au 12 avril et de s’entretenir avec le leader de l’opposition travailliste, Jeremy Corbyn, pour convenir ensemble d’une solution pour sortir le pays de l’impasse dans laquelle il se trouve. Voyant ce choix comme la preuve évidente d’un souhait non-dissimulable de la première ministre britannique d’éviter à tout prix une sortie sans accord, les investisseurs ont plutôt positivement accueilli la nouvelle. D’autant plus que dans le même temps, par crainte de voir une sortie désordonnée finalement se produire, l’Union Européenne, par la voix de son négociateur en chef Michel Barnier, s’est dit disposée à maintenir le Royaume-Uni au sein de l’union douanière ou de lui proposer un partenariat similaire à celui qui existe actuellement entre l’UE et la Norvège.  Parmi les autres mouvements principaux de la journée de mardi, on retiendra la chute de -0,5% du dollar australien face à l’euro (A$ 1,5840) consécutivement à l’ajustement du discours de la banque centrale australienne en marge de sa nouvelle réunion monétaire, lequel a conforté les spéculations autour d’une possible baisse de taux opérée par la RBA dans les prochains mois, et la révision à la baisse des projections de croissance du gouvernement australien dans son nouveau budget. Ces pressions baissières sur la devise australienne devraient rapidement s’estomper à mesure que l’espoir autour d’un possible accord imminent entre la Chine et les Etats-Unis fera son retour et influencera à nouveau les prises de décision des investisseurs. Le vice-Premier ministre chinois, Liu He, est attendu ce mercredi du côté de Washington pour y représenter les négociateurs américains aux questions commerciales. Le rand sud-africain a connu un petit coup de chaud temporaire et un pic d’un mois face à l’euro à presque ZAR 15,75 après la publication d’une note de recherche de l’agence de notation Moody’s confirmant le statut d’ « investissement de qualité » de la dette sud-africaine. Le cours EUR/ZAR a par la suite retracé vers le niveau de ZAR 15,90. La livre turque a quant à elle abandonné près de 2% face à l’euro (TRY 6,28) suite à l’annonce mardi de la décision des Etats-Unis de suspendre la livraison d’équipements destinés à la construction des avions de combat F-35. Sinon, la paire EUR/SEK s’est offert un rebond de plus de +0,4% (SEK 10,45) sur fond de correction haussière après avoir atteint un point bas de 2 mois lundi à environ SEK 10,3750.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD  :   Le changement de tactique inattendu de Theresa May sur le volet du Brexit et la main tendue par cette dernière au Parti travailliste pour trouver un accord sur le Brexit a positivement surpris les marchés et conforté l’idée qu’un retrait sans accord est un scénario extrême que les deux camps, britanniques et européens, veulent éviter à tout prix. La nouvelle donne ce matin un peu d’air à un euro en déficit de catalyseurs haussiers et qui a frôlé mardi avec ses plus bas niveaux de l’année situés sous le niveau de $1,12. Le vent d’optimisme sur le volet commercial qui souffle ce mercredi sur les marchés des changes en marge de la visite du vice-Premier ministre chinois aux Etats-Unis est également un facteur favorable à la paire de change qui après quelques dernières compliquées s’offre un petit répit et tente de s’écarter de son support de $1,12. La dynamique reste pour le moment timide et très modeste car ce seul sentiment ne se suffit pas à lui-même et n’efface pas les craintes accompagnant une économie européenne en sérieuse perte de vitesse. Cette tentative de rebond sera très vite testée puisque l’on attend ce mercredi plusieurs indicateurs macroéconomiques majeurs des deux côtés de l’atlantique. En Zone Euro, on sera attentif à la publication de l’estimation finale des enquêtes d’activité PMI du mois de mars dans le secteur privé et des statistiques de ventes au détail au mois de février. Dans l’après-midi, l’attention se tournera vers les Etats-Unis où l’on attend les statistiques ADP d’emploi dans le secteur privé ; traditionnellement considérées comme un baromètre de tendance avant la publication des chiffres officiels le vendredi qui suit ; et le résultat de l’enquête d’activité ISM de mars dans le secteur privé non-manufacturier.

Niveaux clés : L’impression laissée de divergences entre une économie américaine résiliente face à un contexte global dégradé et une économie européenne en net ralentissement et fragilisée par la montée des risques dans le monde pourrait servir de prétexte à un nouveau repli de la paire sous $1,12. Si l’économie européenne rassure, ou du moins n’envoie pas de nouveaux signaux faisant planer un risque de récession dans la région, et que le sentiment global des investisseurs reste optimiste, dès lors nous pourrions voir la tentative de redressement de la paire de change se poursuivre, voire s’intensifier. Dans un premier temps, le défi pour l’EUR/USD sera de rejoindre le seuil de $1,13 qui n’a plus été atteint depuis maintenant plus d’une semaine.  

Perf 2019 = -2,17% / Moyenne 2019 = $1,1351 / Point haut 2 avril 2019 = $1,1218 / Point bas 2 avril 2019 = $1,1181 / Clôture 2 avril 2019 = $1,1202

GBP

EUR/GBP  :   Il n’y a pas à dire, les négociations autour du Brexit nous réservent chaque jour son lot de surprise. Mardi, après plusieurs heures interminables de débats ministériels sur la question de la gestion de la sortie de l’Union Européenne, Theresa May a tranché et décidé de solliciter un nouveau report de la date de sortie afin de trouver une solution et un soutien des parlementaires qui jusqu’à présent ont rejeté à trois reprises le texte de divorce. La surprise n’est pas réellement venue de cette annonce mais du choix de la première ministre de consulter et s’entretenir avec le leader du Parti travailliste afin de trouver une option de sortie qui puisse à la fois éviter un retrait sans accord le 12 avril prochain et qui puisse obtenir une majorité de soutien au sein de la Chambre des communes. Jusqu’à présent, Theresa May s’était uniquement tournée vers sa famille politique pour tenter de trouver une issue mais les importantes divergences de position sur la question au sein du Parti conservateur se sont jusqu’à présent révélées être un frein à la conclusion d’un accord et font plus que jamais peser la menace d’une possible sortie désordonnée en fin de semaine prochaine. La tactique inédite et contre-nature de Theresa May met en lumière sa volonté de trouver coute que coute un accord pour éviter un divorce douloureux, et cela même si cela doit lui attirer les foudres des ténors de sa famille politique et potentiellement sa place de cheffe du gouvernement dans les semaines à venir. Les marchés veulent à nouveau croire au fait qu’une issue positive et un accord à l’amiable est le scénario souhaité par les camps britanniques et européens, et donc à priori le plus envisageable. D’où l’observation de nouvelles prises de positions sur la livre sterling qui progressivement s’approche de ses plus hauts niveaux de l’année.

Niveaux clés : Le cours EUR/GBP est de retour à hauteur de £0,85 et pourrait peu à peu glisser sous ce seuil pour tester ses plus bas niveaux de l’année (£0,8469). Malgré ce sursaut, les gains potentiels sur la livre apparaissent encore pour l’heure limités car si Jeremy Corbyn s’est réjouit de l’invitation formulée par Theresa May, rien ne dit encore que les deux responsables politiques vont réussir à s’entendre sur une solution commune et l’on ignore encore de quelle manière l’Union Européenne va répondre à la nouvelle requête de report du Brexit annoncée hier par la première ministre. Pour l’heure, aucun report au-delà du 22 mai, veille du début des élections européennes, ne semble envisagé car ni Londres ni Bruxelles ne semblent à l’aise à l’idée d’une possible participation du Royaume-Uni à un scrutin concernant un ensemble politique et économique qu’il entend quitter au plus vite. Ainsi, bien qu’orientée à la baisse, la paire EUR/GBP pourrait manquer de catalyseurs pour étendre sa dynamique de dépréciation en cas de retour sous le seuil de £0,85. 

Perf 2019 = -5,31% / Moyenne 2019 = £0,8712 / Point haut 2 avril 2019 = £0,8626 / Point bas 2 avril 2019 = £0,8515 / Clôture 2 avril 2019 = £0,8531


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