Actualités du marché des devises

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mars 29, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 29 mars 2019 – Sommaire :

  • Si la reprise des négociations entre Pékin et Washington a soufflé un léger vent d’optimisme sur les marchés, ceux-ci restent prudents à l’aune d’un nouveau vote sur le Brexit ce vendredi au Parlement britannique.
  • Retombée la veille tout proche de ses plus bas niveaux de l’année à hauteur de $1,12, le cours EUR/USD ne parvient pas à se redresser et reste attentive aux développements du Brexit
  • La paire EUR/GBP est de retour depuis hier au-dessus du seuil de £0,86 alors que la promesse de démission de Theresa May pourrait ne pas être suffisant pour éviter un nouveau rejet du texte de sortie par les députés britanniques
  • Léger rebond de la paire EUR/JPY qui tente de s’éloigner de son support de 2019 de ¥124
  • L’EUR/CHF reste proscrit à hauteur de ses plus bas niveaux depuis juillet 2017 sous ₣1,12
  • L’EUR/CNH revient sur ses plus bas niveaux depuis 3 semaines à hauteur de ¥7,55
  • La panique se poursuit sur les marchés turques. La paire EUR/TRY bondit de plus de 1% ce matin (> TRY 6,30) et enregistre un gain de plus 5 % depuis mercredi

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de jeudi : L’euro proche de ses plus bas de l’année / La croissance américaine révisée à la baisse / La Chine fait des concessions / Nouveau vote incertain sur le Brexit à Londres vendredi

La séance de mercredi fut marquée par le nouveau repli de l’euro sur fond d’inquiétudes autour de l’économie européenne, le soulagement global des marchés financiers après la publication de plusieurs rapports  de concession opérées par Pékin dans ses négociations en cours avec les Etats-Unis, et enfin l’annonce officielle qu’un 3ième vote sur l’accord de sortie sera organisé vendredi au Parlement britannique sans assurance néanmoins que celui-ci aboutisse. Malgré la publication de chiffres de croissance aux Etats-Unis au 4ième trimestre 2018 bien plus fortement révisés à la baisse que prévu (2,2% T/T annualisée Vs consensus 2,4% et 2,6% en seconde estimation), le cours EUR/USD a poursuivi sa glissade amorcée mardi et chuté à un creux de presque 3 semaines tout juste au-dessus du niveau de $1,12, non loin de ses plus bas niveaux de l’année ($1,1175). La cause de cette nouvelle contre-performance de la devise européenne c’est la frustration laissée par de nouveaux indicateurs de sentiment traduisant le pessimisme croissant des acteurs économiques européens, et notamment celui des investisseurs dont les anticipations d’inflation ont chuté au mois de mars à leur plus bas niveau depuis septembre 2016. Le retour dans la lumière d’un possible dégonflement des pressions inflationnistes sous couvert d’un ralentissement de l’activité économique en Zone Euro donne ici encore un peu plus de relief aux propos tenus mercredi par le président de la Banque Centrale Européenne (BCE) sous-entendant qu’un nouveau report de la date de remontée des taux en 2020 était possible si les conditions le nécessitaient. Le cours EUR/CHF est resté sur la défensive après une tentative vaine en début de journée de retour au-dessus du niveau de ₣1,12. Si elle s’en est approchée tout près, la paire de change n’a néanmoins pas égalé son plus bas niveau depuis 20 mois atteint la veille à ₣1,1170. Le cours EUR/JPY a fait une tentative de percée sous son support de ¥124 et touché à cette occasion un creux de plus de 2 mois (¥123,64) cependant le regain d’espoir autour d’un accord entre Pékin et Washington ; attentes ravivées hier dans les médias à l’occasion de la reprise des négociations à l’occasion de la venue d’une délégation américaine avec le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin à sa tête ; lui assuré de limiter les pertes.  De manière globale, le vent d’optimisme sur le volet commercial a quelque peu rassuré et offert une bulle d’oxygène à des marchés totalement apeurés par les signaux avant-coureurs de récession aperçus la semaine dernière. Cela a permis à de nombreuses valeurs émergentes de se redresser mollement. Le real brésilien en a profité pour bondir presque +2,5% face à l’euro et effacer presque l’ensemble des pertes subies mercredi (-2,8%) après la présentation par le gouvernement brésilien d’un nouveau programme de réformes économiques qui avait été accueilli très froidement par les marchés. Dans l’univers des émergents, on notera par ailleurs la poursuite de la folle remontée du cours EUR/HUF qui a atteint jeudi un pic de 2 mois à plus de HUF 320 ou encore la nouvelle lourde chute de la livre turque (-2,7% face à l’euro) en réaction à un nouveau mouvement de panique sur les marchés monétaires locaux alors que le coût d’emprunt journalier sur la livre turque est passé en une journée de 23 à 1200% !!! Au Royaume-Uni, nous avons assisté à une nouvelle journée très agitée pour la livre sterling qui a abandonné presque -1% face à l’euro et fait son retour au-dessus du seuil de £0,86. La promesse de démission faite mercredi par la première ministre Theresa May en cas de ratification de l’accord de sortie par les députés ; dernier coup de poker joué par la cheffe du gouvernement pour sortir le pays de l’impasse ; semble s’avérer être un argument insuffisant pour assurer une majorité au Parlement lors du nouveau vote qui aura lieu vendredi. Toujours très critique à l’égard de la clause de sauvegarde sur la frontière irlandaise inclue dans ce texte, l’allié nord-irlandais du Parti conservateur à la Chambre des communes, le DUP, refuse toujours pour le moment d’apporter son soutien à l’accord ou même de s’abstenir. Un troisième rejet est donc fort probable et la menace d’une sortie de l’UE sans accord reste à cet égard toujours d’actualité.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD  :   Les inquiétudes autour de la santé vacillante de l’économie européenne et les craintes de récession qui en découlent occupent intégralement l’esprit des marchés, tout comme le Brexit dont l’échéance aurait du initialement du tomber aujourd’hui mais a finalement été décalé de deux semaines (12 avril) à la demande du gouvernement britannique qui peine à faire ratifier l’accord de sortie au Parlement. Tout proche de ses plus bas niveaux de l’année, lesquelles s’avèrent aussi ses plus bas niveaux depuis le mois de juin 2017, l’EUR/USD apparaît cette fois à la croisée des chemins entre se maintenir encore un peu dans son couloir actuel de $1,12-$1,15 dans lequel il oscille de manière quasi-permanente depuis octobre dernier, ou bien reculer davantage. La perte d’attractivité du dollar parallèlement au récent changement d’approche de la Fed qui préconise désormais une pause monétaire cette année et aux marques répétées de ralentissement de l’économie américaine favorise une stabilité du cours. Mais dans un monde aussi volatile où risques liés au Brexit et aux tensions commerciales restent encore et toujours présents, on ne peut pas pour le moment préjuger que le cours ne connaîtra pas un nouveau décrochage en cas de nouvelles turbulences ou inquiétudes émanant d’Europe.

Niveaux clés : Rien n’y fait, les investisseurs sont exclusivement concentrés et sensibles en ce moment aux signaux négatifs envoyés par l’économie européenne et ne prêtent à l’inverse que peu d’attention aux marques de fléchissement de l’économie américaine. Cette unilatéralité de sentiment explique la récente lourde chute de la paire EUR/USD qui s’élève désormais à presque -1,7% sur les 6 dernières séances. De retour à proximité de son support de $1,12, les pressions baissières sur le cours de change pourraient progressivement se dégonfler, les marchés options montrant pour le moment que peu d’appétence des investisseurs à voir le cours chuter sous ce niveau précis. Même si elle n’a que peu d’influence pour le moment, la perte d’attractivité du dollar pourrait également à terme contenir ce mouvement de repli. Malgré un calendrier de publications macroéconomiques très chargé ce vendredi, les développements autour du Brexit à l’aune d’un nouveau vote sur le texte de sortie au Parlement britannique mais également les échos entendus en marge des négociations commerciales entre Pékin et Washington risquent de fortement influencer le cours, à la baisse comme à la hausse. Une tentative de retour à $1,13 pourrait s’observer et rendue possible par des prises de bénéfices consécutives à la fin de semaine et la fin du trimestre si d’aventure s’observe de bonne nouvelles sur le volet commercial et celui du Brexit.

Perf 2019 = -2,14% / Moyenne 2019 = $1,1357 / Point haut 28 mars 2019 = $1,1262 / Point bas 28 mars 2019 = $1,1212 / Clôture 28 mars 2019 = $1,1220

GBP

EUR/GBP  :   Les marchés sont à nouveau en état d’alerte avant ce nouveau vote programmé ce vendredi au Parlement britannique sur l’accord de sortie qui pourrait déboucher sur un nouveau large véto des députés britanniques. Si l’on s’appuie sur le dernier scrutin réalisé mi-mars, Theresa May a besoin de 75 nouvelles voix pour obtenir la majorité et faire ratifier cet accord qui assurerait alors une sortie ordonnée du Royaume-Uni de l’Union Européenne le 22 mai et l’activation automatique à partir de cette date d’une période de transition courant jusqu’à fin 2020. Bien consciente de cristalliser la colère et la déception de nombreux parlementaires, Theresa May a mis depuis mercredi son avenir dans la balance et assuré qu’elle démissionnerait de son poste en cas d’approbation du texte de divorce au Parlement. Malgré ce geste fort, une victoire apparaît peu certain si les députés nord-irlandais du DUP tiennent leur engagement et refusent d’apporter leur soutien. Alors que la vote pourrait être très serré, les 10 voix apportés par ce parti régionaliste sont importantes et pourraient décider de l’issue finale du scrutin. En cas de nouveau rejet du texte, plusieurs options sont possibles comme celles de participer aux élections européennes et négocier un nouveau report du Brexit avec l’Union Européenne, organiser un second référendum, révoquer l’article 50 ou encore sortir sans accord. Toutes les options restent ouvertes sachant d’autant plus qu’aucune des 8 options de sortie étudiées par les députés mercredi n’a obtenu la majorité des voix.

Niveaux clés : Les investisseurs s’inquiètent des conséquences politiques que provoqueraient un possible nouveau rejet du texte de sortie par le Parlement ce vendredi, ce qui pour l’heure apparaît comme le scénario le plus probable. S’il est clair que la priorité des parlementaires est d’éviter une sortie sans accord, le fait qu’aussi près de la date fatidique du 12 avril ce scénario soit encore envisageable provoque un peu de nervosités sur les marchés des changes. La livre sterling a perdu un peu de sa superbe et l’EUR/GBP est à nouveau de retour au-dessus du seuil de £0,86 depuis jeudi. Pas de conclusions hâtives néanmoins quant à la direction de la paire de change, celle-ci reste vouée à naviguer dans un corridor réduit de £0,85-£0,87 tant que le Brexit n’aura pas livré toutes ses vérités et qu’on aura pas plus d’éléments sur le type de sortie opéré par le Royaume-Uni.

Perf 2019 = -4,06% / Moyenne 2019 = £0,8721 / Point haut 28 mars 2019 = £0,8609 / Point bas 28 mars 2019 = £0,8510 / Clôture 28 mars 2019 = £0,8605


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