Actualités du marché des devises

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mars 25, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 25 mars 2019 – Sommaire :

  • Marchés des changes hésitants ce matin après l’important recul des marchés actions chinois et japonais (environ -2%) qui réagissent en décalage aux mauvais indicateurs PMI publiés en Zone Euro vendredi matin
  • Le retour dans la lumière des craintes de ralentissement de la croissance mondiale limite les prises de risque d’où une demande soutenue pour les valeurs refuges (USD, JPY & CHF)
  • EUR/USD stable à $1,13. Légère correction haussière de l’EUR/JPY (¥124,4) et l’EUR/CHF (₣1,1240) après leurs déconvenues de la semaine dernière
  • Rebond important de l’EUR/GBP de +0,4%. Le cours retape à la porte du seuil de £0,86 alors que les contours du Brexit restent flous et que plusieurs médias signalent que les jours de Theresa May à la tête du gouvernement sont peut-être comptés
  • Les devises cycliques (AUD, CAD, NZD) et émergentes (ZAR, BRL, RUB) restent sur la défensives dans l’attente de signes rassurants de la part de l’économie mondiale
  • Le cours EUR/TRY corrige et abandonne -1,4% ce matin (TRY 6,4) après avoir enregistré un rebond de presque +5% vendredi

L’agenda de la semaine : Délégation américaine en Chine / Nouveau vote au Parlement britannique sur l’accord de sortie / Estimation finale du PIB américain au T4 2018 / Chômage et inflation en Allemagne

CNY

CNY/JPY – Délégation américaine à Pékin (jeudi-vendredi) – Nouveau pas en avant vers un accord ? : La Maison Blanche a annoncé la semaine dernière qu’une délégation d’experts menée par le représentant au commerce Robert Lightighzer et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin se rendrait à Pékin pour poursuivre les négociations avec les autorités chinoises en vue d’aboutir sur un accord global. Très optimistes à la fin du mois de février après le gel de la hausse initialement prévue au 1er mars de droits de douane américain sur près de $200Mds de produits chinois, les marchés sont aujourd’hui quelque peu circonspects par le peu de communication des deux parties, mais surtout l’absence de faits tangibles qui automatiquement maintient en suspens un éventuel retour de tensions en cas de mésentente. À l’origine des perturbations qui secouent l’économie mondiale depuis plusieurs mois, le conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis est un dossier très sensible suivi de près par l’ensemble acteurs de marché. Un visite à Washington d’une délégation chinoise conduite par le vice-premier ministre Liu He est quant à elle déjà programmée à partir du 3 avril, ce qui sous-entend une envie commune d’intensifier les discussions afin de trouver un résultat rapide. De bon augure ? Possible, mais au vue de l’historique des relations, parfois houleuses, entre les deux principales économies mondiales, on aurait tort de se laisser attendrir par un simple programme de rencontre.

Orientation & Volatilité : Comme on en a l’habitude désormais, les échos entendus en marge des négociations sino-américaines risquent de très fortement influencer le sentiment général des marchés et guider leur degré d’appétit au risque. En cas de craintes de tensions, les investisseurs auront tendance à se tourner vers le yen et le dollar américain plutôt que l’euro, le yuan chinois ou encore le dollar australien. Et inversement dans le cas où l’espoir d’un accord commercial entre Pékin et Washington progresse et apparaît comme le scénario le plus probable.

GBP

Possible nouveau vote du texte de sortie au Parlement britannique (mardi ou mercredi) ? – Une sortie en approche aux contours toujours aussi incertains : Après avoir obtenu un sursis de deux semaines auprès de l’Union Européenne pour faire approuver l’accord de sortie négocié en novembre dernier, Theresa May pourrait soumettre une 3ième fois ce texte aux députés de la Chambre des communes, avec l’espoir cette fois que celui-ci ne soit pas rejeté comme les précédentes fois. Mais comment pourrait-il en être autrement alors que la version du texte de divorce présentée la semaine prochaine devrait être très similaire à celle qui fut déboutée deux semaines auparavant ? Non seulement l’agitation de la menace d’une sortie sans accord ne semble plus faire effet mais surtout les législateurs ont guère apprécié la récente sortie publique de la première ministre britannique dans laquelle elle incrimine les députés britanniques d’être responsable de l’impasse dans laquelle se trouve actuellement le pays. L’allié nord-irlandais du Parti conservateur au Parlement, le DUP, dont May a besoin des voix pour faire pencher la balance en sa faveur, a d’ores et déjà laissé savoir qu’il ne voterait pas l’accord. Les travaillistes devraient en faire de même, ainsi que probablement certains conservateurs frondeurs partisans d’une sortie sans franche sans accord. Face à cette perspective de nouveau revers, Theresa May a fait planer le doute autour d’un nouveau scrutin et laissé entendre qu’elle ne soumettra le texte que lorsqu’elle se sera assurée d’avoir assez de soutien pour obtenir une majorité. En cas de nouveau revers, on pourrait se diriger par un transfert de pouvoir de la chancellerie vers le Parlement qui pourrait alors tenter de convenir d’une entente avec l’Union Européenne avant l’échéance du 12 avril afin d’éviter le pire et un scénario de sortie désordonnée au 22 mai prochain, voire potentiellement organiser un second référendum ou encore même révoquer l’article 50 et ainsi annuler le processus de sortie. Cette perspective commence à trouver écho auprès de l’opinion publique qui, selon les différents sondages publiés ces derniers mois, désormais rejette en majorité le projet de sortie de l’Union Européenne. Ils étaient plus d’un million de personnes à manifester ce weekend à Londres contre le Brexit. Autre scénario possible, un départ prématuré de Theresa May en cas de vote d’une motion de censure contre son gouvernement. Jeremy Corbyn, le leader du Parti travailliste, a annoncé qu’il soumettrait la cheffe du gouvernement à un vote de confiance en cas de nouvel échec la semaine prochaine dans sa tentative de ratification de l’accord de sortie.

Orientation & Volatilité : Les jours défilent et pourtant l’issue du Brexit reste toujours aussi incertaine. Comme l’a rappelé le président du Conseil de l’Union Européenne, Donald Tusk, toutes les options sont encore sur la table. Si les marchés ne croient pas en un scénario de sortie sans accord et pense délibérément que si le projet de loi de divorce avec l’UE n’est pas ratifié par les députés dès lors ces derniers devraient reprendre le contrôle et faire en sorte qu’une alternative soit trouvée (report, 2nd référendum ou annulation du Brexit). On ne peut toujours pas pour le moment préjuger de ce qui se passera réellement tant la situation est fragile et changeante. Après avoir atteint un pic de presque 4 semaines à plus de £0,87 la semaine dernière après un refus des députés de revoter l’accord de sortie dans sa forme initiale, l’EUR/GBP est depuis revenu s’installer sous le seuil de £0,86, bien aidé il faut le reconnaitre par la lourde chute de l’euro vendredi dernier. Tant que la situation ne sera pas éclaircit, la paire de change se heurte pour le moment à un seuil plancher localisé à £0,85. Celui-ci pourrait céder si d’aventure la perspective d’un second référendum ou d’une révocation de l’article 50 se dessine. Attention toute de même à ne pas voir la panique s’emparer à nouveau des marchés britanniques et de la livre si un nouveau rejet de l’accord de sortie débouche sur un vote de confiance contre May et un départ prématuré de cette dernière. Si tel est le cas, le parfum de nouvelles élections générale et le lot d’incertitude qui l’entoure pourrait se faire ressentir.

USD

Estimation finale du PIB au T4 2018 (jeudi) – Révision à la baisse et ralentissement confirmé de la conjoncture ?  : Le consensus d’analystes sondés en amont de la publication ce jeudi de l’estimation finale du PIB américain au dernier trimestre de l’année dernière table sur une légère révision à la baisse du chiffre de croissance préalablement publié, de 2,6% à 2,4% en rythme annualisé. Si cela se matérialise, cela viendrait non seulement confirmer la baisse d’activité enregistrée après deux trimestres consécutifs de forte croissance mais surtout donner du relief au discours des banquiers centraux américains qui, au regard des menaces qui pèsent actuellement sur l’économie américaine, ont annoncé la semaine dernière qu’ils procèderaient à une pause monétaire en 2019 et ainsi stopperait temporairement leur politique de hausse des taux d’intérêt.

Orientation & Volatilité : De nouveaux signaux de ralentissement de l’économie américaine couplés à la confirmation tombée la semaine dernière que les taux d’intérêt américains devraient vraisemblablement demeurés à leur niveau actuel pendant une période de temps prolongée pourraient pousser certains investisseurs à déboucler leurs positions en dollar sur fond d’anticipation d’une probable perte de vitesse de celui-ci à moyen et long terme. La perte d’attractivité du dollar reste relative et très modeste pour le moment car l’euro ou encore la livre sterling n’offrent pour le moment aucune véritable garanties de part les incertitudes qui entourent actuellement le volet du Brexit et les perspectives économiques en Zone Euro.

Mais aussi cette semaine… 

  • Chiffres d’inflation ce jeudi et d’emploi ce vendredi en Allemagne.  L’économie allemande inquiète fortement depuis des mois, les commandes de l’industrie demeurant toujours grippée par l’absence de certitudes dans les dossiers du Brexit et de la relation sino-américaine. Les chiffres d’inflation et d’emploi permettront d’évaluer si ces maux sont généralisés ou restent pour le moment localisés. Les difficultés rencontrées par la 1ière économie européenne fait craindre un effet de ruissellement par le bas néfaste pour l’ensemble de ses voisins européens.
  • Réunions monétaires mardi en Hongrie. Les marchés tablent sur un premier resserrement monétaire de la banque centrale hongroise. Le forint avait atteint un pic de 10 mois face à l’euro à moins de HUF 313 avant de corriger de plus de 1% en fin de semaine sur fond d’inquiétudes des marchés autour des perspectives de croissance en Zone Euro, premier client des pays d’Europe de l’Est.
  • Révision du PIB au Royaume-Uni vendredi. Pas de révisions attendues par le consensus mais une confirmation d’un ralentissement de la dynamique annuelle de 1,5% à 1,3%. 

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de vendredi : Lourde chute de l’euro après des enquêtes PMI très décevantes / La livre sterling se réinstalle sous £0,86 avant une semaine décisive / Les devises émergentes paient les pots cassés d’un retour des craintes sur l’économie mondiale

La séance de vendredi fut très largement influencée par le retour de vives craintes autour des perspectives de croissance en Zone Euro après la publication d’indicateurs d’activité PMI mettant en lumière un net ralentissement de la croissance en Allemagne et en France, les deux plus importantes économies de région. L’embellie observée en février dernier se sera révélée finalement sans lendemain et c’est l’image d’une Zone Euro toujours paralysée par les incertitudes autour du Brexit mais également de l’évolution de la relation commerciale entre Pékin et Washington qui nous est aujourd’hui projetée. Parmi les principales victimes, on retrouve l’industrie allemande dont les commandes ont accusé un repli pour le 7ième mois consécutif et dont l’activité a connus sur le mois de mars, selon les premières estimations publiées vendredi matin, sa pire performance depuis le mois d’août 2012. À cette époque, la Zone Euro était en récession, victime du contrecoup d’une crise de la dette souveraine frappant plusieurs économies périphériques dont l’Italie, l’Espagne ou encore la Grèce. C’est précisément ce qui inquiète les investisseurs à la lecture de ces indicateurs. Résultat, après avoir connu des sommets mercredi à la sortie de la réunion de la Fed, le cours EUR/USD s’est significativement replié vendredi(-0,53% en clôture mais perte maximale recensée à -0,90%) et connu une petite sortie de route sous le seuil de $1,13 (point bas recensé à $1,1271) avant de retracer en fin de séance au-dessus de cette barrière. Plus globalement, l’euro a perdu du terrain face à l’ensemble de ses pairs, et notamment face aux valeurs refuges que sont le yen japonais et le franc suisse. Le cours EUR/JPY a connu sa plus forte chute depuis plus de deux mois et abandonné plus de -1,4% pour retomber à hauteur de ¥124, ou le seuil support observé cette année. Le cours EUR/CHF a lui plongé de -0,5% et atteint un plus bas depuis le 9 janvier dernier tout proche du seuil de ₣1,12 (point bas recensé vendredi à₣1,1210). La livre sterling s’est également significativement apprécié face à l’euro ce vendredi, davantage sous l’influence d’un affaiblissement de la seconde plutôt qu’un regain de vigueur de la première. Aussi au lendemain de l’atteinte d’un pic de 4 semaines à plus de £0,87, la paire EUR/GBP  a abandonné -1,4% et est revenue s’installer dans le couloir étroit de £0,85-£0,86 qui sert de « zone tampon » en attendant que les choses s’éclaircissent autour du Brexit. Alors que l’Union Européenne a offert à Londres un sursis de deux semaines supplémentaires pour faire ratifier l’accord de sortie et fixé la date du 12 avril comme nouvelle échéance pour clarifier la position officielle du pays, Theresa May laisse planer le doute sur l’organisation d’un nouveau vote du texte de sortie au Parlement la semaine prochaine alors que tous les observateurs politiques lui prédisent un nouveau revers cinglant. L’euro a cédé peu de terrain face aux devises cycliques comme le dollar australien ou le dollar canadien puisque le retour des craintes autour de l’économie mondiale et d’un ralentissement marqué de la croissance font craindre un repli en parallèle des prix des matières premières et donc une perte de revenus conséquente pour les pays exportateurs de ces ressources. Le cours EUR/CAD oscille toujours à plus de C$ 1,51 tandis que la paire EUR/AUD reste à proximité du seuil de A$ 1,60. Les peurs autour de l’économie mondiale ont fortement marqué les devises émergentes qui apparaissent dans ce contexte comme les principaux dommages collatéraux de la réduction de la prise de risque des investisseurs dans leurs prises de position. Les devises émergentes offrant le moins de garanties, c’est-à-dire les devises de pays dont la santé économique et financière apparaît comme fragile, sont les plus à risque. Parmi les principaux mouvements observés vendredi, on retiendra le rebond de 1,4% du cours EUR/ZAR à presque ZAR 16,40, le rebond de plus de 2% l’EUR/BRL à plus de BRL 4,40 tout proche de son pic annuel, ou encore le rebond de presque 5% de la paire EUR/TRY qui a atteint un pic de 5 mois à plus de TRY 6,50.


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