Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

mars 11, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 11 mars 2019 – Sommaire :

  • Après son large repli subi vendredi, la livre sterling reste sur la défensive à l’approche de votes décisifs sur le Brexit programmés cette semaine au Parlement britannique. L’euro peine à se redresser après une nouvelle déconvenue de l’économie allemande.
  • EUR/USD bloqué sous $1,1250 pour le moment. La contraction de la production industrielle et la croissance nulle des exportations en Allemagne n’invitent guère les marchés à se tourner vers la devise européenne.
  • La paire EUR/GBP continue de grimper et oscille ce matin au niveau de £0,8650 à la veille d’un nouveau vote de ratification de l’accord de sortie à la Chambre des communes au Royaume-Uni.
  • Le cours EUR/JPY reprend des couleurs et grimpe ce matin au-dessus du niveau de ¥125 consécutivement au rebond de presque 2% des marchés chinois. Yen néanmoins fébrile face aux rumeurs autour d’obstacles dans les négociations entre Pékin et Washington.
  • Fort rebond de la couronne norvégienne (+0,4%) en réaction à la publication de chiffres d’inflation en Norvège au-dessus des attentes. Le cours EUR/NOK retombe sous le seuil de NOK 9,80.
  • Le cours EUR/ZAR corrige et retombe sous le niveau de ZAR 16,20 alors que le sentiment d’aversion au risque ressenti vendredi semble se dissiper.

L’agenda de la semaine : Série de votes décisifs sur le Brexit au Parlement britannique… Inflation & ventes au détail aux Etats-Unis… Nouveau vent d’incertitude en provenance d’Italie (note Moody’s)… Réunion de la Banque du Japon

GBP

Vote sur l’accord de sortie à la Chambre des communes (mardi) – L’avenir du Royaume-Uni à nouveau entre les mains du Parlement britannique : C’est une semaine décisif qui s’annonce pour le Royaume-Uni à trois semaines désormais de la date fatidique de sortie officielle du pays hors de l’Union Européenne (29 mars à minuit). Après de nouvelles réunions techniques ce weekend à Bruxelles, la première ministre britannique présentera lundi aux députés de la Chambre des communes les dernières avancées réalisées et les éventuels ajustements obtenus de la part des européens sur les termes de l’accord de divorce, avant un nouveau vote de ratification programmé mardi soir au Parlement. Selon les derniers échos, malgré une dernière tentative désespérée vendredi, Theresa May n’aurait pas réussi à convaincre le camp européen de renégocier l’accord signé en novembre dernier et de modifier notamment les conditions de la clause de sauvegarde de la frontière irlandaise dont la potentielle durabilité dans le temps est jugée inacceptable par un grand nombre de députés britanniques conservateurs partisans du Brexit. Déjà massivement rejeté par plus des deux tiers de l’hémicycle (432 contre Vs 202 pour) lors du vote préliminaire réalisé le 15 janvier, il ne va sans dire qu’il pourrait en être de même ce mardi si aucune garantie de dernière minute sur la question frontalière irlandaise n’est accordée par les membres de l’Union Européenne. En cas de nouveau revers, la cheffe du gouvernement britannique a d’ores et déjà promis qu’elle redonnerait la main aux députés et la responsabilité de choisir de la future orientation du pays, à savoir une sortie désordonnée sans accord ou une extension de l’article 50 qui reporterait alors automatiquement la date de sortie au-delà du 29 mars prochain. Sans ratification de l’accord et des différents amendements apportés au texte, un vote sur la question d’une sortie ou non sans accord sera organisé mercredi, puis un second jeudi cette fois sur le report ou non de la date de sortie dans le cas où les membres des Communes auraient rejeté un scénario de sortie sans accord. En cas d’une majorité de voix soutenant un scénario de poursuite des négociations au-delà de la date convenue de sortie, cette requête devra obtenir l’aval de l’ensemble des 27 membres de l’Union Européenne pour aboutir sans quoi elle serait déboutée et le Royaume-Uni serait alors forcé de quitter l’union économique et politique sans aucun accord à la fin du mois. D’autres alternatives existent sur les choix potentiellement opérés par Londres en cas de menace rupture brutale comme celui d’un second référendum, scénario qui pour la première fois été entendue dans la bouche de Theresa May vendredi dernier lors d’un discours réalisé en marge d’une visite d’une fabrique d’éolienne dans le nord-est de l’Angleterre.

Orientation & Volatilité : Alors que la livre sterling s’est très largement renforcé depuis la mi-janvier et le large rejet par les députés de l’accord de sortie dans sa version initial, les investisseurs y voyant là une fenêtre pour le gouvernement pour revoir sa position ou alors réclamer un report de la date de sortie au regard de l’urgence de la situation, l’attractivité de celle-ci a légèrement commencé à s’effriter vendredi dernier à l’approche de ces scrutins décisifs pour l’avenir du Royaume-Uni. Ainsi après un rebond de plus de 5% face à l’euro et un pic de 20 mois atteint à moins de £0,8530, la livre se replie de plus de -1% depuis vendredi et l’EUR/GBP oscille désormais autour du seuil de £0,8650 ou son plus haut niveau depuis un peu moins de deux semaines. La devise britannique pourrait passer le début de la semaine sur la défensive et subir de plein fouet les craintes des investisseurs en amont des votes parlementaires de cette semaine avant de potentiellement reprendre sa course vers l’avant si le spectre d’une sortie sans accord se dissipe à nouveau. Le flou qui règne autour des conditions de sortie du Royaume-Uni et la relative imprévisibilité qui émane des futurs choix opérés cette semaine par les députés britanniques pousse les investisseurs à s’éloigner temporairement de la livre et attendre d’avoir un peu plus de certitudes pour éventuellement reprendre des positions.

USD

Ventes au détail (lundi) & inflation (mardi) – Porte toujours fermée à une future hausse de taux ? : L’impression mitigée laissée par les derniers chiffres de l’emploi publiés vendredi dernier (création de +20k emplois en février, ou le plus petit volume observé depuis septembre 2017, mais baisse du chômage de 4,0% à 3,8% et croissance annuelle des salaires à un pic de 10 ans) a conforté les investisseurs que la Fed devrait très probablement conservée la semaine prochaine (20 mars), à l’occasion de sa nouvelle réunion monétaire, une approche prudente en matière de politique de taux. Si l’on en croit les positions actuelles sur les marchés à terme, les investisseurs sont majoritairement convaincus qu’au regard des incertitudes externes et d’un probable ralentissement de l’économie américaine, une pause monétaire pourrait être opérée par la banque centrale américaine cette année. Or ce n’est pas la position officielle de cette dernière qui, d’après ses dernières projections publiées en décembre dernier, table sur deux resserrements monétaires en 2019. Or que les marchés se préparent à une possible réduction en mars de cet agenda monétaire, les nouveaux indicateurs de vente au détail et surtout d’inflation publiés cette semaine seront des indicateurs précieux à l’aune desquels les banquiers centraux décideront de stopper temporairement leurs efforts de normalisation ou bien de laisser toujours entre-ouverte la porte à une nouvelle intervention d’ici la fin de l’année.

Orientation & Volatilité : Une absence de redressement de l’inflation, voire pire une nouvelle décélération et éloignement de la croissance annuelle des prix à la consommation de l’objectif de 2% défini par la banque centrale américaine, viendrait assurément soutenir les anticipations de pause monétaire de la Fed et donc contenir le potentiel haussier du dollar. Malgré le peu d’appétence des marchés pour l’euro, une absence de traction sur le dollar donnerait l’occasion à la paire EUR/USD de se maintenir à flot au-dessus de $1,12, et potentiellement de se redresser modestement et tenter un retour en direction des niveaux de $1,13-$1,14.

EUR

Note de crédit Moody’s sur l’Italie (vendredi) – L’Italie à nouveau sous la menace d’une dégradation de sa note de crédit ?  : L’Italie pourrait à nouveau se retrouver dans l’œil du cyclone à la fin de semaine si d’aventure le spectre d’une dégradation de son profil de crédit par une agence de notation revient au grand jour. Beaucoup de doutes entourent le pays depuis l’arrivée en mai dernier d’une coalition inédite composée d’une formation d’extrême-droite (La Ligue du Nord) et d’une formation populiste (Mouvement 5 Etoiles) qui entend sortir la 3ième économie de la Zone Euro du marasme dans lequel il se trouve par une politique de la demande très coûteuse menaçant de faire dangereusement monter la dette du pays à un niveau encore plus élevé qu’il ne l’est actuellement (132% du PIB = 2nd plus gros ratio d’endettement au sein de la Zone Euro). Retombée en récession technique au dernier trimestre 2018 (deux trimestres consécutifs de contraction de l’économie), l’économie italienne pourrait enregistrer cette année la plus faible croissance en Europe si l’on en croit les dernières projections publiées en février par la Commission Européenne. Si les dépenses opérées par le gouvernement italien sont improductifs et ne parviennent pas à relancer la croissance, dès lors le pays s’expose à une dérive budgétaire qui serait alors sanctionner par les agences de notation et le déclassement de la note de la dette souveraine italienne au rang d’actifs « de mauvaise qualité ». Si tel est le cas, les marchés italiens pourraient à nouveau être vivement secoués par un large mouvement de panique dont les répercussions se feraient ressentir à travers toute l’Europe. L’euro ne sortirait pas indemne d’une nouvelle crise frappant une des économies majeures de la région.

Orientation & Volatilité  : Déjà handicapé par une perte d’attractivité relative au report annoncé la semaine dernière de la Banque Centrale Européenne d’une première hausse de taux avant la fin de l’année 2019 (contre le « courant de l’été 2019 » précédemment), l’euro pourrait à nouveau payer les pots cassés d’une montée des craintes en amont de cette nouvelle note de crédit publié par l’agence de notation Moody’s et d’un possible vent de panique se déferlant sur les marchés européens la semaine prochaine dans le cas où le profil de crédit de l’Italie était à la surprise générale dégradé, ou en passe de l’être si le pays ne parvient pas à redresser significativement son économie. Parvenant pour le moment à maintenir la tête hors de l’eau au-dessus du niveau de $1,12, le cours EUR/USD ne résisterait pas à un nouveau décrochage important en cas d’émergence de nouvelles fortes incertitudes en Europe.

JPY

Réunion monétaire de la Banque du Japon (vendredi) – Statu quo et approche prudent répétée ? :  Même si l’économie japonaise a enregistré un beau rebond au 4ième trimestre après avoir subi une contraction au T3, le maintien de faibles pressions sur les prix et l’écart important séparant le niveau actuel d’inflation dans le pays (moins de 1%) de l’objectif de 2% recherché par la banque centrale japonaise pourrait forcer cette dernière à réaffirmer son soutien à l’économie et défendre le prolongement dans le temps de sa politique très accommodante. Rien de bien nouveau sous le soleil, du moins rien qui puisse troubler les investisseurs très largement habitués à ce type de sortie de la part des responsables monétaires japonais.

Orientation & Volatilité : Sauf surprise et changement significatif de la communication traditionnellement très prudente de la part des banquiers centraux japonais, cette réunion pourrait n’avoir qu’un impact très mineur sur la volatilité du yen. La devise japonaise reste davantage sensible au sentiment général des marchés et craintes qu’inspire l’état de santé vacillant de l’économie mondiale ou encore la stagnation des négociations entre la Chine et les Etats-Unis qui peinent à aboutir à un accord. Retombée dans le couloir de ¥124-¥126 qui fut sa zone de fluctuation durant les deux premiers mois de l’année, la paire EUR/JPY a vu son potentiel haussier très largement réduit ces derniers jours par la dévalorisation de l’euro à la sortie de la dernière réunion de la Banque Centrale Européenne (BCE). Si cette dernière pourrait prendre une pause et souffler après un repli de près de -2% subi la semaine passée, elle reste néanmoins sous la menace d’une nouvelle glissade (support à ¥124 à tester) en cas de montée d’un sentiment d’aversion au risque au sein des marchés financiers et/ou ajustement non-attendu dans la communication de la Banque du Japon reconnaissant une inefficacité de la politique monétaire actuellement menée pour stimuler durablement les prix au Japon.


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.