Actualités du marché des devises

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mars 06, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 6 mars 2019 – Sommaire :

  • Volatilité réduite dans la continuité des séances précédentes. L’euro reste sur la défensive avant la BCE ce jeudi tandis que les marchés apparaissent las d’attendre des évolutions positives sur le front commercial et l’annonce d’un accord entre la Chine et les Etats-Unis
  • L’EUR/USD teste ce matin son support de $1,13 et oscille sur ses plus bas niveaux depuis 2 semaines. Chiffres ADP sur l’emploi aux Etats-Unis (14h15) et Livre Beige de la Fed (20h00) à suivre
  • Rebond de la paire EUR/GBP en direction de £0,86. La livre sterling continue de naviguer en ordre dispersé en l’absence de catalyseurs sur le Brexit
  • Troisième séance de repli consécutif pour l’EUR/JPY qui glisse progressivement vers le seuil de ¥126
  • Net rebond de la paire EUR/AUD qui touche ce matin un nouveau pic de presque 2 mois à quasiment A$ 1,61 après la publication de chiffres de croissance au T4 2018 moins robustes que prévu (+0,2% T/T Vs consensus +0,3%)
  • Le cours EUR/CAD reste stable autour de C$ 1,51 avant la décision monétaire de la Banque du Canada cette après-midi (16h00). Celle-ci pourrait se montrer plus prudente concernant son agenda de taux cette année
  • L’EUR/NOK oscille sur ses plus hauts niveaux depuis 3 semaines à plus de NOK 9,80 après la publication d’un surplus courant réduit de moitié en Norvège au T4 2018

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de mardi : L’EUR/USD chute à un creux de deux semaines avant la BCE / Retour des doutes sur l’économie chinoise / La livre sterling accueille positivement le rebond surprise du secteur des services

Lassés d’attendre un accord commercial entre la Chine et les Etats-Unis qui n’arrive pas, les investisseurs ont préféré recentrer leur attention sur les indicateurs macroéconomiques et les échéances monétaires à venir en mars. Une fois encore, les inquiétudes autour de l’état de santé de l’économie chinoise ont très largement affecté le sentiment global des acteurs de marché et initié, sous couvert d’une appétence au risque réduite, un nouvel afflux de demande pour les valeurs refuges telles que le yen japonais, le dollar américain ou encore le franc suisse. L’annonce par Pékin d’une révision à la baisse de sa projection de croissance pour 2019, laquelle est désormais attendue entre 6,0% et 6,5% contre un objectif d’ « environ 6,5% » l’année dernière, après une année 2018 très décevante au cours de laquelle l’économie chinoise a enregistré sa pire performance depuis 28 ans (croissance annuelle de 6,6%), n’augure rien de bon et tend à l’inverse à nourrir les craintes autour d’un ralentissement marqué de l’économie mondiale. Le yen en a profité pour enregistrer sa seconde séance consécutive de gains face à l’euro et revenir progressivement à hauteur du seuil de ¥126 tandis que le dollar américain est remonté à un pic de deux semaines sous $1,13 face à la devise européenne. Malgré la publication mardi en Zone Euro d’une large série d’indicateurs économiques plutôt rassurants ; incluant entre autre une modeste révision à la hausse des enquêtes définitives PMI d’activité signalant un retour de la croissance dans le secteur des services au mois de février, un très large rebond des ventes au détail en janvier (+1,3% M/M) et une légère révision à la hausse de l’estimation finale du PIB italien au T4 2018 (-0,1% T/T Vs -0,2% en première estimation) ; l’euro continue de subir de plein fouet les craintes des marchés en amont de la réunion monétaire de jeudi et une éventuelle annonce par la Banque Centrale Européenne d’un report du plan de hausse de taux et/ou de nouvelles mesures monétaires destinées à soutenir l’activité de crédit au sein d’une Europe aux perspectives dégradées. En plus du contexte, globalement plus averse au risque, le dollar a pu aussi compter mardi sur le soulagement offert par la publication de l’enquête mensuelle ISM soulignant une croissance plus soutenue que prévu du secteur non-manufacturier au mois de février. Également sensible au résultat de l’enquête PMI du secteur des services publiée en matinée, la livre sterling a favorablement accueilli l’accélération de la croissance de ce pan majeur de l’économie britannique alors que le consensus tablait plutôt sur une contraction au mois de février. La paire EUR/GBP a accusé un léger repli et en profité pour s’éloigner du seuil de £0,86 que cette dernière tentait depuis plusieurs jours de franchir. Le yuan chinois oscille toujours entre espoir d’accord entre Pékin et Washington et doutes autour des fondamentaux économiques, d’où une volatilité quelque peu réduite. Si la devise chinoise a approché de son pic annuel à près de ¥7,57 face à l’euro sous l’influence notable d’une faiblesse de ce dernier, le cours EUR/CNH amorçait déjà mercredi une tentative de retour vers la barrière de ¥7,60. Le statu quo de la banque centrale australienne mardi n’a surpris personne et en l’absence de nouveaux indices sur l’orientation future des taux directeurs le dollar australien en a profité pour effacer une partie des récentes pertes accumulées face à l’euro. Cette période d’accalmie n’aura pas duré bien longtemps car ce mercredi l’Aussie dollar est à nouveau sur la défensive après la publication de chiffres de croissance au dernier trimestre 2018 moins robustes que prévu (+0,2% T/T Vs cons. +0,3%).  À la veille d’une nouvelle réunion monétaire, le dollar canadien a légèrement fléchi face à l’euro et s’est maintenu à hauteur de C$ 1,51. La crise politique qui frappe actuellement le gouvernement de Justin Trudeau – série de démissions au sein du gouvernement canadien sur fond de présomption de protection d’une entreprise accusée de corruption – est un facteur qui peut expliquer la désaffection des investisseurs malgré des prix du pétrole toujours orientés à la hausse. Les chiffres de croissance au T4 2018 publiés mardi en Afrique du Sud – croissance trimestrielle en-dessous des attentes (1,4% Vs cons. 1,6%) mais dynamique annuelle stable contrairement aux anticipations de repli (1,1% A/A Vs cons. 0,6%) - ont laissé les investisseurs quelque peu perplexes mais globalement soutenus une légère revalorisation du rand. Malgré quelques pressions baissières la paire EUR/ZAR se maintient toujours au-dessus du seuil de ZAR 16,0.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD  :   En l’espace de deux séances, l’EUR/USD a effacé la moitié des gains accumulés lors des deux dernières semaines de février et a officialisé hier son retour au niveau de son support de $1,13. Si on note une diminution graduelle des effets positifs du catalyseur relatif aux progrès réalisés sur le front commercial et l’espoir d’accord entre la Chine et les Etats-Unis, lequel avait porté la paire de change à plus de $1,14 la semaine dernière, l’approche de la réunion de la BCE ce jeudi a de réels effets indésirables sur l’euro. Du côté des investisseurs, on craint que la banque fasse deux pas en arrières après avoir fait miroiter depuis des mois l’espoir d’un prochain lancement d’un processus de normalisation monétaire et une première hausse des taux d’intérêt depuis 2011. Au regard du contexte économique particulièrement dégradé en Europe ces derniers mois, il est clair que les conditions ne sont pas propices à parler de resserrement des conditions de crédit. Faut-il pour autant craindre un nouveau cycle d’assouplissement ? Les craintes actuelles sont peut-être exagérées alors que le climat global semble se détendre – réduction des tensions commerciales et des inquiétudes sur le Brexit – et que l’activité économique en Zone Euro a montré quelques signes de résilience si l’on en croit les estimations définitives des enquêtes PMI publiées la veille en Zone Euro. Le cours EUR/USD devrait malgré tout rester orienté à la baisse jusqu’à jeudi en attendant que la BCE nous dévoile ses nouvelles projections économiques et dévoile ses plans en matière de politique monétaire. L’absence d’indicateurs économiques majeurs ce mercredi en Zone Euro ne devrait pas aider la paire de change à contenir les pressions baissières auxquelles elle est sujet. Il faudra donc attendre le début d’après-midi (14h15) et la publication des statistiques ADP d’emploi dans le secteur privé aux Etats-Unis puis dans la soirée (20h00) la publication du Livre Beige de la Fed pour espérer un léger sursaut de l’EUR/USD.

Niveaux clés : Oubliées les tentatives de franchissement du seuil de $1,14 observées la semaine dernière, le cours EUR/USD regarde désormais droit dans les yeux le support de $1,13. Testée mardi, cette barrière résiste pour le moment tant bien que mal aux assauts de la paire de change. Cela pourrait perdurer jusqu’à jeudi si aucun nouveau catalyseur défavorable à la paire de change n’intervient d’ici là. De bons fondamentaux économiques américains ou encore un retour de tensions commerciales entre les Etats-Unis et l’Union Européenne – rencontre programmée ce mercredi aux Etats-Unis entre les représentants au Commerce américains et européens – pourraient néanmoins fracturer les défenses de la paire de change et la faire glisser en direction de ses plus bas niveaux de l’année ($1,1231).

Perf 2019 = -1,48% / Moyenne 2019 = $1,1381 / Point haut 5 mars 2019 = $1,1319 / Point bas 5 mars 2019 = $1,1288 / Clôture 5 mars 2019 = $1,1306


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