Actualités du marché des devises

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mars 04, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 4 mars 2019 – Sommaire :

  • Malgré des nouvelles de sérieux progrès dans les négociations commerciales sino-américaines qui laissent présager un futur accord, un sentiment d’aversion au risque se répand sur les marchés des changes en cette semaine où se profile trois réunions monétaires en Australie, Canada et Zone Euro, ainsi que la publication des nouveaux chiffres de l’emploi aux Etats-Unis.
  • L’EUR/USD se rétracte et revient à hauteur de $1,1350. Le spectre de la BCE ce jeudi et d’une possible action de soutien à l’économie (programme TLTRO ?) semblent prendre le dessus sur l’espoir d’accord entre Pékin et Washington. 
  • La paire EUR/GBP retombe sous £0,86 après deux séances consécutives de repli. Le gouvernement britannique devrait préparer le terrain avant un vote décisif sur le Brexit qui se tiendra au Parlement d’ici le 12 mars prochain.
  • Légère correction technique de la paire EUR/JPY après avoir atteint un pic annuel vendredi dernier. Cette dernière se maintient malgré tout à plus de ¥127.
  • Correction technique pour l’EUR/CAD après son rebond de près de 1% vendredi dernier et un pic de 3 semaines atteint à plus de C$ 1,51.
  • Forte contraction de la paire EUR/CNH à ¥7,60 sur fond d’optimisme sur le volet commercial

L’agenda de la semaine : Echéances des négociations Chine/Etats-Unis, croissance du PIB US au T4, auditions biannuelles de J. Powell (Fed), report du vote sur le texte de sortie au Parlement britannique

EUR

EUR - Réunion de la BCE (jeudi) – Révision attendue des projections économiques, quid d’un lancement de programme de soutien au crédit (TLTRO) ? : Sans nul doute, dans la lignée des différentes organisations et institutions internationales avant elle, la banque centrale européenne devrait opérer à une importante révision à la baisse de ses projections macroéconomiques publiées en décembre dernier et ainsi pointer du doigt le ralentissement marqué et inquiétant de l’activité en Zone Euro depuis plusieurs mois. Lors de la réunion de janvier, Mario Draghi avait déjà souligné que les risques autour de la croissance n’étaient plus à l’équilibre mais désormais orientée à la baisse. Or depuis, la situation économique de la région européenne ne s’est pas particulièrement améliorée, même si l’on observe dans les premiers indicateurs du mois de février une apparente stabilisation des pressions baissières et un léger mieux. Néanmoins, l’inflation reste sous pression malgré des prix de l’énergie toujours orientée à la hausse et est désormais bien loin de l’objectif de 2% fixé par la banque. S’il est clair que pour l’heure le projet de hausse de taux n’est plus du tout à l’ordre du jour et semble dans ces conditions particulières voué à être reporté à une date ultérieure (pas avant 2020 selon les positions actuelles sur les marchés à terme), certains responsables monétaires ont récemment évoqué l’idée de recourir à de nouvelles mesures de relance pour soutenir l’économie. Doit-on craindre un retour en arrière alors que l’on vient tout juste de clore fin décembre un programme d’assouplissement quantitatif de 3 ans et à l’origine de l’injection de €2,6Trn de liquidités sur les marchés ? Pour le moment, les membres de la BCE semblent simplement envisager un nouveau programme de prêts à long terme et à taux réduits (TLTRO) auprès des banques européennes pour stimuler l’activité de crédit auprès des entreprises et particuliers. Il s’agirait là d’une action d’ urgence destinée à inverser la mauvaise dynamique du moment tout en évitant d’effrayer les investisseurs sur la  perspective d’un nouveau cycle accommodant en Europe.

Orientation & Volatilité  : Encore une fois, Mario Draghi aura la lourde tâche de ménager la chèvre et le chou ce jeudi, c’est-à-dire apporter des solutions concrètes à une Europe en panne de croissance et ne pas froisser la sensibilité des marchés. L’euro pourrait une nouvelle fois faire les frais d’une communication jugée très prudente et accommodante de la part du gouverneur central européen et ainsi faire rapidement oublier l’embellie des derniers jours de février… à moins que la banque prenne une nouvelle fois de court les observateur et décide de rester attentiste, estimant que les vents contraire faisant pression sur l’économie européenne (tensions commerciales, Brexit, ralentissement chinois) comme temporaire et aux effets limités dans le temps. Malgré la bonne passe récente de l’euro, laquelle relève davantage d’un regain d’appétit au risque de la part des investisseurs dans un environnement de marché moins dégradé (baisse des risques sur le volet commercial et celui du Brexit) que d’une confiance retrouvée dans la devise européenne, celui-ci reste fragile. Comme en témoigne notamment son incapacité à casser durablement le seuil de $1,14. Donc si une envolée vers $1,15 et les sommets enregistrés par l’EUR/USD cette année (pic à $1,1570) ne peut être totalement négligé à  en cas de discours délibérément (et étonnement) optimiste de la BCE, néanmoins les risques autour de l’euro en marge de cette réunion sont davantage orientés à la baisse et il faudra rester en alerte face à un possible nouveau décrochage de la paire de change sous son seuil support de $1,13.

USD

USD – Nouvelles statistiques de l’emploi (vendredi) – Nouveau recul du chômage ?: Avec un peu de décalage par rapport aux précédents mois – le mois de mars ayant débuté cette année un vendredi – les nouvelles statistiques de l’emploi aux Etats-Unis seront publiées en cette fin de semaine et constitueront, comme tous les mois, un évènement majeur suivi avec grande attention par les marchés. Malgré quelques signes de faiblesse envoyés par les Etats-Unis ces dernières semaines, la dynamique générale reste globalement très robuste et défie pour le moment tous les pronostiques autour d’une inversion à venir de la conjoncture économique. Preuve de cette bonne santé, le marché du travail américain qui continue mois après mois à créer des emplois – pas de contraction observée depuis septembre 2010, soit 100 mois – et qui affiche un taux de chômage extrêmement bas. Si ce dernier est légèrement remonté au cours des deux derniers mois après avoir atteint en novembre dernier son plus bas niveau depuis 48 ans (4,0% en janvier Vs 3,8% en novembre), le consensus table sur un repli du chômage ce mois-ci à 3,9%. Même si la corrélation n’est plus aussi évidente que dans le passé (plusieurs rapports de la Fed le démontre), le resserrement du marché de l’emploi est habituellement un facteur qui favorise une hausse des salaires et donc par corolaire de l’inflation. Or le ralentissement des prix à la consommation et le repli récent des différents indicateurs d’inflation sont un des axes majeurs sur lequel la banque centrale américaine s’appuie depuis plusieurs semaines pour justifier sa nouvelle approche prudente en matière de politique de taux. On peut donc raisonnablement penser que de solides créations d’emploi (cons. +180k Vs 304k en janvier), couplés à une baisse de l’emploi (cons. +3,9% Vs 4,0% en janvier) et une accélération des salaires (cons. +3,3% A/A Vs 3,2% en janvier) – comme il l’est anticipé par le consensus – pourrait demeurer un terreau fertile au retour de spéculations de possible nouvelle hausse de taux dans les prochains mois aux Etats-Unis.

Orientation & Volatilité  : Au regard des positions actuelles des investisseurs sur les marchés à terme d’anticipation d’une pause monétaire aux Etats-Unis cette année, il est clair que le retour dans la lumière d’un scénario de hausse de taux comme option envisageable pour la Fed si d’aventure les risques extérieures se réduisent et l’économie commence à envoyer de nouveaux signes de surchauffe (inflation supérieure à l’objectif de 2% fixé par la banque) viendrait assurément stimuler le dollar face à l’ensemble de ses pairs, et notamment face à l’euro dont l’attractivité reste dégradée par des taux directeurs négatifs ou nuls. Si les marchés se trouvent confortés dans leurs anticipations (statu quo), la direction prise par le dollar dépendra amplement de la volatilité des séances précédentes. Selon les répercussions causées par la réunion de la BCE jeudi, la réaction aux chiffres de l’emploi pourrait venir soit intensifier significativement la dynamique en cours (haussière ou baissière) ou à l’inverse en atténuer les effets.

AUD

AUD – Réunion monétaire de la Réserve Bancaire Australienne (mardi) & PIB au T4 2018 (mercredi) – Semaine « folle » pour le dollar australien : Ces dernières semaines, le dollar australien a souffert de l’émergence de spéculations de possible baisse de taux en Australie, scénario ouvertement évoqué par le gouverneur central Philip Lowe lors de ces récentes interventions publiques. Ces inquiétudes sont-elles justifiées ou au contraire exagérées au regard des fondamentaux économiques du pays ? La semaine à venir devrait très certainement apporter quelques réponses à ces interrogations alors que nous verrons s’enchainer mardi une nouvelle réunion monétaire de la réserve bancaire australienne, puis mercredi la publication des chiffres de croissance du dernier trimestre et enfin jeudi les statistiques de ventes au détail et du commerce extérieur. S’il est vrai que l’Australie, en tant que grand exportateur de matières première, est très sensible à la dynamique de l’économie mondiale et plus particulièrement à l’état de santé de l’économie chinoise ; son principal partenaire commercial ; pour le moment l’économie n’a pas montré de réels signes inquiétants qui laissent préjuger de le nécessité d’assouplir les conditions de crédit.

Orientation & Volatilité  : Retombé la semaine dernière à un creux de 7 semaines face à l’euro à plus de A$1,60, le dollar australien pourrait effacer ses déconvenues de la fin du mois de dernier en cas de repli des anticipations de baisse de taux après la réunion monétaire de mardi et de signaux rassurants envoyés tout au long de la semaine par les différents indicateurs économiques qui seront publiés. L’évolution des négociations entre Pékin et Washington viendront également arbitrer la volatilité sur le dollar australien car si les marchés ont pu se réjouir du report du plan de hausse des taxes douanières américaines sur les produits chinois, la perspective d’un accord entre les deux principales économies mondiales reste encore incertaine.

CAD

CAD – Réunion monétaire de la Banque du Canada (mercredi) :  Pour la seconde fois cette année, la banque centrale canadienne se réunira mercredi après-midi pour décider de l’orientation de la politique monétaire dans le pays (communiqué officiel publié à 16h00). Selon toute vraisemblance, la banque ne devrait non seulement pas ajuster ses taux directeurs (actuellement à 1,75%) mais se montrer à cette occasion bien plus inquiète qu’elle a pu le montrer auparavant concernant les perspectives économiques du pays. Car depuis sa dernière réunion en janvier, la banque dispose désormais des chiffres de croissance du dernier trimestre 2018 qui se sont avérés bien moins reluisants que ne l’espérait le consensus économique, le Canada enregistrant une croissance quasi-nulle entre octobre et décembre (+0,1% T/T exactement). De plus, malgré des prix de l’énergie orientée à la hausse depuis le début de l’année 2019, l’inflation au Canada a significativement reculé en janvier – l’indice de prix général est retombé à 1,4% ou son plus bas niveau depuis 15 mois, et l’indice sous-jacent est de seulement 1,5% - et est désormais relativement éloignée de l’objectif de 2% fixé par les banquiers centraux canadiens. Alors que le gouverneur central canadien, Stephen Poloz, défendait en janvier l’idée qu’il envisageait de poursuivre sa politique de normalisation monétaire cette année mais que la date de la prochaine hausse de taux au Canada restait liée aux fondamentaux économiques, les résultats récents relativement décevants affichés par l’économie canadienne suggère que la banque centrale pourrait décider de ne pas se hâter et rester quelque temps en position d’observation avant de procéder à une nouvelle intervention

Orientation & Volatilité : Le dollar canadien avait très largement bénéficié en janvier d’une communication pour le moins qualifiée d’ « interventionniste » de la part de la Banque du Canada pour se revaloriser significativement face à l’euro, les pressions haussières étant par ailleurs soutenues par une remontée des prix du pétrole à laquelle la devise canadienne reste toujours très sensible. Chutant du niveau de C$ 1,56 à C$ 1,49 en l’espace de quelques semaines entre janvier et février, le cours EUR/CAD s’est depuis stabilisé autour du niveau de C$ 1,50 et a même connu un petit coup de chaud vendredi dernier pour revenir à hauteur de C$ 1,51 consécutivement à la publication des chiffres de croissance au dernier trimestre 2018 du côté d’Ottawa. La paire EUR/CAD pourrait être tenté d’accentuer son redressement en direction de la barrière de C$ 1,52, seuil qui fait figure de « plafond » depuis la fin janvier si d’aventure la banque centrale canadienne ajuste sa communication et range son projet de hausse de taux dans les cartons, ou alors cette dernière pourrait rechuter sous le niveau de C$ 1,50 et tester à nouveau ses plus bas niveaux de l’année (point bas recensé à C$ 1,4875) si un nouveau resserrement monétaire semble se dessiner dans les prochains mois au Canada.


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