Actualités du marché des devises

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mars 01, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 1er mars 2019 – Sommaire :

  • Effet de soulagement ce matin à la lecture d’une enquête d’activité en Chine au-dessus des attentes. En Europe, l’euro paye les pots cassés d’une contraction plus importante que prévu des emplois en Allemagne et d’une contraction confirmée de l’activité industrielle en Zone Euro
  • Après avoir buté cette semaine sur la barrière de $1,14, l’EUR/USD aborde le mois de mars sur la défensive. La paire de change subit la loi de divergences économiques et monétaires favorables au dollar. Inflation en Zone Euro (11h00) & indices de prix PCE aux Etats-Unis (14h30) à suivre
  • La paire EUR/GBP reste stable sous le seuil de £0,86. Si le cours a connu un rebond technique la veille (prises de bénéfices de fin de mois), celui-ci reste orienté à la baisse au regard des fortes spéculations actuelles de report du Brexit
  • Rebond de la paire EUR/JPY au-dessus de ¥127 pour la 1ière fois cette année
  • Le cours EUR/CHF efface une partie de ses pertes de la veille et remonte au-dessus de ₣1,1350
  • Légère correction de la paire EUR/AUD mais celle-ci se maintient néanmoins au-dessus de A$1,60 (plafond sur le cours formé à la mi-janvier)
  • La paire EUR/CAD reprend dangereusement la direction de C$ 1,49 en amont de la publication cette après-midi des chiffres de croissance du PIB au Canada au T4 2018 (14h30). Le dollar canadien se nourrit d’un rebond du pétrole de 1% ce matin (Brent à $67)
  • La paire EUR/ZAR continue de progresser ce matin et oscille tout proche de ses plus hauts niveaux de l’année à plus de ZAR 16,0

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de jeudi : Le dollar se reprend après un PIB meilleur que prévu au T4 2018 / Sursaut de nervosité après l’échec de la rencontre entre D. Trump et K. Jong-un / La livre reprend son souffle

Sur la défensive durant toute la matinée en amont de la publication des premiers chiffres de PIB américain au T4 2018 attendus en net recul par rapport au précédent trimestre (cons. +2,3% T/T annualisée Vs +3,4% au T3 2018), le dollar a finalement réussi à inverser la tendance à la lecture d’une meilleure performance que prévu de l’économie américaine et d’une croissance de +2,6% lors des trois derniers mois de l’année dernière. Après avoir longtemps testé la barrière de $1,14 et atteint à cette occasion un nouveau pic de plus de 3 semaines à $1,1420, le cours EUR/USD a retracé en fin de journée et effacé l’ensemble de ses gains en séance pour finalement clôturer au niveau de $1,1370. Un peu de nervosité s’est emparé des marchés jeudi consécutivement à l’observation de nouvelles dissensions entre le président américain et son homologue nord-coréen lors de leur rencontre cette semaine à Hanoï (Vietnam). Sans espérer grand-chose de cet évènement sinon le maintien de rapports cordiaux entre les dirigeants des deux pays, ces derniers ont eu la mauvaise nouvelle de voir les négociations de dénucléarisation en Corée du Nord rester au point mort après le rejet de la demande du président nord-coréen d’abandonner l’intégralité des sanctions internationales qui pèsent actuellement sur Pyongyang. À travers l’exemple de la Corée du Nord, les investisseurs y perçu là, ou ont voulu voir, un risque de possible rebondissement dans le dossier chinois et les négociations en cours entre Pékin et Washington sur un nouvel accord commercial. Car si les marchés se sont réjouis d’entendre le weekend dernier l’annonce d’un report du plan de hausse des tarifs douaniers sur $200Mds de produits chinois, la fin de la trêve commerciale de 3 mois sonnera ce vendredi 1er mars et personne ne sait réellement ce que cela impliquera sur le futur de la relation entre la Chine et les Etats-Unis. Habituellement recherchées lorsque les conditions de marché se tendent, les valeurs refuges « traditionnelles » ont connu jeudi des expériences divergentes. Le yen a été peu sensible à cette résurgence de nouveaux risques externes et la paire EUR/JPY a enregistré une surprenante accélération l’amenant au porte du seuil de ¥127 (point haut recensé à ¥126,90/clôture à ¥126,64), ou un nouveau pic annuel. Les acheteurs de yen ont semble-t-il été rassuré par la bonne tenue de l’économie américaine, laquelle est venue nuancer la contre-performance de l’économie chinoise (contraction du secteur industriel) ou encore suisse (croissance au T4 2018 deux fois moins importante qu’anticipé). Le franc suisse s’est lui nourri de ce sentiment d’aversion au risque qui s’est emparé des marchés des changes jeudi et ainsi enregistré un rebond de plus de +0,3% face à l’euro à moins de₣1,1350. Les nouveaux signes alarmants envoyés par l’économie chinoise et plus particulièrement le ralentissement accentué de son activité industrielle ont été l’occasion de voir le yuan chuté à un creux depuis une semaine face à l’euro à plus de ¥7,63. Dans le même temps, la paire EUR/AUD a fait son retour au-dessus de A$ 1,60 (pic de presque 3 semaines atteint jeudi à A$ 1,6045). La paire EUR/ZAR a profité du manque d’appétence des investisseurs pour les devises émergentes pour remonter à ZAR 16,0, un niveau qu’elle n’avait plus atteint depuis plus d’une semaine.  Après une glissade de près de -1,7% en 4 séances, le cours EUR/GBP a réussi à stopper l’hémorragie et rebondit jeudi. Néanmoins, la paire de change n’a jamais été en mesure de revenir au-dessus du seuil de £0,86 compte tenu du haut degré d’optimisme partagé par une majorité d’acteurs de marché sur un possible report de la date de sortie du Royaume-Uni hors de l’Union Européenne. La couronne suédoise a significativement rebondi hier face à l’euro consécutivement à la publication de chiffres de croissance au T4 2018 très largement au-dessus des attentes du consensus – performance deux fois plus importante qu’initialement estimée (1,2% T/T Vs cons. 0,6%) – et l’EUR/SEK est retombé temporairement en séance à un creux d’une semaine à moins de SEK 10,50 avant de finalement retracer vers cette barrière en fin de journée.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD  :   Statu quo sur l’EUR/USD après la journée d’hier où une nouvelle fois l’économie américaine a déjoué toutes les pronostics en montrant le visage d’une économie en bonne santé. Si la croissance aux Etats-Unis a comme attendu ralenti au dernier trimestre sous l’effet d’une perte de confiance générale des acteurs économiques à l’égard d’un retour impromptu de la volatilité sur les marchés financiers et la montée des risques externes pesant sur les perspectives globales (tensions commerciales, ralentissement de l’économie chinoise, Brexit), on peut tout aussi louer sa résilience dans un contexte dégradé qui a fait quelques victimes, à commencer par l’Europe où l’activité a fortement ralenti au cours des derniers mois. Si les acteurs européens ont eu la bonne surprise jeudi de voir l’inflation allemande accélérer un peu plus que prévu en février et remonter à 1,6% après sa chute le mois dernier à un creux de 12 mois à 1,4%, la dynamique de prix reste encore bien inférieure à l’objectif de 2% fixé par la Banque Centrale Européenne et pourrait se révéler bien insuffisant pour empêcher la banque de prendre de nouvelles mesures de soutien à l’économie lors de sa prochaine réunion monétaire du 7 mars prochain. Plusieurs médias ont en effet révélé que les membres de la BCE considéraient sérieusement le lancement d’un nouveau programme de taux bas sur longue période (TLTRO) destiné aux banques européennes afin de stimuler l’activité de crédit en Europe auprès des entreprises et particuliers. Les divergences de croissance économique entre les Etats-Unis et la Zone Euro nourrissent les importantes divergences monétaires existantes entre les deux régions. Dans ce contexte, le potentiel haussier de l’EUR/USD apparaît limité d’où l’impression depuis plusieurs mois de l’existence d’un plafond de verre au-dessus de la paire de change au niveau de $1,15-$1,16. Ces divergences économiques seront à nouveau au cœur des débats ce vendredi à l’occasion d’une séance très riche en indicateurs économiques de part et d’autre de l’Atlantique. En Europe, on suivra de près les chiffres d’emploi en Allemagne, l’estimation finale de l’enquête d’activité PMI dans le secteur industriel qui en première lecture avait indiqué une contraction de la croissance sur cette période, et le plus important les premières estimations d’inflation au mois de février en Zone Euro. Ces indicateurs de prix seront les derniers qu’auront les banquiers centraux européens dans les mains début mars au moment de décider l’orientation monétaire qu’ils souhaitent prendre dans les prochains mois. De la teneur de ces indicateurs pourraient résulter des prises de décision importantes susceptibles de fortement impacter la future direction de l’euro. Aux Etats-Unis, l’attention se portera principalement sur la publication des indicateurs mensuels de prix PCE ; indices favoris de la Fed pour mesurer les dynamiques d’inflation aux Etats-Unis ; et l’indice d’activité ISM dans le secteur manufacturier. Comme pour la BCE, la série d’indicateurs économiques clés qui seront publiés d’ici le 20 mars et la prochaine réunion de la Fed pourrait venir influer sur le choix de la banque à revoir ou non son agenda de hausse de taux pour l’année (2 hausses de taux inscrites à l’agenda 2019 d’après les projections réalisées en décembre dernier).

Niveaux clés : Après avoir échoué à de multiples reprises à passer le cap de $1,14, le cours EUR/USD fait machine arrière et amorce ce nouveau mois en position de repli. Alors que l’on a observé cette semaine l’existence d’un support technique à $1,1360, celui—ci pourrait rapidement sauter en cas de nouveaux mouvements de déception des acteurs européens à la lecture de fondamentaux économiques moins robustes que prévu. Face à l’absence de forces de traction sur le cours de change, un phénomène de frustration pourrait gagner les investisseurs et la paire de change, et ainsi actionner un recul en direction du support de $1,13. Cette dynamique baissières est d’autant plus crédible si le sentiment d’appétit au risque des acteurs de marché n’est pas stimulé par de nouvelles annonces favorables sur le dossier des négociations commerciales entre Pékin et Washington (fin officielle ce vendredi de la trêve de 3 mois) et/ou du Brexit.

Perf 2019 = -0,97% / Moyenne 2019 = $1,1385 / Point haut 28 février 2019 = $1,1420 / Point bas 28 février 2019 = $1,1356 / Clôture 28 février 2019 = $1,1370


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