Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

févr. 28, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 28 février 2019 – Sommaire :

  • Volatilité très divergente sur les marchés des changes : le spectre d’une sortie sans accord au Royaume-Uni se dissipe peu à peu et enchante les acteurs de marché européens tandis qu’à contrario la nouvelle contraction du secteur manufacturier chinois rappelle au combien la conjoncture mondiale est fragile
  • L’EUR/USD progresse et garde la barrière de $1,14 en ligne de mire. Première estimation de PIB au T4 2018 à suivre aux Etats-Unis (14h30) et probable confirmation d’une dynamique ralentie sur la fin d’année 2018
  • L’EUR/GBP fait une pause dans sa glissade et remonte ce matin au-dessus de £0,8550
  • La paire EUR/CHF perd plus de 0,3% et recule sous le seuil de ₣1,1350
  • Le cours EUR/JPY est orientée à la baisse mais parvient pour le moment à se maintenir au-dessus du seuil de ¥126
  • La paire EUR/SEK chute de plus de -0,5% à SEK 10,50 après la publication ce matin de chiffres de croissance en Suède au T4 2018 bien meilleurs qu’attendu (+1,2% T/T Vs cons. +0,6%)
  • Le cours EUR/ZAR progresse de +0,4% et remonte au-dessus du seuil de ZAR 15,90

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de mardi : La livre sterling s’envole à un pic de 21 mois sur fond de spéculations autour d’un report du Brexit / Jerome Powell confirme et justifie une approche patiente

Le degré de confiance et l’appétit au risque des acteurs financiers est descendu d’un ton mercredi à l’aune des tensions géopolitiques entre l’Inde et le Pakistan, les propos prudents du négociateur américain concernant un éventuel accord avec Pékin ou encore la rencontre à Hanoï (Vietnam) entre le président américain Donald Trump et son homologue nord-coréen Kim Jong-un. Les valeurs refuges ont donc été dans un premier temps très largement recherchées par des investisseurs soudainement apeurés par l’émergence de nouvelles sources de turbulence, avant que cette dynamique ne se dissipe graduellement en seconde partie de journée. À ce jeu-là, le dollar fut semble-t-il davantage sollicité que le yen et le franc, et c’est ainsi qu’après trois séances consécutives de hausse (gain cumulé de +0,45%) la paire EUR/USD a légèrement fléchi et ainsi confirmé que le seuil de $1,14 reste pour l’heure une trop grande marche à franchir pour cette dernière. Après avoir toutes deux débuté la journée sur la défensive, les paires EUR/JPY et EUR/CHF ont finalement réussi à surmonter les pressions baissières qui s’abattaient sur elles et terminé la séance de mercredi dans le vert, à plus de ¥126 pour la première (plus haut niveau de l’année en clôture) et à proximité du seuil de ₣1,14 pour la seconde. Invité à intervenir publiquement une seconde fois en deux jours, cette fois devant les députés de la Chambre des représentants, le gouverneur central américain n’a révélé aucun élément nouveau que l’on ne savait déjà, sinon confirmé l’approche désormais prudente de la banque en matière de politique de taux à cause de l’existence entre autre de risques externes (Brexit, incertitudes commerciales) auxquels elle lie désormais ses prises de décision. Également auditionné hier au Congrès, le représentant américain au Commerce, Robert Lightighzer, a mis en garde l’opinion sur le fait qu’un accord commercial restait pour l’heure « un chemin semé d’embuches », ses propos venant quelque peu altérer l’enthousiasme véhiculé ces derniers jours sur les marchés des changes consécutivement à l’annonce d’extension des négociations après la date du 1er mars qui était originellement l’échéance de la trêve de 3 mois défini lors du dernier Sommet du G20 à Buenos Aires. Au lendemain de l’annonce de la première ministre britannique d’offrir aux députés le choix de décider entre une sortie sans accord ou une extension du Brexit en cas de non ratification d’ici le 12 mars prochain de l’accord de retrait négocié avec Bruxelles, la livre sterling a poursuivi sa marche en avant et atteint un nouveau pic de 21 mois face à l’euro à moins de £0,8550. Outre la dissipation des risques de sortie désordonnée sans accord, la devise britannique bénéficie également du retour dans la lumière d’un possible scénario de second référendum ; lequel s’il avait lieu demain donnerait l’avantage au camp anti-Brexit si l’on en croit les différentes enquêtes d’opinion publiées à ce jour ; après l’annonce mercredi par le Parti travailliste, principale formation d’opposition, qu’il soutiendrait un amendement soutenant un second vote populaire sur la question du maintien ou non du pays au sein de l’Union Européenne. Le ralentissement plus marqué que prévu de la dynamique annuelle d’inflation générale au Canada à un creux de 15 mois de 1,4%, contre 2,0% en décembre, n’a pas eu énormément d’impact sur un dollar canadien beaucoup plus sensible en ce moment à la volatilité des prix du pétrole qui ont progressé mercredi d’un peu moins de 2% (Brent à plus de $66) après la publication d’un rapport révélant des stocks pétroliers moins importants que prévu. Le cours EUR/CAD a de nouveau buté sur le seuil de C$ 1,50 mercredi et retracé vers le niveau de C$ 1,4950. Handicapé par la frilosité hier des marchés des changes, le dollar australien a abandonné près de -0,5% face à l’euro et s’échangeait en fin de journée à plus de A$1 59. Les valeurs refuges ont connu également quelques soucis hier dans un contexte de marché plus averse au risque, aussi le cours EUR/ZAR a continué d’éponger ses pertes du début de semaine et fait son retour au-dessus du seuil de ZAR 15,80.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD  :   Après ses déconvenues de la veille, principalement causées par un sursaut d’aversion au risque des marchés à l’égard de nouveaux facteurs potentiels de risque, le cours EUR/USD se reprend modestement et garde le seuil de $1,14 en ligne de mire. Cet objectif est-il atteignable alors que cela fait maintenant deux séances consécutives que le cours se casse les deux dessus et que l’on voit surgir ce matin de nouveaux signaux alarmants en provenance de Chine d’un ralentissement accentué de l’activité du secteur industriel ? Il faut croire que la perspective de voir cette après-midi la confirmation d’une croissance de l’économie américain sur la fin d’année 2018 probablement moins robuste que lors des trimestres précédents réjouit les vendeurs de dollar qui voient là un possible argument supplémentaire venant renforcé leur conviction qu’aucune hausse de taux ne devrait être observée cette année outre-Atlantique. Le retour dans la lumière au Royaume-Uni d’un possible scénario de second référendum ; une option désormais officiellement soutenue par le Parti travailliste ; vient ce matin renforcer un peu plus l’idée que le Brexit pourrait être décalé dans le temps voire annuler. Ce serait alors un facteur d’incertitude en moins au sein de la Zone Euro qui serait, s’il se confirme, accueilli à bras ouverts par les investisseurs de la région.  Attention toute de même à ce qu’un nouveau souffle d’aversion au risque ne vienne pas s’abattre sur les marchés en cas de retour des craintes autour des dommages collatéraux susceptibles d’être causés si un retournement de la conjoncture mondiale tend à se confirmer.

Niveaux clés : Le cours EUR/USD a une nouvelle fois buté sur le seuil de $1,14 mercredi avant de corriger. Il s’agit là d’une nouvelle preuve, si tant est que cela était nécessaire, que cette barrière sous laquelle la paire de change fluctue depuis maintenant 3 semaines représente un obstacle important réfrénant pour le moment toutes tentatives de redressement. Légèrement orienté à la baisse ce matin après la publication d’indicateurs PMI chinois à nouveau décevants, le cours EUR/USD a confirmé l’existence d’un seuil support de court terme au niveau de $1,1360. Pour le moment très modeste, la volatilité sur le cours EUR/USD devrait probablement s’agiter en début d’après-midi à l’occasion de la publication de la 1ière estimation de croissance du PIB américain au T4 2018 (14h30) et d’inflation en Allemagne au mois de février (14h00). Si une confirmation d’une croissance plus lente aux Etats-Unis sur la fin d’année 2018 devrait à priori être défavorable au dollar, il se pourrait que paradoxalement la devise américaine bénéficie d’un afflux de demande de la part d’investisseurs apeurés par l’émergence de nouveaux signaux de ralentissement généralisé de l’économie mondiale. La nouvelle contraction visible ce matin de l’indice d’activité PMI du secteur manufacturier chinois ou encore la croissance deux fois moins importante que prévu de l’économie suisse au T4 2018 (+0,2% T/T Vs cons. +0,4%) font figure d’étincelles d’un brasier qui ne demande qu’à grandir.

Perf 2019 = -0,77% / Moyenne 2019 = $1,1386 / Point haut 27 février 2019 = $1,1404 / Point bas 27 février 2019 = $1,1359 / Clôture 27 février 2019 = $1,1369

GBP

EUR/GBP  :  On se demandait mercredi matin si la dynamique haussière sur la livre sterling allait se poursuivre après l’impressionnant rebond dont nous avons été témoin mardi, et la réponse à notre question semble être positive. La livre sterling a donc poursuivi sur sa lancée et ne semble pas vouloir s’en arrêter là et cela malgré l’atteinte de niveaux relativement hauts face à l’euro au regard de son historique récent (pic de 21 mois). La devise britannique enregistre actuellement un impressionnant rebond de plus de 5% sur les 7 dernières semaines et pourrait encore s’apprécier davantage alors que l’on reste encore relativement éloigné des plus hauts niveaux atteints par cette dernière depuis l’annonce du Brexit (£0,83). Pour que cela soit possible, encore faut-il que les nombreuses attentes et spéculations observées ces dernières heures matérialisent, ce qui n’est pas encore totalement certain. Une extension de la date officielle du Brexit, hypothèse dont la probabilité de réalisation a fortement progressé cette semaine, ne peut être possible que si Londres en fait la requête et que celle-ci est acceptée par l’ensemble des dirigeants des 27 membres de l’Union Européenne. Aussi, bien que les deux camps semblent s’accorder sur l’idée que maintenir un calendrier de sortie fin mars est dangereux au regard du refus pour le moment des députés britanniques de ratifier l’accord de retrait négocié à Bruxelles en novembre dernier, il faut qu’ils s’entendent sur les termes et conditions d’un éventuel report. Alors que Londres paraît avoir une préférence pour une extension courte, l’approche des élections européennes en mai prochain semble constituer un obstacle pour Bruxelles dont la préférence porte plutôt sur une extension très longue, jusqu’à 21 mois si l’on en croit les informations révélées par le journal britannique The Guardian le weekend dernier. Alors que les incertitudes autour du processus de sortie se dissipent et que les options visant à éviter une rupture brutale se multiplient – la banque Goldman Sachs n’accorde désormais plus qu’une probabilité de 10% à un scénario de divorce désordonnée sans accord – la voie du Brexit reste néanmoins sinueuse et cahoteuse.

Niveaux clés : Le recul ce matin de l’indice de confiance des ménages britanniques à un creux de 4 ans (enquête menée par l’institut GfK) rappelle au combien les incertitudes liées au Brexit pèsent sur la confiance des acteurs économiques britanniques et représentent un frein considérable à la croissance à court terme. Après quatre séances consécutives de repli et une perte cumulée de -1,7%, le cours EUR/GBP reprend quelques couleurs ce matin et rebondit modestement au-dessus du seuil de £0,8550. Il pourrait s’agir là d’un simple « arrêt au stand » du à un manque de « carburant » ou leviers avant que l’on assiste à un nouveau rebond significatif de la devise britannique. Le point bas atteint la veille à moins de  £0,8530 pourrait faire office dans un premier temps de support avant que la paire parte à l’assaut de la barrière de £0,85. Un retour à hauteur du seuil de £0,86 pourrait s’observer même si dans le contexte actuel le potentiel haussier de la paire EUR/GBP apparaît désormais très réduit au regard du retournement de sentiment, désormais plus optimiste, concernant l’issue finale du Brexit.

Perf 2019 = -4,79% / Moyenne 2019 = £0,8790  / Point haut 27 février 2019 = £0,8596 / Point bas 27 février 2019 = £0,8527 / Clôture 27 février 2019 = £0,8542


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