Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

févr. 27, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 27 février 2019 – Sommaire :

  • Volatilité marquée par quelques ajustements techniques à l’approche de la fin du mois et marques de frilosité en marge de la rencontre à Hanoï entre Donald Trump et Kim Jong-un
  • Légère correction de l’EUR/USD pour qui le seuil de $1,14 apparaît une marche encore trop haute à gravir
  • La paire EUR/GBP reste orientée à la baisse et consolide sa position sous £0,86 alors que les marchés croient dur comme fer à un report du Brexit
  • Le cours EUR/JPY retombe sous son plafond des deux derniers mois de ¥126 tandis que l’EUR/CHF retrace et s’écarte de la barrière de ₣1,14 approchée la veille
  • L’EUR/CAD se repose sous le niveau de C$1,50 et profite d’un léger rebond confirmé des prix du pétrole (Brent à $65) avant la publication cette après-midi au Canada des statistiques d’inflation (14h30)
  • Le dollar australien perd un peu de terrain face à l’euro et l’EUR/AUD tente de remonter à A$1,59
  • Très peu de volatilité observé entre l’euro et les devises émergentes ce matin. L’EUR/CNH fluctue autour de ¥7,61 ce matin et l’EUR/ZAR à ZAR 15,75.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de mardi : La livre sterling s’envole à un pic de 21 mois sur fond de spéculations autour d’un report du Brexit / Jerome Powell confirme et justifie une approche patiente

L’évènement majeur de la séance de mardi est l’envolée de la livre sterling qui a bondi respectivement de 1,2% face au dollar américain et d’un peu plus de 0,9% face à l’euro consécutivement à l’annonce de la première ministre Theresa May qu’en cas de non-ratification de l’accord de sortie elle donnera aux députés l’opportunité de choisir entre un report court et limité de la date du Brexit ou une rupture sèche sans accord. Au regard de la multiplication ces dernières semaines des levées de boucliers au sein de la sphère politique britannique contre les dommages économiques que causerait une sortie désordonnée, il fait peu de doutes dans l’esprit des investisseurs que le choix du report devrait être privilégié par une majorité de députés si une telle opportunité leur est belle et bien soumise. Le rebond de la livre hier a été l’occasion de voir la paire EUR/GBP chuter à un creux de 21 mois de £0,8560 avant que celle-ci retrace un peu en fin de journée pour revenir à hauteur du seuil de £0,86, et la paire GBP/USD à un pic de 5 mois de presque $1,33. L’autre moment clé de la journée était la première des deux auditions publiques du gouverneur de la réserve fédérale américaine (Fed), Jerome Powell, prévues cette semaine au Congrès. Devant les membres du Sénat, ce dernier a confirmé la nouvelle approche prudente adoptée par la banque centrale sur sa politique de taux, justifiant ce choix par la baisse de l’inflation consécutive au recul des prix de l’énergie ou encore les incertitudes persistantes autour du Brexit et sur le volet commercial. Si la porte n’est pas résolument fermée, le président de la Fed a envoyé le signal qu’une nouvelle hausse de taux n’est pas pour le moment à l’ordre du jour. Les marchés ont guère été surpris sinon confortés dans leur conviction que la banque pourrait procéder à une pause monétaire. Sans appui du dollar et bénéficiant d’une hausse de sentiment des investisseurs européens à l’égard de la réduction des risques et inquiétudes autour du Brexit, le cours EUR/USD s’est autorisé une nouvelle escapade et atteint le seuil de $1,14 pour la 1ière fois depuis presque 3 semaines. Cette marche a néanmoins semblé trop haute pour le cours de change, lequel a légèrement corrigé en fin de séance pour clôturer à $1,1385. Le yen continue de faire de résistance malgré un contexte global à priori plus détendu et la paire EUR/JPY ne parvient pas pour le moment à réellement s’éloigner du niveau de ¥126, ou la barrière qui a fait office de plafond pour le cours de change lors des deux premiers mois de l’année. Le cours EUR/CHF a lui surfé sur la hausse d’optimisme des acteurs de marché européens et progressé de +0,2% pour atteindre un pic de presque 2 semaines non loin du seuil de₣1,14. En l’absence de nouvelles « fraiches » dans les négociations entre Pékin et Washington, le yuan chinois a corrigé à plus de ¥7,60 face à l’euro sous l’effet très probablement de prises de bénéfices après avoir atteint lundi un pic de 8 mois face à l’euro. Subissant la loi du pétrole et le maintien dans un premier temps d’une orientation à la baisse des prix du baril, le dollar canadien a temporairement reculé à son plus bas niveau sur les 8 dernières séances face à l’euro à presque C$1,5050. Le cours EUR/CAD a finalement retracé et clôturé tout juste sous le niveau C$1,50 après que les cours pétroliers se soient repris et terminé la séance dans le vert avec un gain d’un peu moins de 1% pour l’indice Brent ($65).

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD  :   En déliquescence en milieu de mois et après avoir touché un creux de 3 mois à presque $1,12, le cours EUR/USD a doucement mais surement repris quelques couleurs ces deux dernières semaines et rebondit d’un peu plus de 1% pour revenir mardi à hauteur de $1,14. La paire bénéficie très largement d’un contexte favorable dans lequel, sous couvert d’une réduction temporaire des risques autour de la relation Chine/Etats-Unis et du Brexit, le dollar est moins prisé par des investisseurs dont l’appétit au risque retrouvé les pousse à se tourner vers d’autres devises à plus fort rendement (devises émergentes notamment ciblées lors de stratégie de « carry-trade »). Si notre regard se projette à plus long terme, on reste néanmoins toujours dans une situation où les divergences de dynamique économique entre une Zone Euro qui ralentit et une Amérique à l’économie toujours très solide devraient au mieux maintenir, ou au pire agrandir, l’écart de taux monétaires actuel entre les deux régions durant une période prolongée de temps. Par ailleurs, les incertitudes sur le volet commercial et la situation du Royaume-Uni restent encore perceptibles tant que rien n’a été rendu officiel, à savoir un accord commercial entre Pékin et Washington et un report effectif du Brexit. De ce fait, l’attractivité de l’euro auprès des investisseurs reste encore pour le moins timide. Au niveau des indicateurs économiques, la journée de l’EUR/USD sera rythmée le matin par la publication des statistiques de crédit (10h00) et des indices de sentiment en Zone Euro (11h00), et l’après-midi par les commandes d’usine et les ventes de maison en cours aux Etats-Unis (tous deux à 16h00). Si on prêtera une oreille attentive à la seconde apparition cette semaine du gouverneur central américain Jerome Powell, ce mercredi à la Chambre des représentants (16h00), il est fort probable que le discours soit très similaire à celui tenu mardi au Sénat et donc ne provoque pas de vives réactions sur les marchés des changes.

Niveaux clés : L’EUR/USD est orienté à la baisse ce matin et semble avoir atteint hier une marche encore trop haute à gravir avec le niveau de $1,14. La paire subit quelques prises de bénéfices de la part d’investisseurs qui ne s’attendaient pas la voir aussi haut aussi rapidement après les déconvenues subies lors de la première partie du mois de février. Le contexte global, plus détendu, reste toujours favorable à l’EUR/USD mais apparaît pour l’heure insuffisant pour déclencher une nouvelle accélération du cours de change en direction du plafond de $1,15. On continue à suivre avec attention les évolutions du Brexit et les négociations commerciales entre Pékin et Washington. Un peu de frilosité pourrait néanmoins gagner les marchés sur cette fin de semaine et profiter au dollar alors que s’observera ce mercredi et jeudi à Hanoï (Vietnam) une rencontre entre Donald Trump et son homologue nord-coréen Kim Jung-un. Si les relations se sont nettement apaisées depuis leur rencontre à Singapour en juillet dernier, on est néanmoins jamais à l’abri de nouvelles tensions.

Perf 2019 = -0,71% / Moyenne 2019 = $1,1386 / Point haut 26 février 2019 = $1,1402 / Point bas 26 février 2019 = $1,1341 / Clôture 26 février 2019 = $1,1385

GBP

EUR/GBP  :  Quel nouveau rebondissement nous avons vécu mardi ! Les investisseurs renouent progressivement avec la livre sterling ; devise longtemps délaissée car jugée trop fragile dans un contexte politique hautement incertain ; à mesure que les risques liées au Brexit s’évaporent. Les peurs originelles autour d’une possible sortie sans accord se sont fortement dissipées ces derniers jours sous l’effet d’une montée des spéculations et rumeurs autour d’un report de la sortie au-delà de la date initiale du 29 mars prochain, option qui apparaît comme la plus « logique » aux yeux des européens (Cf Donald Tusk) et qui rencontre de plus en plus de partisans au Royaume-Uni. N’arrivant pas à obtenir de Bruxelles une réouverture des négociations et faute de temps, Theresa May a finalement ajusté sa stratégie et pris l’option de finalement laisser aux parlementaires l’opportunité de prendre la décision finale sur le type de Brexit qu’ils souhaitent avec l’idée derrière de se déresponsabiliser en cas de choix d’une sortie sans accord ou de gagner davantage de temps pour trouver un terrain d’entente avec les dirigeants européens sur un accord et des garanties susceptibles d’être acceptés par les parlementaires britanniques. Aux yeux des marchés, il ne fait aucun doute que l’option d’un report devrait être privilégié, le parti conservateur de la cheffe du gouvernement ne disposant pas d’une majorité au Parlement et demeurant très fragmenté sur la question du Brexit.  Reste néanmoins à savoir si les européens daigneront accepter la requête de Londres. Selon toute vraisemblance, ils devraient le faire mais pourraient cependant poser quelques conditions.

Niveaux clés : La paire EUR/GBP reste orientée à la baisse et vogue ce matin sous le seuil de £0,86 où elle pourrait progressivement s’installer si les inquiétudes liées au Brexit étaient amenées à se dissiper davantage. Après une telle chute, les investisseurs sont globalement soucieux de rechercher rapidement des éléments ou signaux qui viennent justifier le mouvement et confirment qu’il ne s’agit pas d’une simple réaction « épidermique » à une nouvelle de marché ou annonce. L’heure est donc à la confirmation pour l’EUR/GBP qui doit justifier ce retour sur ses plus bas niveaux depuis 21 mois. Pour rappel, le cours avait entre fin janvier et début février enregistré un rebond de plus de 2% consécutivement après avoir chuté sur de tels bas niveaux (£0,8615 à l’époque). De ce fait, les marchés seront sensibles aux échos entendus du côté de Londres et Bruxelles sur la forme et la durée que pourrait prendre un report du Brexit et ses implications. La livre sterling bénéficie d’un effet de soulagement à l’égard de risques potentiellement reporté dans le temps, néanmoins celui-ci pourrait revenir rapidement si le report est jugé trop court ou même refusé par Bruxelles.

Perf 2019 = -4,49% / Moyenne 2019 = £0,8797  / Point haut 26 février 2019 = £0,8676 / Point bas 26 février 2019 = £0,8560 / Clôture 26 février 2019 = £0,8593


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