Actualités du marché des devises

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févr. 25, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 25 février 2019 – Sommaire :

  • Séance calme dans le prolongement de la semaine dernière. Un vent d’optimisme sur les négociations Chine/Etats-Unis stimule l’appétit au risque des marchés mais on se garde bien de céder à l’euphorie.
  • EUR/USD en ordre dispersé autour de $1,1350.
  • Un EUR/GBP observateur sous £0,87 qui attend de voir la tournure que vont prendre les négociations sur le Brexit. L’absence d’avancées concrètes n’effraie pas pour le moment les marchés.
  • L’EUR/JPY reste orienté à la hausse mais plafonne à ¥126.
  • La paire EUR/CNH poursuit sa glissade et accumule désormais plus de 6% de pertes depuis son pic atteint en octobre dernier. Le cours oscille à un creux de 8 mois à moins de ¥7,60.
  • Retombé à un creux de plus de 3 mois sous C$1,49 vendredi dernier, le cours EUR/CAD se stabilise ce matin. La léger repli des prix du pétrole l’y aide un peu.
  • Le cours EUR/AUD efface une partie des gains accumulés en fin de semaine dernière et s’éloigne du plafond de A$ 1,60.
  • L’appétence au risque favorise les devises émergentes à fort rendement comme le rand sud-africain (ZAR 15,75) ou la livre turque (TRY 6,02)

Les moments clés de séance :    

  • Pas d’indicateurs économiques/évènements monétaires et/ou politiques majeurs.

L’agenda de la semaine : Echéances des négociations Chine/Etats-Unis, croissance du PIB US au T4, auditions biannuelles de J. Powell (Fed), report du vote sur le texte de sortie au Parlement britannique

USD

USD – Audition biannuelle de J. Powell (Fed) au Congrès (mardi & mercredi) : En marge de la publication vendredi dernier du rapport semestriel de la réserve fédérale américaine sur sa politique monétaire, le gouverneur central Jerome Powell sera auditionné mercredi au Sénat et jeudi à la Chambre des représentants par les députés siégeant au sein de ces deux hémicycles. Durant cet exercice, il reviendra en détail et commentera les résultats de ce rapport qui décrit une croissance américaine solide mais néanmoins plus lente sur la fin d’année 2018 et des perspectives économiques plus incertaines qu’auparavant sous l’effet d’une dégradation de l’économie mondiale et la montée de facteurs de risques externes (ralentissement de l’économie chinoise, retour de la volatilité sur les marchés financiers, tensions commerciales). Ce sera surtout l’occasion d’expliciter l’approche plus prudente de la banque et son choix de procéder à une pause, plus ou moins longue, de son cycle de normalisation monétaire. Là est tout le débat. Si les investisseurs anticipent en grande majorité une pause monétaire de la Fed sur toute l’année 2019, cette dernière n’a pour le moment pas fermer la porte à procéder à un nouveau resserrement monétaire cette année et conserve toujours officiellement à son agenda un objectif de deux hausses de taux (projections publiées en décembre 2018 / prochaine actualisation en mars 2019).

USD (bis) – 1ière estimation du PIB américain au T4 2018 (jeudi) – Une économie américaine également affaiblie par un ralentissement de la demande globale ? Consécutivement à un « shutdown » historique survenue entre décembre de l’année dernière et janvier, les statistiques macroéconomiques américaines nous parviennent au compte-goutte et c’est avec un certain retard que nous accueillerons jeudi 28 février les premières estimations de PIB aux Etats Unis au cours du dernier trimestre 2018. Après deux trimestres consécutifs de pleine et forte croissance (croissance annualisée de +4,2% au T2 et +3,4% au T3), la performance de l’économie américaine sur les trois derniers mois de l’année dernière s’annonce naturellement moins reluisante, mais néanmoins robuste (cons. 2,4%). Il faut dire que les Etats-Unis n’ont guère été épargnés durant cette période qui fut le théâtre d’un important mouvement correctif des marchés actions (-20% de pertes pour Wall Street), d’un reflux graduel de la demande d’une économie chinoise ciblée par d’importantes barrières douanières de la part de Washington et du début (à partir du 22 décembre) de la fermeture partielle des administrations américaines qui dura au total 35 jours. 

Orientation & Volatilité : Les Minutes de la Fed publiées la semaine dernière ont confirmé que pour le moment la banque centrale américaine n’entend pas se lier elle-même les mains en communiquant aussi tôt dans l’année sur une pause prolongée de sa politique de remontée des taux sachant que pour le moment elle ne dispose pas à ce jour d’assez d’éléments – statistiques macroéconomiques – pour justifier une telle posture. Cela crée un petit décalage avec les positions actuelles, très tranchées, des investisseurs qui s’avèrent relativement pessimistes vis-à-vis de la santé de l’économie américaine et anticipent déjà le maintien d’un taux directeur stable tout au long de l’année. Qui a tort, qui a raison ? Les prochains mois nous le diront. En attendant, l’existence de divergences entre la banque centrale américaine et les marchés vient indirectement nourrir un potentiel haussier relativement important pour le dollar en cas de retournement soudain des positions. Des signes de résilience de l’économie américaine à la dynamique de ralentissement frappant l’économie mondiale et/ou un discours du gouverneur central moins frileux que prévu sur sa politique de taux offriraient un tremplin au dollar pour se renforcer face à ses pairs, et notamment face à l’euro. Si pour l’EUR/USD a fait preuve de résilience la semaine dernière et amorcer un petit rebond pour s’éloigner du plancher de $1,12, le cours reste toujours très fébrile et sous la menace de sortie par le bas de son couloir de 4 mois de $1,12-$1,16 en cas de poussée significative du dollar. À l’inverse, l’apparition de « nuages » inquiétants au-dessus de l’économie américaine et une conviction renforcée d’une possible inertie de la Fed sur ses taux viendraient donner un coup de pouce à une paire de change qui en a grand besoin. À cet égard, un « coup de chaud » temporaire à $1,14-$1,15 pourrait s’observer si l’alignement des planètes se veut entièrement défavorable au dollar.

GBP

GBP – Theresa May tente (à nouveau) de gagner du temps : Alors qu’elle avait promis de revenir devant le Parlement avant le 27 février et leur donner l’occasion de voter sur une version ajustée du texte de sortie signé à Bruxelles en novembre dernier, la première ministre britannique, faute d’avancées concrètes obtenues la semaine dernière dans les négociations, a finalement annoncé dimanche qu’elle ne déposera pas de nouveau projet de loi cette semaine et inscrit le 12 mars dans le calendrier des parlementaires britanniques. Theresa May tente ici de gagner du temps pour débloquer la situation et trouver un point de convergence sur le dossier de la frontière irlandaise, principal point de crispation entre partisans et opposants du Brexit. Bien que l’on rentre dans la dernière ligne droite et qu’une situation d’urgence prend chaque jour un peu plus d’ampleur à mesure que l’on se rapproche de l’échéance du 29 mars, la cheffe du gouvernement maintient sa ligne de conduite et refuse pour le moment d’évoquer l’idée d’un possible report de la date de sortie, scénario pourtant très largement anticipé par les marchés et qui a reçu ce weekend le soutien de trois membres du gouvernement actuel. May tentera une nouvelle opération séduction auprès des dirigeants européens qu’elle cotoiera ce lundi à l’occasion du Sommet entre l’Union Européenne et la Ligue Arabe qui se déroule actuellement en Egypte.

Orientation & Volatilité : Dernier coup de « bluff » de Theresa May pour tenter de faire plier ses homologues européens ou véritable volonté de cette dernière à mener sa stratégie jusqu’au bout quitte à risquer une sortie fracassante sans accord ? Pour le moment, les marchés restent confiants et ne veulent pas croire possible un scénario catastrophe qui mènerait à une rupture brutale entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne à la fin du mois de mars. Plusieurs éléments suggèrent que Theresa May est de plus en plus isolée dans ses choix de conserver coûte que coûte sa ligne de conduite au risque de faire planer un halo d’incertitude au-dessus du pays et de gripper la confiance des acteurs économiques. Si les investisseurs ne veulent pas céder à la panique et conserve leur sang-froid, ils ne disposent pas pour autant de nouveaux éléments en main pour justifier la prise de nouvelles positions acheteuses en livre sterling. Le cours EUR/GBP reste donc pour le moment immobile, sous le seuil de £0,87, en position d’observation attendant de voir de quelle tournure vont prendre les négociations à l’approche de la date de sortie officielle du Royaume-Uni. Comme déjà évoqué dans le passé, la frustration pourrait gagner peu à peu les investisseurs si la situation n’évolue pas. Le seuil de £0,8840-50 fait office de plafond pour le moment sur la paire de change et refreine depuis plus d’un mois toute tentative de redressement. Au regard des faibles forces de traction sur l’euro, il faudrait réellement qu’un nouveau mouvement de panique s’empare des marchés britanniques pour voir le cours de change briser soudainement ce seuil de résistance.

CNY

CNY / JPY – Dernière ligne droite dans les négociations Chine/Etats-Unis & indices PMI chinois en février (jeudi & vendredi) :  C’est une semaine capitale qui s’annonce pour Pékin et Washington à l’approche de l’échéance du 1er mars, date de fin de la période de trêve de trois mois convenue en décembre dernier et en marge de laquelle les deux protagonistes s’étaient engagés à respecter un pacte de non-agression au niveau commercial. Les négociations se sont significativement accélérées depuis deux semaines où dirigeants américains et chinois se sont rencontrés tour à tour à Pékin puis à Washington la semaine dernière. Les échos entendus à ce jour, de par et d’autre, sont plutôt optimistes et alimentés ces derniers jours l’espoir qu’un accord est possible bien que plusieurs obstacles demeurent. Du côté américain, Donald Trump a loué les avancées réalisées ces dernières semaines et ouvert la porte à un possible prolongement des négociations pour s’assurer que les deux partis s’accordent sur un nouveau partenariat économique global. Néanmoins, tant que rien n’est rendu officiel, un risque de retour des tensions entre les deux principales économies mondiales pourrait prendre peu à peu de l’ampleur au fil de la semaine. Outre les négociations, la santé globale de l’économie chinoise devrait également très largement agiter les débats des acteurs de marché cette semaine alors que seront publiés ce jeudi et vendredi les enquêtes d’activité PMI du mois de février. Les tensions commerciales avec les Etats-Unis ont été ciblés comme l’un des principaux facteurs explicatifs du ralentissement en 2018 de la croissance chinoise à son plus bas niveau depuis 28 ans. Depuis, Pékin a eu recours à d’importantes injections de liquidités sur les marchés pour soutenir l’activité de crédit et apaiser ses relations tendues avec son partenaire américain. Cela a-t-il suffisant pour donner un nouvel élan à l’économie chinoise ? Le consensus est plutôt pessimiste et estime que le secteur manufacturier connaîtra une nouvelle contraction en février.

Orientation & Volatilité : Nourri par les espoirs d’accord commercial entre Pékin et Washington, le yuan chinois a atteint ce lundi matin un pic de 8 mois face à l’euro à moins de ¥7,60 et étend ses gains à plus de 6% depuis son point bas touché en octobre dernier. La devise chinoise pourrait voir les pressions haussières s’intensifier vivement si cet espoir se matérialise et s’accompagne de signaux rassurants quant à un début de redressement de l’économie chinoise. Si tel est le cas, le cours EUR/CNH pourrait alors prendre graduellement la direction du plateau de ¥7,40, ou son plus bas niveau atteint en 2018. Le retour d’inquiétudes autour de l’économie chinoise, et surtout l’éventuel retour de tensions commerciales avec les Etats-Unis pourraient déclencher un sursaut de la paire de change et son retour au-dessus du seuil de ¥7,65. Malgré le regain d’optimisme des marchés, la paire EUR/JPY plafonne à ¥126 et ne parvient pas à briser ce plafond. Cela pourrait être chose faite si le risque de guerre commerciale mondiale était amené à disparaître intégralement sous l’effet de l’annonce d’une nouvelle entente entre Chine et Etats-Unis.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de vendredi : Prolongement de l’optimisme général sur le volet commercial / Le dollar canadien à un pic de 3 mois face à l’euro (C$ 1,49) / Fitch empêche un nouveau mal de tête à l’euro

La séance de vendredi dernier a été relativement calme et s’est inscrite dans la lignée des séances précédentes avec une volatilité imprégnée d’un optimisme renforcé sur le volet commercial mais néanmoins modeste au regard des facteurs de risque existants. Du côté de Washington, les négociations commerciales avec Pékin progressent bien mais à une semaine de la date d’échéance de la trêve de 3 mois convenue au dernier G20, les investisseurs ne veulent pas céder à l’euphorie tant que rien n’est officiellement acté. L’EUR/USD continue de voguer en ordre dispersé autour du seuil de $1,1350 et peine à prendre une direction. L’annonce en fin de journée de l’agence de notation Fitch de maintenir inchangée sa note de crédit sur l’Italie a été un signal réconfortant pour les marchés européens qui craignaient qu’une dégradation de la note du pays vienne affoler les investisseurs et déclenche d’importants mouvements baissiers sur l’euro. Malgré une tentative de redressement au-dessus de £0,87 sous l’effet d’un mouvement de frustration des acteurs de marché face à la stagnation des négociations sur le Brexit, le cours EUR/GBP a retracé en fin de journée pour venir clôturer la semaine sous cette barrière. Le regain d’appétit au risque des marchés vis-à-vis de la tournure positive que prennent les négociations entre les autorités américaines et chinoises a offert l’occasion au dollar australien d’effacer une partie des pertes accumulées jeudi et donc à l’EUR/AUD de s’écarter du plafond de A$1,60. Le cours EUR/JPY reste orienté à la hausse mais ne parvient pas à passer le cap des ¥126. Le moment marquant de la journée de vendredi fut le rebond important du dollar canadien qui a engrangé plus de 0,7% face à l’euro après la publication de ventes au détail moins mauvaises que prévu (-0,1% M/M Vs cons. -0,3%) et l’atteinte d’un nouveau pic de 3 mois par les prix du pétrole brut de mer du Nord à presque $68. Le cours a chuté à cette occasion à un creux de plus de 3 mois à moins de C$ 1,49.


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