Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

févr. 18, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 18 février 2019 – Sommaire : 

  • Séance de lundi calme en l’absence de données économiques marquantes en Asie. Sentiment global plutôt optimiste nourri par les échos positifs entendus ce weekend à Washington concernant l’avancée des négociations sino-américaines.
  • L’EUR/USD consolide sa position au-dessus de $1,13. Semaine à suivre sous l’influence des banques centrales avec la publication des Minutes de la BCE et de la Fed, ainsi que la programmation de plusieurs responsables monétaires américains et européens.
  • L’EUR/GBP poursuit la correction amorcée vendredi et s’éloigne du plafond de £0,88 alors qu’on attend cette semaine une nouvelle visite de Theresa May à Bruxelles avec l’espoir de son côté de faire plier les européens sur la question du « backstop » irlandais.
  • L’optimisme des marchés autour des négociations sino-américaines profite à l’EUR/JPY qui retouche ce matin le seuil de ¥125. La paire EUR/AUD reste à l’inverse très stable et bute sur la barrière de A$ 1,58.
  • Le pétrole reste orienté à la hausse et touche de nouveaux pics annuels ce matin à plus de $66. Le dollar canadien et le rouble russe ne réagissent pas ce matin :  1) l’EUR/CAD se maintient entre C$ 1,49 et C$ 1,50 et 2) l’EUR/RUB tente de revenir à hauteur de RUB 75,0.

Les moments clés de séance :    

  • Marchés américain (jour du Président) et canadien (jour de la Famille) fermés ce lundi.

USD

EUR & USD – Les banquiers centraux sur le devant de la scène (Minutes & discours) :   Le début d’année a été marqué, aussi bien du côté américain qu’européen, par une inflexion de la communication des banquiers centraux qui face à la montée des risques externes - tensions commerciales, ralentissement de l’économie mondiale, instabilités politiques - se montrent désormais plus prudents en matière de politique de taux. Cette approche n’a pas laissé les investisseurs insensibles et eu d’importantes répercussions sur les marchés financiers, les investisseurs revoyant leurs anticipations à la baisse et prévoyant aucune hausse de taux cette année aux Etats-Unis (scénario de pause monétaire) et en Europe (scénario de report du projet de remontée des taux). Si la conclusion est identique, le contexte économique dans les deux régions ne l’est pas du tout. Malgré de vives craintes d’une fin à venir d’un cycle d’expansion de près de 10 ans, l’économie américaine reste toujours très robuste et affiche pour le moment une santé de fer. Tout l’inverse de la Zone Euro qui, sous l’influence notable des difficultés rencontrées actuellement par l’Allemagne et l’Italie, enregistre depuis la seconde partie de l’année 2018 un net ralentissement de son activité. Un ralentissement tellement marqué qu’il commence à éveiller sérieusement les craintes des membres de la Banque Centrale Européenne (BCE) et que l’on voit poindre sur les marchés de premières spéculations autour de possibles nouvelles mesures accommodantes à venir de sa part pour relancer la croissance dans la région. La publication cette semaine aux Etats-Unis et en Europe des comptes rendu détaillés de la première réunion monétaire de l’année (Minutes) – mercredi soir pour la Fed et jeudi en milieu de journée pour la BCE – sera l’occasion de voir si en effet du côté américain il existe un consensus parmi les banquiers centraux sur la nécessité de procéder à une politique de resserrement monétaire moins agressive que prévu en 2019, et si du côté européen une action de la banque centrale est envisagée si d’aventure les conditions économiques étaient amenées à se détériorer davantage. Les interventions en parallèle cette semaine de plusieurs hauts responsables des deux organisations monétaires – dont Mario Draghi et Peter Praet (chef économiste) pour la BCE et Richard Clarida (vice-président) pour la Fed – seront également des moments incontournables à suivre cette semaine car potentiellement pourvoyeuses d’informations clés avant les réunions monétaires de mars.

Orientation & Volatilité  : Le cours EUR/USD a chuté à plusieurs reprises la semaine dernière sous son support de $1,13, approchant à cette occasion de son niveau le plus bas atteint l’année dernière ($1,1213 en 2018) alors que les marchés commencent à intégrer l’hypothèse de possibles mesures de soutien de la part de la banque centrale européenne pour venir contrer l’important ralentissement de l’activité en Europe. Si Benoit Coeuré, membre du comité exécutif de la banque, a ouvert la porte vendredi au recours à un nouveau programme de prêts à long terme aux banques (TLTRO) de son côté l’agence de notation Fitch avance l’hypothèse de la réouverture du programme de rachat d’actifs après l’avoir stoppé en décembre dernier. Si les marchés considèrent que la BCE pourrait intervenir dès mars, le cours EUR/USD pourrait connaître de nouveaux remous et il ne serait pas surprenant de le voir décrocher sous le niveau de $1,12 pour la 1ière fois depuis le mois de juin 2017. Néanmoins, en cas d’observation de signaux d’un non-empressement de la banque centrale américaine à vouloir relever à nouveau ses taux d’intérêt dans un futur proche, cela viendrait alors consolider le scénario central partagé actuellement par une majorité d’acteurs de marché d’une possible pause monétaire cette année et ainsi permettre à la paire EUR/USD de garder la tête « hors de l’eau » et de l’installer un peu plus dans son couloir de plus de 4 mois de $1,12-$1,16.

GBP

GBP – Theresa May retourne à Bruxelles pour obtenir des concessions des européens sur le Brexit : Faute de résultats lors de sa dernière visite la semaine dernière à Bruxelles, Theresa May a réclamé aux députés de lui accorder un peu de temps pour tenter de convaincre les dirigeants européens d’ajuster leurs positions et de réévaluer les termes de l’accord signé en novembre dernier, notamment en ce qui concerna l’option du « filet de sécurité » qui vise à intégrer de manière illimitée l’Irlande du Nord au sein de l’union douanière européenne et du marché commun si les deux camps ne parviennent pas à trouver un accord commun qui éviterait la réintégration d’une frontière physique avec le voisin européen de la République d’Irlande. Du côté européen, on refuse la réouverture des négociations et l’idée d’un retour en arrière sur un accord conclu après 17 mois de longues et âpres discussions. Surtout si Londres n’offre rien en retour ont souligné certains dirigeants européens. Alors que la première ministre britannique a promis un nouveau vote au Parlement sur le texte de sortie le 27 février prochain, elle reviendra cette semaine dans la capitale belge avec toujours l’espoir d’obtenir de faire capituler les négociateurs européens et pouvoir présenter la semaine prochaine un nouveau projet d’accord de sortie qui puisse être approuvé par le Parlement. Sans quoi, la perspective d’un scénario « catastrophe » de rupture désordonnée sans accord reviendrait en plein jour et prendrait, à l’approche de la date butoir du 29 mars, de plus en plus d’ampleur.

Orientation & Volatilité :La confiance des marchés à l’égard d’une possible issue favorable sur le dossier du Brexit s’est un peu craquelée la semaine dernière après le nouveau camouflet subi par Theresa May et le rejet au Parlement de la motion décrivant la stratégie de sortie du gouvernement en matière de négociation de sortie. Sans réelle conséquence politique, ce vote illustre néanmoins au combien l’hémicycle britannique est divisé, surtout lorsqu’il est question de soutenir la politique de sortie menée par la première ministre britannique. Si l’EUR/GBP a connu un bref « coup de chaud » et un pic de plus de trois semaines à £0,8841, cette défiance reste pour le moment encore modeste mais elle ne saurait s’amplifier si au fil du temps qui passe aucun résultat concret ne s’observe. Coincée globalement depuis un mois dans le couloir de £0,8650-£0,8850, le cours EUR/GBP apparaît pour le moment en position d’attente et profite des contre-performances de l’euro pour contenir toute tentative de redressement significatif. Un statu quo sur le Brexit avant le vote de la semaine prochaine pourrait laisser la paire de change voguer dans ce couloir.

CNY

CNY & AUD Vs JPY & USD – Les négociations entre la Chine et les Etats-Unis se poursuivent à Washington : Après la visite la semaine dernière d’une délégation américaine à Pékin, les négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis se poursuivent cette semaine à Washington avec toujours l’espoir que les deux pays parviennent à trouver un accord, ou du moins un principe d’accord, avant la fin de la trêve de 3 mois le 1er mars prochain. Si Donald Trump s’est montré optimisme sur l’avancée des discussions, certains responsables américains pointent du doigt le maintien d’importants obstacles – transfert de technologie, protection de la propriété intellectuelle, subventions étatiques chinoises – qui nécessitent des réformes structurelles de la part de Pékin et non de simples promesses. Compte tenu du peu de temps qu’il reste, l’hypothèse d’un prolongement des discussions semble être discutée du côté de la Maison Blanche a reporté l’agence d’information Bloomberg, néanmoins pour se faire il semble nécessaire que Washington reçoive en contrepartie des gages d’assurance de la volonté de Pékin à procéder à des mesures concrètes pour répondre aux exigences soulevées. Sans quoi, de nouvelles dissensions pourraient s’observer et un point de non-retour atteint.

Orientation & Volatilité  : Les investisseurs continuent de suivre très attentivement l’évolution des rapports entre la Chine et les Etats-Unis avec l’idée qu’un accord et une normalisation des rapports entre les deux géants économiques viendraient chasser les craintes liées aux risques de guerre commerciale mondiale et stimuler la confiance des acteurs économiques. À l’inverse, l’observation de nouvelles tensions viendrait faire planer la menace d’un rehaussement des taxes douanières américaines sur les produits chinois et donc intensifier davantage les inquiétudes autour de l’économie mondiale, sachant qu’une Chine déjà mal en point vivrait mal l’apparition de nouvelles pressions négatives sur son économie. Une nouvelle fois, l’évolution du ratio appétit/aversion au risque chez les investisseurs aura un impact important sur les marchés des changes, et notamment sur la devise chinoise, les devises cycliques (ie. liés au cycle économique mondial) comme le dollar australien, et les devises dites « refuges » comme le dollar américain et le yen japonais. Si la montée d’un sentiment d’optimisme sur les marchés à l’égard d’un futur accord commercial sino-américain ferait le bonheur du yuan et du dollar australien, à l’inverse un vent d’incertitude sur les marchés pousserait les investisseurs à se tourner vers la devise américaine et/ou japonaise.


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