Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

févr. 04, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 4 février 2019 – Sommaire :

  • Marchés relativement calmes sur ce début de semaine marqué par l’absence des investisseurs chinois qui célèbreront toute la semaine la nouvelle année calendaire. On observe une certaine continuité des tendances déjà observées sur la fin de semaine dernière.
  • EUR/USD toujours bloqué à la porte des $1,15 faute de certitudes sur l’économie européenne et des signaux rassurants envoyés vendredi dernier par le marché de l’emploi américain.
  • La paire EUR/GBP oscille dans un couloir étroit de £0,87-£0,88 et profite de la confiance maintenue des acteurs de marché sur l’issue du Brexit malgré un flou qui demeure persistant (anticipations de report de la date de sortie).
  • Le cours EUR/JPY poursuit sur sa lancée et fluctue ce matin à un pic d’un mois à plus de ¥125.
  • Le cours EUR/CNH reste lui-aussi orienté à la hausse et repasse ce matin au-dessus du seuil de ¥7,75 (pic de 3 semaines).
  • Le pétrole reste globalement stable mais toujours orienté à la hausse – Brent à presque $63 – compte tenu des turbulences actuelles autour de la présidence vénézuélienne. Aussi le cours EUR/RUB se maintient à RUB 75,0 tandis que l’EUR/CAD continue de glisser doucement et est valorisé ce matin à moins de C$ 1,50 (plus bas niveau depuis 2 mois).

L’agenda de la semaine : Discours sur l’état de l’Union de Donald Trump / Statistiques industrielles en Allemagne & retour du spectre « italien » / Décisions monétaires en Australie & Royaume-Uni / Marchés chinois fermés pendant une semaine (nouvel an)

USD

  • USD - Discours sur l’état de l’Union aux Etats-Unis (Mardi) : Initialement programmé fin janvier et reporté pour cause de fermeture partielle des administrations américaines, le discours sur l’état de l’Union, tradition annuelle dans lequel le président énonce les grandes orientations de sa politique pour l’année en cours, sera prononcé mardi par Donald Trump devant les membres de la Chambre des représentants.
    Orientation & Volatilité
     : Parmi les différents thèmes sur lesquels le président choisira d’appuyer son allocution, les marchés des changes seront particulièrement sensibles aux propos relatifs à la politique commerciale des Etats Unis alors qu’un récent rapprochement s’entrevoit avec la Chine, au risque de nouvelle paralysie budgétaire (menace de nouveau « shutdown » si absence d’accord d’ici le 15 février) au regard du conflit non résolu sur la question du financement d’un mur à la frontière mexicaine ou encore aux éventuelles mesures budgétaires et fiscales censées stimuler l’investissement des entreprises américaines. Le dollar pourrait ainsi connaître de nouvelles turbulences si les investisseurs voient dans le discours de Donald Trump des signes avant-coureur d’obstacles potentiels pour l’économie américaine (protectionnisme commercial, nouvelle paralysie budgétaire, freins à l’investissement,…).

EUR

  • EUR - Prise de pouls de l’économie allemande (Mercredi Vendredi) : Coup sur coup cette semaine, l’Allemagne publiera plusieurs indicateurs économiques clés relatifs à ses activités industrielles (commandes d’usine mercredi et production industrielle jeudi) et commerciales (statistiques d’exportation et d’importation vendredi) à travers lesquels l’on tentera de jauger de l’ampleur de la décélération observée au sein de la première économie européenne sur la fin d’année dernière. Au regard des chiffres très contrastés publiés ces dernières semaines en Zone Euro, de nouveaux résultats décevants pourraient venir renforcer le les inquiétudes des acteurs financiers à l’égard des perspectives économiques dans la région.

    Orientation & Volatilité
     : Une nouvelle fois, malgré une possible aide du dollar (faiblesse), l’EUR/USD pourrait encore éprouver des difficultés à durablement franchir le cap des $1,15 si des incertitudes toujours très importantes demeurent autour des perspectives économiques au sein de l’Union Européenne. Attention au retour dans la lumière du « spectre italien » qui a tant agité les marchés européens sur la fin d’année dernière. Après l’annonce la semaine d’une nouvelle récession technique du pays au T4 2018 (second trimestre consécutif de croissance négative), le gouverneur de la banque centrale italienne a mis en garde contre le risque de réajustement à la baisse des projections de croissance pour l’année en cours et donc de possible dérapage budgétaire de la troisième économie de la Zone Euro. L’accord tacite conclu entre Rome et Bruxelles sur un objectif de déficit d’un peu plus de 2% du PIB en 2019 ne pourrait pas tenir si la projection de croissance de 1% défini par le gouvernement italien n’est pas tenu. De nouvelles pressions haussières pourraient alors s’observer sur les taux d’intérêt italien si les agences de notation pointent à nouveau le bout de leur nez et font peser la menace d’une dégradation de la note de crédit de l’Italie… ce qui aurait bien entendu des répercussions néfastes pour l’euro (risque de retournement de la paire EUR/USD vers $1,13).

AUD

  • AUD & GBP - Premières réunions monétaires de l’année en Australie et Royaume-Uni (Mardi & Jeudi) : Cette semaine sera l’occasion pour les banquiers centraux australiens et britanniques de faire leur rentrée officielle et de se réunir pour la première fois de l’année pour discuter de l’orientation monétaire à mener. Au regard des incertitudes importantes qui pèsent sur l’économie mondiale dont on craint un net ralentissement en 2019, la réserve bancaire australienne (RBA) devrait continuer de jouer la carte de la prudence et conserver les taux d’intérêt inchangés (actuellement à 1,5%). Cependant, bien que les investisseurs parient depuis décembre dernier sur une baisse de taux en Australie à horizon 12 mois (probabilité mesurée à environ 70% sur les marchés monétaires), le gouverneur central australien Philip Lowe devrait probablement s’appuyer sur un marché de l’emploi solide et une dynamique de croissance toujours robuste (2,8% A/A mesurée au T3 2018) pour repousser pour le moment cette éventualité.

    Orientation & Volatilité : Très sensibles aux signaux envoyés par l’économie chinoise, les acheteurs de dollar australien devraient profiter de l’absence pendant une semaine des acteurs de marché chinois à l’occasion de la célébration de la nouvelle année lunaire 2019 (année du cochon de terre). À cette occasion, ces derniers devraient davantage se focaliser sur les fondamentaux domestiques (chiffres de ventes au détail & statistiques commerciales également publiés mardi matin) et la ligne directrice monétaire dévoilée par la RBA. La paire EUR/AUD pourrait alors à nouveau tenter de casser le support de A$ 1,58 si l’économie australienne démontre des signes rassurants de résilience à la dynamique de décélération de l’économie mondiale observée sur la fin d’année dernière et/ou les banquiers centraux australiens continuent d’écarter l’hypothèse d’une éventuelle réduction de taux comme mesure de stimuli économique. Le dégonflement des tensions commerciales sino-américaines et l’absence de publication de données économiques en Chine sont deux éléments favorables à une revalorisation du dollar australien (consolidation dans le couloir A$1,54-1,58), mais attention au risque de décrochage (retour en direction de A$1,60) en cas d’ajustement du discours de la part de la banque centrale australienne ouvrant la porte à de futures mesures accommodantes si les conditions macroéconomiques globales et domestiques le nécessitent.

    Même son de cloche fort probable à suivre ce jeudi (décision publiée à 13h00) du côté de la Banque d’Angleterre (BOE) et statu quo sur les taux directeurs britanniques (actuellement à 0 ,75%) très largement anticipé par les économistes.  Au regard du haut niveau d’incertitude qui entoure l’issue finale du Brexit, il ne fait nul doute que la banque ne devrait pas se hasarder à sortir de sa réserve et envoyer des signaux qui pourraient être mal interprétés par les marchés. Il y a donc fort à parier que la banque centrale continue de communiquer sur une surveillance de sa part très attentive de l’avancée des négociations et répéter se tenir prêt à soutenir l’économie en cas de soudain dérapage. La publication des nouvelles projections économiques sera néanmoins l’occasion d’évaluer les potentiels dommages sur l’économie britannique, selon la banque centrale, que cause cette incertitude générale autour du futur du Royaume-Uni.

    Orientation & Volatilité : Comme lors de ses précédentes sorties l’année dernière, il est fort possible que cette nouvelle réunion monétaire de la Banque d’Angleterre soit considérée par les investisseurs comme un « non-évènement », ces derniers préférant pour le moment se concentrer sur l’actualité relative au Brexit et les ressorts que comptent utiliser Theresa May pour convaincre les dirigeants européens de réouvrir les négociations sur l’accord de sortie rejeté en bloc par les députés britanniques le mois dernier. Si du côté de Londres, on juge « irresponsable » (cf. ministre au commerce Liam Fox) une éventuelle inflexibilité prolongée de la part de Bruxelles sur le dossier irlandais, les marchés semblent également convaincus – sans pour autant avoir en main de véritables faits tangibles sur lesquels s’appuyer – qu’une issue positive sera trouvée pour éviter une rupture brutale sans accord et qu’un report de la date de sortie est à cet égard fort probable. C’est la raison pour laquelle le cours EUR/GBP peine à se redresser significativement et reste toujours à proximité de son support de £0,87. La paire n’est néanmoins pas à l’abri d’enregistrer une nouvelle accélération en cas de revirement soudain d’avis des marchés face à une montée des incertitudes sur le Brexit.

    Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de vendredi : L’EUR/USD résiste bien malgré de solides créations d’emploi aux Etats-Unis / Large repli du yuan face à de nouveaux signes inquiétants envoyés par l’économie chinoise

    Malgré de très bons chiffres de l’emploi aux Etats-Unis, très largement au-dessus des attentes (+304k Vs cons. 165k), les marchés n’ont guère ajusté leurs paris de pause monétaire de la part de la réserve fédérale américaine en 2019. Une croissance bien plus modeste des salaires en janvier (+0,1% M/M Vs cons. +0,3%) ou encore la légère remontée inattendue du taux de chômage de 3,9% à 4,0% ont offert une nouvelle caisse de résonnance aux propos prudents tenus par le gouverneur central Jerome Powell mercredi soir lors de sa conférence de presse réalisée en marge de la première réunion monétaire de l’année de la banque centrale américaine. Un peu plus tôt en Europe, au lendemain de l’annonce d’une nouvelle récession en Italie, les investisseurs avaient eu la bonne surprise d’observer une légère accélération de l’indice d’inflation sous-jacente (hors prix de l’énergie & produits alimentaires) en Zone Euro au mois de janvier de 1,0% à 1,1%, ou son plus haut niveau sur les trois derniers mois. Un rayon de soleil dans un contexte hautement contrasté. Après sa légère correction subie jeudi, le taux EUR/USD a tenu bon et réussi à se stabiliser autour du niveau de $1,1450. Surfant sur les échos positifs tenus jeudi soir par le président américain à la sortie de deux jours d’entretiens de haut rang entre les représentants au Commerce de la Maison Blanche et une délégation chinoise menée par le vice-premier ministre Liu He, le cours EUR/JPY a bondi et atteint un pic d’un mois à plus de ¥125 (point haut recensé à ¥125,73). Signalant d’important progrès sans néanmoins dévoiler plus de détails sur la teneur des discussions, Donald Trump a déclaré qu’il avait l’intention de rencontrer bientôt son homologue chinois Xi Jinping pour tenter de conclure « un accord commercial global ». Le yuan n’a pas réellement profité de cet élan d’optimisme sur le dossier commercial mais à l’inverse souffert d’une nouvelle pointe d’inquiétude des marchés autour de l’économie chinoise après la parution vendredi matin d’une enquête d’activité privée (Caixin) révélant une contraction plus importante que prévu dans le secteur manufacturier au mois de janvier (48,3 Vs cons. 49,5). Le yuan a abandonné près de -0,8% face à l’euro vendredi et le cours EUR/CNH a clôturé la semaine à un pic de 14 séances aux abords du seuil de ¥7,75. Le cours EUR/GBP a loupé sa tentative de retour au-dessus du seuil de £0,88 et est resté finalement assez stable vendredi, les investisseurs restant toujours relativement confiants sur le fait qu’une sortie sans accord peut être évitée malgré l’inflexibilité jusqu’alors démontrée par l’Union Européenne à vouloir renégocier les termes de la clause de sauvegarde (filet de sécurité ou « backstop ») censée éviter la réintroduction d’une frontière physique en Irlande.


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