Actualités du marché des devises

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janv. 28, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 28 janvier 2019 – Sommaire :

  • Le calme avant la tempête ? Volatilité réduite avant une semaine riche en évènements sur les marchés des changes : Réunion de la Fed, vote sur le Brexit, négociations Chine/US, PIB en Zone Euro & Emploi aux Etats-Unis.
  • Léger repli de l’EUR/USD sous $1,14 après son impressionnant redressement enregistré vendredi dernier (+0,95%). Discours de M. Draghi au Parlement européen à suivre cette après-midi (15h00).
  • Modeste rebond de la paire EUR/GBP à plus de £0,8650 avant le vote d’une série d’amendements au texte sur le Brexit programmé au Parlement britannique mardi.
  • La paire EUR/JPY reste coincée sous son plafond de ¥125 tandis que la paire EUR/CNH reste pour le moment arrimé au-dessus de son support de ¥7,70 en amont des négociations commerciales attendues cette semaine à Washington entre responsables américains et chinois.
  • Devises « cycliques » stables. La paire EUR/CAD oscille sous le niveau de C$1,51 et la paire EUR/AUD sous A$1,59

L’agenda de la semaine : Second vote au Parlement britannique du texte du Brexit… Négociations Chine Vs Etats-Unis… Réunion de la Fed & Chiffres de l’emploi américain… 1ières estimations de PIB au T4 2018 en Zone Euro

GBP

Second vote au Parlement britannique du texte sur le Brexit (Mardi) : Deux semaines après le rejet massif par les députés britanniques (432 voix contre Vs 202 pour) de l'accord de sortie signé en novembre entre l'Union Européenne et la première ministre Theresa May, une série d'amendements du texte sera étudiée et votée mardi soir (heure non encore déterminée) à la Chambre des communes. Le camp travailliste a déjà fait savoir qu'il soutiendrait un amendement destiné à redonner au Parlement la main sur le Brexit en cas d'échec des négociations afin de trouver une porte de sortie et éviter un divorce sans accord. Dans ce cas, les députés pourraient négocier à Bruxelles un report de la sortie initialement programmée le 29 mars à minuit afin de se laisser un peu de temps pour ratifier un accord de retrait. Une telle éventualité a d'ailleurs été évoquée vendredi par un membre du gouvernement britannique (A. Leadsom) et appuyée encore davantage la dynamique de revalorisation de la livre sterling vendredi (point haut depuis mai 2017 touché face à l’euro à £0,8615). La question de la frontière irlandaise demeure, elle, toujours non résolue et agite plus que jamais les débats outre-Manche. Si Theresa May s'est engagée à réclamer à obtenir de Bruxelles le retrait ou une limitation dans le temps du " filet de sécurité " qui déplait tant aux unionistes irlandais (Irlande du Nord) et partisans du Brexit, les deux partis restent pour le moment campés sur leurs positions et aucune solution évitant la réintroduction d'une frontière physique entre la partie européenne et la partie britannique de l'Irlande n'a encore été trouvée.

Orientation & Volatilité : Alors que les marchés veulent croire que face à l’urgence de la situation, il est impossible que les députés restent les bras croisés et assument, quel que soit leur origine politique, la responsabilité d’un retrait sans accord qui serait hautement préjudiciable à l’économie britannique, la cacophonie qui émane de la classe politique britannique sur la question du Brexit et les divergences toujours importantes qui existent avec les dirigeants européens invitent néanmoins à la prudence. Le risque de divorce « désordonné » et/ou « dur » n’a pas complètement disparu et sa réapparition pourrait venir renvoyer la livre sterling sur le reculoir et effacer une partie de ces récents gains (4% accumulés depuis deux semaines) face à l’euro. Au regard du récent rallye de la livre sterling, son potentiel haussier apparaît relativement limité, néanmoins un glissement sous le seuil de £0,86 n’est pas à exclure si d’aventure les marchés ont l’assurance que le pire pourrait être évité.

CNH

Négociations commerciales Chine Vs Etats-Unis (Mercredi & Jeudi) : Engagés dans une tentative de réconciliation qui pourrait conduire à un nouvel accord commercial, la Chine et les Etats Unis jouent leur va-tout cette semaine alors que se profile à grand pas la date du 1er mars qui viendra sonner la fin de la trêve décidé trois mois plus tôt au Sommet du G20 de Buenos Aires. Une délégation chinoise avec à sa tête le vice-premier ministre Liu He se rendra à Washington mercredi et jeudi (30-31 janvier) afin de discuter des conditions et prérequis conditionnant la fin du conflit commercial qui oppose actuellement les deux pays. Si du côté américain on se veut confiant sur l’avancée des négociations, celui-ci ne ferme néanmoins pas la porte à de nouvelles sanctions si l’effort réalisé par Pékin pour réduire le déséquilibre commercial entre les deux pays est jugé insuffisant (déficit commercial américain vis-à-vis de la Chine sur les échanges de biens et marchandises évalué à $375Mds en 2017). Le yen japonais et le yuan chinois seront tous deux très sensibles à l’orientation des débats cette semaine avec dans les cas des trajectoires divergentes selon les conclusions qui en émanent : 1) Rebond du yen et repli du yuan en cas de nouvelles tensions entre les deux protagonistes, la première devise étant recherchée pour son statut de valeur refuge tandis que la seconde serait vendue au regard des nouvelles craintes face à un possible ralentissement plus marqué de l’économie chinoise ou 2) Repli du yen et rebond du yuan en cas de hausse d’optimisme qu’un accord commerciale peut être conclu d’ici le début du mois de mars.

 Orientation & Volatilité : Depuis deux semaines, on se situe plutôt dans la seconde configuration avec un yuan chinois qui se renforce et un yen qui s’affaiblit même si pour ce dernier les pressions baissières restent relativement modestes compte tenu de la faiblesse en parallèle de l’euro. La paire EUR/CNH se casse les dents pour le moment sur la barrière de ¥7,70 mais pourrait être amenée à la casser véritablement en cas de bons échos en provenance de Washington. Un tel scénario pourrait en parallèle donner l’occasion à la paire EUR/JPY de franchir (enfin) le plafond de verre des ¥125 sous lequel elle demeure coincée depuis trois semaines. Dans le cas inverse, l’apparition de tensions commerciales produiraient une volatilité diamétralement opposée, avec un cours EUR/JPY reprenant la direction du palier de ¥123 et un EUR/CNH retournant au-dessus du palier de ¥7,75.

USD

Réunion de la Fed & Emploi américain (Mercredi & Vendredi) : Une semaine après son homologue européenne, c’est au tour de la banque centrale américaine d’effectuer ce mardi et mercredi (communiqué officiel publié le 30 janvier à 20h00) sa première réunion monétaire officielle de l’année 2019. Selon toute vraisemblance, la réserve fédérale (Fed) devrait maintenir ses taux d’intérêt inchangés dans une fourchette de fluctuation de 2,25%-2,50% et rester probablement très évasive sur la date de son prochain resserrement monétaire (biais baissier sur le dollar). Affichant en décembre dernier un regard prudent sur les possibles dommages collatéraux sur l’économie américaine que pourraient provoquer le retour de la volatilité sur les marchés financiers mondiaux, il fort probable que la Fed conserve ce biais accommodant en janvier. Cela est d’autant plus vrai que la banque dispose actuellement de moins de données statistiques que d’ordinaire pour évaluer la conjoncture économique du pays à cause des perturbations du « shutdown » (la fermeture de certaines agences fédérales a entrainé un décalage dans la publication des statistiques économiques). Grand changement cependant à noter par rapport aux années précédentes : le gouverneur américain Jerome Powell effectuera désormais une conférence de presse après chaque réunion (mercredi 30 janvier à 20h30), et non plus seulement uniquement à l’occasion de la sortie des nouvelles projections macroéconomiques de la banque. Après la réunion de la Fed, comme chaque premier vendredi du mois, les regards des investisseurs seront focalisés sur les nouveaux chiffres de l’emploi américain, lesquels restent un indicateur incontournable à travers lequel on évalue la vigueur de l’économie américaine.

Orientation & Volatilité : Près de 70% des acteurs financiers évaluent que la Fed pourrait procéder à une pause sur ces taux cette année si l’on en croit les positions sur les marchés monétaires. Si Powell était à amener à contredire ce scénario dès lors cela pourrait offrir l’occasion aux investisseurs de reprendre des positions en dollar et ainsi déclencher un nouveau rallye de le devise américaine. Après avoir résisté aux pressions baissières qui tentaient de l’entrainer sous la barrière de $1,13, le cours EUR/USD pourrait être à nouveau à tester cette barrière en cas de renforcement du dollar.

EUR

Conjoncture économique en Europe & risque de récession en Italie (Jeudi) : C’est une journée riche en chiffre économique qui attend l’Europe ce jeudi 31 février. Outre les statistiques d’emploi et de ventes au détail en Allemagne, ce sont surtout les premières estimations de PIB au 4ième trimestre 2018 en Italie et Zone Euro qui seront attentivement observés. S’il ne surprendra personne que l’activité a fortement ralenti sur la seconde partie d’année dernière, ces statistiques permettront d’évaluer la magnitude de cette décélération et viendront certainement agrémenter les débats autour d’un probable report de la date de première hausse en Europe à l’année prochaine. Comme le trimestre précédent, les économistes tablent sur une progression très modeste de la croissance de la Zone Euro de +0,2% sur la période d’octobre à décembre et sur une décélération de la dynamique annuelle de 1,6% à 1,2%... ou la plus faible dynamique observée depuis 5 ans ! L’Italie sera également au centre de toutes les attentions car après avoir subi le « diktat des marchés » et une forte montée des taux d’intérêt au plus fort de la crise budgétaire qui l’opposait à l’Union Européenne, les économistes craignent un risque de récession au 4ième trimestre (deux trimestres consécutifs de croissance négative).

Orientation & Volatilité : Si ces indicateurs économiques viennent comme on le pense confirmer un ralentissement marqué et marquant de la conjoncture économique en Zone Euro et une récession inquiétante au sein de la 3ième économie de la Zone Euro dès lors cela viendrait, dans le meilleur des cas affaiblir les pressions haussières EUR/USD qu’auraient éventuellement déclenchées la réunion de la Fed et assurer un plafonnement de la paire de la change sous $1,16, et dans le pire des cas renvoyer le cours vers ses plus bas niveaux observés sur les quatre derniers mois à $1,12-$1,13.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de vendredi : Fin du « shutdown » aux Etats-Unis & rebond de l’EUR/USD… La livre sterling reste orientée à la hausse 

  • Après plus d’un mois de « shutdown » et face à la montée des polémiques et contestations sur les répercussions néfastes qu’entraine la fermeture partielle des plusieurs agences fédérales américaines (800 000 fonctionnaires au chômage technique, fermeture des parcs nationaux, dysfonctionnement du contrôle aérien et des services de sécurité nationale), Donald Trump a finalement cédé et accepté de signer un budget n’incorporant pas les fonds réclamés à la construction d’un mur à la frontière mexicaine. S’il a perdu une bataille décisive face au camp démocrate qui s’est montré inflexible sur le sujet, la « guerre » sur les questions de contrôle frontalier n’est peut-être pas terminée. Le nouveau budget voté assurera le financement des administrations américaines uniquement jusqu’au 15 février, lesquels pourraient être à nouveau contraintes de cesser leur activité si aucun compromis n’est trouvé d’ici cette date. Cette nouvelle n’a pas réellement perturbé le redressement de l’EUR/USD, lequel a entamé un rebond à $1,14 en début de séance américaine sur fond de prises de profit de fin de semaine et de focalisation des regards vers la réunion de la Fed de mercredi 30 janvier. 
  • Les unionistes du DUP, partenaire des conservateurs de T. May au parlement, ont laissé entendre qu’il voterait un amendement qui accorderait le soutien au plan de sortie si celui-ci inclut une limite de temps au « backstop ». Un point bas depuis mai 2017 fut touché par la paire EUR/GBP vendredi à £0,8615 avant que celle-ci retrace légèrement en fin de journée. 
  • Dans la matinée de vendredi, les nouveaux indicateurs de l’institut Ifo ont souligné un repli de la confiance des entreprises allemandes en janvier à un creux de presque 3 ans (35 mois) . Ce nouvel indicateur vient confirmer le coup de moins bien de la 1ière économie européenne après les révisions significatives opérées en cours de semaine par le FMI et le gouvernement allemand de leur projections de croissance pour 2019 (respectivement 1,3% et 1,0% Vs 1,9% et 1,8% auparavant). Il ne s’agit pas d’une réelle surprise pour les investisseurs qui ont déjà bien intégré l’idée d’une dégradation des perspectives économiques en Europe d’où le peu de réaction des marchés à la sortie de cette statistique. Celle-ci est néanmoins un élément de plus justifiant le peu d’engouement actuel pour la devise européenne.
  • La paire EUR/USD n’a pas été la seule à connaitre un important redressement vendredi puisque la paire EUR/CHF l’a également imité. Après un repli de -0,5% jeudi et un creux de une semaine touché à moins de ₣1,1260 après la réunion de la BCE durant laquelle Mario Draghi a reconnu l’existence de risques sur les perspectives de croissance en Zone Euro désormais orientée à la baisse, le cours de change a effacé l’intégralité de ses pertes vendredi et clôturé la semaine à plus de ₣1,13.


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