Actualités du marché des devises

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janv. 21, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 21 janvier 2019 – Sommaire :

  • Rebond modeste de l’EUR/USD après sa chute à un plus bas de deux semaines vendredi sous $1,14. Marchés US fermés ce lundi (jour de Martin Luther King)
  • La paire EUR/GBP conforte son retour au-dessus de £0,88 ce lundi en amont de la présentation du « plan B » sur le Brexit par Theresa May aux députés de la Chambre des Communes.
  • Le yuan cède du terrain face à l’euro et la paire EUR/CNH reprend la direction du seuil de ¥7,75 après la publication ce matin des chiffres de PIB au T4 2018 en Chine. Le pays a connu en 2018 sa plus faible croissance depuis presque 30 ans.
  • La paire EUR/CAD remonte ce matin à plus de C$ 1,51 alors que les prix du pétrole sont légèrement orientées à la baisse (Brent à $62,5) et que les chiffres décevants de croissance en Chine invitent les marchés à réfléchir à nouveau aux risques de ralentissement de l’économie mondiale.
  • L’ensemble des devises émergentes cèdent du terrain face à l’euro. Parmi les plus fortes variations visibles ce lundi matin, on observe : un repli du rouble russe (-0,4% à RUB 75,5) et du rand sud-africain (-0,5% à ZAR 15,8).

L’agenda de la semaine : Plus faible croissance en Chine en 2018 depuis presque 30 ans… Theresa May propose son « plan B » aux députés… Premières réunions monétaires de l’année au Japon et en Zone Euro

CNH

Une année 2018 à oublier pour la Chine (Lundi) : Comme attendu, la Chine a enregistré au 4ième trimestre 2018 sa plus mauvaise performance depuis presque 10 ans (6,4% en rythme annuel) et le 1er trimestre 2009, période où le monde était secoué par la crise financière des « subprimes ». Ce trimestre vient clore une année 2018 « cauchemardesque » au cours de laquelle le pays a enregistré une croissance de 6,6%, soit une progression légèrement en-dessous de celle de l’année dernière (6,7%) mais surtout à un rythme que l’on avait plus vu aussi bas depuis l’année 1990 !!! (croissance de 3,9% cette année). L’activité a à la fois souffert d’une baisse des investissements des entreprises en retour aux mesures de tentative de régulation de l’activité de crédit mises en place dans le pays au début de l’année et surtout aux tensions commerciales subies par Pékin en provenance des Etats Unis. Face à ce constat alarmant, les autorités chinoises ne pourraient pas avoir d’autres choix que de négocier avec Washington afin d’éviter à tout prix une guerre commerciale qui pourrait lui être fatale. Les relations entre les deux pays se sont particulièrement réchauffées depuis quelques semaines, au point que l’on recommence à parler d’un possible accord entre les deux pays d’ici le 1er mars et la fin de la trêve décidée lors du dernier Sommet du G20 début décembre. Une délégation chinoise se rendra à la fin du mois de janvier aux Etats-Unis afin d’accélérer les négociations. Entre-temps, si les marchés veulent croire en une possible réconciliation et retrouvent un certain appétit au risque, l’enthousiasme reste néanmoins mesuré tant que rien de concret n’est annoncé et signé. Le yuan est revenu en janvier sur ses plus hauts niveaux depuis plus de 6 mois face à l’euro, repassant à cette occasion sous le niveau de ¥7,75 sans toutefois réussir à percer la barrière de ¥7,70. Si la devise chinoise jouit en ce moment d’un regain d’optimisme global des investisseurs autour du volet commercial, son potentiel haussier restera fort probablement réduit tant qu’aucun accord avec la Maison Blanche ne sera pas rendu officiel et qu’aucune amélioration tangible ne sera visible au niveau des fondamentaux économiques.

GBP

Theresa May présente au Parlement son « plan B » (Lundi) : Après le rejet massif de l’accord de sortie formulé mardi 15 janvier dernier par les députés de la Chambre des Communes (432 voix contre Vs 202 en faveur du texte), la première ministre britannique doit présenter ce lundi la nouvelle stratégie qu’entend suivre le gouvernement et une version ajustée du texte qui avait été négocié à Bruxelles. Selon plusieurs médias, le projet de loi pourrait inclure un projet d’accord bilatéral avec l’Irlande censé éviter l’option de « filet de sécurité », qui est à la base des principales dissensions observées dans le camp des conservateurs, tout en évitant de réinstaurer une frontière physique entre la partie britannique et la partie européenne. Si dans un premier temps, Theresa May doit tenter de convaincre les membres du Parlement de soutenir ces propositions afin d’éviter la perspective désastreuse d’une possible sortie de l’Union Européenne sans accord en mars prochain, il faudra également convaincre en parallèle les européens de faire des concessions alors même que ces derniers ne semblent pas réellement disposés à revenir à la table des négociations. Beaucoup de spéculations entourent actuellement ce processus de sortie depuis le véto de la semaine dernière, dont notamment la perspective d’une suspension de l’article 50 du traité de Lisbonne en cas de second référendum ou de report de la date de sortie après mars. Pour le moment, ces deux options sont exclues par l’exécutif néanmoins il est difficile d’exclure ces scénarios au regard de la faiblesse et du manque de crédit dont souffre actuellement May auprès même de sa famille politique. Si la livre sterling a progressé de presque 3% face à l’euro la semaine dernière et est revenue sur ses plus hauts niveaux depuis 2 mois à moins de £0,88 sur fond de dissipation dans l’esprit des investisseurs du spectre d’une sortie désordonnée sans accord, la situation du pays reste toujours aussi flou et il est pour l’heure impossible de prédire avec exactitude la forme que prendra le Brexit… si tant est que celui-ci ait lieu. La devise britannique reste donc hautement volatile et toujours sous la menace de fortes variations, à la hausse comme à la baisse. Il est donc risqué de tirer la moindre conclusion à l’égard des récentes variations de la paire EUR/GBP qui est revenue vendredi dernier au-dessus du niveau de £0,88.

JPY

La Banque du Japon devrait rester prudente (Mercredi) : Selon toute vraisemblance, la Banque du Japon devrait maintenir ce mercredi ses taux d’intérêts et sa politique de contrôle de la courbe de rendements inchangés, la dégradation des conditions économiques au Japon au second semestre 2018 et la faiblesse récurrente des pressions inflationnistes ne l’incitant pas à procéder au moindre ajustement de sa politique très accommodante. Il sera intéressant d’observer les nouvelles projections macroéconomiques de la banque, lesquelles pourraient nous donner quelques indices sur son orientation cette année. De possibles débats sur la perte d’efficacité sur le long terme d’une politique massive de rachat d’actifs, dont on connait l’existence dans les rangs de la banque centrale, seront également à surveiller.

EUR

Première réunion monétaire de l’année pour la BCE (Jeudi) : Mario Draghi a tiré une première flèche la semaine dernière en faisant part de ses inquiétudes à l’égard d’une progression plus faible qu’attendu de l’activité en Zone Euro sur la fin d’année 2018. Cela augurera-t-il d’un changement de communication de la banque centrale européenne qui a jusqu’à présent, malgré la succession de multiples signaux alarmants de ralentissement de la croissance en Zone Euro, toujours maintenu un discours optimisme à l’égard des perspectives économiques de la région ? Alors même que les investisseurs ont déjà réévalué leurs projections et misent désormais sur une première hausse de taux en Europe pas avant 2020, un ajustement de communication de la part de la banque viendrait conforter ce scénario et donc offrir peu de raisons d’augmenter leurs positions en euro à court et moyen terme. Outre les divergences monétaires qui restent très largement défavorables à l’euro face à ses principaux pairs, notamment face au dollar américain, le maintien de nouveaux facteurs de risque d’ordre politique dans la région (Brexit, élections européennes) pèse sur l’attractivité de la devise européenne.  De retour sous le niveau de $1,14 vendredi dernier, l’EUR/USD pourrait se retrouver à nouveau sous pression et se tourner vers ses plus bas niveaux observés lors des trois derniers mois ($1,12-$1,13) si d’aventure la BCE livre un discours ou s’entremêlent les notions de patience et prudence.


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