Actualités du marché des devises

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janv. 14, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 14 janvier 2019 – Sommaire :

  • Les chiffres très décevants du commerce chinois réaniment la suspicion des marchés à l’égard de l’état de sante de l’économie mondiale. Pas de mouvement de panique mais une aversion au risque qui prédomine. Valeurs « refuges » privilégiées aux valeurs « cycliques ».
  • L’EUR/USD fait du sur-place et se maintient sous $1,15. Equilibre des forces divergentes : Fondamentaux décevants en Europe Vs Craintes à l’égard du plus long « shutdown » de l’histoire des Etats-Unis.
  • La paire EUR/GBP efface une partie des pertes de vendredi et remonte à hauteur de £0,8950 à la veille du vote décisif au Parlement britannique sur l’accord de sortie.
  • Valeurs « refuges » Vs Valeurs « cycliques » : Paire EUR/JPY en retrait qui prend la direction de ¥124 Vs Rebond de 0,4% de la paire EUR/AUD en approche de la barrière de A$ 1,60.
  • Repli de plus de -1% des prix du pétrole. EUR/CAD stable à plus de C$1,52 et retour de la paire EUR/NOK au-dessus du seuil de NOK 9,80.
  • Après avoir chuté à son plus bas niveau depuis plus de 6 mois sous son support de ¥7,75, le cours EUR/CNH se redresse légèrement ce matin.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de vendredi : L’EUR/USD corrige sous $1,15… La livre sterling surfe sur les rumeurs de report du Brexit… Pause du pétrole après un bond de plus de 20%... Le yuan retrouve (temporairement) le sourire

  • Probablement rassurés par le maintien d’une inflation sous-jacente soutenue aux Etats Unis et dont la dynamique annuelle reste au-dessus de l’objectif de 2,0% recherché par la réserve fédérale américaine (stable à 2,2% en décembre), les acheteurs de dollar ont fait leur retour sur le marché vendredi et calmé les spéculations baissières qui sévissaient sur la devise américaine depuis mercredi et une intervention du gouverneur central Jerome Powell confirmant la nouvelle approche patiente de la banque en matière de remontée des taux d’intérêt. Résultat, le cours EUR/USD a enregistré une seconde séance consécutive (-0,3% vendredi et -0,6% en cumulé) de recul et est retombé sous le seuil de $1,15.
  • La livre sterling a bondi de presque 1% face à l’euro vendredi et clôturé la semaine à un pic d’un mois, non loin de la barrière de £0,89, à quelques jours du vote décisif au Parlement sur l’accord de divorce signé par Theresa May avec les dirigeants de l’Union Européenne. Alors que la pression monte et que beaucoup d’inquiétudes se faisaient ressentir sur les derniers jours quant aux conséquences qu’impliquerait un probable rejet du texte de loi mardi par les députés, l’espoir d’un possible report ou suspension a refait surface vendredi après la publication d’un article dans un journal britannique relatant que plusieurs membres du gouvernement britannique verrait d’un mauvais œil une sortie en mars prochain en cas de véto du Parlement sur le plan de sortie proposé par Theresa May. La perspective d’une sortie sans accord, ou même l’éventualité d’un second référendum qui prend de plus en plus d’ampleur dans un pays de plus en plus divisé sur la question du Brexit, requièrent à Londres davantage de temps pour s’organiser.
  • Après un rebond de 22% en 11 séances, les cours du pétrole ont stoppé leur course folle et corrigé de près de 2% vendredi, l’indice de brut de mer du Nord (Brent) retombant à cette occasion au niveau de $60,5.  Doit-on y voir la fin du rallye amorcé en fin d’année dernière ? Cela demande confirmation, mais au regard des multiples indicateurs économiques signalant un ralentissement de la croissance au sein de plusieurs économies majeures, il ne fait nul doute que le potentiel haussier des prix du baril est toujours plafonné et que le risque de voir une nouvelle contraction des prix reste important. La dynamique sur ce début de semaine suggère une poursuite de cette correction des prix eu égard au retour des inquiétudes autour de la santé de l’économie mondiale après la publication ce matin de chiffres de commerce chinois très décevants au mois de décembre (contraction des exportations & importations).  Si l’EUR/CAD semble se stabiliser sur les niveaux de C$1,52, le cours EUR/NOK reprend quelques couleurs et remonte sur les hauteurs de NOK 9,80 après avoir subi une correction de presque -3% en deux semaines.
  • La multiplication des signaux de détente des relations entre la Chine et les Etats Unis qui ont flori dans les médias après la visite de trois jours d’une délégation américaine d’experts au commerce ont ravivé l’espoir qu’une entente entre les deux principales économies mondiales était possible et qu’elle pourrait se matérialiser par un accord. Les bases sont posées se sont d’ailleurs félicités les dirigeants chinois. Si pour le moment cela reste que des promesses et que la vigilance reste de vigueur tant que rien de concret n’est formulé, cet élan d’espoir a initié une hausse de la demande en yuan. Après un petit bond jeudi, celui-ci a nettement accéléré lors de la dernière séance de la semaine dernière (+0,75%) pour atteindre un pic de plus de 6 mois à moins de ¥7,75 (seuil support visible sur la paire EUR/CNH au second semestre 2018). Ce « coup de chaud » de la devise chinoise pourrait ne pas durer alors que les incertitudes autour de la croissance chinoise restent toujours très importantes. La forte contraction des exportations et importations chinoises visibles ce matin sonne comme un rappel à l’ordre !

Statistiques commerciales décevantes en Chine (Lundi) : Alors que d’importants doutes subsistent sur l’état de santé de l’économie chinoise alors même que Pékin a évoqué une probable révision à la baisse de son objectif de croissance annuelle initialement fixée « autour de 6,5% », la forte contraction des exportations (-4,4% A/A ou la plus mauvaise performance depuis 2 ans) et des importations (-7,6% A/A ou la plus mauvaise performance depuis 29 mois) vient remettre la lumière sur la fragilité actuelle du pays. Faut-il s’en inquiéter ? Une telle contre-performance pourrait au contraire pousser les dirigeants chinois à accélérer les négociations avec les Etats Unis pour éviter que le conflit commercial avec Washington ne vienne endommager davantage l’économie chinoise. La modeste réaction des marchés actions chinois ce matin – repli de la bourse de Shanghai de -0,7% - dénote du nouvel optimisme relatif des acteurs de marché qui, au regard des récents discours rassurants énoncés aussi bien du côté de Pékin que de Washington, préfèrent pour le moment voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Néanmoins, si on observe aucun mouvement de panique sur les marchés des changes, la tendance de fond et le renouvellement de signes peu rassurants à l’égard de l’économie mondiale pourraient davantage privilégier les devises dites « refuges » (yen et dollar américaine) aux devises dites « cycliques » (dollar australien).

Vote décisif au Parlement britannique (Mardi) : Après un premier report mi-décembre, les députés de la Chambre des communes seront amenés à voter mardi soir (à partir de 20h00) l’accord de sortie obtenu par la première ministre Theresa May à Bruxelles fin novembre 2018. Au regard des divisions internes actuellement visibles au sein du parti conservateur et de l’absence de soutien du texte de la part de l’opposition travailliste, experts comme bookmakers anticipent un rejet du texte. Si un tel résultat serait « catastrophique » a rappelé ce weekend la cheffe du gouvernement britannique et ouvrirait la porte alors à un scénario de sortie sans accord, hypothèque hautement redouté par les milieux des affaires britanniques et l’ensemble des acteurs de marché, celui-ci n’est pas aussi évident. Si plusieurs amendements pourraient être votés mardi pour éviter la réalisation de cet évènement, ou du moins en atténuer ses effets, d’autres scénarios alternatifs pourraient voir le jour. La perspective d’un second référendum réclamé par les travaillistes pourrait être évoqué, tout comme celle d’une éventuelle révocation de l’article 50 du traité de Lisbonne (deux scénarios qui seraient favorables à la livre sterling). Le sort de Theresa May reste lui hautement incertain puisqu’en cas de rejet du plan de sortie au Parlement, le leader travailliste Jeremy Corbyn a déjà prévenu qu’il lancerait une motion de censure contre le gouvernement actuel. Si la paire EUR/GBP se maintient de puis plus d’un mois dans un couloir étroit de £0,89-£0,91, celui pourrait être fortement remis en cause ; à la hausse comme à la baisse ; lors de cette semaine qui s’annonce très agitée outre-Manche.

« Shutdown » américain & résultats trimestriels des banques américaines : Sur les 21 « shutdown » observés depuis 1976 aux Etats Unis, le pays vit actuellement la plus longue paralysie budgétaire de son histoire. Aucune solution ou compromis ne semble se dessiner à court terme puisque la Maison Blanche reste campé sur ses positions et réclame toujours les fonds nécessaires à la construction d’un mur à la frontière mexicaine, une exigence que refuse en bloc le camp démocrate désormais majoritaire au sein de la Chambre des représentants. Si le président a fait planer la menace de déclarer l’état d’urgence afin d’obtenir gain de cause et court-circuiter le Congrès, plusieurs voix se sont élevés ce weekend du côté républicain pour mettre en garde le président contre l’usage de cette option exceptionnelle. Le prolongement de cette impasse pose la question du coût économique de ce blocage. Si pour le moment, celui-ci a essentiellement touché le secteur du tourisme – la fermeture des parcs nationaux constituant un frein à l’activité de la restauration et de l’hôtellerie – il pourrait, s’il se prolonge, peu à peu frapper le portefeuille des consommateurs américains, notamment les plus démunis. L’arrêt temporaire de l’envoi des subventions agricoles ou encore de certaines aides sociales (assistance alimentaire entre autres) pourraient en effet venir impacter la consommation des ménages, ou le principal moteur de la croissance des Etats Unis. Autre point à surveiller cette semaine est la réaction des marchés actions à la publication des premiers résultats trimestriels au T4 2018 de plusieurs grandes entreprises américaines et notamment des grandes banques (Morgan Stanley, Goldman Sachs, Bank of America…). Des résultats décevants viendraient se voir réinstaller un climat de suspension des acteurs de marché à l’égard d’un possible retournement de la conjoncture et raviveraient potentiellement les craintes de récession à venir aux Etats Unis.

Inflation en Europe (Mardi à Jeudi) : Entre mardi et jeudi seront publiées en Zone Euro, les chiffres révisés d’inflation au mois de décembre : mardi en France, mercredi en Allemagne et jeudi en Zone Euro. Ces chiffres pourraient confirmer le repli des prix dans la région - recul de la dynamique annuelle en Zone Euro à 1,6% ou sa plus faible dynamique sur les 8 derniers mois - et renforcer le pessimisme des acteurs de marché à voir la BCE opérer cette année un premier resserrement monétaire depuis 2011. Sur les marchés monétaires, on a observé la semaine dernière un report des spéculations de première hausse de 10pbs du taux de dépôt – actuellement à -0,4% - à mi-2020. Néanmoins, il faudra attendre le 24 janvier prochain et la première réunion monétaire de la banque centrale européenne pour avoir un premier état des lieux du positionnement des responsables monétaires européens.

USD

Le cours EUR/USD reprend quelques couleurs ce matin après sa déconvenue sur la fin de semaine dernière. Le palier des $1,15 reste toujours un obstacle important pour la paire de change alors que l’humeur des marchés est plutôt à l’aversion au risque alors que l’on voit réapparaître ce matin des signes inquiétants de ralentissement de l’économie chinoise. Le cours de change rester sur la défensive alors que les chiffres de production industrielle publiés en fin de matinée en Zone Euro pourraient confirmer la dynamique de ralentissement de la croissance visible dans la région sur la fin d’année dernière. En séance américaine, l’attention se portera sur les débats autour de la poursuite du « shutdown » et ses impacts économiques, ainsi que la réaction des marchés actions à l’égard des résultats trimestriels de certaines grandes entreprises américaines dont Citigroup.

Niveaux clés : Encore une fois la capacité de la paire EUR/USD à retourner à plus de $1,15 dépendra de l’humeur des marchés à l’égard du dollar. La cumulation d’un effet d’aversion au risque sur les marchés financiers à des fondamentaux décevants en Zone Euro pourraient néanmoins soutenir un repli du cours vers $1,14.

Perf 2019 = +0,04% / Moyenne 2019 = $1,1448 / Point haut 11 janvier 2019 = $1,1540 / Point bas 11 janvier 2019 = $1,1455 / Clôture 11 janvier 2019 = $1,1467

GBP

Après avoir tenté une percée en séance asiatique sous £0,89, le cours EUR/GBP remonte légèrement et revient à hauteur de son ancien support de £0,8950 franchi vendredi dernier. La direction de la paire de change reste hautement incertaine à la veille du vote décisif au Parlement britannique sur le texte de sortie négocié par Theresa May avec l’Union Européenne. Si on a vu renaître l’espoir d’un possible report ou suspension du processus de sortie, l’avenir du pays reste néanmoins très flou. S’il est hautement probable que le plan de sortie soit rejeté par les députés demain soir, il est néanmoins difficile, voire impossible, d’anticiper avec exactitude les impacts réels que provoqueraient un tel véto. Cela engagera-t-il le Royaume-Uni sur la voie d’une sortie sans accord ou alors un second référendum est-il une alternative possible ? Nul ne le sait mais on peut prédire quelques forts mouvements de variation importants de la livre dans les heures à venir.

Niveaux clés : La paire EUR/GBP pourrait se maintenir dans son couloir de £0,89-£0,91 d’ici mardi soir et la connaissance de l’issue finale du vote. Alors que les scénarios venant atténuer les risques de sortie sans accord sont favorables à la livre sterling, la perspective d’une rupture brutale ou alors la perspective de fortes turbulences sur la scène politique britannique en cas de démission volontaire ou forcée de Theresa May à l’issue de ce scrutin (si véto confirmé) pourrait à l’inverse fortement endommager la valeur de la devise britannique et provoquer un nouveau mouvement de dépréciation de grande ampleur.

Perf 2019 = -0,40% / Moyenne 2019 = £0,8985 / Point haut 11 janvier 2019 = £0,9061 / Point bas 11 janvier 2019 = £0,8920 / Clôture 11 janvier 2019 = £0,8926


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