Actualités du marché des devises

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janv. 10, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 10 janvier 2019 – Sommaire :

  • Les Minutes de la Fed publiées mercredi soir n’ont fait que conforter l’approche « patiente » qui semble désormais caractériser la banque centrale américaine sur sa politique de taux… et donc conforte la thèse actuelle du marché d’une pause monétaire en 2019.
  • Le dollar reste sur la défensive et assure le maintien de l’EUR/USD au niveau de $1,1550.
  • La paire EUR/GBP se remet à grimper et a de nouveau le regard tourné vers le niveau de £0,91.
  • Au lendemain de la réunion de la Banque du Canada, la paire EUR/CAD retape à la porte de C$ 1,53.
  • La baisse des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis est bénéfique au yuan. L’EUR/CNH retombe dans la partie inférieure de son couloir de ¥7,8-¥7,9, tandis que l’USD/CNY évolue sur ses plus bas niveaux depuis août à moins de ¥6,8.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de mercredi : L’EUR/USD grimpe à $1,15… Une Fed qui se veut plus patiente… La BoC calme les ardeurs du dollar canadien… Le pétrole n’en finit plus de grimper… Le yuan à un pic depuis août (Vs USD) 

  • Pour la 1ière fois depuis le 22 octobre 2018, le cours EUR/USD a enfin réussi à passer le cap de $1,15. Sans crier garde, la paire de change a accéléré de manière abrupte et cassé cette barrière à l’ouverture des marchés américains (après-midi) puis consolider sa position en fin de journée pour clôturer la journée non loin du niveau de $1,1550. Ce rebond tient avant tout à un repli du dollar plutôt qu’à une hausse de l’euro dans un contexte soulagement global des investisseurs face à la baisse des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis et de maintien d’un « shutdown » aux Etats Unis. Alors que le pays vivait son 19ième jour consécutif d’impasse budgétaire, lequel paralyse un quart des agences fédérales et met au chômage technique 800 000 fonctionnaires, l’agence de notation Fitch a mis hier en garde les autorités américaines contre un possible risque d’abaissement de la note de crédit du pays et de la perte du « graal » de AAA (plus haut grade). 
  • Les Minutes de la Fed, ou le rapport détaillé des échanges tenus entre les responsables monétaires américains lors de la dernière réunion du 18-19 décembre dernier, ont mis en exergue la montée des inquiétudes dans les rangs de la banque centrale à l’égard du retour de la volatilité sur les marchés financiers. Le compte rendu souligne que certains responsables étaient opposés à la hausse de taux de 25pbs opérées en décembre tandis qu’une majorité d’entre eux militent désormais pour davantage de patience dans la poursuite du cycle de normalisation monétaire. Ce rapport fait écho aux propos accommodants tenus en fin de semaine dernière par le gouverneur central Jerome Powell soulignant une volonté de rendre les décisions monétaires moins mécaniques et plus à l’écoute des marchés. Ce revirement d’approche vient conforter l’hypothèse  d’une pause monétaire de la Fed en 2019, une idée aujourd’hui défendue par une grande majorité d’investisseurs. Sur les marchés monétaires, ce scénario fait consensus et est évalué à une probabilité de presque 75% d’après l’indicateur CME FedWatch Tool
  • Sans réelle surprise, la Banque du Canada a maintenu ses taux directeurs inchangés ce mercredi à 1,75% mais néanmoins laissé entendre que de nouvelles hausses de taux étaient indispensables « à termes ». Les investisseurs ont été quelque peu désarçonnés  par ce commentaire qui laisse sous-entendre que la banque entend poursuivre sa politique de normalisation débutée en juillet 2017 sans toutefois donner plus de précisions sur le timing. Car parallèlement à ce commentaire, la banque a révisé à la baisse ses projections de croissance pour 2018 et 2019 ; de respectivement -0,1% et -0,4% ; pour marquer les effets négatifs provoqués par la forte baisse des prix du pétrole. Si la banque se veut confiante et insiste sur le fait que ce ralentissement ne sera que temporaire, cela dépendra avant tout de la durabilité du rebond des prix du pétrole mais également d’une reprise des dépenses des ménages et des investissements immobiliers qui se sont révélés être dernièrement moins importants que prévu. Après un rebond de presque 3% face à l’euro et touché un pic de 3 semaines à C$1,5150, le dollar canadien a cédé plus de 0,4% mercredi et glisse tout doucement en direction du seuil de C$ 1,53. 
  • Stimulé par le regain d’optimisme sur le volet commercial et le regain d’espoir que le réchauffement des relations sino-américaines aboutisse à un accord, les prix du pétrole n’en finissent plus de grimper. L’indice de brut de mer du Nord a grimpé mercredi de presque 5% et touché un nouveau pic depuis 3 semaines à plus de $61,5. Les gains accumulés depuis le point bas touché en fin d’année s’élèvent désormais à plus de 20%.µ

  • Revigoré par la baisse des tensions commerciales et l’annonce de mesures de soutien à l’économie par les autorités chinoises, le yuan accélère et revient sur ses plus hauts niveaux depuis août face au dollar américain à moins de ¥6,80. Face à l’euro, c’est le statu quo et la paire EUR/CNH reste stable au centre de son couloir de fluctuation de ¥7,8-¥7,9.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

Coup de chaud durable ou simple feu de paille pour l’EUR/USD ? Les Minutes de la Fed publiées hier soir ont accru les spéculations des marchés autour d’une probable pause monétaire en 2019, hypothèse qui est aujourd’hui le scénario central défendu par les marchés. Néanmoins,  si le dollar perd en attractivité cela ne signifie pas pour autant que l’euro rassure à nouveau. Les mauvaises performances du secteur industriel allemand observées en début de semaine ou encore la décélération en décembre de l’inflation en Zone Euro rappellent que au combien la dynamique économique reste fragile en Europe et la perspective d’une hausse de taux cette année de moins en moins probable (consensus sur les marchés monétaires : mi-2020). La grande chance pour l’EUR/USD est que les)h regards devraient rester focalisés sur les Etats-Unis sur cette fin de semaine alors que l’on surveillera ce jeudi les multiples sorties publiques de plusieurs responsables monétaires américains, dont le gouverneur central Jerome Powell (18h45), et les inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage, et ce vendredi les nouveaux chiffres américains d’inflation.

Niveaux clés : Maintenant la barrière de $1,15 franchie, le plus dur pour l’EUR/USD sera de s’y maintenir afin de confirmer son redressement. Le prochain niveau clé de résistance se situe désormais au niveau de $1,1610.

Perf 2019 = +0,71% / Moyenne 2019 = $1,1449 / Point haut 9 janvier 2019 = $1,1554 / Point bas 9 janvier 2019 = $1,1433 / Clôture 9 janvier 2019 = $1,1541

GBP

Le « coup de chaud » de l’EUR/USD a donné des ailes à sa consœur EUR/GBP, laquelle en a profité mercredi pour faire son retour au-dessus du niveau de £0,90 au moment même où les députés britanniques débutaient un nouveau cycle de débat autour du texte de divorce avec l’Union Européenne qui se conclura mardi 15 janvier prochain par un vote. Dans le contexte actuel, il apparait toujours peu probable que l’accord dans sa forme actuelle soit ratifié par le Parlement aussi on s’agite en coulisse pour tenter d’éviter une rupture brutale sans accord, scénario catastrophe pour l’ensemble des acteurs économiques britanniques. Si du côté du gouvernement on promet une réponse rapide en cas de rejet du texte, du côté de Theresa May la réponse ne passera pas par un second référendum. Même son de cloche entendu du côté de la Banque d’Angleterre et de son gouverneur Mark Carney, on s’engage à adopter une approche « prudente mais pas passive » une fois le Brexit effectif en mars prochain. Beaucoup de promesses mais à ce jour toujours peu de certitudes quant à la direction économique et politique du pays dans les mois, voire les semaines à venir, d’où un désintérêt toujours massif des investisseurs pour la devise britannique… en attendant le résultat final du vote parlementaire de mardi prochain et ses répercussions.

Niveaux clés : Orientée à la hausse sous l’influence notable d’un renforcement de l’EUR/USD et d’une attractivité réduite de la livre sterling, le potentiel de gains de la paire EUR/GBP reste malgré tout limité par la présence d’un plafond important à £0,91. La volatilité de l’EUR/GBP devrait être globalement influencée ce jeudi par l’environnement extérieur en attendant vendredi et une journée très riche en chiffres du côté britannique (PIB mensuel, production industrielle, balance commerciale).

Perf 2019 = +0,76% / Moyenne 2019 = £0,9001 / Point haut 9 janvier 2019 = £0,9041 / Point bas 9 janvier 2019 = £0,8973 / Clôture 9 janvier 2019 = £0,9025


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