Actualités du marché des devises

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janv. 07, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 7 janvier 2019 – Sommaire :

  • L’EUR/USD s’accroche à $1,14 malgré de bons chiffres de l’emploi aux Etats Unis vendredi. De solides ventes au détail en Allemagne soutiennent un rebond de la paire de change ce matin.
  • Tensions commerciales Chine/Etats Unis réduites ? Visite officielle d’une délégation américaine en Chine ce lundi et mardi. La paire EUR/JPY reste prudente et oscille entre ¥123-¥124.
  • Correction sans lendemain de la paire EUR/GBP ? Un solide support observé à £0,8950. Retour de congés du Parlement britannique mercredi et nouveaux débats sur l’accord de sortie avant le vote attendu autour du 15 janvier.
  • Léger rebond de la paire EUR/CAD qui vient de subir une correction de -2,5% sur les 3 dernières séances. Décision monétaire de la Banque du Canada attendue mercredi après-midi.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de vendredi : Jerome Powell (Fed) annule l’effet de bons chiffres de l’emploi aux Etats Unis… L’EUR/USD s’accroche à $1,14 

Etats Unis (Emploi / Fed)  : Après la publication de très bons chiffres de l’emploi vendredi aux Etats Unis ; créations bien meilleures que prévu (312k Vs consensus 177k – Plus gros volume depuis 10 mois) et croissance annuelles des salaires de retour à son pic depuis 2009 (3,2% A/A) ; le cours EUR/USD décrochait et semblait parti pour à nouveau tester son support de $1,13. Or c’était sans compter sans l’intervention en fin de journée du gouverneur de la réserve fédérale américaine, Jerome Powell, qui en reconnaissant que la banque se montrerait désormais « patiente » en termes de taux d’intérêt et à l’écoute des marchés, a officialisé le retour d’une connexion entre la politique monétaire américaine et la volatilité des marchés… un lien que le président de la Fed avait pendant longtemps rejeté l’existence, donnant alors l’impression parfois que la banque centrale était en pilotage automatique. Les investisseurs ont interprété cette sortie comme le signe évident d’un ralentissement fort probable, voire d’une pause à venir, de la politique de normalisation monétaire aux Etats Unis, d’où le rebond EUR/USD en direction de $1,14 observé en fin de journée (clôture à $1,1393).

Agenda – Les moments forts de la semaine :

  • Tensions commerciales Chine Vs Etats Unis (Lundi/Mardi) : Visite d’une délégation américaine en Chine menée par le représentant adjoint au commerce, Jeffrey Gerrish, pour y discuter de questions commerciales. Il s’agit de la première rencontre officielle entre représentants américains et chinois depuis l’annonce de la trêve de 90 jours réalisée le 1er décembre dernier en marge du Sommet du G20 de Buenos Aires. Pékin a récemment opéré un rapprochement vis-à-vis de Washington et semble prêt à coopérer. Même son de cloche du côté de la Maison Blanche où Donald Trump a réaffirmé dimanche sa confiance qu’un accord pourrait être conclu. Se dirige-t-on vers une fin des tensions commerciales ? Cette visite devrait donner le ton.
  • Retour des débats au Parlement britannique sur l’accord de sortie (Mercredi) : Les députés britanniques feront leur rentrée officielle ce mercredi et reprendront les débats sur l’accord de sortie signé par Theresa May avec l’Union Européenne fin novembre avant le vote du texte qui devrait se dérouler la semaine du 14 janvier (à priori autour du 15 janvier). Au regard des forces en présence et après la confirmation vendredi d’un refus des députés nord-irlandais du DUP, allié des conservateurs au Parlement, de soutenir ce plan de sortie, on semble bien se diriger vers un rejet du texte, et donc une probabilité encore plus forte que le Royaume-Uni sorte brutalement de l’UE sans accord en mars prochain. D’après les derniers échos, les équipes de travail du gouvernement plancheraient sur un amendement qui conditionnerait la ratification de l’accord à l’obtention de concessions supplémentaires de la part de Bruxelles, notamment sur la question du « filet de sécurité » frontalier en Irlande. Si l’idée initiale est de faire pression sur les dirigeants européens, il n’est pas évident que cette démarche aboutisse.
  • Minutes de la Fed (Mercredi) / BCE (Jeudi) : Retour détaillé sur les discussions et débats réalisés par les banquiers centraux américains et européens lors des réunions monétaires de décembre. Aux Etats Unis, la question est de savoir quel est le rapport de force au sein du comité exécutif concernant la poursuite assidue d’une politique de normalisation monétaire graduelle en 2019. En Europe, l’officialisation de l’arrêt du programme quantitatif fin décembre soulève automatiquement la question du timing de la première hausse de taux depuis 2011. Cependant, la question ne semble pas être abordée par les responsables européens au regard du ralentissement économique observé dans la région.
  • Décision monétaire au Canada (Mercredi) : Selon toute vraisemblance, la banque centrale canadienne devrait maintenir son taux directeur inchangé à 1,75% ce mercredi, la forte baisse des prix du pétrole au dernier trimestre 2018 et le ralentissement de la demande mondiale apparaissant comme deux facteurs de risque pour une économie exportatrice d’énergie pétrolière comme le Canada. Plus que la décision en elle-même, les marchés seront attentifs à la teneur des nouvelles projections économiques et monétaires publiées par la banque en marge de cette réunion, ainsi qu’aux commentaires du gouverneur central Stephen Poloz sur la stratégie poursuivie par la banque cette année. Si l’on s’appuie sur les plus récentes sorties du dirigeant canadien, notamment celle réalisée en décembre dernier, la Banque du Canada semble décidée à opérer une politique de hausse de taux bien plus graduelle et prudente que lors derniers mois (5 hausses de taux depuis juillet 2017). Ce sera un évènement majeur à suivre pour les suiveurs du dollar du canadien qui vient de progresser de près de 2,5% sur les 3 dernières séances et est revenu sur des pics de plus de deux semaines face à l’euro à moins de $1,53. Le maintien vendredi d’un taux de chômage à son plus bas niveau depuis 44 ans ou le rebond la semaine dernière des prix du pétrole de 9% ne sont pas anodins à ce regain de forme.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD  : Le rebond étonnement robuste des ventes au détail en Allemagne en novembre – hausse de +1,4% M/M contre +0,3% anticipé, soit un écart de 4 pour 1 – est venu compenser la nouvelle déception offerte par le secteur industriel allemand (contraction des commandes de -1,0% M/M en novembre Vs cons. -0,3%) dont l’activité semble avoir été grippée par les fortes tensions commerciales entre les Etats Unis et la Chine sur la fin d’année 2018. D’où l’observation d’un retour de la paire EUR/USD à plus de $1,14 ce lundi matin. La paire vogue néanmoins toujours en ordre dispersé dans son couloir élargi de $1,12-$1,15 et ne semble pas pour le moment en capacité de franchir le plafond formé à la fin du mois d’octobre. Malgré une montée de pessimisme vis-à-vis de la future politique de taux de la Fed ; potentiellement plus défensive que d’ordinaire ; ou encore la dissipation visible des tensions commerciales mondiales qui sont deux facteurs poussant l’EUR/USD vers le haut, les importantes divergences de dynamique économique observées entre les Etats Unis (les bons chiffres de l’emploi de vendredi dissipant les récentes craintes) et l’Europe (ralentissement en cours) ou encore les risques politiques qui émanent d’Europe où le Brexit reste une question explosive tendent à contenir les « coups de chaud » éventuels de la paire de change.

Niveaux clés : De retour ce matin à plus de $1,14, le cours EUR/USD aura besoin pour se maintenir sur ces niveaux-là, et éventuellement tester le franchissement du plafond de $1,15, de retours rassurants concernant la visite en début de semaine de responsables américains au commerce en Chine ou encore de l’apparition de nouveaux signes inquiétants de ralentissement de l’économie aux Etats Unis. Sur ce dernier point, l’indice d’activité ISM du secteur non-manufacturier sera un chiffre important à suivre cette après-midi (16h00). En cas de nouveau repli, le cours peut toujours compter sur son support de $1,13 pour limiter les dégâts (du moins temporairement).

Perf 2019 = -0,55% / Moyenne 2019 = $1,1401 / Point haut 4 janvier 2019 = $1,1420 / Point bas 4 janvier 2019 = $1,1343 / Clôture 4 janvier 2019 = $1,1393

GBP

EUR/GBP  : Après avoir touché un pic de 16 mois à plus de £0,91 sous couvert d’un pic de volatilité global des marchés suite à la révision des résultats d’Apple et d’un mouvement de panique général relevant de craintes liées à un ralentissement de l’économie globale, le cours EUR/GBP a corrigé significativement vendredi de plus de -0,7% mais a une nouvelle fois vu sa glissage stoppée par la présente d’un seuil support important localisé autour de £0,8950. En l’absence de nouvelles « décisives » ou « majeures » sur le Brexit, la mauvaise performance du cours de change semble avoir été influencée par le fort rebond de la paire GBP/USD (+0,75% à plus de $1,27 ) après les propos prudents tenus par le gouverneur central américain vendredi après-midi (voir le segment Pense-bête).. Malgré des désirs non dissimilés de rebond, la devise britannique reste toujours handicapé par la présence d’importantes incertitudes concertant l’issue finale du Brexit et notamment d’un fort risque de sortie désordonnée sans accord en cas de rejet de l’accord de sortie au Parlement lors du vote programmé la semaine prochaine. La livre sterling n’est néanmoins pas à l’abri de surfer sur un éventuel de regain d’optimisme autour d’un possible retour en arrière alors qu’un nouveau sondage publié par l’agence YouGov ce dimanche révèle qu’en cas de second vote, davantage de britanniques sont favorables à un maintien qu’à une sortie (46% Vs 39%)… néanmoins la première ministre britannique rejette toujours catégoriquement cette éventualité.

Niveaux clés : Si le début de la semaine s’annonce calme, elle devrait progressivement monter en intensité avec le retour de congés de fin d’année des députés britanniques ce mercredi et la publication jeudi matin des indicateurs de croissance mensuelle du PIB, de la production industrielle et de la balance commerciale britannique. Le support de £0,8950 contient pour le moment toute dynamique de correction de la paire EUR/GBP, laquelle reste ce matin à proximité du niveau de £0,90.

Perf 2019 = +0,32% / Moyenne 2019 = £0,9004 / Point haut 4 janvier 2019 = £0,9031 / Point bas 4 janvier 2019 = $0,8942 / Clôture 4 janvier 2019 = £0,8954


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